Islam en Belgique

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La pratique de l'islam en Belgique est relativement nouvelle et est plus particulièrement observée dans les communautés d'immigrations belges. C'est la deuxième religion la plus répandue en Belgique après le christianisme.

Suivant l'étude démographique du sociologue Jan Hetogen, publiée en novembre 2010, la Belgique compte alors 623 780 - soit 5,8% de la population -, un chiffre tranchant avec ceux avancés jusque-là par les autorités publiques qui avançaient celui d'environ 400 000 individus[1]. La grande majorité des musulmans en Belgique est originaire de la Turquie et du Maroc, dont la plupart sont venus comme travailleurs immigrés dans les années 1960.

Démographie[modifier | modifier le code]

La communauté musulmane est largement urbaine et réside principalement dans la Région de Bruxelles-Capitale. Ainsi, suivant l'étude de Hetogen, 22% des Bruxellois sont musulmans, avec de grandes disparités entre les communes : si l'on dénombre une proportion de 49,3% à Saint-Josse, de 39,3% à Molenbeek ou encore de 38,5% à Schaerbeek, des communes affichent des proportions de moins de 12% à l'instar de Berchem (11%), Ganshoren (10,7%) et Uccle (6%)[1].

La Flandre et la Région Wallonne affichent toutes deux des moyennes de 4% de musulmans avec des concentrations dans les agglomérations comme Anvers qui avec 81 933 personnes représentant 17,1% de la population accueille la première communauté musulmane de Belgique[1]. En chiffres absolus, après Anvers, on dénombre les plus importantes communautés du pays à Schaerbeek (45 781), Bruxelles (44 599), Molenbeek (34 083), Gand (29 926), Liège (28 341), Anderlecht (27 227) et Charleroi (25 962)[1].

La moitié de la communauté turque habite en Flandre[2]. Les villes les plus influencées par la communauté turque sont, à part Bruxelles, les villes néerlandophones d'Anvers, de Gand et de Genk[3].

Les centres de la communauté marocaine sont situés à Bruxelles et en Wallonie francophone, particulièrement dans les villes industrielles comme Liège et Charleroi.

Perception[modifier | modifier le code]

Suite à une sondage effectué par l'institut Ipsos en 2014[4], il apparaît que les Belges sont, avec les Français, parmi les occidentaux qui sur-évaluent le plus le nombre de musulmans - et d'étrangers - dans leur pays : les Belges interrogés estiment que la population serait composée de 29 % de musulmans ce qui représente une perception éloignée de près de 23% supérieure à la réalité[5].

Projections[modifier | modifier le code]

D'après les extrapolations de Jan Hetogen, corroborées par une étude du Pew Forum of Religion and Public Life menée en 2011, la Belgique pourrait compter 1 149 000 de musulmans en 2030, représentant alors 10,2 % de la population[6]. Cependant des chercheurs comme le sociologue Felice Dassetto récusent la pertinence de cette approche quantitative accusée de « souleve[r] un épouvantail démographique » en réduisant tout individu d’origine musulmane à des « religieux », en ignorant les indifférents, les agnostiques et autres athées[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Riccardo Guiterrez, « La Belgique compte 623.000 musulmans », Le Soir,‎ , p. 7 (lire en ligne)
  2. Blommaert, Jan; Verschueren, Jef (1998), Debating Diversity: Analysing the Discourse of Tolerance, Routledge, ISBN 0-415-19138-6
  3. Moutsou, Christina (2006), "Merging European Boundaries: A Stroll in Brussels", in Stacul, Jaro; Moutsou, Helen (eds.); Kopnina, Crossing European Boundaries: Beyond Conventional Geographical Categories, Berghahn Books, ISBN 1-84545-150-3.
  4. Ipsos MORI, « Perils of Perception », sur http://fr.slideshare.net,‎
  5. Perils of Perception cité par « Les Belges surestiment fortement le nombre de musulmans en Belgique », Le Soir,‎ (lire en ligne)
  6. (en) The Future Global Muslim Population : Projections for 2010-2030, Pew Research Center,‎ (lire en ligne), p. 15, 124
  7. Riccardo Guiterrez, « Bruxelles, musulmane en 2030 ? », Le Soir,‎ , p. 12 (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Felice Dassetto, L'iris et le croissant : Bruxelles et l'islam au défi de la co-inclusion, Presses universitaires de Louvain, coll. « Islams contemporains »,‎ , 376 p. (ISBN 9782875580009)

Voir aussi[modifier | modifier le code]