Enrico Dandolo

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Dandolo.
Enrico Dandolo
Enrico Dandolo face à saint Marc, sur un ducat vénitien
Enrico Dandolo face à saint Marc, sur un ducat vénitien
Fonctions
41e doge de Venise
21 juin 119221 juin 1205
&&&&&&&&&&&0474813 ans, 0 mois et 0 jour
Prédécesseur Orio Mastropiero
Successeur Pietro Ziani
Biographie
Date de naissance 1107
Lieu de naissance Venise
Date de décès 21 juin 1205 (à 97 ans)
Lieu de décès Constantinople
Nationalité Vénitien
Conjoint Contessa

Enrico Dandolo

Enrico Dandolo, en latin Henricus Dandulus, (né en 1107 à Venise – mort le 21 juin 1205 à Constantinople) fut le 41e doge de Venise, élu en 1192, à l'âge de 85 ans.

Enrico Dandolo est élu alors qu'il est âgé de 82 ans. Il réussit cependant à obtenir d'importantes concessions pour Venise lors de la quatrième croisade dont il est l'un des acteurs majeurs. Sa politique assurera la domination de Venise sur plusieurs territoires du bassin oriental de la Méditerranée : Venise devient une grande puissance européenne et maritime. Il est considéré comme l'un des plus grands doges de Venise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le début de la carrière diplomatique[modifier | modifier le code]

Dandolo prêchant la croisade par Gustave Doré

Né à Venise, il est le fils du puissant juriste et membre de la cour ducale, Vitale Dandolo, qui était un proche conseiller du doge Vital II Michele. Son oncle, également nommé Enrico Dandolo, a été patriarche de Grado, le plus haut rang religieux à Venise.

Le premier rôle politique important de Dandolo a lieu pendant les années de crise de 1171 et 1172. En mars 1171, le gouvernement byzantin saisit les biens de milliers de Vénitiens qui vivent dans l'empire avant de les emprisonner. Le doge Vital II Michele organise une expédition à laquelle participe Dandolo qui échoue en raison de la peste au début de 1172. À son retour à Venise, Michele est tué par une foule en colère. Dandolo est nommé ambassadeur à Constantinople l'année suivante, Venise cherchant, sans succès, à parvenir à un règlement diplomatique de ses différends avec Byzance.

En 1178, il participe à l'élection de son prédécesseur Orio Mastropiero.

La reprise des négociations avec Constantinople engagées en 1182 conduit finalement à un traité en 1186. Enrico Dandolo est présent en 1183 à Constantinople pour négocier le rétablissement du quartier vénitien dans la ville.

Avant d'être doge, Enrico Dandolo sera aussi ambassadeur à Ferrare, deux fois ambassadeur auprès du roi Guillaume II de Sicile et bailo (ambassadeur) à Constantinople où il reçoit de l'empereur le titre de protosevasto. Il fait du commerce entre Venise, Constantinople et Alexandrie.

Le dogat[modifier | modifier le code]

Enrico Dandolo devient doge à approximativement quatre-vingt deux ans. Son élection, le 21 juin 1192, est probablement le résultat d'un accord entre les factions adverses qui préfèrent mettre en place une personne âgée susceptible de mourir dans un bref délai. Dandolo réussit à conclure des accords avec Vérone, Trévise, avec le patriarche d'Aquilée, avec le roi d'Arménie et avec les empereurs d'orient et d'occident ; il remporte une guerre contre Pise qui soutenait la rébellion de la population de la Dalmatie.

Vers 1201 - 1202 la politique qui avait caractérisé l'Adriatique au cours des dix années précédentes s'était apaisée et le dogat de Dandolo était dans une phase déclinante. De nouveaux évènements arrivèrent à maturation qui allait impliquer Venise et son doge.

En 1198, le pape Innocent III est élu. Il lance une croisade, la quatrième, qui aurait dû partir de Venise en 1201. Cependant, lorsque les croisées arrivent dans la lagune, ils ne sont pas en mesure de payer les Vénitiens. Dandolo, fin politique, décide de les faire payer non pas en monnaie sonnante mais en leur demandant de combattre à son service. Les croisés acceptent et la flotte prend le large sous le commandement d'Enrico Dandolo. Le paiement convenu est la prise de Trieste, Muggia et la reconquête de Zadar au profit de Venise.

L'accord avec Alexis IV[modifier | modifier le code]

Pendant le siège de Zadar, le prince de Constantinople Alexis IV dont le père a été déposé par son oncle Alexis III, promet aux hommes de l'argent et des terres s'ils l'aident à reconquérir le pouvoir. L'expédition change d'objectif, transformant l'expédition religieuse que fut la quatrième croisade en une invasion de mercenaires à la solde d'une faction.

En 1203 la flotte se dirige vers Constantinople, avec l'objectif officiel de placer sur le trône Alexis IV.

Gustave Doré: Enrico Dandolo parlemente avec Alexis V Doukas Murzuphle.

Le pape, mécontent de la tournure des évènements, excommunie Venise. Mais il est trop tard : Constantinople est assiégée en juillet 1203 et Alexis III chassé au profit d'Alexis IV. La situation dégénère cependant et la guerre éclate en 1204 entre les croisés et le nouvel empereur Alexis V Doukas Murzuphle qui a détrôné Alexis IV. Constantinople est prise d'assaut le 12 avril et l'empire partagé entre les vainqueurs. Venise reçoit finalement les trois huitièmes des territoires de l'empire d'orient, un quartier de Constantinople et la Crète), qui était échue en partage à Boniface de Montferrat. Dandolo envoie à Venise des d'œuvres d'art, dont les quatre chevaux de Saint-Marc, récupérés lors du pillage de la ville.

La mort[modifier | modifier le code]

Stèle funéraire de Enrico Dandolo

Enrico Dandolo ne retournera plus à Venise : il reste à Constantinople pour combattre les Bulgares. Il meurt le 21 juin 1205 à l'âge de 97 ans et il est enterré à Constantinople dans la basilique Sainte-Sophie, où une stèle funéraire portant son nom est visible dans la galerie ouest.

On raconte qu'après la prise de Constantinople, le 29 mai 1453 par les armées de Mehmed II, les os de Enrico Dandolo furent déterrés et donnés aux chiens[1].

Sa descendance[modifier | modifier le code]

Au cours de son règne, il fut marié à une femme du nom de Contessa.

Sa descendance est très imprécise, les généalogistes lui attribuent plusieurs enfants sans certitude. Il est fort possible qu'il n'ait eu qu'un seul fils, on évoque :

  • un fils, Ranier qui occupe les fonctions de vice-Doge au cours de l'absence d'Enrico à Constantinople et qui aurait été, par la suite, tué lors de la guerre contre Gênes pour le contrôle de la Crète ou Fantino qui aurait été le second patriarche de Constantinople.
  • trois autres doges, Giovanni Dandolo, Francesco Dandolo et Andrea Dandolo portent le même patronyme sans que la descendance directe soit confirmée.

Cécité[modifier | modifier le code]

Selon son compagnon d'armes Villehardouin, Dandolo serait devenu aveugle à la suite d'un coup porté à la tête[2] ; cette description pourrait correspondre à une cécité corticale[3]. L'examen de documents autographes montre une rapide dégradation de sa vision entre septembre 1174 et octobre 1176[4].

Selon une tradition erronée déjà répandue en 1204, l'empereur grec Manuel l'aurait fait aveugler au cours d'une ambassade en 1172[5].

Postérité[modifier | modifier le code]

  • Au XIXe siècle, un navire de guerre appelé Enrico Dandolo est lancé par la Regia Marina (marine militaire du royaume d'Italie).

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Santo Sofia », sur diocesi di Torino (consulté en 9 décembre 2011)
  2. Villehardouin, La conquête de Constantinople T.1, éd. et trad. E. Faral, Paris, 1972, §67
  3. Thomas F. Madden, Enrico Dandolo & the Rise of Venice, Johns Hopkins University Press,‎ 2003 (lire en ligne) p. 67
  4. Madden 2003, p. 64-65
  5. Madden 2003, p. 64

Sur les autres projets Wikimedia :