Guillaume II de Sicile

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Guillaume II de Sicile
Le Christ couronnant Guillaume II. Mosaïque de la cathédrale de Monreale.
Le Christ couronnant Guillaume II.
Mosaïque de la cathédrale de Monreale.
Titre
Roi de Sicile
1189
Prédécesseur Guillaume Ier de Sicile
Successeur Tancrède de Lecce
Biographie
Dynastie Hauteville
Nom de naissance Guillaume de Hauteville
Date de naissance 1154
Date de décès 1189
Père Guillaume Ier de Sicile
Mère Marguerite de Sicile
Conjoint Jeanne d'Angleterre
Enfant(s) Bohémond de Sicile
Héritier Tancrède de Lecce
(1189)

Guillaume II de Sicile
Rois de Sicile

Guillaume II de Sicile, aussi nommé Guillaume le Bon (né en 1154 à Palerme et mort le 18 novembre 1189 dans la même ville), est le fils de Guillaume le Mauvais, de la dynastie des Hauteville, et de Marguerite de Navarre. Roi de Sicile de 1166 à 1189, Guillaume II est surnommé « le Bon » en raison de sa politique de clémence et de justice envers les communes et les barons de Sicile, en opposition avec le règne de son père.

Biographie[modifier | modifier le code]

Guillaume a seulement douze ans lorsqu'il succède à son père Guillaume le Mauvais à la tête du royaume de Sicile. Il est couronné en 1166 puis placé sous la régence de sa mère Marguerite de Navarre. Le cousin de Marguerite, le jeune comte Étienne du Perche, devient le chancelier du royaume et archevêque de Palerme. Un autre français, Pierre de Blois, devient le précepteur de Guillaume. Étienne du Perche s'attire cependant la haine des fonctionnaires locaux, et est contraint de quitter la Sicile en 1168. Gautier Ophamil, devenu archevêque de Palerme, et Matthieu d'Ajello, vice-chancelier, prennent alors les rênes du gouvernement. En 1171, le jeune Guillaume débute à dix-huit ans son règne personnel[1],[2].

Le caractère de Guillaume est celui d'un lettré. C'est un roi « bon » mais peu attiré par la guerre. Cependant, le qualificatif de « bon » peut également cacher un manque certain d'autorité, notamment face aux barons normands d'Italie.

Guillaume poursuit la politique étrangère de son père. Il entretient de bons rapports avec le pape Alexandre III et l'empereur byzantin Manuel Comnène. En 1172, l'empereur propose sa fille Marie en mariage puis revient sur sa décision. C'est un camouflet pour Guillaume, qui se place alors contre Byzance. Champion de la papauté, Guillaume soutient le pape Alexandre III contre Frédéric Barberousse. L'empereur germanique tente pas moins de cinq descentes militaires en Italie, sans succès. Il est finalement battu par la Ligue lombarde à Legnano en 1176[1].

Aidé par un brillant amiral, Margaritus de Brindisi, Guillaume tente de continuer la politique expansionniste de son père, et surtout celle de son grand-père Roger II de Sicile. En 1174, sa flotte conduite par l'amiral Gauthier de Moac attaque l’Égypte mais échoue dans sa tentative de prendre Alexandrie.

En 1177, Guillaume épouse la princesse Jeanne d'Angleterre, fille du roi Henri II d'Angleterre, alors âgée de onze ans. Après la mort du pape Alexandre III en 1181, Guillaume prépare une alliance avec Frédéric Barberousse contre l'Empire byzantin. En 1184, il donne sa tante Constance de Hauteville au fils aîné de Barberousse, le futur Henri VI. Cette union donnera ensuite à la dynastie souabe des prétentions au trône de Sicile[1],[3].

En 1185, Guillaume débute une grande campagne contre l’Empire byzantin. Son armée traverse la Macédoine, s'empare de Durazzo sur l’Adriatique puis de Thessalonique, la deuxième ville de l'empire. Cependant, une contre-offensive byzantine menée par Alexis Branas écrase les troupes normandes près des rives du Strymon. Guillaume abandonne Thessalonique et signe en 1189 un traité de paix avec l'empereur byzantin Isaac II Ange. Guillaume participe également à la préparation de la troisième croisade, incitant les croisés à passer par son territoire. En 1188, la flotte normande de l'amiral Margaritus de Brindisi empêche Saladin de s'emparer de la ville de Tripoli[4].

Palerme pleurant la mort de Guillaume II.

En 1189, Guillaume II meurt à trente-cinq ans, sans enfant légitime. Deux prétendants revendiquent alors la couronne de Sicile : son cousin Tancrède de Lecce et Henri VI, fils de Barberousse.

Dans la Divine Comédie, Dante fait mention du roi Guillaume le Bon, un « souverain estimé et aimé de ses sujets », le plaçant au Paradis (XX, 61-65), parmi les princes pieux, justes et sages, aux côtés de David, Trajan, et Constantin.

Héritage[modifier | modifier le code]

La cathédrale de Monreale, où se trouve le tombeau de Guillaume II.

Le roi Guillaume le Bon est à l'origine de plusieurs édifices. Il fait achever notamment en 1170, le palais de la Zisa, commencé par son père en 1164, et y entame quelques modifications jusqu'en 1184. Vers 1180, c'est la « Cuba » qu'il fait édifier à Palerme. Il est également l'instigateur de la construction de la cathédrale de Monreale.

« Le roi de la Sicile est admirable en ceci qu'il a une conduite parfaite ; il emploie des musulmans comme fonctionnaires et utilise des officiers castrats et tous, ou presque, gardent leur foi secrète et restent attachés à la loi musulmane. Le roi a pleine confiance dans les musulmans et se repose sur eux pour ses affaires et ses travaux les plus importants. [...] Il ressemble aux souverains musulmans : comme eux il plonge dans les délices du pouvoir, établit ses lois, règle ses modalités, répartit les dignités parmi ses hommes, exagère la pompe royale et l'étalage de son apparat. [...] Un autre fait admirable qu'on rapporte à propos de sa personne, c'est qu'il lit et écrit l'arabe. »

— Ibn Djubayr, Relation de voyages, « La Sicile et le retour », p. 385-386, Voyageurs arabes, Gallimard, 1995.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) « William II », Encyclopaedia Britannica, Fifteenth Edition, 2010.
  2. Mondes normands, « La régence de la reine Marguerite ». [lire en ligne]
  3. Mondes normands, « Guillaume II, la politique étrangère ». [lire en ligne]
  4. (en) « William II », Encyclopaedia Britannica, Eleventh Edition, 1911.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Isidoro La Lumia, Storia della Sicilia sotto Guglielmo il Buono, Le Monnier, Florence, 1867
  • Ferdinand Chalandon, Histoire de la domination normande en Italie et en Sicile. A. Picard : Paris, 1907
  • John Julius Norwich, The Kingdom in the Sun, 1130-1194. Longmans : Londres, 1970

Liens externes[modifier | modifier le code]