Matthias Göring

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Goering (homonymie).

Matthias Heinrich Göring, né le 5 avril 1879 à Düsseldorf (Allemagne) et décédé en captivité en 1945 à Poznań (Pologne), était un médecin allemand, psychiatre et nazi.

Parcours[modifier | modifier le code]

Matthias Göring obtient un doctorat en droit en 1900, puis un doctorat en médecine à Bonn en 1907 et se spécialise en neurologie et psychiatrie. Il s'installe à Elberfeld en 1923 et entreprend une analyse didactique avec Leonhard Seif (un psychothérapeute adlerien) à Munich. En 1928, il met en place un service de consultations psychothérapeutiques à Elberfeld, et un an plus tard, il fonde à Wuppertal un groupe de travail psychanalytique.

Göring se montre critique quant au matérialisme et à l'importance apportée à la sexualité infantile ainsi qu'à l'inconscient dans la théorie freudienne. Il reprend les principes de la psychologie d'Adler, et leur adjoint l'importance du patriotisme allemand.

Cousin du politicien nazi Hermann Göring, il adhère au parti nazi en 1933.

Le 15 septembre 1933, il prend la direction de la Société générale allemande de médecine psychothérapeutique (Deutsche allgemeine ärztliche Gesellschaft für Psychotherapie (DAÄGP)), une fondation de médecins à orientation national-socialiste[1], qui inscrit l'allégeance au « Führer » dans ses statuts.

En 1936 il prend la tête de l'Institut allemand de recherche en psychologie et de psychothérapie (Deutsches Institut für psychologische Forschung und Psychotherapie), connu sous le nom d'Institut Göring. L'éditeur Arthur Kronfeld est remplacé, après plusieurs refus et pour des motivations sujettes à controverses, par Carl Gustav Jung qui prendra la tête de cet institut avant que Matthias Göring n'accepte sa démission en 1940. En effet Jung venait de présenter Hitler comme un psychopathe patent dans la revue américaine Heart's International Cosmopolitan de Yale. Dès lors Jung, est inscrit sur la « Schwarze Liste ».

Göring milite contre la « psychanalyse juive » et organise l'exclusion des psychanalystes juifs de sa société et de son institut. En 1938, il supervise la dissolution de la Société psychanalytique allemande et de la Société psychanalytique de Vienne.

La position de Göring vis-à-vis des thèses freudiennes resta néanmoins ambiguë, puisqu'il continua de collaborer avec quelques psychanalystes non juifs comme August Aichhorn, mais et surtout avec des psychothérapeutes comme Harald Schultz-Hencke, Felix Boehm, Carl Müller-Braunschweig tous ouvertement contre les théories freudiennes au sein de son institut. Son épouse Erna Göring était en analyse avec Werner Kemper, et son fils Ernst Göring suivait une analyse didactique avec Carl Müller-Braunschweig.

Göring dirigea l'Institut jusqu'en 1945. Cette année-là, il fut arrêté, incarcéré et mourut en captivité.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Geschichte der Psychotherapieverordnungen und Gesetze in Deutschland

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Documentation externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie
  • Geoffrey Cocks : La psychothérapie sous le IIIe Reich L'institut Göring, Ed.: Belles Lettres, 1987, Coll.: Confluents psychanalytiques, ISBN 2-251-33436-X, (Psychotherapy in the Third Reich: The Göring Institute (2nd ed), Oxford University Press, New York, 1985 (ISBN 0195034619)
  • Collectif édité pour la France sous la dir.: Alain De Mijolla: "- Ici, la vie continue d'une manière fort surprenante..." : Contribution à l'Histoire de la Psychanalyse en Allemagne., Ed.: Association internationale d'histoire de la psychanalyse, 1987, ISBN 2-85480-153-9
  • Elisabeth Roudinesco & Michel Plon : Dictionnaire de la psychanalyse (La Pochothèque 2011)
Liens externes