Plaqueminier

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Plaqueminier couvert de fruits à Nakagawa, ville de Nan'yō dans la préfecture de Yamagata.

Le Plaqueminier (Diospyros kaki Thunb., 1780) est, dans son acception restreinte, une espèce d'arbres de la famille des Ébénacées originaire de Chine et cultivé pour son fruit. Il est parfois appelé Figuier caque et plus rarement Plaqueminier kaki.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme kaki a été emprunté[1] au japonais kaki no ki, litt. arbre du kaki[2].

Plaquemine vient de l'algonquin piakimina[3] (1682, Lett. de M. de La Sale) désignant le plaqueminier de Virginie (Diospyros virginiana) en Amérique du Nord[4].

Diospyros vient du grec ancien Διος πυρος (Dioscoride 3, 141), dios « dieu », « Zeus », et pyros, « blé », soit « blé de Zeus » (pour l'histoire de diospyros voir ce terme).

En chinois, l'arbre se dit 柿子树 shizishu et le fruit 柿子 shizi.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Européens ont pris connaissance de ce fruit au XVIIe siècle grâce à Matteo Ricci. Joseph Banks, le botaniste du premier voyage du capitaine Cook en 1768, est crédité de l'introduction du Diospyros kaki en Europe[5].

Linné dans Species Plantarum, tome 2 (1753), introduit le genre Diospyros, et traite deux espèces connues de lui à cette époque D. lotus et D. virginiana[6].

La première description botanique de l'arbre est l'œuvre d'un collaborateur et ancien élève de Linné, Carl Peter Thunberg, qui séjourna au Japon en 1775-1776.

La culture ne commença en France qu'à partir du milieu du XIXe siècle.

Répartition[modifier | modifier le code]

Originaire de Chine où il commence à être cultivé vers l'an 1300, le kaki est cultivé au Japon depuis 1850. Il a été répandu par la culture dans toutes les régions chaudes et notamment dans le bassin méditerranéen, où il vit bien dans la zone de l'olivier et du figuier.

Description[modifier | modifier le code]

Fleur de plaqueminier
Le fruit du plaqueminier est un fruit charnu contenant des pépins. Il s'agit d'une baie.

C'est un arbre pouvant mesurer jusqu'à 12 m de haut.

Les feuilles caduques, entières, elliptiques sont grandes, un peu coriaces, vert foncé, brillantes au-dessus, un peu tomenteuses dessous. Elles virent au rouge à l'automne.

Les fleurs s'épanouissent sur les jeunes pousses de l'année. Elles peuvent être, sur le même arbre, de trois types : hermaphrodites (stamino-pistillées), mâles (staminées) ou femelles (pistillées). La pollinisation est faite par les insectes.

Les individus sont généralement monoïques à fleurs mâles et femelles séparées sur le même arbre, mais il existe aussi des cultivars dioïques. Lorsqu'une fleur femelle n'est pas fécondée, le fruit se développe quand même, mais ne contient pas de pépins.

Les fruits sont de grosses baies globuleuses déprimées au sommet, rappelant un peu la forme des tomates, de couleur rouge orangé à maturité. Ils portent à leur sommet les restes du calice persistant. La peau est fine. La chair est juteuse, légèrement fibreuse et sucrée à maturité. Avant maturité, elle a un goût âpre et astringent dû à la présence de tannins. La peau est revêtue d'une pruine blanchâtre.

Variétés[modifier | modifier le code]

Le fruit issu d'un plant femelle non fécondé n'a pas de pépin.

Au Japon, on recense plus de 800 variétés de kaki, et en Chine le nombre des variétés cultivées dépasse 2 000.

« Sharon » est le nom commercial du fruit du cultivar « Triumph » dont l'astringence de la pulpe est éliminée chimiquement.

Commercialement, selon leur teneur en tanins on distingue trois types de fruits.

  • Ceux dont les fruits ne peuvent être consommés que mous (dits astringent) : « Hongsi », « Hachiya », « Kōshū hyakume », « Fuji », « Tanenashi », « Hiratanenashi », « Tone wase », « Saijō », « Dōjō hachiya », « Gionbō », « Sheng », « Ormond ».
  • Ceux dont les fruits peuvent être consommés durs (dits non astringents') : « Fuyu », « Dan gam », « Jirō », « Taishū », « Hanagosho », « Izu », « Sousyū ».
  • Les types à chair très foncée parfois même marron chocolat et au goût plus prononcé. Ces fruits nécessitent une pollinisation et peuvent être du premier ou du deuxième type selon les cultivars : « Chocolate », « Coffee cake ».

Culture[modifier | modifier le code]

La fertilité du kaki est très élevée. En Californie, des arbres de la variété « Hachiya » donnent jusqu'à 150 kg par pied.

Lors de sa première année de plantation, le plaqueminier demande un arrosage très fréquent (environ un jour sur deux).

Les graines des variétés de kaki sont presque toutes parthénocarpiques. De plus, même fécondes, elles donnent de très mauvais porte-greffe.

Le meilleur porte-greffe est le Diospyros lotus et, à un moindre degré, Diospyros virginiana.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Fruit[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Kaki.
Séchage des fruits au Japon.

Le fruit est communément appelé kaki. Sa texture rappelle la datte crue.


Le fruit mûr contient du glucose (jusqu'à 20 %) et est riche en vitamine C, mais aussi en minéraux, fibres et en phénols, ce qui le rend très utile pour prévenir les maladies cardiovasculaires (référence nécessaire). Le kaki est un des aliments les plus riches en zéaxanthine[7], pigment orange trouvé aussi dans le maïs et le jaune d'œuf, et à ce titre probablement intéressant pour prévenir la DMLA [8]. Il est consommé nature à l'état frais. Il convient qu'il soit parfaitement mûr et même un peu blet. Il peut aussi être séché à l'instar des figues et peut servir à préparer des confitures et des desserts.

Bois[modifier | modifier le code]

Le bois du kaki est très dur et rappelle celui de l'ébène, qui appartient au même genre botanique. Aux États-Unis, il sert notamment à la fabrication des têtes de club de golf (woods), des queues de billard et des arcs.[réf. nécessaire] Il est également utilisé pour la fabrication de panneaux de meubles en Chine, en Corée et au Japon.

Références[modifier | modifier le code]

  1. CNRTL, France
  2. Abréviation de カキノキ(柿の木) kaki no ki, litt. arbre du kaki, dont le fruit porte le nom de kaki no ha.
  3. CNRTL, France
  4. Fac Salisbury
  5. Harvard
  6. Gallica
  7. Holden J. M., Journal of Food Composition and Analysis, 1999
  8. [1]

Espèces voisines[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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