Michel Camdessus

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Michel Camdessus
Michel Camdessus 6e Forum mondial de l'Eau en 2012.
Michel Camdessus 6e Forum mondial de l'Eau en 2012.
Fonctions
7e directeur général du
Fonds monétaire international
16 janvier 198714 février 2000
Prédécesseur Jacques de Larosière
Successeur Horst Köhler
Gouverneur de la Banque de France
14 novembre 198419 janvier 1987
Prédécesseur Renaud de la Genière
Successeur Jacques de Larosière
Biographie
Nom de naissance Michel Camdessus
Date de naissance 1er mai 1933 (81 ans)
Lieu de naissance Bayonne
Nationalité Française
Diplômé de Sciences Po Paris, ENA
Profession Économiste

Michel Camdessus, né le 1er mai 1933[1] à Bayonne, est un économiste français.

Directeur général du Fonds monétaire international du 16 janvier 1987 au 14 février 2000, il est Gouverneur honoraire de la Banque de France. Il préside la nouvelle société de refinancement des activités des établissements de crédit (SRAEC) depuis le 20 octobre 2008. Il est aussi membre de l'Africa Progress Panel depuis 2008, une fondation basée à Genève et présidée par Kofi Annan.

Etudes[modifier | modifier le code]

Michel Camdessus étudie ses humanités au collège Notre-Dame de Bétharram, en 1950.

Michel Camdessus est diplômé d'études supérieures d'économie politique et de sciences économiques de l'Université de Paris, diplômé de l'institut d'études politiques de Paris (Sciences Po), et ancien élève de l'École nationale d'administration (ENA).

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1960, il rejoint comme administrateur civil la direction du Trésor au ministère des finances et des affaires économiques. De 1966 à 1968, il est à Bruxelles, comme attaché financier à la représentation permanente française auprès des communautés économiques européennes, puis il revient au Trésor, où il devient successivement : sous-directeur en 1971, directeur adjoint en 1974, et enfin directeur en février 1982.

De 1978 à 1984, Michel Camdessus a également exercé les fonctions de président du Club de Paris, ainsi que celles de président du comité monétaire de la communauté économique européenne de décembre 1982 à décembre 1984.

En août 1984, il a été nommé sous-gouverneur, puis en novembre 1984, gouverneur de la Banque de France, poste qu'il a conservé jusqu'à sa nomination comme directeur général du FMI en janvier 1987.

Le 17 octobre 2008, il est nommé président de la Société de financement de l'économie française.

Depuis le 25 août 2009, il a été chargé de superviser les rémunérations des traders par le président de la République française Nicolas Sarkozy[2].

Carrière au FMI[modifier | modifier le code]

  • Directeur général du FMI le 16 janvier 1987 pour 5 ans
  • Directeur général du FMI : deuxième mandat pour 5 ans
  • Directeur général du FMI : troisième mandat le 16 janvier 1997

Il a quitté ses fonctions le 14 février 2000.

Influence sur l'économie[modifier | modifier le code]

Michel Camdessus aux côtés d'Helmut Haussmann, Carlos Andrés Pérez et Raymond Barre en 1989

Libéral convaincu[3], il a donné un tournant particulièrement brutal au FMI en imposant aux pays les plus pauvres ou en voie de développement des mesures de privatisations ou de réductions des dépenses publique d’éducation et de santé en échange de prêts aux pays concernés, aggravant des crises existantes ou menant ces pays à des crises sans précédent[4]: Mexique (1994), Thaïlande (1997) puis toute l'Asie du sud est (1997-1998), Russie (1998), Brésil (1999), Turquie (2001) et Argentine (2000-2001). Ce dernier cas est un échec cinglant, car l'Argentine a servi à mainte reprise d'exemple, voire de modèle[5] au directeur du FMI, et a été une, sinon la cause de sa démission de la tête du FMI[réf. nécessaire]. Rubens Ricupero, secrétaire général de la CNUCED, estimera, dans son Rapport sur le commerce et le développement[6] que la politique de libéralisation a « provoqué le chaos en Extrême-Orient et en Russie [et] neutralisé les progrès accomplis en Amérique latine ».

Par la suite, il est chargé par des organisations mondiales, conseillères officielles et officieuses de l’ONU, d’imaginer les financements des infrastructures nécessaires pour réduire de moitié le nombre de personnes qui n’ont pas accès à l’eau (1,4 milliard de personnes) d'ici à 2015. Il proposera l'introduction du secteur privé dans un secteur très majoritairement détenu alors à plus de 90 % par les puissances publiques, ainsi que des partenariat public-privé[7].

En 2004, à la demande du ministre de l'économie d'alors, Nicolas Sarkozy, il rédige un rapport, le « rapport Camdessus », intitulé Le sursaut, vers une nouvelle croissance pour la France, qui préconise entre autres la suppression des trente cinq heures, l'arrêt de l’augmentation du SMIC ou le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, et inspirera en partie le programme du futur candidat à la présidence (le qualifiant même d'être son « livre de chevet »).

En 2010, il préside un groupe de travail chargé de proposer une nouvelle règle d’équilibre des finances publiques. Le rapport du groupe a été remis au Premier ministre en juin 2010[8][réf. insuffisante]. Il préconise une loi-cadre de programmation des finances publiques, pluriannuelle, s’imposant aux lois de finances et de financement de la Sécurité sociale, visant retour à l'équilibre sous le contrôle du juge constitutionnel. Toutefois, la mise en œuvre de ses préconisations implique une révision de la Constitution de 1958.

Décorations[modifier | modifier le code]

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Michel Camdessus est marié à Brigitte d'Arcy et est le père de six enfants.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie de Michel Camdessus, Forum Events
  2. Christian Losson, Un libéral converti en mission de régulation, Libération, 12 septembre 2009
  3. « La libéralisation financière a mauvaise réputation, mais elle demeure le but correct. », La Tribune, Paris, 26 juin 1998.
  4. « Ce qui est grave, ce n’est pas seulement d’avoir exigé des mesures qui ont abouti à la crise ; c’est de les avoir exigées alors qu’il n’y avait pratiquement aucune preuve qu’elles favorisaient la croissance, et de multiples preuves qu’elles faisaient courir aux pays d’énormes risques », Joseph Stiglitz, Prix « Nobel » d’économie, Les Echos, 14 septembre 1998
  5. « L’Argentine a une histoire à raconter au monde : une histoire sur l’importance de la discipline fiscale, des changements structurels, et une politique monétaire rigoureusement maintenue », Michel Cadmessus, 1er octobre 1998, au siège du FMI
  6. Rapport sur le commerce et le développement à la CNUCED, Unctad.org
  7. Martine Bulard, Les fourberies de M. Camdessus, Le Monde diplomatique, janvier 2005
  8. Rapport de la Commission présidée par M. Michel Camdessus sur la règle constitutionnelle d’équilibre des finances publiques, Portail du Gouvernement, 25 juin 2010
  9. Décret du 2 avril 2010, publié au Journal officiel le 4 avril 2010, NOR: PREX1004885D
  10. http://ivoire.telediaspora.net/fr/texte.asp?idinfo=63059
  11. Conseil d'administration de l'IFRI
  12. Conseil d'administration de la Fondation Chirac

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]