Islam en Géorgie

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Une mosquée à Tbilissi

L'islam a été introduit en Géorgie en 645, par une armée du calife Omar. Il conquit l'Est de la Géorgie et établit la loi islamique à Tbilissi. Actuellement, les musulmans constituent 9,9 % de la population géorgienne[1]. D'autres sources les évaluent à 10 % ou 13 % de la population[2].

Il y a deux communautés musulmanes en Géorgie : les sunnites hanafites, qui vivent dans la République autonome d'Adjarie, près de la Turquie, et les musulmans azéris, principalement des chiites duodécimains, qui vivent près de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'émirat de Tbilissi[modifier | modifier le code]

Les conquérants arabes attaquèrent la Géorgie en 645. Ils ne réussirent à établir leur domination sur une large partie du territoire qu'en 735. Cette année-là, le calife omeyyade Marwan II prit la ville de Tbilissi et les terres avoisinantes. Un émir arabe fut installé sur le territoire, et fut approuvé par le calife de Bagdad de l'époque.

Pendant la période arabe, Tbilissi (al-Tefelis) devint un centre de commerce entre le monde islamique et l'Europe du Nord. En outre, la ville était un avant-poste arabe et une province tampon entre les territoires Byzantin et Khazare. Avec le temps, Tbilisi devint largement musulmane.

Tamerlan et les Timourides[modifier | modifier le code]

Le roi musulman de Kakhétie Rostom de Kartli, ayant régné au milieu du XVIIe siècle

Entre 1386 et 1404, la Géorgie subit les invasions du conquérant Turco-Mongol Tamerlan, dont l'empire s'étendait à son apogée de l'Asie centrale à l'Anatolie. Lors de la première invasion, Tamerlan mit à sac Tbilissi, et captura le roi Bagrat V. En 1401, Tamerlan envahit à nouveau le Caucase. Le roi de Géorgie demanda la paix, et envoya son frère comme ambassadeur. Tamerlan préparait une guerre contre la dynastie ottomane, et souhaitait apparemment faire de la Géorgie un territoire neutre. Il fit donc la paix avec la Géorgie sous la condition que le roi de Géorgie lui fournisse des troupes[3].

La période safavide et ottomane[modifier | modifier le code]

La dynastie safavide était en conflit permanent avec les Ottomans pour le contrôle du Caucase. Du XVIe siècle au XVIIe siècle, les safavides avaient à gérer plusieurs royaumes et principautés indépendants, dont le royaume de Géorgie. Les différents royaumes suivaient des politiques différentes. Les intérêts safavides étaient globalement tournés vers l'Est et le Sud. Dans le même temps, l'Ouest de la Géorgie était sous influence ottomane. Les différents royaumes devinrent des vassaux de la Perse après 1518.

Le 29 Mai 1555, les safavides et les Ottomans signèrent un traité à Amasya qui divisait en deux la Transcaucasie. L'Ouest de la Géorgie devint ottomane, alors que la partie Est du pays devenait perse. Ainsi, le royaume de Kakhétie était à nouveau une partie de l'empire safavide. En 1703, Vakhtang VI devint roi de Kakhétie. En 1716, il se convertit à l'islam et l'empire safavide le confirma roi de Karkhétie. Pourtant, à un moment décisif, l'empire safavide ordonna au roi Vakhtang VI de cesser les campagnes militaires, ce qui le conduisit à adopter une orientation pro-russe, bien que les Russes échouèrent à lui fournir l'aide militaire promise.

Les Meskhètes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Meskhètes.

Les Meskhètes sont des musulmans Turcs d'école hanafite. Ce sont les premiers habitants turcs de la province de Samtskhé-Djavakhétie, frontalière avec la Turquie. Ils furent déportés en Asie centrale en novembre 1945 par Staline, et envoyés au Kazakhstan, au Kirghizistan et en Ouzbékistan. Parmi les 120 000 déportés, transportés dans des camions à bétail, environ 10 000 périrent[4]. Aujourd'hui, ils sont dispersés dans plusieurs pays de l'ancienne Union soviétique[5]. Il y a notamment 500 000 à 700 000 Meskhètes en exil en Azerbaïdjan et en Asie centrale[6].

L'Islam et l'État[modifier | modifier le code]

Une mosquée à Tbilissi, construite au XXe siècle

En juillet 2011, le parlement de Géorgie a promulgué une loi pour enregistrer les groupes religieux minoritaires ayant une histoire commune avec la Géorgie. Cette loi évoquait l'islam et quatre autres communautés religieuses[2]. Les mosquées en Géorgie dépendent du Département géorgien des Musulmans, établi en mai 2011. Jusqu'à cette date, l'islam géorgien était géré dans le Département des Musulmans du Caucase basé à Bakou[7].

En 2010, la Turquie et la Géorgie ont signé un accord permettant à la Turquie de fournir des fonds pour la réhabilitation de trois mosquées et la reconstruction d'une quatrième. En échange, la Géorgie réhabilitera quatre monastères géorgiens en Turquie. Cet accord permettra la reconstruction de la mosquée historique de Batoumi, brûlée par les Adjars en 1940. Les mosquées réhabilitées sont dans les régions de Samtskhé-Djavakhétie et d'Akhaltsikhé, dans le district de Kobuleti. Les bains turcs de Batoumi seront aussi restaurés.

Musulmans géorgiens célèbres[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Religion et politique dans le Caucase post-soviétique. Les traditions réinventées à l'épreuve des influences extérieures, de Bayram Balci et Raoul Motika. Institut Français d'Etudes Anatoliennes, Maisonneuve et Larose, Paris, 2007

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Religion and education in Europe: developments, contexts and debates, de Robert Jackson, p. 67
  2. a et b (en) Blog spécialisé sur le Caucase
  3. (en) Martin Sicker, The Islamic World in Ascendancy: From the Arab Conquests to the Siege of Vienna, Editions Praeger, 2000, p. 155
  4. (en) Article du Guardian sur les persécutions subies par les Meskhètes depuis la Seconde Guerre mondiale.
  5. (en) Article sur les Meskhètes de l'organisme européen pour la gestion des minorités
  6. (en) Article du site internet tchèque EastOfCenter
  7. (en) Article du site d'informations IslamToday
  8. (en) Shah ʹAbbas & the arts of Isfahan, d'Anthony Welch, p. 17