Cognassier

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Le Cognassier (Cydonia oblonga) est un arbuste ou un petit arbre de la famille des Rosacées originaire des régions tempérées du Caucase et d'Iran. Ses fruits sont des coings appelés aussi pommes d'or ou poires de Cydonie. C'est l'unique représentant du genre Cydonia.

Le genre était anciennement composé de quatre autres espèces aujourd'hui réparties dans deux autres genres : Pseudocydonia et Chaenomeles avec lesquels on le confond souvent.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le cognassier est originaire des régions du Caucase et du nord de l'Iran[1]. Certains étendent également son aire d'origine au Turkestan et à l'Arabie saoudite][2]. Il n'y a pas de documentations archéobotaniques sur la culture de ce fruitier. Toutefois, les sources littéraires semblent indiquer qu'il aurait atteint les régions méditerranéennes seulement à l'époque classique.

Le fruit était connu des Akkadiens et on pense que la culture du coing a précédé celle de la pomme. De nombreux textes anciens, comme le Cantique des cantiques, évoquant la pomme pourraient être en réalité relatif au coing.

Le fruit était connu dans la Grèce antique. La variété la plus appréciée venant de la région de La Canée (« Kydonia ») sur la côte nord-ouest de la Crète, était appelée « μῆλα κυδώνια (Mela Kudonia) », soit « pomme de Cydon », d'où le nom scientifique du genre, « Cydonia », attribué au cognassier.

Chez les Grecs anciens, le coing était un cadeau rituel fait à l'occasion de mariages, car il était venu du Levant avec Aphrodite et était resté sacré pour elle car offert par Pâris. Plutarque rapporte qu'une mariée grecque grignotait un coing pour parfumer son baiser avant d'entrer dans la chambre nuptiale, « afin que le premier salut ne soit ni désagréable, ni déplaisant »[3]. C'est pour trois coings d'or qu'Atalante s'arrête dans sa course.

Les Romains aussi utilisaient le coing, le livre de cuisine romaine d'Apicius donne des recettes de ragoût de coing avec du miel, et propose même un mélange, inattendu pour nous, avec des poireaux. Pline l'Ancien mentionne quatre variétés et donne leur usage[4] :

« (...) Les cotonées des Latins, cydoniens des Grecs (coings) (...) viennent de l'île de Crète. (...) On en distingue plusieurs espèces : les chrysomèles sont marqués de sillons, la couleur en tire sur l'or; les coings dits d'Italie sont plus blancs et d'une odeur excellente; les coings de Naples ont aussi leur mérite. Les struthées, qui appartiennent au même genre, sont plus petits, l'odeur en est plus pénétrante : ils sont tardifs ; les mustées sont précoces. Le cotonée greffé sur le struthée a produit une espèce particulière, nommée mulvienne; c'est la seule espèce qui se puisse manger crue. Toutes ces espèces se renferment dans les chambres à coucher où se font les salutations, même dans celles des hommes : on les pose sur ces témoins de nos nuits, les statues qui y sont dressées. Il y a en outre de petits coings sauvages, les plus odorants après les struthées; ils viennent dans les haies. »

Columelle en mentionne trois, dont l'une, la « pomme d'or » pourrait être le fruit paradisiaque du jardin des Hespérides qui a donné son nom en italien à la tomate, pomodoro.[réf. souhaitée]

Paul Éluard décrit l'irrégularité de la surface du coing dans Le Blason des fleurs et des fruits : « Noué rouillé comme un falot
Et cahotant comme un éclair »
[5].

Écologie[modifier | modifier le code]

Le cognassier est originaire des régions tempérées allant de la mer Caspienne à la mer Noire : Iran, Arménie, Azerbaïdjan, Russie caucasienne, Turkménistan.

En France, il s'est naturalisé surtout dans le Midi où on le trouve dans les haies et sur le bord des cours d'eau. Il est cultivé dans de nombreuses régions tempérées du monde.

Description[modifier | modifier le code]

Fleurs

Le cognassier est un petit arbre à feuilles caduques, mesurant 5 à 8 m de hauteur et 4 à 6 m de large. Les jeunes rameaux sont tomenteux.

Les feuilles sont alternes, simples, de 6 à 11 cm de long, à bord pubescent.

Les fleurs à cinq pétales blanc-rosé ont 4 à 5 cm de diamètre.

Fruit[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Coing.

Cousin du pommier et du poirier, le cognassier forme comme eux des fruits à pépins, les coings. Les fruits immatures sont verts et cotonneux en surface. La plupart des variétés perdent ce voile cotonneux avant la fin de l'automne lorsque le fruit change de couleur et devient jaune doré à maturité. Piriformes ou maliformes, volumineux et très odorants, les coings mesurent de 7 à 12 cm de long sur 6 à 9 cm de large.

Le coing est un fruit comestible à la base de nombreuses préparations (confiture, compote, fruit confit, ..).

Principales variétés[modifier | modifier le code]

Dans la pratique, les variétés de coings sont répartis en deux groupes : Cydonia oblonga piriformis (en forme de poire) et Cydonia oblonga maliformis (en forme de pomme)[6]. Parmi les plus répandues :

  • 'cognassier d'Angers' dont 'Sydo' est une variété répandue
  • 'cognassier de Provence' dont 'BA29' est une variété répandue
  • 'géant de Vranja' (dit aussi 'monstrueux de Vranja' )
  • 'coing commun'
  • 'coing champion'
  • 'coing du Portugal'
  • 'aromatnaya' ou 'Krymsk' : nouvelle variété à cours cycle de végétation pouvant arriver à maturité complète dans les climats les plus chaud, fruit jaune d'or au parfum citronné et au goût proche de l'ananas, autofertile

Culture[modifier | modifier le code]

Fleurs et feuilles

Le cognassier est rustique et nécessite une période de froid (au-dessous de 7 ° C) pour fleurir correctement. L'arbre est autofertile toutefois le rendement sera amélioré par une fécondation croisée.

La maturité complète du coing demande un climat à longue période de chaleur (Portugal, Grèce...). Il peut alors être consommé cru. Sous le climat français, ce n'est pas le cas sauf pour certaines variétés à court cycle de fructification (Aromatnaya, Kuganskaya) qui peuvent parfois arriver à maturité quasi complète avec un automne particulièrement chaud. Sinon, les coings restent durs, astringents et acides et ne peuvent être consommés qu'après cuisson. Une ancienne méthode les laissait exposés au gelées pour les ramollir et éliminer un peu de tanins.

Dans certaines régions de Gascogne, les cognassiers marquent les limites des terrains et sont présents dans les haies.

Le cognassier a été introduit dans le Nouveau Monde, mais il est rare en Amérique du Nord en raison de sa sensibilité au feu bactérien. Il est en revanche très répandu en Argentine, au Chili et en Uruguay.

  • multiplication possible par semis ou marcottage mais le plus souvent par bouturage à la fin de l'hiver suivi ou non de greffage
  • cultivé en tige ou en buisson avec une taille minime surtout pour aérer le centre de l'arbre
  • récolte à l'automne et finition de la maturation au fruitier

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le cognassier produit un fruit jaune et odorant à maturité : le coing. On le consomme principalement cuit sous forme de gelées, des confitures, des pâtes de fruits ou des gâteaux.

Article détaillé : Coing.

Porte-greffe du poirier[modifier | modifier le code]

Le cognassier est aussi utilisé comme porte-greffe du poirier commun malgré sa forte sensibilité au feu bactérien. L'inaptitude du poirier au bouturage classique ainsi que l'hétérogénéité et la trop grande vigueur des poiriers francs (issus de semis) ont conduit à pratiquer des greffes sur cognassier. Des travaux de sélection ont donc été engagés sur le cognassier (bouturé), pour obtenir une gamme de porte-greffe de vigueurs différentes ; ils ont abouti à l'obtention des variétés BA 29 et Sydo qui représentent respectivement près d'un million et 200 000 marcottes vendues chaque année en France.

  • BA 29, obtenu en 1966 par sélection clonale au sein de la population des cognassiers de Provence, présente une très bonne multiplication par marcottage ; il confère en verger une vigueur moyenne et une bonne productivité. Il est de plus utilisable comme cognassier à fruits.
  • Sydo, co-obtention de l'INRA et des Pépinières Lepage (1975), est issu d'une sélection clonale dans la population des cognassiers d'Angers ; son aptitude au marcottage et au bouturage est très bonne. En verger, il confère une vigueur plus faible que celle de BA29 et une bonne productivité.

Maladies[modifier | modifier le code]

L'entomosporiose est une maladie qui provoque des taches brunes ou noires sur les feuilles et sur les fruits. Les feuilles et les rameaux herbacés sont aussi attaqués par l'oïdium et les fruits par la moniliose.

Parasites[modifier | modifier le code]

Le coing est la cible de larves de certaines espèces de lépidoptères dont le cul-brun, Bucculatrix bechsteinella, Bucculatrix pomifoliella, Coleophora cerasivorella, Coleophora malivorella, Chloroclystis rectangulata et la phalène brumeuse. Les fruits sont attaqués par Cydia pomonella et Cydia molesta.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Quittenbaum cydonia oblonga.jpg

Cognassier dérive de coing, qui est un emprunt[7] (via codoin au XIe siècle et cooing XIIe siècle) au latin impérial cotōneum lui-même venant probablement du grec κυδώνια [μη̃λα ou μα̃λα] kydonia (mela) « pomme de Kydonia » soit pomme de La Canée, en Crète.

Le nom scientifique du genre, Cydonia, attribué au cognassier par le botaniste écossais Philip Miller en 1768, est également construit sur κυδώνια (Kydonia), « La Canée ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Daniel Zohary, Maria Hopf, Domestication of Plants in the Old World: The Origin and Spread of Cultivated Plants in West Asia, Europe, and the Nile Valley, Oxford University Press,‎ 2000
  2. (en) « Quince: Cydonia oblonga » (consulté le 17 septembre 2014)
  3. Plutarque, Questions Romaines 3,65
  4. Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne], XV, 10.
  5. Jean-Charles Gateau, Paul Éluard et la peinture surréaliste (1910-1939), Librairie Droz,‎ 1982 (lire en ligne), p. 294
  6. Lucas Rosenblatt et Freddy Christandl (trad. Philippe Rebetez), Coings : Le retour d'un fruit oublié, Delémont, Viridis,‎ 2003, 96 p. (ISBN 3-03780-153-0), p. 7
  7. CNRTL

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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