Islam au Mali

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La mosquée Sankoré de Tombouctou

L'islam est présent au Mali depuis le XIe siècle. Les musulmans constituent environ 90 %[1] de la population malienne. La grande majorité des musulmans sont sunnites[2]. Le Mali est membre de l'Organisation de la coopération islamique depuis sa fondation en 1969.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'empire du Ghana s'effondra en 1076 sous l'offensive des almoravides berbères qui avaient entrepris l'islamisation de l'Afrique occidentale[3]. Au XIIIe siècle, consécutivement à la maîtrise par l'empire du Mali naissant des gisements aurifères du Haut-Sénégal et du Niger, les villes de Tombouctou, Gao et Djenné sont devenues de grands centres commerciaux, artistiques et intellectuels de l'islam malien. Cette maîtrise des gisements aurifères connut son apogée avec Kanga Moussa (1312–1337), le plus célèbre roi du Mali. Ce musulman fervent construisit plusieurs grandes mosquées sur son territoire d'influence. Son pèlerinage à La Mecque avec un chargement d'or considérable le rendit célèbre jusqu'en Europe. L'empire du Mali s'effaça au XVe siècle au profit de l'empire songhaï, mais ces grandes cités, au contraire, augmentèrent leur rayonnement. Les armées de Sonni Ali Ber puis d'Askia Mohammed diffusèrent l'islam dans la région. L'empire Songhaï correspondait alors à peu près au territoire actuel du Mali. Il disparut après une expédition marocaine en 1591[3]. Durant les siècles suivants, certains peuples comme les Dogons, résistèrent à l'islamisation, mais ils subirent le djihad du chef El Hadj Oumar Tall, fondateur de l'empire toucouleur. L'esclavage se répandit avec l'expansion de l'islam[3]. Ensuite, la période coloniale française dura de 1880 à la proclamation de l'indépendance en 1960. Elle eut peu de répercussion sur l'islam malien.

Situation actuelle de l'islam[modifier | modifier le code]

L'islam contemporain[modifier | modifier le code]

La mosquée de Mopti

L'État est a-confessionnel et la liberté de religion est garantie[4]. Les groupes de missionnaires, tant musulmans que chrétiens, peuvent agir sur le territoire, et les conversions ne sont pas empêchées dans le principe. La législation sur la famille associe le droit traditionnel indigène et le droit islamique. En janvier 2002, le Haut Conseil Islamique fut créé pour coordonner les différentes mosquées entre elles, et assurer une plus grande unité de la communauté musulmane.

L'islam pratiqué dans le pays est relativement tolérant. Les femmes participent à l'activité politique et économique, et ne portent pas le voile[5]. L'islam malien est mâtiné d'éléments des religions traditionnelles animistes, comme la vénération des ancêtres. Ces éléments traditionnels ancestraux font plutôt bon ménage avec le système démocratique, dans la mesure où ils incluent des notions de tolérance, de pluralisme, de séparation des pouvoirs. Les relations entre la majorité musulmane et les minorités religieuses chrétiennes et des religions traditionnelles sont stable et plutôt bonnes[4], malgré des tensions passées. Il est fréquent de trouver dans une même famille des pratiques religieuses différentes. De même, les grandes cérémonies religieuses sont vécues aussi par les membres d'autres religions.

L'insurrection malienne de 2012[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Insurrection malienne de 2012.

En janvier 2012, un mouvement touareg a attaqué un camp militaire et proclamé l'indépendance du Nord du Mali, puis a pris le contrôle des grandes villes du désert comme Tombouctou. Des groupes salafistes se sont joints à ces attaques militaires, profitant de la circulation de nombreuses armes depuis le renversement du régime libyen de Khadafi. Ils ont finalement détrôné les touaregs, et coupé le pays en deux. Ces trois grands groupes djihadistes sont Al-Qaida au Maghreb islamique, Ansar Dine et le MUJAO. Ils y ont imposé un régime de terreur, avec châtiments corporels[6], règles vestimentaires rigoristes et destructions de patrimoine culturel. Finalement, après une résolution de l'ONU votée en décembre 2012, la France est intervenu un mois plus tard[7].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Données du Ministère français des Affaires étrangères
  2. (en) Données du département d'État américain
  3. a, b et c Présentation du Mali par l'université de Laval au Québec
  4. a et b Dossier de l'AED sur le Mali
  5. I'islam radical n'est pas en odeur de sainteté, article de Courrier international du 21 janvier 2010.
  6. Le Mali, la France et les extrémistes, par Tariq Ramadan, dans les Cahiers de l'islam, le 23 janvier 2013
  7. Mali, trois victimes collatérales, par Charles Saint-Prot, dans les Cahiers de l'islam, 4 février 2013