Urszula Mayerin

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Urszula Mayerin

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Portrait présumé de Urszula Meyerin, 1599

Naissance 1570
près de Munich, Duché de Bavière
Décès 15 avril 1635
Palais royal de Varsovie, Chorągiew królewska króla Zygmunta III Wazy.svg République des Deux Nations
Profession maîtresse royale, Chambellan de la reine, préceptrice royale, femme politique

Urszula Mayerin (née vers 1570 en Bavière près de Munich, décédée le 15 avril 1635 au Palais royal de Varsovie) a été la maîtresse du roi Sigismond III de Pologne et une femme politique influente. Son vrai nom pourrait être Gienger (Gienger von Grünbüchl)[1],[2], mais il est encore un sujet de litige entre historiens[3]. Elle signait toutes ses lettres par Urszula Meyerin. En allemand, meierin signifie Chambellan.

Enfance[modifier | modifier le code]

Elle naît près de Munich en Bavière dans une famille noble appauvrie[4]. Elle est la fille de Anna, originaire de Bavière. Son père est inconnu mais il existe de forte présomption pour qu'il soit un Habsbourg[5]. Elle vient à Graz dans les années 1580. Elle est choisie quelque temps plus tard par Marie-Anne de Bavière pour devenir la maîtresse de son gendre, le roi Sigismond de Suède (ou Sigismond III de Pologne). Elle rejoint la cour d'Anne d'Autriche en 1592, en Pologne, en tant que chambellan de la reine.

Chambellan[modifier | modifier le code]

Urszula eu une grande influence sur le roi et la reine. Elle était une personne très pieuse. Peu après son arrivée dans la République des Deux Nations, elle apprit le polonais. Malgré cela, elle fut très impopulaire auprès de certains du Commonwealth qui la trouvait trop impliquée dans les affaires de l'État. Elle utilisa son influence sur le roi pour nommer ses favoris à des postes de l'État. Elle fut surnommée avec mépris la maîtresse de Roi, la ministre en jupe, ou encore la bigote jésuite. Le secrétaire du Roi, Jan Szczęsny Herburt (en), l'appelait la favorite obscène.

Le jeune prince Władysław vers 1605.

Mayerin fut le Chambellan (polonais: Ochmistrzyni) de la cour de la Reine. Bien qu'elle devint la gouvernante supérieurs des enfants du roi et le superviseur des infirmières Royales, elle n'était pas tenue en haute estime parmi eux (Urszula était particulièrement détestée par une infirmière protestante du prince Ladislas, Mme Forbes).

Après la mort de la reine en 1598, elle ne quitte pas la Pologne comme la majorité des dames allemandes de la cour. La raison est le grand attachement qu'elle porte au roi et au jeune prince Władysław. Ses lettres au prince sont d'ailleurs parfois interprétées comme contenant plus que l'affection d'un tuteur.

Lorsque le roi se remarie en 1605 avec une sœur de sa première épouse, Constance d'Autriche, Urszula devient sa confidente et sa consolatrice. Elle voyage dans le carrosse de la reine, dîne à sa table, administre le trésor de la cour et assiste même aux audiences officielles au côté du roi. Mayerin choyait les enfants du roi et leur parlait essentiellement en polonais (leur propre mère communiquait avec eux seulement en allemand). Elle ne se maria jamais et rejeta de nombreuses offres (même celle de son grand ami le duc impérial Albrycht Stanisław Radziwiłł (en)).

Constance d'Autriche et sa mère Marie-Anne de Bavière lors de leur entrée à Cracovie vers 1605.

Comme chambellan, elle fut très économe et était le plus souvent vêtue d'une robe noire espagnole. Elle correspondait avec l'empereur Ferdinand II du Saint-Empire et le Pape, et reçu de ce dernier une Rose d'or pour sa "vie exceptionnellement vertueuse".

Au cours de la dernière année de sa vie, Sigismond était souvent gravement malades et Urszula devint véritablement le duc de Lerme Polonais, ne laissant plus au roi qu'un rôle mineur et symbolique. Elle signait les documents officiels de l'État à la place du roi et reçut de nombreux ambassadeurs étrangers.

Urszula mourut en 1635 au Palais royal de Varsovie et fut enterré dans l'Église Jésuite de Varsovie au cours d'une cérémonie solennelle, presque comme une reine. Sa tombe fut pillée puis détruite par les troupes suédoises et allemandes au cours du Déluge dans les années 1650.

Passé et héritage[modifier | modifier le code]

Urszula Mayerin mourut sans descendance mâle. Elle eut au moins une fille qui donna naissance, par son mariage, à la maison Krakus-Mayerin. Tous ses effigies, dont certaines réalisées par de grands artistes comme Peter Claesz Soutman (en) ou Christian Melich (peintre officiel de la cour de Pologne), furent détruites lorsque le château royal de Varsovie fut saccagé et brûlé pendant le Déluge. La seule image qui fut sauvée par l'entourage de la famille royale disparut dans des circonstances mystérieuses. Le passé même de Urszula est entouré par un mystère impénétrable et aucune certitudes quant à ses parents n'est établie. D'aucun disent qu'il suffit de mentionner son impact sur le roi et son entourage ainsi que ses funérailles quasi royales à Varsovie pour en faire la fille d'un Habsbourg... D'autre théorie font dire que son nom réel était certainement Gienger (Gienger von Grünbüchl), dont un certain Jakob est présent à Vienne en 1552. On la voit aussi comme un agent de la Compagnie de Jésus, pion de la stratégie de l'Église catholique pour étendre son influence en Europe.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Revue Historique trimestrielle (Kwartalnik historyczny), Volume 12 Par l'Institut d'Histoire de Pologne, Académie Nauk (Instytut Historii, Polska Akademia Nauk), 1898
  2. Les jésuites en Polgne, Tom 2 (Jezuici w Polsce: cz. 2.), Stanisław Załęski, 1905
  3. Władysław Czapliński, Władysław IV i jego czasy (Władysław IV and His Times). PW "Wiedza Poweszechna". Warszawa 1976, p. 18.
  4. Rudzki, Edward (1987). Polskie królowe. Żony królów elekcyjnych, Tom II (Polish Queens. Wives of the elective kings, Volume II). Wydawnictwo Literackie
  5. Żukowski, Jacek. "Minister w spódnicy: Urszula Meierin" (in Polish). www.wilanow-palac.pl. Retrieved March 3, 2012 [1]

Références[modifier | modifier le code]

  • Revue Historique trimestrielle (Kwartalnik historyczny), Volume 12 Par l'Institut d'Histoire de Pologne, Académie Nauk (Instytut Historii, Polska Akademia Nauk), 1898
  • Tajemnice polskich alchemików (Secrets de l'alchimiste polonais), Robert K. Leśniakiewicz, 2004-10-04, artykuły