Islam en Italie

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Mosquée de Rome

L'histoire de l'islam en Italie commence dès le VIIe siècle, lorsque les premiers Arabes se lancent à l'assaut de la Méditerranée. Au IXe siècle la Sicile et plusieurs régions du sud de l'Italie entrent dans le giron arabo-berbère et font partie intégrante de la Oumma. La présence musulmane durera de 828 à 1300 et jusqu'aux années 1970, l'islam y était totalement absent, lorsque les premiers immigrants en provenance de Somalie s'y installent, suivis par les Marocains, Égyptiens et Tunisiens. Aujourd'hui il y a près d'un million de musulmans en Italie.

L'Islam n'est pas reconnu par l'État, contrairement aux différentes religions ou groupes religieux tels que le Judaïsme, les Églises protestantes ou mormones. En 2005 le concile pour l'Islam italien est fondé par le ministre italien de l'intérieur.

Histoire[modifier | modifier le code]

Peinture arabe réalisée pour les rois normands dans le Palais des Normands, autrefois palais de l'émir de Palerme

Entre le VIIe siècle et VIIIe siècle, des Lombards, des peuples germaniques qui possédaient des terres dans le nord de l'Italie abandonnent l'Arianisme pour l'Islam au lieu du catholicisme. La plupart de ces convertis, nommés Al-Ankubarti par les Arabes, servent de mercenaires en Afrique du Nord.

Premiers raids (652–827)[modifier | modifier le code]

Les premiers contacts avec le monde musulman et la Sicile, alors partie intégrante de l'Empire romain d'Occident, ont lieu en 652 lorsque les navires arabes attaquent l'île. En provenance de Syrie et dirigés par Mu'àuia ibn-Hodeig (Mu`āwiyah ibn Hudayj) de la tribu Kinda, les Arabes s'installent plusieurs années. Olympius, l'exarque byzantin de Ravenne, tente de les chasser mais échoue. Après avoir amassé les richesses voulues, les Arabes retournent en Syrie.

L'île italienne de Pantelleria qui se situe entre la pointe sud-ouest de la Sicile et le nord de l'Afrique est conquise par les Arabes en 700. Les attaques sur la Sardaigne bien que moins importantes qu'en Sicile coupent les liens de cette première avec l'empire byzantin et marquent de facto l’indépendance de l'île.

Une seconde expédition vers la Sicile est menée en 669. Cette fois-ci, une puissante flotte constituée de deux cents navires quitte Alexandrie pour attaquer l'île. Après le pillage de Syracuse, les Arabes retournent en Égypte. Avec la conquête de l'Afrique du Nord par les Ommeyyades, les attaques arabes recommencent en 703, 728, 729, 730 et 731. Les raids de 733 et 734 sont cependant mieux contenus par les Byzantins.

La première vraie entreprise de conquête ne se limitant pas au pillage a lieu en 740, le prince musulman Habib, qui participa à l'attaque de 728 réussit à prendre Syracuse. Bien qu'ayant la possibilité de conquérir toute l'île, les Arabes sont contraints de retourner en Tunisie, appelés par une révolte berbère. Une seconde attaque est menée en 752 dans l'unique but de piller la même ville.

En 805, les Byzantins signent une trêve de dix ans avec Ibrahim I ibn Al-Aghlab, émir d'Iriqiya, mais cela n'empêche pas d'autres musulmans provenant d'autres régions hors d'Arique et d'Espagne d'attaquer la Sardaigne et la Corse de 806 à 821. En 812, le fils d'Ibrahim, Abd'Allah I lance une flotte pour conquérir la Sicile mais les navires sont emportés lors d'une tempête non sans avoir conquis l'île de Lampedusa, de Ponza et de Ischia en Mer Tyrrhénienne. Un autre accord entre les Byzantins et l'émir d'Afrique du Nord ouvre le commerce entre l'Italie du Sud et l'Ifriqiya. Après quelques attaques en 819 par Mohammed ibn-Adballad, cousin de l'émir Ziyadat Allah I, la situation se stabilisa jusqu'en 827.

Sicile[modifier | modifier le code]

Euphemius et Asad[modifier | modifier le code]

L'empire byzantin au fil des siècles

La conquête musulmane de la Sicile et du sud de l’Italie prendra 75 ans. Selon certaines sources, la conquête est aidée par Euphemius, un commandant byzantin qui craignait la punition de l’empereur Michel II à cause de ses différentes frasques sexuelles. Après s’être déclaré empereur Euphemius est contraint de fuir en Afrique à la cour de Ziyadat’Allah. Ce dernier s’accorde à conquérir la Sicile et de la donner à Euphemius en échange d’un tribut annuel. C’est au qadi Asad ibn Al-Furat, un homme âgé de 70 ans que revient le commandement. Les musulmans qui comptent une infanterie de 10 000 hommes, 700 cavaliers et 100 navires sont aidés par les bateaux d’Euphemius et après leur passage à Mazara del Vallo, ils sont renforcés par des chevaliers. La première bataille contre les troupes byzantines a lieu le 15 juillet 827 près de Mazara où les Arabes en sortent victorieux.

Asad, par la suite conquiert les côtes sud de l’île et assiège Syracuse. Après un an de siège et une tentative de mutinerie, ses troupes sont capables de vaincre une grande armée envoyée de Palerme et soutenue par une flotte vénitienne menée par le doge Giustiniano Participazio. Toutefois les musulmans retranchés dans le château de Mineo sont frappés par une épidémie de peste qui tue énormément de soldats dont Asad lui-même. Plus tard, les Arabes retentent une offensive mais ne parviennent à conquérir Castrogiovanni (aujourd’hui Enna), Euphemius y succombe d’ailleurs. En 830, les troupes présentes sur l’île reçoivent l’aide de 30 000 soldats africains et espagnols. Les musulmans espagnols triomphent du commandant byzantin Theodotus en juillet et août de cette même année, mais de nouveau la peste les contraint à retourner à Mazara del Vallo puis en Afrique. Par contre les soldats berbères qui assiègent Palerme parviennent à prendre la ville en septembre 831 après un long siège. Palerme est baptisée Al-Madinah et devient la capitale de la Sicile musulmane.

Abou Fihr Muhammad ibn Abd-Allah[modifier | modifier le code]

Siège de Messine en 1040

En février 832, Ziyadat'Allah envoie son cousin, Abou Fihr Muhammad ibn Abd-Allah, en Sicile et le nomme wali (gouverneur) de l'île. Les Byzantins sont de nouveau vaincus en 834, et l'année suivante les troupes d'Abou Fihr Muhammad atteignent Taormina, toutefois malgré quelques victoires arabes, les Byzantins tenant les places fortes résistent. De nouvelles troupes arrivent sur l'île envoyées par l'émir Al-Aghlab Abu Affan et occupent San Biagio Platani, Caltabellotta, Corleone et Marineo et Geraci octroyant aux musulmans le contrôle total de la partie ouest de l'île.

En 836, les navires aident André II de Naples, leur allié, lorsqu'il est assiégé par les troupes Beneventiennes. En 845, tandis que Modica tombe à son tour, les Byzantins subissent une cuisante défaite près de Butera ou près de 10 000 soldats y trouvent la mort. Lentini est conquise en 846 et Ragusa en 848.

Abbas ibn-Fadh[modifier | modifier le code]

En 851, le gouverneur et général Al-Aghlab Abu Ibrahim, dont le commandement est très apprécié par ses nouveaux sujets siciliens, surtout comparé l'ancienne présence byzantine, meurt. Son successeur est Abbas ibn-Fadhl, le féroce vainqueur de Butera. Il commence par lancer des expéditions contre les terres encore aux mains des Byzantins dont Castrogiovanni en hiver 859, la plus importante forteresse de l'île. L'empereur byzantin envoie immédiatement une grande armée mais elle est vaincue par Abbas. Abbas meurt en 861, remplacé par son oncle Ahmed ibn-Jakub et à partir de février 862, son fils Abbas, mais ce dernier est remplacé par les Aghlabides avec Khafagia ibn-Sofian, qui capture Noto, Scicli et Troina.

Jafar ibn-Muhammad[modifier | modifier le code]

Palais de gouverneurs de Sicile à Palerme

Durant l'été 868, les Byzantins sont vaincus pour la première fois près de Syracuse. Les hostilités reprennent au début de l'été 877 par le nouveau sultan, Jafar ibn-Muhammad qui assiège la ville. La cité tombe le 21 mai 878 Les Byzantins détiennent dès lors le contrôle d'une courte bande côtière autour de Taormina tandis que les flottes musulmanes attaquent la Grèce et Malte. Pendant un certain temps les Byzantins ont la possibilité de reconquérir l'île, mais les nouvelles victoires arabes les en empêchent. Une révolte à Palerme contre le gouverneur Seuàda ibn-Muhammad est écrasée en 887.

La mort du puissant empereur Basile Ier en 886 encourage les musulmans à attaquer la Calabre où les armées byzantines sont vaincues à l'automne 888. Toutefois éclate la première révolte en 890, suivie par d'autres, principalement entre les Arabes et les Berbères. En 892 un émir est envoyé d'Afrique par Ibrahim II ibn Ahmad à Palerme mais renvoyé quelques mois plus tard. Le prince ne souhaite pas fléchir et envoie sous le commandement de son fils Abu l-Abbas Abdallah une puissante armée en 900 Les Siciliens sont vaincus à Trapani le 22 août et près de Palerme le 8 septembre, une dizaine de jours plus tard la ville est reprise.

Lorsque Ibrahim est forcé d'abdiquer à Tunis, il décide de mener en personne les opérations dans le sud de l'Italie. Taormina, la dernière cité tenue par les Byzantins tombe le 1er août 902. Messina et les autres villes ouvrent leurs portes à l'approche des armées arabes afin d'éviter les massacres. L'armée d'Ibrahim marche aussitôt vers le sud de la Calabre en assiégeant Cosenza. Ibrahim décédera le 24 octobre de la même année de la dysenterie et son petit-fils arrête les campagnes militaires et retourne en Sicile.

L'époque Aghlabide (827–909)[modifier | modifier le code]

Église de Palerme, son architecture est influencée par la culture arabe

À cette époque, la Sicile est presque entièrement sous le contrôle des Aghlabides hormis quelques cités intérieures. La population de l'île augmente rapidement avec l'arrivée de nouveaux migrants musulmans en provenance d'Afrique, d'Asie et d'Espagne comme les Berbères qui sont principalement concentrés dans le sud de l'île. L'émir de Palerme nomme les gouverneurs de cités (qadi), chaque ville possède un concile nommé gema, composé des notables issus de la population locale et qui avaient la charge de veiller à l'ordre social. Les Siciliens non-convertis à l'islam sont des dhimis, leur religion est préservée ainsi que leurs traditions à condition de payer l'impôt capitulaire.

Les Arabes lancent une réforme de l'agriculture et des systèmes d'irrigation qui entraîne un développement des petites exploitations au détriment des grandes exploitations. Avec 300 000 habitants, Palerme est au Xe siècle la plus importante ville d'Italie. Une description de la ville est donnée par Ibn Hawqal, un marchand de Bagdad qui visite la Sicile en 950. Une muraille aux confins de la cité nommée Kasr établit encore aujourd'hui le centre de Palerme et la grande mosquée est construite sur les fondations de l'ancienne cathédrale romaine. En périphérie se trouvent les bains, la mosquée, le palais du sultan, les prisons et les différents organismes administratifs.

L'époque Fatimide (909–965)[modifier | modifier le code]

En 909, les Aghabides sont remplacés par les Fatimides. Quatre ans plus tard, le gouverneur fatimide est expulsé de Palerme lorsque l'île déclare son indépendance sous la direction de l'émir Ahmed ibn-Kohrob. Sa première action est un siège avorté à Taormina qui est reconstruite par les chrétiens. Il a plus de succès en 914 lorsqu'une flotte sicilienne détruit la flotte Fatimide, envoyée pour récupérer l'île. L'année suivante, la destruction d'une seconde flotte envoyée contre la Calabre et les troubles provoqués par les réformes d'Ibn-Khorob conduisent à une révolte des berbères.

Les Berbères capturent Ibn-Khorob et le pendent en prétextant une allégeance au calife fatimide Al-Mahdi, espérant ainsi obtenir une large autonomie de la part de ce dernier. Mais contrairement aux attentes berbères, Al-Mahdi envoie une armée qui pille Palerme en 917 et qui marque le début d'une vingtaine d'années de présence fatimide. En 937, les Berbères d'Agrigento se révoltent de nouveau mais après deux succès retentissants sont finalement écrasés aux portes de Palerme. La révolte est éteinte définitivement en 941 et de nombreux prisonniers sont revendus en tant qu'esclaves.

L'émirat indépendant de Sicile (965–1091)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Émirat de Sicile.
L'Italie en l'an 1000

Après l'écrasement d'une autre révolte en 948, le calife fatîmide Ismail al-Mansur nomme Hassan al-Kalbi comme émir de l'île. Le titre devenant rapidement héréditaire, l'émirat prend de facto son indépendance vis-à-vis du gouvernement africain. En 950, Hassan mène une guerre contre Byzance dans le sud de l'Italie, atteint Gerace et Cassano allo Ionio. Une seconde campagne en Calabre apporte une nouvelle défaite aux armées byzantines. Gerace assiégée, l'empereur Constantin VII Porphyrogénète accepte de payer un tribut à l'émirat de Sicile.

En 956, les Byzantins reconquièrent Reggio et envahissent la Sicile et un traité est signé en 960. Deux ans plus tard, une révolte à Taormina est écrasée mais la résistance héroïque des chrétiens de Rametta conduit l'empereur Nicéphore II Phocas à envoyer une armée constituée de 40 000 Arméniens, Thraces et Slaves sous les ordres de son neveu Manuel qui capture Messina en octobre 964. Le 25 octobre, une bataille féroce entre les Byzantins et les kalbides conduit à une défaite cuisante pour le camp byzantin et Manuel ainsi que près 10 000 hommes meurent sur le champ de bataille.

Le nouvel émir Abu al-Qasim (964-982) lance une série d'attaques contre la Calabre dans les années 970 tandis qu'une flotte sous le commandement de son frère attaque les côtes du Comté d'Apulie capturant plusieurs places fortes. Les Byzantins sont occupés par les guerres avec les fatimides de Syrie et les Bulgares de Macédoine ce qui pousse l'empereur germanique Otto II à intervenir mais l'armée germano-lombarde est vaincue en 982 à la bataille du cap Colonne. Toutefois Al-Qasim lui-même est tué au cours du combat et son fils retourne en Sicile sans exploiter l'avantage de la victoire.

L'émirat atteint son apogée sous l'émir Jafar (983-985) et de Yusuf al-Kalbi (990-998), tous deux mécènes des arts bien que le dernier des fils de Jafar ait été un seigneur violent qui expulsera les Berbères de l'île après une tentative ratée de l'assassiner. En 1019, un autre tentative de révolte est écrasée et al-Akhal prend le pouvoir (1019-1037).

Déclin (1037–1061) et conquête normande (1061–1091)[modifier | modifier le code]

L'Italie en 1084

En 1038, une armée byzantine sous le commandement de George Maniaces traverse le détroit de Messina. Il compte parmi ses hommes un corps d'unité normand qui sauve la situation lors de la première confrontation avec les musulmans. S'ensuit une autre victoire en 1040 qui permet à Maniaces d'assiéger Syracuse. Malgré ses victoires Maniaces est démis de ses fonctions ce qui permet aux musulmans de reprendre toutes les positions perdues.

Le normand Robert Guiscard, fils de Tancred envahit la Sicile en 1060. L'île est scindée entre les émirs arabes et la population majoritairement chrétienne. Un an plus tard Messina tombe et en 1072 c'est au tour des Normands. La perte de ces villes, qui possèdent toutes les deux de splendides ports porte un coup fatal au pouvoir musulman sur l'île. En 1091, Noto dans la pointe sud de la Sicile et l'île de Malte tombent aux mains chrétiennes. Durant le XIe siècle, le pouvoir musulman en Méditerranée décline.

Des mesures répressives envers les musulmans sont prises par Frédéric II dans le but de plaire aux chrétiens mais cela déclenche une révolte musulmane qui marque le dernier épisode de la présence musulmane en Sicile. En 1240 les derniers musulmans sont expulsés de l'île

Autres[modifier | modifier le code]

Émirat de Bari[modifier | modifier le code]

Capture de Bari par les troupes byzantines et franco-lobardes

L'émirat de Bari est un État (émirat) sarrasin situé dans le sud de l'Italie à Bari de 847 à 871. Malgré sa période très courte, il constitue l'épisode le plus long de la présence musulmane dans le sud de la péninsule italienne.

Bari est devenue l'objectif des Arabo-Berbères dès 840/841 lorsqu'elle fut brièvement occupée. Selon Al-Baladhuri, Bari fut prise à l'empire de Byzance par Kalfün (Khalfun). Khalfun était probablement un Berbère originaire de l'émirat de Sicile. Personnage de seconde importance, la conquête de Khalfun passa quasiment inaperçue aux yeux des Musulmans de cette époque. Le successeur Khalfun, Mufarrag ibn Sallam, envoya une requête au calife abbasside à Baghdad pour la reconnaissance de ce nouvel État sans recevoir de réponse.

Le troisième et dernier émir de Bari fut Sawdan, qui monta au trône vers 857 après l'assassinat de Mufarrag, il fera ériger une première mosquée et encouragera le contact avec ses voisins chrétiens. L'émirat s'éteint finalement en février 871 lorsqu'une armée composée de Francs, Lombards, et Croates attaque la ville et Sawdan enchaîné est emmené à Benevento.

Latium et Campanie[modifier | modifier le code]

Durant le IXe siècle, les navires arabes dominent la mer Tyrrhénienne. Leurs pirates rôdent le long des côtes italiennes lançant des attaques contre les villes d’Amalfi, de Gaeta, de Naples ou de Salerne. Durant cette période où les cités doivent assurer leur propre défense, les duchés de Gaeta et d'Amalfi gagnent leur indépendance vis-à-vis du duché de Naples. Les États chrétiens de Campanie ne sont pourtant pas prêts à faire face à la menace "païenne". Au grand dam de la papauté, Amalfi et Gaeta s'allient aux Sarrasins et aux Napolitains. Dans les faits, ce sont les Napolitains eux-mêmes sous le règne d'André II qui appellent les premières troupes arabes dans le sud du pays et louent leurs services comme mercenaires dans sa guerre contre Sicard de Bénévent en 836. En réponse, Sicard appelle lui-même des mercenaires musulmans. L'utilisation de mercenaires arabes devient rapidement une habitude. En 880 ou 881, le pape Jean VIII qui encouragea une politique vigoureuse contre les pirates arabes annule les subventions envers Pandenolf de Capoue et préfère les donner à Docibilis Ier de Gaeta. Comme le relate Patricia Skinner :

[Pandenolf] commença par attaquer les territoires de Gaeta, et en représailles contre le pape Docibilis lança un groupe d'Arabes d'Agropoli près de Salerne dans les environs de Fondi. Le pape était "rempli de honte" et restitua Traetto à Docibilis. L'accord entre les deux hommes est précipité par l'attaque des Sarrasins sur Gaeta elle-même et le massacre ou emprisonnement de ses habitants. La paix s'étant rétablie les Sarrasins s'installent sur les rives du Garigliano.

Le camp sarrasin de Minturno (de nos jours le Latium) sur les rivages du Garigliano devient rapidement une épine dans le pied de la papauté et de nombreuses expéditions tentent de les en déloger. En 915, le pape Jean X organise une vaste alliance des souverains du sud du pays, incluant Gaeta et Naples, les princes lombards et les Byzantins, bien que les Amalfitains se tiennent à l'écart. Les conséquences de la bataille de Garigliano sont positives et les Sarrasins sont chassés définitivement du Latium et de la Campanie bien que les raids continuent.

En 897, l'abbaye de Farfa est pillée par les Sarrasins qui l'utilisent comme caserne avant qu'elle ne soit détruite par la population locale en 898. Abbot Pierre de Farfa organisa la fuite de la population et la préservation des livres et des archives de l'abbaye.

Invasion de Otrante[modifier | modifier le code]

En 1480, une flotte ottomane envahit Otrante. Le pape Sixte IV appelle à la croisade et une grande armée est constituée par Ferdinand Ier de Naples, parmi eux des notables hongrois dont Matthias Ier de Hongrie malgré les nombreuses querelles qui l'oppose aux Italiens à l'époque. Les forces napolitaines rencontrent les armées turques en 1481 et parviennent à reprendre l'Otrante.

En 1537, le célèbre corsaire turc Khayr ad-Din Barberousse tente de nouveau de conquérir l'Otrante et la forteresse de Castro mais les Turcs sont finalement défaits.

Héritage[modifier | modifier le code]

Architecture typiquement occidentale avec décoration et arabesques islamiques

Les sciences et arts arabes continueront d'influencer lourdement la Sicile durant deux siècles après la reconquête chrétienne. Au début XIIIe siècle, Frédéric II, empereur du Saint-Empire et roi de Sicile outre le latin, le sicilien, l'allemand, le français et le grec parlait l'arabe et avait de nombreux ministres musulmans dans ses rangs. Encore de nos jours de nombreux mots arabes se retrouvent dans la langue sicilienne. La présence arabe se retrouve dans le noms de certains lieux comme Calata ou Calta- de l'arabe Qal`at… (قلعة) qui signifie "château de".

En 2009 une étude génétique montre la présence de descendants arabes chez les habitants de Lucera.

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Intérieur de la mosquée de Rome

Selon les dernières statistiques officielles les musulmans représentent 34 % des 2 400 000 étrangers vivant en Italie. S'ajoutent aussi 820 000 étrangers de culture musulmane ainsi que 100 000 à 150 000 immigrants illégaux.

Malgré le fait que les musulmans issus de l'immigration illégale représentent une minorité de la communauté musulmane, des partis comme la Ligue du Nord ou Lega Lombarda tentent d'en faire le lien. Chaque année les nombreux navires remplis de clandestins s'échouant sur les côtes italiennes alimentent l'actualité nationale bien que l'Italie ne constitue que la porte d'entrée pour l'Europe. Le nombre de convertis italiens est estimé à moins de 10 000 et en 2010 on estime le nombre de musulmans entre 960 000 et 3 500 000 ce qui représente environ 1,4 % de la population, bien en dessous de la moyenne européenne. Alors qu'au Moyen Âge les musulmans étaient concentrés dans le sud, aujourd'hui ils sont plus dilués, 55 % habitant le nord, 25 % le centre et 20 % le sud. Le rapport immigrants/nationaux tend au fil du temps à se réduire, alors que dans les années 1990, près de 50 % des musulmans étaient immigrants (essentiellement en provenance des Balkans) aujourd'hui ils ne représentent que 25 %.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]