Industrie aux États-Unis

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L'industrie aux États-Unis est un secteur important de l'économie. Les États-Unis occupent la première place mondiale pour la production industrielle en 2004[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'industrialisation transforme les États-Unis au cours du XIXe siècle. L'agriculture et les manufactures se mécanisent alors que les services connaissent une standardisation précoce. Les innovations technologiques et l'emploi de machines outils y sont donc plus importants qu'ailleurs. Le téléphone, inventé par Alexander Bell est diffusé à un million d'exemplaires en 1900[2]. Les industriels du Nord ont fait adopter par le congrès des droits de douane exorbitants: 47 % en moyenne sur les importations[3]. Entre 1860 et 1900, 14 millions d'immigrants arrivent aux États-Unis qui représentent une main-d'œuvre peu exigeante pour l'industrie en plein essor. Vers 1860, l'industrie emploie un tiers de la population active. Entre 1860 et 1890, la production industrielle est multipliée par 11. Les États-Unis sont devenus le premier producteur mondial de charbon. L'industrialisation profite surtout à la Manufacturing Belt, dans le nord-est des États-Unis. Le Sud a développé des industries de transformation mais reste sous la dépendance économique du Nord. En 1873, le produit par tête aux États-Unis a dépassé le produit par tête au Royaume-Uni, alors la première puissance économique mondiale.

L'essor industriel du pays provoque l'urbanisation du pays et la modernisation des villes. La ville est le berceau d'un nouveau mythe américain, celui du self-made man[4] incarné par Andrew Carnegie. Comme dans tous les pays en voie industrialisation, la condition ouvrière est particulièrement difficile. Cependant, dans l'Amérique de « l'âge du toc », aucun mouvement syndical puissant ne parvient à se développer. Sans organisation efficace, délaissés par les partis politiques, les ouvriers multiplient les grèves. Ce n'est qu'en 1886 que naît la première grande organisation syndicale, l'American Federation of Labor (AFL), une fédération des métiers hautement spécialisés[5].

La période se caractérise en outre par une tendance à la concentration des entreprises qu'il est possible d'attribuer au désir de contrôler le marché, de faire des économies d'échelle et aux capitaux des plus en plus importants que nécessitent le développement industriel. Le cas le plus connu est celui de Rockefeller qui rachète les droits de vote des actionnaires d'une quarantaine de compagnies pétrolières pour les contrôler. Ces dernières forment un trust sous sa direction.

À la fin des années 1880, une quinzaine de trusts se sont ainsi constitués. En 1890, la loi Sherman interdit les trusts. Les capitaines d'industrie choisissent alors la holding comme forme de concentration. La compagnie Carnegie fournit 25 à 30 % de l'acier américain. Elle possède aussi ses mines de charbon et de fer, ses bateaux et ses trains. Le compagnie Carnegie est ainsi une remarquable exemple des mouvements de concentration horizontale et verticale du capitalisme américain.

Guerre civile et reconstruction[modifier | modifier le code]

Au milieu du XIXe siècle, le Sud des États-Unis reste rural et dépendant des États du Nord pour les capitaux et les biens manufacturés. Les intérêts économiques des planteurs sont préservés tant que le Sud contrôle le gouvernement fédéral. Le Parti républicain est fondé en 1856 et défend les intérêts du Nord industriel. Il porte au pouvoir Abraham Lincoln qui met en place un tarif protectionniste. Le premier chemin de fer du Pacifique est décidé en 1862, et l'année suivante, un système bancaire national est établi pour financer la guerre de Sécession. La supériorité économique du Nord lui permet de remporter la guerre civile (1861 - 1865). L'esclavage est alors aboli et la Manufacturing Belt se développa. Les grands magnats de l'industrie gagne de plus en plus d'influence dans la vie politique du pays. L'aristocratie des planteurs disparaît. Il faut reconstruire l'économie sudiste, mais celle-ci repose toujours sur l'agriculture.

Le capitalisme américain[modifier | modifier le code]

La période se caractérise en outre par une tendance à la concentration des entreprises qu'il est possible d'attribuer au désir de contrôler le marché, de faire des économies d'échelle et aux capitaux des plus en plus importants que nécessitent le développement industriel. Le cas le plus connu est celui de Rockefeller qui rachète les droits de vote des actionnaires d'une quarantaine de compagnies pétrolières pour les contrôler. Ces dernières forment un trust sous sa direction. À la fin des années 1880, une quinzaine de trusts se sont ainsi constitués. En 1890, la loi Sherman interdit les trusts. Les capitaines d'industrie choisissent alors la holding comme forme de concentration. La compagnie Carnegie fournit 25 à 30 % de l'acier américain. Elle possède aussi ses mines de charbon et de fer, ses bateaux et ses trains. Le compagnie Carnegie est ainsi une remarquable exemple des mouvements de concentration horizontale et verticale du capitalisme américain.

Essor et mutations[modifier | modifier le code]

Entre 1860 et 1890, la production industrielle est multipliée par 11. Les États-Unis sont devenus le premier producteur mondial de charbon. L'industrialisation profite surtout à la Manufacturing Belt, dans le nord-est des États-Unis. Le Sud a développé des industries de transformation mais reste sous la dépendance économique du Nord.

L'essor industriel du pays provoque d'importantes mutations sociales : la population devient de plus en plus urbaine. Les gratte-ciel, les tramways, le métro, l'éclairage urbain électrique et d'autres innovations technologiques caractérisent les grandes villes américaines. Les villes sont des lieux d'accueil pour les immigrants et les agriculteurs ruinés. Ils y trouvent travail et instruction. C'est à la ville que naît le nouveau mythe américain, celui du self-made man[4] incarné par Andrew Carnegie. Comme dans tous les pays en voie industrialisation, la condition ouvrière est particulièrement difficile, avec des journées de travail de 12 à 14 heures, des salaires faibles, des logements indécents. Cependant, dans l'Amérique de « l'âge du toc », aucun mouvement syndical puissant ne parvient à se développer. Sans organisation efficace, délaissés par les partis politiques, les ouvriers multiplient les grèves. Ce n'est qu'en 1886 que naît la première grande organisation syndicale, l'American Federation of Labor (AFL), une fédération des métiers hautement spécialisés[5]. Elle renonce à toute référence révolutionnaire ou passéiste. L'échec des mouvements ouvriers peut s'expliquer par la présence de nombreux ouvriers déracinés venus des régions pauvres d'Europe et qui voient dans la condition ouvrière américaine une nette amélioration de leur sort. Pendant cette période le monde agricole connaît une grave crise. En effet, à partir de 1873, les prix agricoles baissent. L'augmentation de la productivité ne compense pas la chute des prix. Les fermiers tentent de s'organiser : mouvement des Grangers vers 1870, des Greenbackers vers 1880, alliance des fermiers et des populistes vers 1890. Les farmers réclament l'inflation monétaire pour compenser la baisse mondiale des cours de produits agricoles et réduire leur endettement. En 1869, pour la première fois dans l'histoire de cette nation, la valeur ajoutée industrielle dépasse celle de l'agriculture.

Le premier pays industriel du monde[modifier | modifier le code]

En valeur, les États-Unis sont la première puissance industrielle du monde avec 1 545,4 milliards de dollars[6]. Le secteur secondaire emploie 13,6 millions de personnes en 2005[7] et représente 22,8 % du PIB[8]. 81,54 % des exportations américaines sont des produits manufacturés[9].

Atouts et facteurs de la puissance industrielle américaine[modifier | modifier le code]

Structure de la valeur ajoutée aux États-Unis en 2006

La puissance industrielle américaine repose d'abord sur un territoire immense et maîtrisé par les réseaux de transport. Ce territoire procure d'importantes ressources naturelles, même si les gisements de matières premières sont souvent éloignés des centres de production et de consommation. Aujourd'hui, avec le déclin des industries traditionnelles, les richesses du sous-sol sont néanmoins moins déterminantes qu'avant[10]. Les installations de production énergétique procurent de l'électricité aux usines. Les industriels peuvent compter sur une main d'œuvre abondante (154 millions en mars 2009[11]) et qualifiée, ainsi que sur des travailleurs immigrés. Ces derniers représentent une main d'œuvre flexible et peu payée (Mexicains par exemple) mais aussi des cols blancs très qualifiés (brain drain)[12]. Les États-Unis représentent un marché de consommation développé où la demande repose en partie sur le crédit. L'industrie est soutenue par la libre entreprise et la culture de l'innovation[12]. Les investissements privés et publics dans la recherche et le développement sont importants. En 2006, 2,62 % du PIB américain était investi dans la RD[13]. De nombreuses entreprises travaillent en liaison avec les universités et laboratoires. Les interventions de l'État fédéral permettent de soutenir et de protéger les industries en difficulté (acier, plan de relance de l'automobile en 2008). Washington commande également des armes, des véhicules aéronautiques ou des équipements spatiaux. Enfin, l'American Way of Life est un vecteur de diffusion des produits américains dans le monde, que ce soit pour l'agro-alimentaire (Coca-Cola, MacDonald's, Marlboro) ou le textile (jeans, Gap, Nike).

Difficultés et concurrence internationale[modifier | modifier le code]

Comme dans d'autres pays du monde, les industries lourdes sont confrontées à la raréfaction des ressources naturelles et sont sensibles au renchérissement des matières premières. Les groupes pétroliers souhaitent exploiter les réserves d'hydrocarbures en Alaska et se heurtent à l'opposition des écologistes. Ces derniers militent pour empêcher l'ouverture de nouvelles usines polluantes. Plusieurs régions sont particulièrement touchées par la pollution industrielle : le couloir de la chimie dans le sud de la Louisiane ou encore la région de Houston au Texas où se concentrent les raffineries. Les Grands Lacs sont affectés par les rejets industriels et urbains. À l'instar d'autres états développés, les États-Unis subissent la concurrence des pays à faible coût de main d'œuvre. De nombreuses entreprises américaines délocalisent leurs unités de production vers le Mexique (maquiladoras) ou encore vers la Chine.

L'industrie américaine doit aussi faire face à des difficultés conjoncturelles : les ouragans qui frappent le Sud-Est contraignent les usines et les raffineries à fermer. Enfin, la crise de l'automobile fait toujours la une des journaux : les grands groupes (GM, Ford) doivent se restructurer, construire des véhicules moins gourmants en carburant et financer la recherche dans les énergies propres. Avec la crise de 2008-2009, leur chiffre d'affaires a baissé et ils ont perdu des parts de marché. Le sauvetage du secteur automobile américain passe par des projets de fusion avec des entreprises étrangères (chinoises) ou l'injection massive d'argent public.

Le 1er juin 2009, le Secrétaire à l’Énergie Steven Chu a annoncé un fonds de 256 millions de dollars afin d’améliorer l’efficience énergétique des principales industries aux États-Unis[14].

Les types d'industries[modifier | modifier le code]

Siège social de Microsoft à Redmond, dans l’État de Washington

Le secteur secondaire emploie 20,8 % de la population active américaine. Les cinq premiers états par l'importance de la main d'œuvre travaillant dans l'industrie sont en 2004 la Californie (1 529 500 employés), l'Ohio (824 700), l'Illinois (710 000), le Michigan (702 900) et la Pennsylvanie (696 800)[15].

Hautes technologies[modifier | modifier le code]

Navette spatiale Columbia

Le développement des industries de pointe est le résultat d'une politique d'investissements dans la recherche fondamentale et la recherche et développement. Le Bureau de la Science et de la Technologie (Office of Science and Technology), la National Science Foundation, le National Research Council ou encore la NASA sont les principales organisations publiques qui stimulent la recherche aux États-Unis. Les dépenses publiques en matière de recherche s'élèvent à 126 milliards de dollars en 2004, dont 55 % sont consacrés à la recherche militaire[17]. Quant au secteur privé, il a dépensé 181 milliards de dollars. Le réseau des universités publiques de Californie dispose du même budget que celui du CNRS en France[17].

Les grandes entreprises industrielles américaines[modifier | modifier le code]

Quelques entreprises industrielles américaines dans le monde[18] en 2008

Nom Secteur Rang mondial
dans le secteur
Chiffre d'affaires
en milliards de $
Nombre
d’employés
Siège social
Boeing aérospatial 1 66,3 159 300 Chicago (Illinois)
United Technologies aérospatial 2 54,7 225 600 Hartford (Connecticut)
Coca-Cola boissons 1 28,8 90 500 Atlanta
Dow Chemical chimie 2 55,5 45 856 Midland
DuPont chimie 5 30,6 60 000 Wilmington
Microsoft Logiciels 1 51,1 79 000 Redmond (Washington)
Oracle Corporation Logiciels 2 17,9 74 674 Redwood City (Californie)
Hewlett-Packard Ordinateurs 1 104,2 172 000 Palo Alto (Californie)
Dell ordinateur 2 61,1 84 450 Round Rock (Texas)
Archer Daniels Midland agro-alimentaire 1 44 27 300 Decatur (Illinois)
Bunge agro-alimentaire 2 37,8 23 889 White Plains (New York)
Procter & Gamble Produits domestiques 1 76,4 138 000 Cincinnati (Ohio)
Caterpillar Véhicules et équipement 1 44,9 101 333 Peoria (Illinois)
IBM Informatique, électronique 1 98,7 386 558 Armonk (New York)
Electronic Data Systems Informatique, électronique 2 22,1 139 500 Plano (Texas)
Alcoa Métallurgie 6 30,7 107 000 New York
General Motors Automobile 1 182,3 266 000 Detroit (Michigan)
Ford Automobile 4 172,4 246 000 Dearborn (Michigan)
Motorola Communication 2 36,6 66 000 Schaumburg (Illinois)
Cisco Systems Communication 3 34,9 61 535 San José (Californie)
ExxonMobil Pétrole 1 372,8 107 100 Irving (Texas)
Chevron Corporation Pétrole 4 210,7 65 035 San Ramon (Californie)
Johnson & Johnson Pharmacie 1 61,0 119 200 New Brunswick (New Jersey)
Pfizer Pharmacie 2 48,4 86 600 New York (New York)
Intel Semi-conducteur
composants électroniques
1 38,3 86 300 Santa Clara (Californie)

Géographie industrielle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie des États-Unis.
  • Le premier état industriel des États-Unis est la Californie, suivie par le Texas et l'Ohio. D'une manière générale, le Nord-Est est le berceau de l'industrie américaine (voir le chapitre histoire plus haut).
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Facteurs de localisation[modifier | modifier le code]

Université Stanford, au cœur de la Silicon Valley

Les grandes régions industrielles se trouvent près d'un littoral ou d'un fleuve. La proximité des matières premières et des sources d'énergie est un autre facteur de localisation : beaucoup de raffineries se concentrent sur le golfe du Mexique et en Californie. Les villes portuaires possèdent des chantiers navals et des complexes pétro-chimiques. Les zones frontalières et l'interface avec l'océan Pacifique présentent également de nombreuses implantations industrielles. Les foyers de peuplement attirent les industries de consommation et d'automobiles. La fiscalité des entreprises est encore un élément pris en compte par les groupes industriels, qu'ils soient américains ou étrangers.

À plus grande échelle, les parcs industriels se sont implantés près des aéroports ou des échangeurs autoroutiers. Les parcs technologiques rassemblent des universités, des laboratoires et des entreprises de pointe. Ils ont connu un important développement à partir des années 1970 avec la croissance des nouvelles technologies. Ceux de la Sunbelt bénéficient d'un environnement agréable qui attirent les étudiants, les chercheurs, les ingénieurs et les cadres. Le plus connu et le plus important est la Silicon Valley au sud de San Francisco, en Californie. Mais il en existe bien d'autres aux États-Unis[19] : Silicon Forest (Oregon), Silicon Prairie (Texas), Research Triangle (Caroline du Nord), Route 128 (Massachusetts), Silicon Alley (New York), Golden Corridor (Illinois), Cummings Research Park (Alabama), Biotech Corridor (Washington DC-Baltimore), etc.

Le Nord-Est[modifier | modifier le code]

Rust Belt[modifier | modifier le code]

Paysage industriel à Cleveland (Ohio)

Les états du nord-est sont le berceau de l'industrie américaine. Ils se sont développés sur les industries de la première révolution industrielle (sidérurgie, textile, transports) puis de la deuxième (automobile, pétrochimie). Frappé par la désindustrialisation dans les années 1970, certains pôles ont réussi leur reconversion. C'est le cas de l'agglomération de Pittsburgh dans l'Ohio : le programme Renaissance II a permis d'implanter des bureaux et de nouveaux moyens de transport qui ont revitalisé le centre-ville, l'université s'est développée et des milliers d'emplois de service ont été créés dans les domaines de la recherche, de l'éducation, de la santé et des industries de pointe. Une politique d'attraction des investisseurs a entraîné l'implantation de l'entreprise japonaise Sony. La ville de Cleveland mise sur la recherche sur les biotechnologies et sur les piles à combustible grâce à des institutions comme l'Université Case Western Reserve, la Cleveland Clinic et les hôpitaux universitaires. La ville est parmi les premiers bénéficiaires des investissements pour les startups de biotechnologie et de la recherche[20].

Mégalopolis[modifier | modifier le code]

La mégalopole américaine, qui s'étend de Boston à Washington DC, est une région industrielle diversifiée. Elle bénéficie d'une ouverture maritime, de liaisons ferroviaires vers l'est, d'universités prestigieuses et d'un important marché de consommation de plusieurs millions de personnes.

Si New York est avant tout un centre de services, en particulier financiers, l'agglomération compte également des raffineries et des industries lourdes. La crise des années 1960-1970 a engendré des friches industrielles dans le Bronx et le Queens. Pendant cette période, les usines ferment à cause de la concurrence internationale, déménagent ou se délocalisent à l’étranger. Ainsi, le chantier naval de Navy Yard ferme ses portes en 1966. Entre 1953 et 1992, New York perd quelque 700 000 emplois industriels[21]. Depuis les années 1990, plusieurs opérations de réhabilitation ont été menées dans plusieurs quartiers de la Grosse Pomme. Plusieurs zones industrialo-portuaires sont reconverties (Brooklyn) en lofts, en ateliers d’artistes.

Le secteur industriel new yorkais est très diversifié, allant des industries traditionnelles aux industries du luxe (quartier des diamantaires) en passant par la haute technologie. Les principales activités industrielles de la ville sont l'imprimerie et l'édition, l'industrie agro-alimentaire, la chimie et la pétrochimie, l'électricité, la mécanique, l'électronique, et la confection textile, notamment dans le Garment Center (Manhattan). Elle repose un réseau dense de PME.

Plusieurs villes essaient de reconvertir leurs anciennes industries. Baltimore (Maryland) fut une ville portuaire et industrielle dynamique jusque dans les années 1950 : sidérurgie, construction de bateaux, transport, fabrication de conserves[22]. Néanmoins la ville perdit de son attractivité au cours des années 1960 et 1970 ce qui se traduisit par une perte de population en même temps que le nombre d'emplois proposés par le secteur de l'acier se réduisit, connaissant alors le même phénomène que les villes de la Rust Belt. Une grande politique de rénovation urbaine fut alors lancée à la fin des années 1970 avec notamment la construction d'un aquarium national, d'un Centre de convention ou encore de nombreux musées[23] afin de reconvertir l'économie vers des activités de services, tout particulièrement touristiques et culturelles. Baltimore est reconnue pour être spécialisée dans la médecine et les biotechnologies[24]. Au niveau national, elle constitue un pilier dans la recherche scientifique, et elle est tout particulièrement en pointe pour la cartographie du génome humain, grâce à l'Hôpital Johns-Hopkins et à son centre hospitalier universitaire rattaché à l'université du Maryland[24].

La Sun Belt[modifier | modifier le code]

Raffinerie en Louisiane
Usine du groupe Boeing à Everett, près de Seattle

La Sun Belt (« ceinture du soleil » au sud et à l'ouest des États-Unis) se caractérise par un développement industriel récent, fondé en grande partie sur les nouvelles technologies. Les deux principaux états industriels sont la Californie et le Texas. Des foyers secondaires existent dans les métropoles telles que Seattle ou Atlanta, ainsi que le long des principaux axes de transport.

Les industries lourdes sont présentes à cause des gisements de pétrole et des foyers de population : les raffineries se concentrent dans les sites de baies du Pacifique (Seattle, San Francisco, Los Angeles) et le long du golfe du Mexique. La Louisiane est un centre industriel important en raison du delta du Mississippi. Bien que la plupart des usines se trouvent dans le nord-est du pays, on trouve plusieurs unités de production localisées dans les métropoles. Les industries agro-alimentaires sont omniprésentes : jus de fruit en Floride, conserveries sur les côtes du golfe du Mexique, etc.

Mais la Sunbelt est surtout connue pour le dynamisme de ses industries de pointe : l'aéronautique est présente à Seattle (Boeing), en Californie et au Texas. La Floride et la région de Houston sont spécialisées dans les industries spatiales. Le nombre de technopôles est important, au premier rang desquels figure la Silicon Valley où sont installés les sièges sociaux de Google, Intel, Hewlett-Packard, Adobe, Apple, eBay, Facebook, etc.

Autres centres industriels[modifier | modifier le code]

En dehors des deux principales régions du Sud-Est et de la Sun Belt, il existe des centres isolés qui correspondent le plus souvent aux grandes villes : Salt Lake City, Denver, Kansas City par exemple. Les autres espaces américains sont des régions peu peuplées, dédiées aux productions agricoles ou minières, souvent enclavées.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Manufacturing, value added > constant 2000 US$ (most recent) by country », Nation Master (consulté le 21-04-2009)
  2. Pierre Mélandri, op. cit., p.32
  3. Pierre Mélandri, Histoire des États-Unis depuis 1865, Nathan, 1976, p.35
  4. a et b Homme ayant acquis sa fortune ou son statut social, par son mérite personnel, en partant de rien ou avec peu de chose.
  5. a et b Pierre Mélandri, Histoire des États-Unis depuis 1865, Nathan, 1976, p.47
  6. Nation Master
  7. (en) « The 2009 Statistical Abstract. Manufacturing—Establishments, Employees, and Annual Payroll by Industry: 2004 and 2005 », US Census Bureau (consulté le 24-04-2009)
  8. [PDF] (en) « Table 1308. Sectoral Contributions to Gross Value Added: 1995 and 2005 », US Census Bureau, The 2009 Statistical Abstract The National Data Book (consulté le 24-04-2009)
  9. http://www.nationmaster.com/country/us-united-states/ind-industry
  10. André Kaspi, François Durpaire, Hélène Harter, Adrien Lherm, La civilisation américaine, Paris, PUF (coll. Quadrige),‎ 2004 (1°éd.) (ISBN 2130543502), p.420
  11. (en) « Employment Situation Summary », U.S. Department of Labor (consulté le 24-04-2009)
  12. a et b André Kaspi, François Durpaire, Hélène Harter, Adrien Lherm, La civilisation américaine, Paris, PUF (coll. Quadrige),‎ 2004 (1°éd.) (ISBN 2130543502), p.424
  13. Source : Current Query: United States, OECD Stat Extracts
  14. (en) « Secretary Chu Announces $256 Million Investment to Improve the Energy Efficiency of the American Economy », Département de l'Énergie des États-Unis (consulté le 06-06-2009)
  15. (en) Northeast-Midwest Institute and Bureau of Labor Statistics, « Manufacturing employment », City of Chicago,‎ juillet 2004 (consulté le 10-11-2007)
  16. Source : Images Economiques du Monde, 2001
  17. a et b Anne Deysine, Les États-Unis aujourd’hui. Permanence et changements, Paris, La Documentation française, 2006, ISSN 17936191, page 190
  18. source : Fortune Global 500
  19. Voir aussi l'article Liste des technopôles dans le monde
  20. « Midwest Health Care Startups Raise $324 Million in Q1 2007 », BioEnterprise,‎ 24 avril 2007 (consulté le 1er août 2007)
  21. Jean-Pierre Paulet, Géographie urbaine, Paris, Colin, 2000, (ISBN 2200250444), p. 100
  22. (en) « Baltimore History », Baltimore.org (consulté le 30 mars 2008)
  23. (en) « Baltimore\History », Infoplease.com (consulté le 30 mars 2008)
  24. a et b (en) « Baltimore: Economy », city-data,‎ 2008 (consulté le 1er juin 2008)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]