Couvent des Jacobins (rue Saint-Jacques)

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Détail du plan de Turgot montrant l'église des Jacobins s'ouvrant sur la rue Saint-Jacques, en face du débouché de la rue Saint-Étienne-des-Grès (actuelle rue Cujas). Au premier plan, le dôme de la Sorbonne.

Le Couvent Saint-Jacques[1], Grand couvent des Jacobins ou Couvent des Jacobins de la rue Saint-Jacques[2] était un couvent dominicain situé rue Saint-Jacques, à Paris. Son emplacement s'étendait entre la rue Soufflot et la rue Cujas. Son activité d'enseignement formait le collège des Jacobins, un collège de l'ancienne université de Paris.

Histoire[modifier | modifier le code]

Plan du couvent des Jacobins de la rue Saint-Jacques, par Eugène Viollet-le-Duc. Légende - A: église ; B: réfectoire (avec de l'autre côté de l'enceinte le parloir aux bourgeois) ; D: école Saint-Thomas.

L’ordre des Frères Prêcheurs s’établit à Paris en 1217 dans une maison située près de Notre-Dame[3]. En 1218, Jean Barastre[4], doyen de Saint-Quentin, leur fait présent d’une maison avec une chapelle, près des murs de la ville. Cette chapelle était la chapelle d'un hôpital pour les pèlerins, et était dédiée à Saint-Jacques-le-Majeur. Cette chapelle donna son nom à la rue Saint-Jacques, et c'est de là que vient le surnom de Jacobins donné aux Dominicains en France, car il y eurent désormais leur principal couvent parisien.

Louis IX comble les Jacobins de ses bienfaits : il fait achever l'église, bâtir le dortoir et les écoles. Cependant, à l'étroit près du mur de la ville et en concurrence foncière avec les Cordeliers, l'autre grand couvent-collège, les Jacobins parviennent à s'étendre au-delà de l'enceinte de Philippe-Auguste, en recevant en donation de Louis XII l'ancien parloir aux Bourgeois[5] et une ruelle qui courait le long du mur de la ville[6].

En 1556, le don d'un riche bourgeois nommé Hennequin permet de reconstruire le cloître de ces religieux. La salle des exercices, connue sous le nom d’Écoles Saint-Thomas, est quant à elle reconstruite en 1563. Quelques années avant la révolution, cette salle accueille l'office divin car l'église, qui menace ruine, est fermée.

Le couvent des Jacobins de la rue St-Jacques est supprimé en 1790. Les bâtiments sont démolis entre 1800 et 1849[7].

Sépultures dans l'église[modifier | modifier le code]

Gisant de la reine Clémence de Hongrie, qui se trouvait dans l'église des Jacobins.

L'église des Jacobins était célèbre pour les sépultures qu'elle accueillait :

Tombes royales et princières[modifier | modifier le code]

Autres tombes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les Dominicains du Couvent Saint-Jacques ont été rétablis en 1849 par le père Lacordaire à une nouvelle adresse. Il se situe aujourd'hui au 20 de la rue des Tanneries, dans le 13e arrondissement de Paris.
  2. Il existait à Paris deux couvents de Jacobins, qui étaient distingués par la rue où ils se trouvaient : le plus ancien était rue Saint-Jacques (d'où le nom de Jacobins donné aux Dominicains en France), et le plus récent, fondé par les Jacobins réformés, était rue Saint-Honoré (voir : Couvent des Jacobins de la rue Saint-Honoré).
  3. Antony Béraud, Pierre-Joseph-Spiridion Dufey, Dictionnarie historique de Paris', 566. http://books.google.com/books?id=yW4sAQAAIAAJ&pg=PA366 Accessed 2-20-2013
  4. Jean Barastre, dit Jean de saint-Quentin, était professeur en théologie et médecin de Philippe Auguste.
  5. Ce « parloir aux Bourgeois » était une tour carrée qui, depuis le milieu du XIIIe siècle sans doute, s'élevait vers le 20, rue Soufflot. Elle occupait l'emplacement du premier siège présumé de la hanse parisienne, et elle ne servit tout au plus que d'annexe au Parloir des bourgeois, situé entre l'église Saint-Leufroy et le Grand-Châtelet où il resta jusqu'à ce qu'Étienne Marcel achète pour la ville la maison aux Piliers situé place de Grève. Ce bâtiment était situé sur le tracé de l'enceinte de Philippe-Auguste, et comme il était protégé par une tourelle, on l'avait intégré aux fortifications pour former une protubérance extérieure à la muraille.
  6. La ruelle est nommée Coupe-Gorge, à ne pas confondre avec la rue Coupe-Gueule, située entre la rue de Sorbonne et celle des Maçons.
  7. Dictionnarie historique de Paris: contenant la description circonstanciée de ... by Antony Béraud, Pierre-Joseph-Spiridion Dufey, 366, http://books.google.com/books?id=yW4sAQAAIAAJ&pg=PA366#v=onepage&q&f=false Accessed 2-24-2013
  8. a, b, c, d, e et f Le gisant est maintenant à Saint-Denis.
  9. Sa statue n’est pas un gisant, mais une effigie debout, mains jointes ; elle est maintenant à Saint-Denis.
  10. Il ne reste des gisant du roi et de la reine de Navarre que des masques, aujourd'hui au Louvre.

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