Galéas Marie Sforza

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Galeas Marie Sforza
Galeas Marie Sforza, par Piero Pollaiuolo
Galeas Marie Sforza, par Piero Pollaiuolo

Titre Duc de Milan
()
Prédécesseur François Sforza
Successeur Jean Galéas Sforza
Biographie
Dynastie Sforza
Nom de naissance Galeazzo Maria
Naissance
Fermo
Décès
Milan
Père François Sforza
Mère Blanche Marie Visconti
Conjoint Dorothée de Gonzague
Bonne de Savoie
Enfants Jean Galeas
Blanche-Marie

Galéas Marie Sforza, en italien Galeazzo Maria Sforza, né à Fermo (Marches) le 24 janvier 1444 et mort à Milan le 26 décembre 1476, est un noble italien qui fut duc de Milan.

Galéas Marie faisait partie de la famille Sforza qui domina la région milanaise et fut célèbre pour son mécénat.
Il était le fils de François Sforza, un général populaire et allié de Cosme de Médicis, et de Blanche Marie Visconti.

Son père décéda le 8 mars 1466 et il devint duc de Milan à sa suite, à l'âge de 22 ans. Il se maria, cette même année, avec la fille de Louis III de Mantoue, Dorothée Gonzague (1449-1467) qui décéda l'année suivante, le 24 avril 1467, à Pavie. Il se remaria, en 1468, avec Bonne de Savoie (1449-1485), fille de Louis Ier, duc de Savoie, et d'Anne de Lusignan.
Ayant assuré un gouvernement en demi-teinte, marqué par ses goûts artistiques et son caractère cruel, tyrannique et lubrique, Galéas fut assassiné le 26 décembre 1476 dans l'église Santo Stefano de Milan.

Mécénat[modifier | modifier le code]

Galéas fut un mécène particulièrement actif dans le domaine de la musique. Sous sa direction et grâce à ses appuis financiers, sa chapelle grandit jusqu'à devenir l'un des ensembles musicaux les plus importants en Europe. Des compositeurs du nord de l'Europe, en particulier de l'école franco-flamande et des Pays-Bas, affluèrent pour composer et chanter dans sa chapelle. Ces artistes écrivirent pour Sforza des messes, des motets et de la musique séculière. Parmi eux, on pouvait trouver Alexander Agricola, Johannes Martini, Loyset Compère, et Gaspar van Weerbeke. La plupart des chanteurs de la chapelle quittèrent le domaine de Sforza après son assassinat et trouvèrent du travail ailleurs. D'autres villes comme Ferrare devinrent des lieux privilégiés pour les musiciens.

Réputation[modifier | modifier le code]

Malgré son amour de la musique, Sforza était connu pour son caractère cruel et libertin. Avide de conquêtes féminines, il délaissait ses compagnes pour les offrir à ses courtisans une fois qu'il avait obtenu ce qu'il voulait. Il ordonna une fois l'exécution d'un braconnier en le forçant à avaler la fourrure complète du lièvre qu'il avait abattu. Un homme fut cloué à son cercueil et un prêtre qui avait prédit un règne court pour le souverain fut puni en le laissant mourir de faim. Ce côté tyrannique lui attira de nombreux ennemis à Milan.

Assassinat[modifier | modifier le code]

L'assassinat de Galéas. On y voit Lampugnani en fuite et tué à gauche et les trois autres meurtriers s'acharnant sur Sforza.

Trois personnes conspirèrent contre Galéas : Carlos Visconti, Gerolamo Olgiati et Giovanni Andrea Lampugnani, tous officiers haut gradés à la cour de Milan.

Lampugnani, descendant de la noblesse milanaise, est considéré comme le meneur de l'assassinat. Son conflit avec Galéas était d'ordre territorial, durant un épisode où l'intervention de Galéas fit perdre une grande partie des possessions de la famille Lampugnani. Visconti et Olgiati avaient également des griefs à l'encontre du duc : Olgiati était un idéaliste républicain et Visconti en voulait à Sforza pour avoir pris la virginité de sa sœur.

Après avoir étudié les faits et gestes du duc, les conspirateurs lancèrent leur opération le lendemain de Noël en 1476, le jour officiel de Santo Stefano, dont l'église devait être le théâtre du meurtre. Aidés d'environ trente amis, les trois officiers attendirent l'arrivée du duc à l'église pour la messe. Quand Galéas arriva, Lampugnani s'agenouilla devant lui et après quelques mots, se leva soudainement et le poignarda à l'aine et dans la poitrine. Le duc s'écria d'après un témoin, Orfeo Cenni da Ricavo : Io son morto! (« je suis mort ! »). Olgiati, Visconti et un domestique de Lampugnani arrivèrent à leur tour pour frapper le duc. Galéas succomba rapidement et tous les assassins prirent la fuite. Mais Lampugnani s'empêtra dans des rideaux de l'église et fut tué par la garde de Galéas. La foule s'empara du cadavre du criminel qui fut traîné dans la ville, fouetté et battu puis finalement pendu tête en bas devant sa maison. Le lendemain, le corps fut décapité et sa main droite, celle qui avait porté le couteau, fut amputée, brûlée puis exposée[1].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Malgré de vives réactions au début, le gouvernement rendit rapidement justice. Les conspirateurs n'avaient pas réellement pensé aux conséquences de leur acte et furent appréhendés quelques jours après. Visconti, Olgiati et le domestique furent exécutés publiquement et leurs corps exposés. Les assassins affirmèrent avoir été encouragés par l'humaniste Cola Montano qui avait quitté Milan quelques mois auparavant et qui haïssait Galéas après avoir été fouetté en public. D'autres éléments indiquent que le meurtre s'inscrivait dans la conspiration de Pazzi, une tentative de renversement du trône de la famille Médicis à Florence.

Sous la torture, Olgiati prononça les paroles célèbres: "Mora acerba, fama perpetua, stabit vetus memoria facti" (La mort est amère, mais la gloire immortelle, le souvenir de mon geste durera pour toujours)[2].

Après la mort de Galéas, son fils Jean Galéas lui succéda.

Descendance[modifier | modifier le code]

Le premier mariage de Galéas Marie avec Dorothée Gonzague n'amena pas de descendance.

De son mariage avec Bonne de Savoie, naquirent quatre enfants :

Galéas Marie eut également une fille naturelle, Chiara (1467-1531), qui épousa le comte Pietro dal Verme di Sanguinetto, seigneur de Vigevano, puis, en 1488, Fregosino Fregoso, seigneur de Novi Ligure
ainsi que plusieurs enfants illégitimes :

  • Carlo (1461-1483) qui fut comte de Magenta et épousa, en 1478, la comtesse Bianca Simonetta
  • Catherine Sforza (ca 1463-1509), fille de la comtesse Lucrèce Landriani
  • Alessandro (1465-1523) qui fut seigneur de Francavilla Bisio et épousa, vers 1490, Barbara Balbiani di Valchiavenna
  • Ottaviano (1477-ca 1541) qui devint évêque de Lodi et d'Arezzo
  • Galeazzo (1478-1515) qui fut comte de Melzo.

À notes[modifier | modifier le code]

La mort du duc de Milan a été retranscrite dans le court-métrage Assassin's Creed Lineage faisant office de préquelle au jeu vidéo Assassin's Creed II, même si bien sûr la fiction diffère de la réalité afin d'intégrer l'univers du jeu au complot.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Belotti Bortolo. Il Dramma di Gerolamo Olgiati; Milano; 1929
  1. (it) Mauro Colombo, « L’assassinio del duca Galeazzo Maria Sforza », Storia di Milano,‎ 2005 (consulté le 6 mai 2007)
  2. Nicolas Machiavel, Istorie fiorentine, Livre VII Chapitre VI

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


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