Boniface de Montferrat

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Boniface de Montferrat
Boniface de Montferrat élu chef de la quatrième croisade, Soissons, 1201. (Henri Decaisne, Salles des croisades, Versailles).
Boniface de Montferrat élu chef de la quatrième croisade, Soissons, 1201. (Henri Decaisne, Salles des croisades, Versailles).

Titre marquis de Montferrat
(11924 septembre 1207)
Autre titre Roi de Thessalonique de 1205 à 1207
Prédécesseur Guillaume V de Montferrat
Conflits Quatrième croisade
Biographie
Dynastie Maison Alérame
Nom de naissance Bonifacio del Monferrato
Naissance vers 1150
Décès 4 septembre 1207 (à ~57 ans)
Près des monts du Rhodopes
Père Guillaume V de Montferrat
Mère Judith de Babenberg
Conjoint Helena del Bosco
Jeanne de Châtillon (?)
Éléonore de Savoie (?)
Marguerite de Hongrie
Enfants Guillaume VI
Béatrice
Agnès (en)
Démétrios

Argent a chief gules.svg

Boniface de Montferrat de la famille des Alérame (Aleramici) (vers 1150 - 4 septembre 1207) (en italien Bonifacio del Monferrato, en grec Βονιφάτιος Μομφερρατικός) était marquis de Montferrat et roi de Thessalonique de 1205 à 1207. Il fut aussi l’un des chefs de la quatrième croisade

Biographie[modifier | modifier le code]

La jeunesse[modifier | modifier le code]

Boniface est le troisième fils de Guillaume V de Montferrat et Judith de Babenberg (fille de Conrad III de Hohenstaufen), né après le retour de son père de la deuxième croisade. Boniface appartient donc à la famille des Aleramici. Il est le jeune frère de Conrad Ier de Jérusalem.

Il apparaît, pour la première fois, dans un document rédigé à Turin, le 14 juin 1178. On sait peu de chose sur les premières années de sa vie. Selon certains historiens[Qui ?], vers 1182, année dont on le sait loin de Montferrat, il pourrait être en Ligure, lieu où le troubadour provençal Raimbaut de Vaqueiras chante les aventures chevaleresques de son seigneur. L’artiste reste à la cour de Boniface une grande partie de sa vie.

Comme le reste de sa famille, il soutient son cousin Frédéric Ier Barberousse dans ses guerres contre les communes lombardes.

Boniface est membre du conseil de régence créé par Humbert III de Savoie pour son jeune fils Thomas. En 1190 Boniface en compagnie du comte de Savoie, rend l’hommage à Henri VI, empereur, pour lequel Boniface occupe de nombreuses charges au point d’être récompensé par l’acquisition de plusieurs fiefs en 1191.

Boniface devient marquis[modifier | modifier le code]

Le 19 novembre 1191, Otton Ier du Carretto lui vend la seigneurie de Albissola; le 5 juillet 1192, le marquis Bérenger de Busca lui concède une partie de Cossano Belbo et de Loreto. Conrad et son père Guillaume V meurent, Boniface reste l’unique héritier et en 1192, il devient marquis.

Fidèle à Henri VI, il passe plusieurs mois aux côtés de l’empereur en Allemagne, lequel lui accorde le fief d’Alexandrie. En 1194 il commande une expédition navale pour conquérir Gaète qui a pour objectif la conquête de la Sicile orientale. Il est dans la suite d’Henri lors de son couronnement à Palerme, le 25 décembre, l’accompagnant lors de son retour avant de rentrer dans le Montferrat en 1196, où il s’engage pleinement dans les guerres contre les communes de l’Italie.

Il obtient arbitrairement de l’empereur la ville d’Asti mais avec la mort d’Henri VI, les habitants s’allient à Alexandrie et se révoltent occupant Castello di Annone.
En juin 1199 Boniface se voit contraint de s’allier avec Asti, Alexandrie, Vercelli, Milan et Plaisance pour participer à une expédition dans le nord de la Lombardie.

La participation aux croisades[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Quatrième croisade.

Lorsque le premier chef choisi pour mener la quatrième croisade, (Thibaut III de Champagne), meurt en 1201, Boniface est pressenti, c’est un guerrier expérimenté et sa famille est déjà implantée en Orient : son neveu Baudouin et son frère Conrad ont été Rois de Jérusalem. Après s’être rendu à Paris pour discuter avec Philippe Auguste, vers septembre, Boniface reçoit le commandement de l’expédition, ne rentrant qu’occasionnellement dans le Montferrat afin de régler au mieux les difficultés avec Alba, Asti et Alexandrie et voyageant fréquemment pour terminer les préparatifs de la croisade qui doit partir de Venise.

L'armée croisée est très endettée auprès de la République de Venise qui a accepté de fournir les navires. Boniface accepte donc de réduire pour elle les cités rebelles de Trieste, Moglie, et Zara. Le Pape est courroucé de cette attaque contre des villes chrétiennes. Il devient alors évident que le véritable chef de la croisade est le doge vénitien Enrico Dandolo, et non plus Boniface.

Boniface ne participe pas à la prise de Zara, première ville à subir l’attaque des croisés. Le motif est inconnu mais on peut supposer que le marquis est resté à Venise pour négocier avec Philippe de Souabe et Alexis, fils de l’empereur de Byzance, qui a un rôle important dans la décision de mettre à sac la capitale de l’Empire d’orient en 1204. La proposition d’Alexis acceptée, le 20 avril, avec le doge Enrico Dandolo, Boniface embarque en direction du gros de la flotte chrétienne qui se trouve encore à Corfou, avec l’objectif de se diriger vers Constantinople.

L’usurpateur Alexis III est renversé en juillet et Alexis est couronné co-empereur avec son père. La situation évolue rapidement, les Byzantins en désaccord avec les croisés provoquent une rébellion qui conduit à la mort d’Alexis IV et à la proclamation d'Alexis V Doukas au début de 1204. Les Vénitiens se mettent d’accord avec les autres chefs croisés pour se partager l’Empire, et saccagent Constantinople en avril.

Boniface est considéré comme le principal prétendant au trône impérial, mais sa candidature s’oppose aux vues des Vénitiens, inquiets du pouvoir que peut prendre un parent du roi Philippe et allié de Gênes, qui optent donc pour Baudouin de Hainaut. Demandant en vain que lui soit reconnue la souveraineté sur les territoires asiatiques, Bonifacio conquiert Didymotique et assiège Andrinople. Pour empêcher une guerre interne entre les croisés, le doge et les autres chefs conviennent de confier au marquis de Montferrat la Macédoine méridionale, entre Mosinopoli et Thessalonique. Boniface devient donc roi de Thessalonique et vend ses droits sur la Crète à Venise, après une négociation menée par Marco Sanudo.

Après avoir instauré un gouvernement en Macédoine, il avance jusqu’en Thessalie et capture Alexis III qu’il envoie en exil dans le Montferrat, l'ex-empereur est emprisonné dans l'abbaye de Lucedio près de Trino.

Par la suite, Boniface descend jusqu’à Athènes et Thèbes, assiégeant aussi Corinthe, tous les territoires conquis sont confiés à ses compagnons d’armes.

Sa mort[modifier | modifier le code]

Alors qu’il assiège Nauplie, il reçoit la nouvelle qu’à Thessalonique une révolte a éclaté. À toute hâte, il revient sur ses pas, découvrant que la révolte a déjà pris fin. Sa seconde femme Marguerite de Hongrie, qui lui a donné son fils Démétrios, s’est réfugiée dans la forteresse de Thessalonique.

Inquiet de la menace des Bulgares, qui ont attaqué Thessalonique pendant la rébellion, il décide de créer une force composée de croisés. Prenant la tête de l’expédition avec Henri de Hainaut, Boniface est tué, le 4 septembre 1207, alors qu’il revient d’une incursion sur les monts du Rhodopes dans le territoire bulgare.

Le royaume de Thessalonique passe à sa femme Marguerite et à son fils Démétrios.

Mariages et descendance[modifier | modifier le code]

Boniface a d'abord été marié vers 1170 à Helena del Bosco. Ils ont eu trois enfants:

Selon Nicétas Choniatès, Boniface se marie, fin 1186-début 1187, avec Jeanne de Châtillon, fille de Renaud de Châtillon et sa première épouse la princesse Constance d'Antioche.

Certaines sources affirment qu’en 1197, Boniface épouse Éléonore, une des filles de son cousin Humbert III de Savoie. Si tel est le cas, elle est morte en 1202. Usseglio est sceptique quant à ce mariage[1]. Il est à noter que, dans ses chansons, Vaqueiras, ne fait aucune allusion à cette épouse.

En 1204 à Constantinople, il se marie avec Marguerite de Hongrie, fille du roi Bela III de Hongrie, elle est la veuve de l’empereur Isaac II Ange. Ils ont un fils:

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Usseglio, Leopoldo (1926), I Marchesi di Monferrato in Italia ed in Oriente durante i secoli XIIe XIII.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]