Islam en Chine

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La mosquée de Huaisheng est une des plus anciennes mosquées du monde. Elle a été construite par le compagnon de Mahomet, Sa`d ibn Abi Waqqas.

L'islam en Chine est riche de son passé et de son héritage. L'histoire musulmane en Chine est des plus anciennes, remontant aux alentours de 650[1], lorsque Sa`d ibn Abi Waqqas fut envoyé comme représentant auprès de l'empereur Tang Gaozong, durant le règne du calife Othmân ibn Affân. Le nombre de musulmans en RPC est estimé à plus de 20 millions[2]. L'État communiste a d'abord lutté contre toutes les religions pendant les années 1950, puis les a interdites pendant la Révolution culturelle (1966-1976) avant de graduellement mettre en place un système de liberté sous contrôle avec l'arrivée de Deng Xiaoping au pouvoir[3]. L'islam est géré par l'Association Islamique de Chine, une association étatique à laquelle doit s'affilier tout musulman. Une grande partie de la population musulmane de Chine est située au Xinjiang. Ces musulmans ne sont pas Hans mais d'origine turque (Ouïghours, Kazakhs, Kirghizes, Tatars, …) ou mongole (Dongxiang). Conscient de l'importance stratégique du Xinjiang, le gouvernement chinois a doté la province d'un statut d'autonomie qui laisse une plus grande liberté à la pratique de l'islam (éducation religieuse encadrée, pèlerinage à La Mecque, construction de mosquées, etc) tant que cela passe par l'Association Islamique de Chine. Dans son rapport pour 2008, l'organisation Human Rights Watch critique fortement la répression et le contrôle de l'État sur la pratique religieuse des Ougïhours[4]. Une autre partie des musulmans de RPC sont les Huis, des Hans islamisés. Les Huis sont implantés sur tout le territoire de la RPC et principalement dans le Nord-Ouest du pays ainsi sur la côte, dans le Henan et le Yunnan[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

La Grande mosquée de Xi'an, une des plus anciennes mosquées en Chine

Selon l'histoire traditionnelle musulmane, l'islam est importé en Chine par une délégation envoyée par le troisième calife, Othmân ibn Affân, en 651, moins de vingt ans après le décès du prophète Mahomet. Cette délégation est dirigée par Sa`d ibn Abī Waqqās, l'oncle maternel du prophète. L'empereur Tang Gaozong, qui les reçoit ordonne la construction de la mosquée de Huaisheng à Canton, en mémoire à Mahomet[1],[6].

Mausolée Puhaddinà Yangzhou

Bien que les historiens modernes n'aient pas trouvé de preuves de la venue de Waqqās en personne en Chine[6], ils pensent que les diplomates et marchands musulmans sont arrivés en Chine à moins de quelques décennies de l'Hégire[6]. La culture cosmopolite de la dynastie Tang, avec ses importants contacts avec l'Asie centrale et ses importantes communautés (à l'origine non musulmans) de marchands d'Asie centrale et occidentale résidant dans les villes chinoises, a pu aider l'introduction de l'islam en Chine[6]. Les premiers établissements de musulmans en Chine étaient constitués de marchands Arabes et Perses[7]. Sous les dynasties Tang et encore plus sous les Song, relativement bien établies bien que quelque peu isolées, les communautés musulmanes de marchands existaient dans les ports de Guangzhou, Quanzhou et Hangzhou, mais également à l'intérieur des terres à Chang'an, Kaifeng et Yangzhou[8].

Le terme Hui est originaire du mot en mandarin « Huihui », un terme utiliser dans un premier temps sous la dynastie Yuan pour décrire les personnes venant d'Asie centrale, de Perse ou des pays arabes et qui résidaient en Chine[6].

Sous la dynastie Song, les musulmans ont joué un rôle important dans l'industrie d'import/export[1],[8]. La fonction de Directeur général du transport maritime est confiée à des musulmans durant cette période[9]. En 1070, l'empereur Shenzong a invité 5 300 personnes de Bukhara à s'installer en Chine, afin de créer une zone tampon entre les empires chinois et Liao au nord-est. Plus tard, ces hommes ont été installés entre la capital Song de Kaifeng et Yenching (l'actuel Pékin)[10]. Ils ont été envoyés par le prince Amir Sayyid « So-fei-er » (son nom chinois) qui est habituellement surnommé le père de la communauté musulmane en Chine. Avant lui, l'islam était appelé par les Chinois Dashi fa (« loi des Arabes »)[11]. Il lui donna le nom de Huihui Jiao(« la religion des Huihui »)[12].

Durant la dynastie Yuan (1271–1368), un nombre important de musulmans se sont installés en Chine. Les Mongols, une minorité en Chine, ont donné aux immigrants musulmans un statut supérieur aux Han dans leur stratégie de gouvernement, ce qui a donné aux musulmans une influence importante. Des centaines de milliers d'immigrants musulmans ont été recrutés et déplacés de force pour aider les Mongols à administrer leur empire dont l'expansion était rapide[13]. Les Mongols ont utilisé des administrateurs arabes, les perses et les ouïghours, généralement appelés semu (« officiels variés »)[14] pour agir à titre d'officiers des impôts et des finances. Les musulmans étaient à la tête de plusieurs corporations en Chine durant la période Yuan[15]. Les érudits musulmans travaillèrent à la fabrication d'un calendrier et à des travaux en astronomie. L'architecte Yeheidie'erding (Amir al-Din) étudia auprès des architectes Han et aida à la construction de la capitale de la dynastie Yang, Dadu, autrement connue sous les noms de Khanbaliq ou Khanbaligh, située sur l'actuelle ville de Pékin[16].

Statue de l'explorateur chinois musulman Zheng He.

Durant la dynastie Ming, les musulmans continuèrent à exercer une influence dans les cercles du gouvernement. Six des généraux auxquels le fondateur de la dynastie, Zhu Yuanzhang, faisait le plus confiance étaient musulmans. Parmi eux, Lan Yu dirigea en 1388 l'armée Ming en dehors de la Grande Muraille et remporta une victoire décisive sur les Mongols en Mongolie, mettant un terme définitif au rêve mongol de reconquérir la Chine. L'empereur Yongle ordonna à Zheng He, peut-être un des plus célèbre chinois musulman et un des principaux explorateur chinois, à mener sept expéditions dans l'Océan Indien entre 1405 et 1433. Cependant, pendant la dynastie Ming, l'immigration de nouveaux immigrants musulmans en Chine a fortement réduit en raison de l'isolationnisme de l'empire. Les musulmans en Chine qui descendaient des premiers immigrants commencèrent à assimiler les dialectes chinois et à adopter des noms et la culture chinoise. L'architecture des mosquées commença à suivre l'architecture chinoise traditionnelle. Cette période, souvent considérée comme l'âge d'or de l'islam en Chine[17], a également vu Nankin devenir un important centre d'études islamiques[18].

L'avènement de la dynastie Qing (1644-1911) a rendu les relations entre Chinois et musulmans plus difficiles. La dynastie interdit le sacrifice rituel d'animaux, puis la construction de nouvelles mosquées et le pèlerinage à La Mecque[19]. Les dirigeants Qing appartenaient aux Mandchous, une minorité en Chine, et utilisaient la tactique du diviser pour régner pour alimenter les conflits entre musulmans, Hans, Tibétains et Mongols. De ces politiques répressives résultèrent cinq rébellions Hui, dont les plus célèbres sont la Révolte des Panthay, qui eut lieu dans la province du Yunnan entre 1855 et 1873, et la Révolte des Dungan, qui eut lieu dans le Xinjiang, Shensi et Gansu entre 1862 et 1877. Le gouvernement mandchou a alors commis un génocide pour réprimer ces révoltes[20],[21],[22], tuant un million de personne lors de la Révolte des Panthay[23], plusieurs millions lors de la Révolte des Dungan[23] et cinq millions dans la suppression du peuple Miao à Guizhou[23]. Une politique de « lavage des musulmans » (chinois : 洗回 ; pinyin : XǐHuí) fut alors préconisée par le gouvernement mandchou[24].

Après la chute de la dynastie Qing, Sun Yat Sen, qui établit la République de Chine, déclara immédiatement que le pays appartenait de façon équitable aux peuples Hans, Mandchous, Mongols, Hui et Tibétains. En 1911, les provinces du Qinghai, Gansu et Ningxia tombèrent sous le contrôle de seigneurs de guerre musulmans de la famille Ma. Au cours de la Révolution culturelle, les mosquées furent effacées, détruites ou fermées et les copies du coran furent brûlées en même temps que les temples, églises, monastères et cimetières, par les gardes rouges[25]. Le gouvernement commença à relâcher sa politique vis-à-vis des musulmans à partir de 1978. De nos jours, l'islam connait un léger retour et il existe maintenant de nombreuses mosquées en Chine. Il y a eu une recrudescence de l'expression islamique et de nombreuses associations islamiques à l'échelle nationale ont été organisées pour coordonner les activités inter-ethniques entre musulmans[26].

Pratiquants[modifier | modifier le code]

Groupes ethniques[modifier | modifier le code]

Des musulmans vivent dans toutes les régions de Chine[13]. Les plus importantes concentrations se trouvent dans les provinces du nord-ouest – Xinjiang, Gansu, et Ningxia – mais on trouve également des populations importantes dans les provinces du Yunnan et du Henan[13]. Parmi les 55 ethnies de Chine reconnues officiellement, dix sont principalement musulmanes. Les plus importants groupes sont, par ordre d'importance, les Hui (9,8 millions au recensement de 2000, soit 48 % des musulmans recensés), les Ouïghours (8,4 millions, 41 %), les Kazakhs (1,25 million, 6,1 %), les Dongxiang (514 000, 2,5 %), les Kirghizes (161 000), les Salars (105 000), les Tadjiks (41 000), les Ouzbeks, les Bonan (17 000) et les Tatares (5 000)[13]. Cependant, les membres des groupes ethniques traditionnellement musulmans peuvent se déclarer d'une autre religion ou d'aucune religion. De plus, les musulmans tibétains sont officiellement catégorisés dans les Tibétains, contrairement aux Hui qui sont désignés comme peuple séparé, même s'ils sont très proches des Han[27]. Les musulmans vivent principalement dans les régions qui bordent l'Asie centrale, le Tibet et la Mongolie, régions qui sont connues sous le nom de « Ceinture du Coran »[28].

Nombre de musulmans en Chine[modifier | modifier le code]

Adorateurs quittant la mosquée à Linxia

La Chine abrite de nombreux pratiquants de l'islam. Selon le CIA World Factbook, environ 1 ou 2 % de la population totale de la Chine est musulman[29], alors que le département d'État des États-Unis Rapport international sur la liberté de culte estime que les musulmans constituent 1,5 % de la population chinoise[30]. Un récent recensement totalise 20 millions de musulmans en Chine[31]. Cependant, les trois derniers recensement nationaux (1982, 1999 et 2000) ne comprenaient pas de questions sur la religion. Le nombre de pratiquants peut être déduit directement du nombre de personnes se déclarant membre d'un groupe ethnique particulier, dont les membres sont reconnus pour faire majoritairement partie d'une religion. Une étude de 2009 conduite par le Pew Research Center, basée sur le recensement de la Chine, a conclu qu'il y aurait 21 667 000 musulmans en Chine, représentant 1,6 % de la population totale[32]. Selon les données fournies par le Centre international de la population de l'Université d'État de San Diego pour le U.S. News & World Report, la Chine possède 65,3 millions de musulmans[33]. Le site internet de la BBC « religion et ethique » donne une fourchette de 20 à 100 millions (1,5 à 7,5 % du total) de musulmans en Chine[1].

Pratique religieuse[modifier | modifier le code]

La grande majorité des musulmans en Chine sont sunnites. Une caractéristique notable dans certaines communautés musulmanes en Chine est la présence de femmes imam[34].

Il est reconnu que le général Zheng He et ses troupes musulmanes ont fait un voyage à La Mecque et effectué le Hajj durant un de ses précédents voyages vers l'occident entre 1401 et 1433[35]. D'autres musulmans chinois ont fait le pèlerinage Hajj vers La Mecque dans les siècles qui suivirent, mais il reste peu d'informations à ce sujet.

Brièvement durant la Révolution culturelle, les musulmans chinois n'ont pas été autorisés à faire le Hajj, et ont dû passer par le Pakistan pour cela. Cette interdiction est levée en 1979. Les musulmans chinois ont maintenant pour habitude d'effectuer le Hajj en grand nombre, souvent en groupes organisés. Le plus grand groupe ayant fait le pèlerinage était constitué de 10 700 pèlerins, venant de tout le pays, pour faire le Hajj en 2007[36].

Corps représentatifs[modifier | modifier le code]

Association Islamique de Chine[modifier | modifier le code]

L'Association Islamique de Chine (chinois simplifié: 中国伊斯兰教协会; chinois traditionnel: 中國伊斯蘭教協會; pinyin: Zhōngguó Yīsīlánjiào Xiéhuì; anglais: Islamic Association of China) prétend représenter les musulmans chinois à travers tout le pays. Lors de sa réunion inaugurale le à Pékin, les représentants de 10 ethnies de la République populaire de Chine étaient présents.

Ses missions et devoirs sont :

  • Assister le gouvernement populaire dans la mise en œuvre de sa politique de liberté de culte;
  • Faire progresser la tradition de l'islam;
  • Chérir la mère patrie;
  • Unifier les musulmans en participant à la construction socialiste de la mère patrie;
  • Développer une relation amicale avec les musulmans des autres pays;
  • Maintenir la paix dans le monde;
  • Collecter et corriger les informations historiques sur l'islam;
  • etc...

China Islamic Association[modifier | modifier le code]

En , le gouvernement fonde la China Islamic Association, qui est décrite comme visant à « aider à la propagation du Coran en Chine et s'opposer à l'extrémisme religieux ». L'association doit être dirigée par 16 chefs religieux islamiques qui sont chargés de faire « une interprétation correcte et d'autorité » de la foi et du canon islamique.

Elle compile et propage des discours inspirants et aidant les imams à se perfectionner, et les sermons effectués par les clercs à travers le pays. Cette dernière fonction est probablement le poste clé dans la mesure où le gouvernement central est concerné. Il s'inquiète du fait que certains membres du clergé se servent de leurs sermons pour répandre la sédition.

Voici quelques exemples de concessions religieuses accordées aux musulmans[37] :

  • Dans les zones où les musulmans sont majoritaires, l'élevage des porcs n'est pas autorisé, par respect pour les sensibilités musulmanes
  • Les communautés musulmanes sont autorisées à utiliser des cimetières distincts
  • Les couples musulmans peuvent consacrer leur mariage par un imam
  • Les travailleurs musulmans sont autorisés à avoir des vacances pendant les grandes fêtes religieuses
  • Les musulmans chinois sont également autorisés à faire le pèlerinage à La Mecque, et plus de 45 000 musulmans chinois l'ont fait ces dernières années.

Éducation islamique en Chine[modifier | modifier le code]

Au cours des vingt dernières années un large éventail de possibilités d'éducation islamique a été développé pour répondre aux besoins de la population musulmane en Chine. En plus les écoles de mosquée, les collèges gouvernementaux islamiques, et indépendants des collèges islamiques, un nombre croissant d'étudiants sont partis à l'étranger pour poursuivre leurs études au niveau international dans des universités islamiques en Égypte, Syrie, Arabie saoudite, Pakistan, Iran et Malaisie[13].

Culture et héritage[modifier | modifier le code]

Bien que des contacts et des conquêtes précédentes ont eu lieu avant, la conquête mongole d'une grande partie de l'Eurasie au XIIIe siècle a introduit de façon permanente les vastes traditions culturelles de la Chine, l'Asie centrale et l'Asie de l'Ouest en un seul empire. L'interaction intime qui a abouti est évidente dans l'héritage des deux traditions. En Chine, l'islam a influencé la technologie, les sciences, la philosophie et les arts. En termes de culture matérielle, on trouve des motifs décoratifs de l'architecture et la calligraphie islamique d'Asie centrale et un impact marqué de la nourriture halal sur la cuisine chinoise du nord.

Prenant l'empire mongol eurasien comme point de départ, l'ethnogenèse des Hui, peut également être dressé par l'émergence de traditions musulmanes typiquement chinoises dans l'architecture, la nourriture, l'épigraphie et la culture islamique écrite. Ce patrimoine culturel multiforme continue jusqu'à nos jours[38]

Architecture islamique[modifier | modifier le code]

La première mosquée chinoise est construite au VIIe siècle sous la dynastie Tang, à Xi'an. La Grande mosquée de Xi'an et la Grande mosquée de Jinan, dont les constructions actuelles datent de la dynastie Ming, ne reprennent pas beaucoup d'éléments traditionnellement utilisés dans la construction de mosquées. En fait, elles suivent l'architecture traditionnelle chinoise. Les mosquées dans l'ouest de la Chine incorporent plus d'éléments que l'on retrouve dans les autres mosquées à travers le monde. Les mosquées chinoises occidentales incorporent plus probablement des minarets et des dômes, alors que les mosquées chinoises orientales ressemblent plus à des pagodes[39].

Une caractéristique importante de l'architecture chinoise est son accent pour la symétrie, qui connote une sensation de grandeur. Ceci s'applique sur tous les bâtiments, des palais aux mosquées. Une exception notable est la conception des jardins, qui sont le plus asymétriques possible. Comme la peinture chinoise sur rouleau, le principe sous-jacent dans la composition des jardins est la création de flux durables, afin de laisser son propriétaire se promener et profiter du jardin sans ordonnance, comme dans la nature elle-même.

La tombe de Khoja Afāq près de Kashgar

Sur les contreforts du mont Lingshan se trouvent les tombes de deux des quatre compagnons que le prophète Mahomet a envoyé vers l'est pour prêcher l'islam. Connu sous le nom de Tombes Saintes, elles abritent les compagnons Sa-Ke-Zu et Wu-Ko-Shun (sous leurs noms chinois). Les deux autres compagnons sont allés à Guangzhou et Yangzhou[40].

Les constructions chinoises peuvent être construites en briques, mais les structures en bois sont plus largement répandues. Elles sont en effet plus résistantes aux séismes, mais plus vulnérables aux incendies. Le toit des constructions typiquement chinoises est incurvé. Il existe des classifications strictes de types de pignon, comparable avec l'ordre classique des colonnes européennes.

Mosquée Id Kah

Dans toutes les régions l'architecture chinoise islamique reflète l'architecture locale dans son style. La Chine est réputée pour ses magnifiques mosquées, qui ressemblent à des temples. Toutefois, dans l'ouest de la Chine, les mosquées sont plus proches de celles du Moyen-Orient, avec de hautes toitures, des minarets élancés, des arches courbes et son toit en forme de dôme. Au nord-ouest de la Chine où les Chinois Hui ont construit leurs mosquées, il existe une combinaison entre Orient et Occident. Les mosquées ont des toits évasés de style chinois, sont situées dans des cours murées et leurs entrées sont constituées par des arcades avec des coupoles miniatures et des minarets[39].

Nourriture Halal en Chine[modifier | modifier le code]

Un restaurant typiquement musulman à Linxia

En raison de l'importante population musulmane en Chine occidentale, de nombreux restaurants chinois fournissent des repas aux musulmans. Dans les principales villes chinoises, on trouve de petits restaurants islamiques ou des stands de nourriture typiquement tenu par des migrants de Chine occidentale (c'est-à-dire des Ouïghours), qui proposent des soupes de nouilles bon marché. Les plats à base d'agneau et mouton sont plus nombreux que dans les autres restaurants chinois, en raison de la préférence de ceux-ci dans la cuisine des régions de la Chine occidentale. Les préparations alimentaires commerciales peuvent être certifiées Halal par les organismes agréés.

Calligraphie[modifier | modifier le code]

Sini[modifier | modifier le code]

Le Sini est une forme de calligraphie chinoise islamique pour l'écriture arabe. Il fait référence à tout type de calligraphie chinoise islamique, mais il est habituellement utilisé pour désigner celle qui utilise des effets épais et coniques, bien plus que la calligraphie chinoise. Il est largement utilisé dans les mosquées de la Chine orientale, et dans une moindre mesure dans les provinces de Gansu, Ningxia et Shaanxi.

Xiao'erjing[modifier | modifier le code]

Dictionnaire Chinois-Arabe-Xiao'erjing datant des premiers jours de la République populaire de Chine.
Article détaillé : Xiao'erjing.

Le Xiao'erjing ou Xiao'erjin (chinois simplifié : 小儿经/小儿锦 ; chinois traditionnel : 小兒經/小兒錦 ; pinyin : Xiǎo'érjīng/Xiǎo'érjǐn, Xiao'erjing: شِيَوْ عَر دٍ) ou, dans sa forme condensée, Xiaojing (chinois simplifié : 小经/消经 ; chinois traditionnel : 小經/消經 ; pinyin : Xiǎojīng/Xiāojīng) est une transcription des langues chinoises avec une écriture arabe. Il est utilisé par plusieurs minorités ethniques de confession musulmane en Chine (principalement les Hui, mais aussi les Dongxiang et les Salar), et anciennement par leurs descendants Dungan d'Asie centrale.

Arts martiaux[modifier | modifier le code]

Le développement et la participation musulmane au plus haut niveau du wushu chinois a une longue histoire. Beaucoup de ses racines se trouvent dans la persécution des Musulmans lors de la dynastie Qing. Les Hui ont commencé et adapté de nombreux styles de Wushu comme le Baji Quan, le piguazhang, et le liuhequan. Il y avait des domaines spécifiques qui étaient connus pour être des centres de wushu musulman, tels que le comté de Cang dans la province du Hebei. Ces arts martiaux traditionnels Hui étaient très distincts des styles turques pratiqués dans Xinjiang.

Terminologie chinoise pour les institutions islamiques[modifier | modifier le code]

Qīngzhēn (清真) est le terme chinois utilisé pour certaines institutions islamiques. Il signifie littéralement « pure vérité ».

En chinois, halal se dit qīngzhēn cài (清真菜) ou « nourriture de pure vérité ». Une mosquée est appelée qīngzhēn sì (清真寺) ou « temple de pure vérité ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d BBC 2002, Origins
  2. Françoise Aubin, L'islam un levier politique ? dans Chine, peuple et civilisation, sous la direction de Pierre Gentelle, La Découverte, 2004.
  3. Élisabeth Allès, article « religion », dans Dictionnaire de la Chine contemporaine, sous la direction de Thierry Sanjuan, Armand Colin, 2006.
  4. (en) [PDF] HRW World Report 2008.
  5. Élisabeth Allès, article « Hui », dans Dictionnaire de la Chine contemporaine, sous la direction de Thierry Sanjuan, Armand Colin, 2006.
  6. a, b, c, d et e Jonathan Newman Lipman 1997, p. 25
  7. Raphael Israeli 2002, p. 291
  8. a et b Jonathan Newman Lipman 1997, p. 26-27
  9. Dawood C. M. Ting 1958, p. 346
  10. Raphael Israeli 2002, p. 283-4
  11. Raphael Israeli 2002, p. 283; Tashi ou Dashi est la traduction chinoise de Tazi—le nom que les Perses utilisaient pour désigner les Arabes
  12. Raphael Israeli 2002, p. 284
  13. a, b, c, d et e Jackie Armijo 2006
  14. Jonathan Newman Lipman 1997, p. 33
  15. Richard Bulliet 2005
  16. (en) The Hui ethnic minority
  17. Dawood C. M. Ting 1958, p. 350
  18. Michael Dillon 1999, p. 37
  19. Jean Keim 1954, p. 605
  20. Mark Levene 2005, p. 288
  21. Charles Patterson Giersch 2006, p. 219
  22. Michael Dillon 1999, p. xix
  23. a, b et c Jacques Gernet 1996
  24. Jonathan Newman Lipman 1997
  25. Merle Goldman 1986
  26. BBC 2002, China today
  27. Hui People
  28. A. Doak Barnett 1963, p. 183.
  29. (en) CIA - The World Factbook - China
  30. (en) China (includes Hong Kong, Macau, and Tibet)
  31. Le décompte du nombre de membres des ethnies traditionnellement musulmanes en 1990 donne un total de 17,6 million, dont 96 % appartiennent aux trois ethnies Hui (8,6 millions), Ouïghours (7,2 millions), et Kazakhs (1,1 million). Voir Dru C. Gladney, "Islam in China: Accommodation or Separatism?", Hong Kong, 2002 (http://www.islamsymposium.cityu.edu.hk). Le recensement de 2000 rapporte un total de 20,3 millions de membres des ethnies musulmanes, dont encore 96 % appartiennent aux trois groupes Hui (9,8 millions), Ouïghours (8,4 millions) et Kazakhs (1,25 million).
  32. "Mapping the Global Muslim Population." Pew Research Center. Octobre 2009. Voir pages 13 et 45.
  33. (en) Secrets of Islam, U.S. News & World Report, 2005.
  34. (en) « Chinese Muslims forge isolated path », BBC News,‎ 15 septembre 2004 (lire en ligne).
  35. (en) « Legacy of Chinese Muslim Mariner Relived » (consulté le 17 juin 2010).
  36. (en) « 15th November 2007 - A record 10,700 Chinese Muslims to perform Hajj », sur Ministère du Hajj (Arabie saoudite) (consulté le 17 juin 2010).
  37. BBC 2002, China Islamic Association
  38. (en) Cina heritage newsletter China Heritage Project, The Australian National University,‎ 2006 (ISBN 1833-8461).
  39. a et b (en) Jill S. Cowen, « Muslims in China: The Mosque », Saudi Aramco World (en),‎ juillet/août 1985, p. 30–35 (lire en ligne).
  40. (en) The Muslim History of China « Farrukh travels into the Muslim history of China » (consulté le 17 juin 2010).

Références[modifier | modifier le code]

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  • (en) Reischauer Edwin O. et John K. Fairbank, East Asia: The Great Tradition, Houghton Mifflin,‎ 1960 (OCLC 994133)
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  • (en) Michael Dillon, China's Muslim Hui Community, Curzon,‎ 1999 (ISBN 0-7007-1026-4)
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Liens externes[modifier | modifier le code]