Causse de Blandas

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Causse de Blandas
Image illustrative de l'article Causse de Blandas
Le village de Montdardier au pied du château

Pays France
Région française Languedoc-Roussillon
Département français Gard
Ville(s) principale(s) Blandas
Montdardier
Rogues
Coordonnées 43° 55′ 06″ N 3° 32′ 06″ E / 43.918333, 3.53543° 55′ 06″ Nord 3° 32′ 06″ Est / 43.918333, 3.535  
Superficie approximative 142 km2
Géologie calcaire
Relief plateau
Production(s) Élevage ovin
Élevage bovin
Population totale 433 hab. (2009)
Région(s) naturelle(s)
voisine(s)
Cévennes
Garrigue
Grands Causses
Pays (div. territoriale) Cévennes-Causses-Aigoual
Classement Natura 2000
Patrimoine mondial

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Causse de Blandas

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Causse de Blandas

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Causse de Blandas

Le causse de Blandas est un plateau karstique situé en Languedoc-Roussillon dans le département du Gard. Il est bordé au nord par la vallée de l'Arre et le massif des Cévennes, à l'ouest au sud et à l'est par les gorges de la Vis et le causse du Larzac.

L'intégralité du Causse de Blandas est inclus dans le périmètre des Causses et Cévennes inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en juin 2011.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Géographie[modifier | modifier le code]

D'une superficie de 142 km2, le Causse de Blandas recouvre les communes de Montdardier, Blandas et Rogues, mais aussi partiellement les communes d'Alzon, d'Arre, de Vissec, de Saint Laurent-le-minier, et de Gorniès dont les bourgs se situent au pied du causse.

Situation[modifier | modifier le code]

Le Causse de Blandas est situé au sud du Vigan dans le département du Gard. Il est entouré par les régions naturelles suivantes : au nord par les Cévennes et le massif du Lingas, bordure méridionale du massif de l'Aigoual, à l'ouest par les gorges de la Vis et le causse de Campestre, au sud par les gorges de la Vis et le causse du Larzac et à l’est par le massif de la Séranne puis le massif de l'Oiselette.

Paysages et reliefs[modifier | modifier le code]

Le paysage actuel du causse est aride et désert, donnant souvent l'impression d'un désert de pierres clairsemé d'une maigre végétation et entrecoupé de creux cultivés, les dolines, et de quelques zones où domine la forêt.

Avant les premières interventions humaines le causse était boisé de genévriers, de pins sylvestres, de chênes blancs et de buis. Différentes phases d'exploitation de la forêt à partir du Néolithique ont provoqué une forte diminution du recouvrement. La forte population du XVIIIe siècle a provoqué une mise en culture de presque toute la surface du causse qui a ensuite régressé avec l'apparition du système ovin laitier au XIXe siècle puis l'exode rural au XXe siècle.

Géomorphologie[modifier | modifier le code]

Le calcaire qui constitue le Causse est constitué de sédiments d'origine marine, dont le dépôt dans les hauts fonds a commencé il y a environ 200 millions d'années. Des dépôts de natures différentes se sont succédé empilant des strates rocheuses. À partir de 150 millions d'années le massif corallien de la Séranne a isolé ce lagon favorisant la concentration des dépôts calcaires qui formeront le Larzac. Les paysages vont lentement se mettre en place après l'émergence du massif pyrénéen il y a 40 millions d'années qui provoquera des plissements et des fractures dans la roche. Vers 25 millions d'années de petites rivières ayant pris naissance dans le massif du Lingas vont traverser le Causse en aplanissant de grande surfaces sur leur passage, telle la Vis entre Montdardier, Rogues et Saint-Maurice-Navacelles. À partir de 15 millions d'années le soulèvement du Massif central va entraîner un creusement des gorges par les rivières. La Vis creuse son canyon, longeant la Séranne vers l'est pour rejoindre l'Hérault près de Ganges et donner naissance au Causse de Blandas en l'isolant du Larzac[b 1].

Protection environnementale[modifier | modifier le code]

Le Causse de Blandas est concerné par un site Natura 2000 et une ZNIEFF.

Le site Natura 2000 « Causse de Blandas  » qui est une zone spéciale de conservation située sur les communes de Alzon, Arre, Arrigas, Blandas, Molières-Cavaillac, Montdardier, Pommiers, Rogues, Vissec. le site Natura 2000 couvre une surface totale de 7 913 ha et se situe entre 540 m et 955 m d'altitude. Il est composé principalement de Pelouses sèches, Steppes pour 80 %, complétées par des Landes, Broussailles, Recrus, Maquis et Garrigues, Phrygana pour 7 %, d'Autres terres (incluant les Zones urbanisées et industrielles, Routes, Décharges, Mines) pour 5 %, des Prairies améliorées pour 4 %, des Forêts de résineux pour 2 %, des Rochers intérieurs, Éboulis rocheux, Dunes intérieures, Neige ou glace permanente pour 1 % et des Forêts caducifoliées pour 1 %[1].

La ZNIEFF de deuxième génération est « Causse de Blandas » sur 9 132 ha[2]. L'inventaire a recensé une espèce d'insectes (onychogomphe à crochets), 5 espèces d'oiseaux (aigle royal, circaète Jean-le-Blanc, bruant ortolan, Pie-grièche méridionale et pie-grièche à tête rousse) et 38 espèces de plantes[2].

Climat[modifier | modifier le code]

À la limite des influences méditerranéennes et atlantiques, entre le massif cévenol au nord et le massif de la Séranne au sud-est, le climat du causse de Blandas est assez complexe.

Le vent dominant est le vent continental ou bise qui souffle du nord-nord-est. C'est un vent sec et froid qui, au début du printemps, peut détruire les jeunes feuilles des arbres et ravager les fleurs des arbres fruitiers. Les vents océaniques qui soufflent de l'ouest sont des vents légèrement humides qui durent peu. Le vent méditerranéen ou marin souffle du sud-sud-est. Il apporte de l'eau en quantité impressionnante quelle que soit la saison.

Au sud du massif de l'Aigoual, les précipitations sur le causse de Blandas ont un caractère méditerranéen : la pluviométrie atteint son maximum en novembre et son minimum en juillet. Bien que la pluviométrie moyenne annuelle soit avec plus de 1 200 mm relativement élevée, le nombre moyen de jours de pluie, inférieur à 75 jours, est quant à lui assez faible.

La température moyenne annuelle se situe aux alentours de 11,5 °C. Les températures hivernales minimales sont atteintes en janvier et février. Elles sont moins rigoureuses sur le causse de Blandas que sur l'ensemble des grands causses du fait de l'altitude plus faible et de la situation plus méridionale. Les températures moyennes en juillet et août sont supérieures à 20 °C, avec des températures maximales aux alentours 35 °C atteintes en août[a 1].

Population[modifier | modifier le code]

En 2009, les trois communes ayant des habitants sur le Causse de Blandas regroupaient 433 habitants, soit une légère augmentation de 3,4 % par rapport à 1999, lorsqu'elles en comptaient 418. Lors du recensement de 2009, le causse était peuplé de 195 Montdardiérains[3], 128 blandassens[4] et 110 roguois[5].

Géologie[modifier | modifier le code]

Système karstique[modifier | modifier le code]

Milieu naturel[modifier | modifier le code]

Faune[modifier | modifier le code]

La zone spéciale de conservation « Causse de Blandas  » est un site d'intérêt communautaire visant à maintenir ou à rétablir le bon état de conservation de 11 espèces de mammifères et d'invertébrés visés à l'Annexe II de la directive 92/43/CEE du Conseil[6]. On peut noter comme invertébrés le damier de la Succise (Euphydryas aurinia), l'écaille chinée (Callimorpha quadripunctaria), le grand capricorne (Cerambyx cerdo) et la lucane cerf-volant (Lucanus cervus) et comme mammifères la barbastelle (Barbastella barbastellus), le grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum), le minioptère de Schreibers (Miniopterus schreibersi), le petit murin (Myotis blythii), le petit rhinolophe (Rhinolophus hipposideros), le rhinolophe euryale (Rhinolophus euryale) et le vespertilion à oreilles échancrées (Myotis emarginatus).

Flore[modifier | modifier le code]

L'inventaire naturaliste de la ZNIEFF « Causse de Blandas  » a répertorié les espèces suivantes : l'adonis couleur de feu (Adonis flammea), la nielle des blés (Agrostemma githago), l'orchis punaise (Anacamptis coriophora), l' ancolie des Causses (aquilegia viscosa), l'arabette de printemps (Arabis verna), la sabline hérissée (Arenaria hispida), l'armérie (Armeria girardii), le buplèvre à feuilles rondes (Bupleurum rotundifolium), la caméline à petits fruits (Camelina microcarpa), le centranthe de Lecoq (Centranthus lecoqii), le cotonéaster des monts Nébrodes (Cotoneaster tomentosus), l'euphorbe de Duval (Euphorbia duvalii), la gagée des prés (Gagea pratensis), la gagée des champs (Gagea villosa), l'aster à feuilles d'orpin (Galatella sedifolia), le gaillet de Jordan (Galium timeroyi), gaillet à trois cornes (Galium tricornutum), le genêt de Villars (Genista pulchella), l'orchis odorant (Gymnadenia odoratissima), le millepertuis à feuilles d'hysope (Hypericum hyssopifolium), l'inule à feuilles de saule (Inula salicina), l'erratule naine (Jurinea humilis), la marguerite à feuilles de graminées (Leucanthemum graminifolium), la marguerite vert-glauque (Leucanthemum subglaucum), le lin de Léo (Linum leonii), le lotier de Delort (Lotus delortii), la minuartie à feuilles capillaires (Minuartia capillacea ), le tabouret d'Occitanie (Noccaea caerulescens), l'Ophrys d'Aymonin (Ophrys aymoninii), la pivoine officinale (Paeonia officinalis), la grassette à longues feuilles (Pinguicula longifolia), le polystic en fer de lance (Polystichum lonchitis), la Saxifrage des Causses (Saxifraga cebennensis), le scorsonère d'Autriche (Scorzonera austriaca), le scorsonère pourpre (Scorzonera purpurea), la germandrée de Rouy (Teucrium rouyanum) et le Thym de la dolomie (Thymus dolomiticus)[2],[7].

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Mégalithes du causse de Blandas[modifier | modifier le code]

Cromlech de la Rigalderie, Blandas.
Article détaillé : Mégalithes du causse de Blandas.

Le causse de Blandas est particulièrement riche en monuments mégalithiques : on y compte une vingtaine de dolmens, dont certains de taille imposante, une cinquantaine de menhirs dont les plus grands dépassent la taille de 4,50 mètres ainsi que plusieurs cromlechs (trois ont été identifiés avec certitude).

Une très belle découverte a été faite en 2009 par des spéléologues dans une grotte préhistorique restée close pendant environ cinq mille ans. L'entrée était obstruée par un menhir, plutôt une stèle, qui a piégé l’ouverture d’une grotte. "Les gens" ont transporté semble-t-il le «menhir-stèle» en grès à la surface travaillée d'un gisement qui se trouve à Montdardier à 5 ou 6 km de là. Cette cavité regroupe des vestiges préhistorique qui ont été laissés en place : des crânes, certains recouverts de calcite, de morceaux de vases ayant servi à la récupération de l'eau, des tessons de céramique et un couloir aménagé[8].

Activités de découverte[modifier | modifier le code]

Randonnée[modifier | modifier le code]

Le causse de Blandas est traversé par le GR 7 qui relie le Ballon d'Alsace à Andorre-la-Vieille. Dans la section Traversée du Haut-Languedoc entre L'Espérou et le canal du Midi, une étape est couramment faite à Montdardier ou à Blandas avant de traverser le cirque de Navacelles[9].

Le chemin de Saint-Guilhem-le-Désert qui relie Aumont-Aubrac à Saint-Guilhem-le-Désert en 300 km traverse lui aussi le causse de Blandas[10] avant de rejoindre l'abbaye de Gellone .

Le carto-guide Causses et gorges de la Vis - cirque de Navacelles édité par le conseil général du Gard propose sur plus de 150 km un réseau de parcours balisés sur le causse de Campestre, le causse de Blandas et les gorges de la Vis[11]. Des boucles sont proposées au départ de Blandas (le sentier de calo rouge, le sentier du belvédère de Blandas et le sentier du bois de Fontaret), au départ de Rogues (le sentier de l'oppidum et le sentier de la mare) et au départ de Montdardier (le sentier de la Tude et le sentier des trois prieurs).

Montdardier est aussi le point de départ de randonnées vers le pic d'Anjeau. On peut en faire facilement le tour ou bien accéder au sommet par un sentier sur la face Est, ou en empruntant l'arête par l'ouest avec quelques difficultés.

Spéléologie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  1. p. 67 à 76
  • Philippe Galant, Á l'origine du Causse, nouveau regard sur la préhistoire du Causse de Blandas, Musée Cévenol, Le Vigan, 2010, 52 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  1. p. 6-7
Autres sources

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]