Union Stock Yards

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41° 48′ 57″ N 87° 39′ 24″ O / 41.815722, -87.656565 ()

Les Union Stock Yards en 1947

Union Stock Yard & Transit Co., ou « The Yards », était le nom du quartier des abattoirs de Chicago ouverts en 1865. Aménagés sur un ancien terrain marécageux par des compagnies de chemin de fer, il se trouve dans le secteur communautaire de New City et fonctionna pendant 106 ans[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant la construction des Yards, les propriétaires de tavernes mettaient à disposition de leurs clients des pâtures pour les troupeaux en attente d'être vendus. En 1848, avec le développement du rail, on trouve des petits enclos éparpillés le long des voies ferrées[2]. Plusieurs facteurs vont provoquer le regroupement de ces enclos : l'expansion du réseau ferroviaire vers l'ouest est à l'origine du fort développement commercial de Chicago, la ville devenant un pivot crucial entre l'Est et l'Ouest ; le blocage du Mississippi pendant la guerre civile qui empêchera le transport nord-sud des marchandises, et enfin l'arrivée massive de bétail et de grossistes en viandes à Chicago[2].

En 1864, pour regrouper les opérations, un consortium de neuf compagnies de chemins de fer fait l'acquisition d'1,3 km² de terrains marécageux au sud de la ville pour 100 000 dollars[3]. Les Union Stock Yards (littéralement les « parcs à bestiaux de l'union ») y seront construits et seront inaugurés le jour de Noël 1865[3]. Les parcs sont connectés aux lignes principales de la ville par 24 km de voies[3]. Bientôt, le site d'1,52 km² comprend 2 300 enclos pour le bétail, des hôtels, saloons, restaurants, et des bureaux pour les marchands et courtiers[4].

Sous la direction de Timothy Blackstone, un des fondateurs et premier président de la Union Stock Yards and Transit Company, les Yards connaissent une croissance énorme, traitant 2 millions de têtes de bétail par an dès 1870. Entre 1865 et 1900, c'est environ 400 millions d'animaux qui seront abattus sur le site[5].

En 1890, plus de 25 000 hommes, femmes, et enfants y sont employés, traitant 14 millions d'animaux par an[6]. Les deux plus grandes entreprises réalisent alors un chiffre d'affaires annuel de 200 millions de dollars[6].

En 1900, 82 % de la viande consommée aux États-Unis y est produite[7]. Le site s'étale alors sur 1,92 km² et comprend 80 km de routes et 210 km de voies ferrées dans son périmètre[3].

En 1921, 40 000 personnes travaillent sur le site[8], deux mille de ceux-ci travaillent directement pour l'Union Stock Yard & Transit Co., le reste travaillant pour les abattoirs, les usines de conditionnement, les grossistes[5].

À leur apogée, les Yards s'étendront sur 3 km2 et 2 000 m3 d'eau seront pompés par jour de la Chicago River pour subvenir aux besoins. Le site rejette tellement de déchets au sud de la rivière qu'on surnomme cette partie « Bubbly Creek » (la « crique pétillante ») à cause des gaz provoqués par la décomposition du sang et des matières fécales[3]. En 1900, la ville inversa définitivement le cours de la rivière pour éviter que la pollution ne se propage au Lac Michigan et contamine l'approvisionnement en eau potable de Chicago[8].

Au milieu du XXe siècle, l'industrie commença à se décentraliser et l'activité diminua, les derniers enclos et abattoir furent fermés en 1971. Aujourd'hui, un parc industriel occupe le site.

Les abattoirs dans la culture[modifier | modifier le code]

En 1905, Upton Sinclair publie La Jungle, un roman qui décrit l'exploitation des immigrés lithuaniens dans les abattoirs de Chicago[9]. Carl Sandburg les évoque également dans un poème intitulé Chicago.

Le héros de bande dessinée Tintin se rend aux abattoirs dans l'album Tintin en Amérique (1932). Frank Sinatra les mentionne dans sa chanson My Kind of Town en 1964, de même que Thomas Pynchon dans son roman Against the Day (2006).

Les abattoirs furent visités par des personnalités comme Rudyard Kipling, Paul Bourget et Sarah Bernhardt[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Pacyga, Dominic, « Union Stock Yard », Chicago Historical Society (consulté le 05-07-2009)
  2. a et b (en) The Birth of the Chicago Union Stock Yards - Chicago History Museum
  3. a, b, c, d et e (en) The Birth of the Chicago Union Stock Yards - Chicago History Museum, page 2
  4. (en) Union Stock Yards - The University of Chicago
  5. a et b (en) Mark R. Wilson, James R. Grossman (éditeur), Ann Durkin Keating (éditeur) et Janice L. Ruff (éditeur), Encyclopedia of Chicago, University of Chicago Press,‎ 2004 (ISBN 0-226-31015-9, lire en ligne), « Union Stock Yard & Transit Co. »
  6. a, b et c (en) Industrial Supremacy : Chicago and the Meatpacking Industry - A Biography of America, Annenberg Foundation
  7. (en) The Birth of the Chicago Union Stock Yards - Chicago History Museum, page 3
  8. a et b (en) 1865 Chicago Stories - Chicago Public Library
  9. (en) Jean-Michel Lacroix, Histoire des États-Unis, Paris, Presses Universitaires de France,‎ 2007, 2e éd. (ISBN 978-2-13-056074 6), p.319

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anderson, John. "'Hog butcher for the world' opens shop." Chicago Tribune, January 30, 1997, Chicago ed.: sec. 2, p. 2.
  • Barrett, James R. Work and. 3rd ed. Dubuque: Kendall/Hunt Publishing Company, 1982.
  • Grant, W. Jos. Illustrated History of the Union Stockyards. Chicago, 1901.
  • Halpern, Rick. Down on the Killing Floor: Black and White Workers in Chicago's Packinghouses, 1904–54. Chicago: University of Illinois Press, 1997.
  • Hirsch, Susan, and Robert I. Goler. A City Comes of Age: Chicago in the 1890s. Chicago: Chicago Historical Society, 1990.
  • Holt, Glen E., and Dominic A. Pacyga. Chicago: À Historical Guide to the Neighborhoods: the Loop and South Side. Chicago: Chicago Historical Society, 1979.
  • Jablonsky, Thomas J. Pride in the Jungle: Community and Everyday Life in Back of the Yards Chicago. Baltimore: Johns Hopkins University Press, 1993.
  • Liste, J. G., and George Schoettle. Union Stockyards Fire Photo Album. CHS: 1934.
  • Mahoney, Olivia. Go West! Chicago and American Expansion. Chicago: Chicago Historical Society, 1999.
  • Pacyga, Dominic. Polish Immigrants and Industrial Chicago: Workers on the South Side, 1880–1922. Columbus: Ohio State University Press, 1991.
  • Pacyga, Dominic, and Ellen Skerrett. Chicago: City of Neighborhoods. Chicago: Loyola University Press, 1986.
  • Parkhurst, William. History of the Yards, 1865–1953. Chicago, 1953.
  • Rice, William. "City creates nation's livestock center." Chicago Tribune, July 16, 1997, Chicago ed.: sec. 7, p. 7b.
  • Skaggs, Jimmy. Prime Cut: Livestock Raising and Meatpacking in the U.S. College Station, TX: Texas A&M University Press, 1986.
  • Slayton, Robert A. Back of the Yards: The Making of a Local Democracy. Chicago: The University of Chicago Press, 1986.
  • Street, Paul. "Packinghouse Blues." Chicago History 18, no 3 (1989): 68–85.
  • (en) « Bibliography », Chicago Historical Society,‎ 2001
  • Chicago (Ill.). Fire Dept. Report of the Fire Marshal. 1910. pp. 23–24.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]