Agostin Barbarigo

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Agostin Barbarigo
Agostin Barbarigo par Giovanni Bellini
Agostin Barbarigo par Giovanni Bellini
Fonctions
74e doge de Venise
30 août 148620 septembre 1501
&&&&&&&&&&&0720219 ans, 8 mois et 19 jours
Prédécesseur Marco Barbarigo
Successeur Leonardo Loredano
Biographie
Date de naissance 1420
Lieu de naissance Venise
Date de décès 20 septembre 1501 (à 80 ans)
Lieu de décès Venise
Nationalité Italien

Agostin Barbarigo

Agostin Barbarigo (Agostino Barbarigo en italien), (né à Venise vers 1420, mort le 20 septembre 1501 au même endroit), est le 74e doge de Venise, en fonction de 1486 à sa mort en 1501. Les Barbarigo comptent alors parmi les plus riches familles de Venise. Ils ont acquis de grandes propriétés en Crète, à Vérone et à Trévise. Outre les deux doges, Marco et Agostino Barbarigo, la famille compte un certain nombre de procureurs et de cardinaux. La famille s'est éteinte au milieu du XVIIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Agostin Barbarigo succède à son frère Marco, décédé moins d'un an après son accession au poste de doge. L'élection d'Agostin constitue l'un des rares cas où deux membres d'une même famille se succèdent à Venise. Lors de l'élection, il s'impose face au diplomate et écrivain Bernardo Giustinian qui représente les vieilles familles de la République, ce qui donnera naissance à des tensions et à des intrigues.

En 1495, il organise une coalition anti-française, la Ligue de Venise, pour chasser Charles VIII de l'Italie, objectif atteint avec la bataille de Fornoue. Pendant son dogat, Venise essaie d'obtenir des points d'appui en Romagne et dans les Pouilles. L'île de Chypre est définitivement annexée en 1489 quand la vénitienne Catherine Cornaro fait don à la République du royaume dont elle a hérité.

La guerre contre les Turcs (1499-1503)[modifier | modifier le code]

Au début du dogat d'Agostin Barbarigo, les rapports sont cordiaux avec le sultan ottoman Bayezid II, successeur de Mehmed II, mais à partir de 1492, les difficultés commencent. Le sultan s'offense des dépêches chiffrées que l'ambassadeur vénitien d'İstanbul envoie à son gouvernement et lui intime l'ordre de quitter le pays sous trois jours.

Rapidement la rupture des relations diplomatiques se transforme en guerre ouverte. Les marchands vénitiens présents à Istanbul sont arrêtés (1499) ; les Bosniaques entrent en Dalmatie et arrivent jusqu'aux portes de Zara.

Les deux flottes s'affrontent dans les eaux de Pylos (bataille de Zonchio) et bien que le résultat de la bataille soit incertain, Lepante tombe aux mains des Ottomans. En juin 1499, Modon est attaquée par le sultan en personne : elle s'oppose avec une bonne résistance mais se rend après plusieurs semaines. À peine entré dans la ville, les Ottomans massacrent la population sans pitié. Peu après Corone tombe à son tour.

Le coup est très dur pour la République de Venise qui perd ainsi ses ports d'étape sur la route du Levant.

La guerre dure encore quatre ans : la paix de 1503 scelle pour la Sérénissime la perte des forteresses et de l'île de Santa Maura : Venise ne dispose plus, en Péloponnèse, que de Nauplie, Patras et Monemvasia.

Les aspects culturels[modifier | modifier le code]

Pendant le dogat d'Agostin Barbarigo, les travaux, qui donnent à la place Saint-Marc certains des principaux monuments qui la caractérisent encore aujourd'hui, débutent: en 1494 les fondations de la tour de l'horloge et en 1495 celle de la Procuratie Vecchie.

Le 1er février 1499, le doge inaugure l'horloge sur la tour. La statue du doge est posée à côté du lion de Saint-Marc, symbole de la ville, sur la partie supérieure de la façade de la tour. La statue sera détruite par les Français en 1797 après la prise de la ville par Napoléon.

Fin du dogat d'Agostin Barbarigo[modifier | modifier le code]

Son goût de népotisme, les accusations d'accord secret avec le duc de Milan conduisent, à sa mort, à l'examen de sa situation financière. Les héritiers seront condamnés à payer de 76 000 ducats d'or de dommages-intérêts à la République. À sa mort en 1501, il sera inhumé dans l'église Santa Maria della Carità. Son tombeau fut détruit par les troupes de Napoléon en 1807. Il n'en reste plus qu'une sculpture.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]