Fuite des cerveaux

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La fuite des cerveaux ou exode des cerveaux (Québec) ou drainage des cerveaux désigne les flux migratoires des scientifiques et des chercheurs s'installant à l'étranger pour trouver de meilleures conditions de vie, de travail ou de rémunérations.

Sommaire

[modifier] Pays les moins avancés (PMA)

Haïti (plus de 80 % d’exode), les îles du Cap-Vert, Samoa, la Gambie et la Somalie ont vu ces dernières années plus de la moitié de leurs cadres partir vers les pays riches. En 2004, un million de personnes sont parties en quête de meilleures conditions de vie et de travail, soit 15 % des diplômés de l'enseignement supérieur de ces pays[1].

Par contre, les pays les moins avancés asiatiques (Bangladesh, Népal ou Bhoutan), avec moins de 5 % de départ, ont su conserver leur élite[1].

3% de la population africaine est diplômée de l'enseignement supérieur et dans les années 1990-2000, la migration de ces diplômés a augmenté de 123% en Afrique de l'Ouest contre 53% pour les non qualifiés[2].

Un rapport de l'OMS sur l'émigration des personnels de santé vers les pays de l'OCDE, bien qu'estimant cette contribution insuffisante pour expliquer « la crise des ressources humaines de la santé […] au niveau mondial », juge « très préoccupante » la situation créée par le « taux élevé d'émigration, conjugué à la très faible densité des médecins sur place », dans « les pays des Caraïbes et un certain nombre de pays d'Afrique, notamment de pays lusophones et francophones »[3]. Le rapport note également la forte progression de ces flux migratoires, en particulier en ce qui concerne les médecins. Selon Habib Ouane, coordinateur d'un rapport de la CNUCED intitulé Savoir, apprentissage technologique et innovation dans la perspective du développement, « l'Île-de-France compte plus de médecins béninois que le Bénin »[4].

[modifier] Afrique du Sud

Comme beaucoup de pays africains, l'Afrique du Sud connait une fuite des compétences depuis les 20 dernières années. Ceci a été particulièrement préjudiciable aux populations les plus pauvres, touchées par l'épidémie de SIDA et en manque de personnel médical. Cette émigration est en partie due à la politique du Black Economic Empowerment qui pousse beaucoup de sudafricains blancs à émigrer, mais cette fuite touche aussi les noirs diplomés[5].

Pour l'ensemble de l'Afrique anglophone, dans le seul domaine médical, le coût de formation des étudiants qui émigrent s'éléve à 1.5 milliards d'euros, alors que le gain pour les pays d'accueil qui n'ont pas à former ces compétences, se chiffre en milliards d'euros: 2 milliards d'euros pour le seul Royaume Uni[6].

[modifier] France

En économie, en 1998, 40 % des économistes français « de premier rang », c'est-à-dire se classant parmi les 1 000 premiers chercheurs mondiaux, en fonction de leur nombre de publications scientifiques, sont expatriés aux États-Unis.

En biologie, les dix Français expatriés les plus productifs publient autant que tous les chercheurs de l'Institut Pasteur, selon une étude de Philippe Even, ancien doyen de l'hôpital Necker-Enfants malades. Leur score, en nombre de publications ou en facteurs d'impacts, est le même que celui des dix meilleurs français restés sur le territoire.

Exemples : Luc Montagnier, prix Nobel de médecine 2008 est allé poursuivre ses recherches aux États-Unis, de 1997 à 2001, en tant que professeur et directeur du Centre de biologie moléculaire et cellulaire au Queens College de l'université de New York, avant de revenir en France. D'autres jeunes chercheurs français témoignent des raisons de leur départ[7].

[modifier] Québec

Les hauts diplômés du Québec ont eu longtemps tendance à quitter le Québec pour une province canadienne ou un autre pays pour de meilleurs salaires ou un meilleur environnement de recherche ou de travail. On chiffre cette proportion à 74 % chez les titulaires anglophones d'un diplôme doctoral[8]. L'exode des cerveaux a défrayé la chronique à la fin des années 1990 au Québec pour qu'on augmente les budgets de recherches afin de garder ces cerveaux.

[modifier] Chine

Près de 1,4 millions de chinois sont allés étudier et enseigner dans les universités à l'étranger, et seulement un quart d'entre eux sont rentrés une fois diplômés. En effet, suite à un rapport de l'académie chinoise des sciences sociales, la Chine est aujourd'hui en manque de spécialistes dans tous les domaines de son économie[9][réf. insuffisante].

[modifier] Schéma des migrations nettes

les migrations mondiales nettes, flux d'immigrés qualifiés et non-qualifiés

[modifier] Notes et références

  1. a et b article Libération
  2. Gaston-Jonas Kouvibidila, La fuite des cerveaux africains, le drame d’un continent réservoir, Éd. L’Harmattan, 2009
  3. OMS, Les personnels de santé immigrés dans les pays de l’OCDE dans le contexte général des migrations de travailleurs hautement qualifiés, 2007 .
  4. Christian Losson, « Il y a plus de médecins béninois en Île-de-France qu'au Bénin », dans Libération, 20 juillet 2007 [texte intégral] .
  5. Erreur dans la syntaxe du modèle ArticleHaroon Bhorat, « Skilled Labour Migration from Developing Countries: Study on South and Southern Africa », dans , vol. 52, 2002 [texte intégral] 
  6. Mills EJ et coll.: The financial cost of doctors emigrating from sub-Saharan Africa: human capital analysis. British Medical Journal 2011.343.
  7. Sylvestre Huet, La France court après ses cerveaux en fuite, Libération, 7 avril 1998
  8. http://www.ledevoir.com/societe/education/178652/exode-post-doctoral-chez-les-anglophones
  9. [1] Global times

[modifier] Articles connexes

[modifier] Bibliographie

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