Enrico Dandolo

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Enrico Dandolo
Enrico Dandolo face à saint Marc, sur un ducat vénitien
Enrico Dandolo face à saint Marc, sur un ducat vénitien
Fonctions
41e doge de Venise

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Prédécesseur Orio Mastropiero
Successeur Pietro Ziani
Biographie
Date de naissance 1107
Lieu de naissance Venise
Date de décès (à 97 ans)
Lieu de décès Constantinople
Nationalité Vénitien
Conjoint Contessa

Enrico Dandolo

Enrico Dandolo, en latin Henricus Dandulus, (né en 1107 à Venise – mort le à Constantinople) fut le 41e doge de Venise, élu en 1192, à l'âge de 85 ans.

Enrico Dandolo est élu alors qu'il est âgé de 82 ans. Il réussit cependant à obtenir d'importantes concessions pour Venise lors de la quatrième croisade dont il est l'un des acteurs majeurs. Sa politique assurera la domination de Venise sur plusieurs territoires du bassin oriental de la Méditerranée : Venise devient une grande puissance européenne et maritime. Il est considéré comme l'un des plus grands doges de Venise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le début de la carrière diplomatique[modifier | modifier le code]

Dandolo prêchant la croisade par Gustave Doré

Né à Venise, il est le fils du puissant juriste et membre de la cour ducale, Vitale Dandolo, qui était un proche conseiller du doge Vital II Michele. Son oncle, également nommé Enrico Dandolo, a été patriarche de Grado, le plus haut rang religieux à Venise.

Le premier rôle politique important de Dandolo a lieu pendant les années de crise de 1171 et 1172. En mars 1171, le gouvernement byzantin saisit les biens de milliers de Vénitiens qui vivent dans l'empire avant de les emprisonner. Le doge Vital II Michele organise une expédition à laquelle participe Dandolo qui échoue en raison de la peste au début de 1172. À son retour à Venise, Michele est tué par une foule en colère. Dandolo est nommé ambassadeur à Constantinople l'année suivante, Venise cherchant, sans succès, à parvenir à un règlement diplomatique de ses différends avec Byzance.

En 1178, il participe à l'élection de son prédécesseur Orio Mastropiero.

La reprise des négociations avec Constantinople engagées en 1182 conduit finalement à un traité en 1186. Enrico Dandolo est présent en 1183 à Constantinople pour négocier le rétablissement du quartier vénitien dans la ville.

Avant d'être doge, Enrico Dandolo sera aussi ambassadeur à Ferrare, deux fois ambassadeur auprès du roi Guillaume II de Sicile et bailo (ambassadeur) à Constantinople où il reçoit de l'empereur le titre de protosevasto. Il fait du commerce entre Venise, Constantinople et Alexandrie.

Le dogat[modifier | modifier le code]

Enrico Dandolo devient doge à approximativement quatre-vingt deux ans. Son élection, le , est probablement le résultat d'un accord entre les factions adverses qui préfèrent mettre en place une personne âgée susceptible de mourir dans un bref délai. Dandolo réussit à conclure des accords avec Vérone, Trévise, avec le patriarche d'Aquilée, avec le roi d'Arménie et avec les empereurs empereurs d'orient et d'occident ; il remporte une guerre contre Pise qui soutenait la rébellion de la population de la Dalmatie.

Vers 1201 - 1202 la politique qui avait caractérisé l'Adriatique au cours des dix années précédentes s'était apaisée et le dogat de Dandolo était dans une phase déclinante. De nouveaux évènements arrivèrent à maturation qui allait impliquer Venise et son doge.

En 1198, le pape Innocent III est élu. Il lance une croisade, la quatrième, qui aurait dû partir de Venise en 1201. Cependant, lorsque les croisées arrivent dans la lagune, ils ne sont pas en mesure de payer les Vénitiens. Dandolo, fin politique, décide de les faire payer non pas en monnaie sonnante mais en leur demandant de combattre à son service. Les croisés acceptent et la flotte prend le large sous le commandement de Enrico Dandolo. Le paiement convenu est la prise de Trieste, Muggia et la reconquête de Zadar au profit de Venise.

L'accord avec Alexis IV[modifier | modifier le code]

Gustave Doré: Enrico Dandolo parlemente avec Alexis IV Ange.

Pendant le siège de Zadar, le prince de Constantinople Alexis IV qui a été déposé par son oncle Alexis III, promet aux hommes de l'argent et des terres s'ils l'aident à reconquérir le pouvoir. L'expédition change d'objectif, transformant l'expédition religieuse que fut la quatrième croisade en une invasion de mercenaires à la solde d'une faction.

En 1203 la flotte se dirige vers Constantinople, avec l'objectif officiel de replacer sur le trône l'empereur déchu Alexis IV.

Le pape, mécontent de la tournure des évènements, excommunie Venise. Mais il est trop tard : Constantinople est prise le . Après la prise de cette ville par les croisés, Dandolo refuse, dit-on, la couronne qui lui est offerte mais il se fait élire despote de la Romanie. Après quelques mois de luttes internes et de trahisons, tous les prétendants au titre d'empereur byzantin sont écartés et l'empire est partagé entre les croisés : à Venise revient les trois huitièmes des territoires de l'empire d'orient, un quartier de Constantinople et les îles de l'Archipel parmi lesquels Candie (la Crète), qui était échue en partage au duc Boniface de Montferrat, et beaucoup d'autres îles de la mer Égée ; à Baudouin VI de Hainaut, qui devient le premier empereur latin de Constantinople, d'importants fiefs français qui appartiennent à la couronne de l'empereur. Dandolo rapporte à Venise une foule de chefs-d'œuvre d'art, dont les quatre chevaux de Saint-Marc, enlevés à l'empire grec.

Pendant les premiers mois de la conquête de la ville, Dandolo, bien qu'âgé et fatigué par ce long voyage, réussit à obtenir pour Venise de nombreux avantages en faisant attention de ne pas trop s'impliquer dans la situation politique interne de l'empire byzantin désormais décadent.

La mort[modifier | modifier le code]

Stèle funéraire de Enrico Dandolo

Enrico Dandolo ne retournera plus à Venise : il reste à Constantinople pour combattre les Bulgares. Il meurt le à l'âge de 97 ans et il est enterré dans la basilique de Sainte-Sophie à Constantinople, aujourd'hui Istanbul. Une stèle funéraire portant son nom est visible dans la galerie ouest de l'ancienne basilique.

On raconte qu'après la prise de Constantinople, le par les armées de Mehmed II, les os de Enrico Dandolo furent déterrés et donnés aux chiens[1].

Sa descendance[modifier | modifier le code]

Au cours de son règne, il fut marié à une femme du nom de Contessa.

Sa descendance est très imprécise, les généalogistes lui attribuent plusieurs enfants sans certitude. Il est fort possible qu'il n'ait eu qu'un seul fils, on évoque :

  • un fils, Ranier qui occupe les fonctions de vice-Doge au cours de l'absence d'Enrico à Constantinople et qui aurait été, par la suite, tué lors de la guerre contre Gênes pour le contrôle de la Crète ou Fantino qui aurait été le second patriarche de Constantinople.
  • trois autres doges, Giovanni Dandolo, Francesco Dandolo et Andrea Dandolo portent le même patronyme sans que la descendance directe soit confirmée.

Cécité[modifier | modifier le code]

Différentes hypothèses expliquent sa cécité :

  • En 1173, l'empereur grec Manuel lui aurait fait brûler les yeux lorsqu'il vient, au nom de la république de Venise, lui demander la libération des députés que ce prince retient ; ce supplice affaiblit sa vue, mais ne la lui fait pas perdre tout à fait,
  • Il semble qu'il ait souffert de cécité corticale à la suite d'un coup sévère à l'arrière de la tête reçu (entre 1174 et 1176).

Curiosité[modifier | modifier le code]

  • Le chroniqueur Geoffroi de Villehardouin, présent lors de l'expédition de la quatrième croisade, resta tellement impressionné par les actes de cet homme, presque centenaire, qu'il le décrivit dans ses mémoires comme « un vieux géant qui a encore la force de galoper pour affronter avec son habituelle fierté son dernier ennemi : la mort ».
  • Au XIXe siècle, un navire de appelé Enrico Dandolo est lancé par la Regia Marina (marine militaire du royaume d'Italie).

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Santo Sofia », sur diocesi di Torino (consulté le 9 décembre 2011)

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