Charles François Lhomond

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Statue de Lhomond à Chaulnes, sa ville natale.

L’abbé Charles François Lhomond, né à Chaulnes en 1727 et mort à Paris le 31 décembre 1794, est un humaniste, pédagogue, grammairien et érudit français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille pauvre d'origine écossaise, Lhomond montra des dispositions à l’étude qui le menèrent au séminaire. Il obtint une bourse au collège d'Inville à Paris, où il se distingua par sa conduite et son ardeur au travail. Il ne se fit pas moins remarquer en Sorbonne, où il termina ses études théologiques.

À peine eut-il reçu les ordres que son mérite lui fit conférer le principalat de la maison d’Inville. Ce petit collège ayant été supprimé peu de temps après, il entra avec le titre de régent de sixième au collège du Cardinal-Lemoine, dans le Quartier latin, et renonça alors à la pension qu’il touchait comme ancien principal, ne voulant pas, comme il le dit un jour à l’abbé Haüy, d’un cumul qui l’eût rendu trop riche.

Cet exemple de désintéressement est caractéristique de l'ecclésiastique qui refusa durant vingt ans d’abandonner, pour des fonctions plus élevées, la classe de sixième, fort négligée à cette époque. Le dévouement de l’abbé Lhomond lui valut, de la part de l’assemblée du clergé de France, une gratification qu’il employa à couvrir les frais de la première édition de sa Grammaire latine.

Devenu émérite, Lhomond employa ses loisirs à écrire les ouvrages qui ont fait sa réputation. La retraite profonde où il vivait ne l’empêcha pas d’être incarcéré, avec son ancien collègue et son ami l’abbé Haüy, au séminaire Saint-Firmin, en 1793, pour avoir refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé. Tallien, qui avait été l’élève de Lhomond au collège du Cardinal-Lemoine, s’employa, à la sollicitation de Haüy, à sauver le professeur, et y réussit[1].

Ceux qui avaient connu l’abbé Lhomond l’ont représenté comme un homme simple dans ses manières, d’un abord froid mais franc et agréable. Il avait toujours à la bouche cette pensée qui est l’âme de ses écrits : « La jeunesse est un précieux dépôt dont on répond à Dieu et à la patrie. »

Son nom a grandi depuis sa mort dans la proportion des services que ses ouvrages ont rendus à l’instruction publique, à ce point qu’une ville et un bourg, Amiens et Chaulnes, se sont disputé l’honneur de lui élever une statue. Il serait difficile de trouver un autre exemple d’une réputation aussi solidement assise que celle de Lhomond ne reposant cependant que sur un manuel scolaire. La Grammaire Latine de l’abbé Lhomond fut adoptée dans presque toutes les écoles de France. C’est que dans ses livres élémentaires se trouvent réunies les qualités qui assurent le succès des ouvrages de ce genre : clarté, précision stylistique, absence de toute prétention de la science. On a fait des centaines d'éditions des Éléments de la Grammaire Latine, tant en France qu’en Belgique et en Suisse. Les autres ouvrages dus à la plume de Lhomond ont eu également beaucoup de vogue, et se soutinrent encore longtemps dans les classes élémentaires des établissements d’instruction. Quant à son De viris illustribus, il est resté en usage en France jusqu’au milieu du XXe siècle.

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Abbé Lhomond, De Viris. Les grands hommes de Rome, traduit et présenté par Jacques Gaillard, Arles, Actes Sud, 1995 (coll. Babel n° 164), p. 6-8.

Publications[modifier | modifier le code]

Lhomond a laissé plusieurs ouvrages destinés prioritairement à l’enseignement :

  • De viris illustribus urbis Romæ a Romulo ad Augustum , vers 1775, in-18 ;
    Son ouvrage le plus connu, avec lequel des générations de Français ont appris le latin.
  • Éléments de la grammaire latine, Paris, 1779, in-12 ;
  • Éléments de la grammaire française, in-12 ;
  • Doctrine chrétienne, Paris, 1783, in-12 ;
  • Epitome historiæ sacræ, ibid., 1784, in-12 ;
  • Histoire abrégée de l’Église, ibid., I787, in-12 ;
  • Histoire abrégée de la Religion avant la venue de Jésus-Christ ; ibid., 1791, in-12 ;
  • Doctrine chrétienne expliquée, en forme de lectures de piété, où l’on expose les preuves de la religion, les dogmes de la foi, les règles de la morale, ce qui concerne les sacrements et la prière.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]