Majorité silencieuse

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La majorité silencieuse désigne le fait que la majorité des personnes concernées n'expriment spontanément ou n'expriment pas de façon efficace leur opinion.

Origine de l'expression[modifier | modifier le code]

L'expression semble avoir été employée la première fois par les gaullistes, d'abord en mai 68, puis lorsque Georges Pompidou demande à la majorité silencieuse de s'exprimer.

Par la suite, d'autres politiciens ont repris la formule :

Signification de l'expression[modifier | modifier le code]

L'expression pointe le fait qu'en société, selon l'adage célèbre : « qui ne dit mot consent ».
Ainsi la personne qui ne s'exprime pas, qui ne sait pas, qui ne veut ou ne peut se faire entendre risque d'être victime de son silence « apparent ».

Alors que les plus actifs — même s'ils sont numériquement peu nombreux — la minorité agissante en se manifestant habilement peuvent donner à croire qu'ils représentent l'opinion générale.

Ainsi un groupe de pression ayant recueilli plusieurs milliers de signatures (pour une pétition) ou de manifestants (pour une manifestation) peut-il réussir à faire oublier qu'il ne représente que lui-même et que la majorité dans le groupe ou dans le pays est d'un avis tout à fait opposé.

Utilisation de l'expression[modifier | modifier le code]

Utilisation positive[modifier | modifier le code]

En cas de déficit avéré de l'expression générale, il est juste de réclamer un temps de recul pour :

  • d'une part, relativiser les seules affirmations présentées ;
  • d'autre part, comprendre pourquoi l'ensemble des parties concernées ne savent pas, ne peuvent pas ou ne veulent pas s'exprimer ;
  • enfin, prendre les mesures pertinentes pour créer ou renouveler le caractère pluraliste, contradictoire, voire conflictuel du débat.

Voir en particulier les techniques d'expression de groupe, de dynamique de groupe, de démocratie participative.

Utilisation négative ou discutable[modifier | modifier le code]

Dans les débats d'opinion, la notion peut aussi être utilisée dans le cadre d'une « manipulation » :

  • comme argument rhétorique pour répondre — à peu de frais — à un interlocuteur présentant une thèse que l'on souhaite combattre.

Le ressort utilisé est en quelque sorte : « Tout ce que vous dites est insignifiant car … cela ne correspond pas à l'opinion ou au jugement de la majorité « silencieuse » ».
Argument relativement redoutable puisque normalement invérifiable au moment où on l'utilise…

  • comme évocation de l'existence d'un « complot » — ourdi dans l'ombre — par quelques-uns pour mystifier la « majorité des gens honnêtes ».