Calanques de Marseille

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43° 13′ N 5° 26′ E / 43.217, 5.433

Calanques de Marseille
Carte des calanques entre Marseille et la Ciotat
Carte des calanques entre Marseille et la Ciotat
Géographie
Altitude 563 m, Mont Puget
Massif Chaîne pyrénéo-provençale
Longueur 20 km
Largeur 4 km
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Bouches-du-Rhône
Géologie
Roches Roches sédimentaires et métamorphiques

Les Calanques de Marseille, ou massif des Calanques, sont un massif littoral, s'étendant sur plus de vingt kilomètres de côtes sur la mer Méditerranée entre le village des Goudes, quartier du sud-ouest de la ville de Marseille, et la commune de Cassis (France). C'est un des sites naturels les plus remarquables de France, et une zone majeure de ressources naturelles pour son million de visiteurs annuels. Le mot calanque (du provençal calanco) désigne une vallée creusée par une rivière, puis récupérée par la mer.

Les Calanques bénéficient de la protection du parc national des Calanques créé en avril 2012 et qui est le premier parc national périurbain d'Europe. Afin de réempoissonner les eaux, certaines zones du futur parc sont interdites à la pêche pour servir de nurseries naturelles.

Les innombrables fossiles incrustés dans le calcaire témoignent d'une histoire qui a commencé, il y a plus de cent millions d'années, par l'accumulation de sédiments au fond de la mer, puis par un soulèvement à l'ère tertiaire, époque de la formation des Alpes. L'érosion a accentué les fractures, pour donner naissance au relief tourmenté que l'on observe aujourd'hui. La grotte Cosquer située dans le massif, sous les eaux, témoigne de la durée d'occupation du site par les hommes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation, topographie[modifier | modifier le code]

Paysage des calanques.

Le massif des Calanques est composé du massif de Marseilleveyre (culminant à 432 m) et du massif Puget (563 m)[1], sur les territoires communaux de Marseille pour l'essentiel et de Cassis (pour celle de Port-Miou). Les calanques sont d’ouest en est :

Calanque d'En Vau
  • la calanque de Callelongue : port, restaurant, centre de plongée UCPA, accessible en bus (ligne no 19/20) et en voiture ;
  • la calanque de la Mounine : calanque étroite qui termine la vallée de la Mounine, derrière le col du Sémaphore ;
  • la calanque de Marseilleveyre : plage, bar-restaurant, centre de plongée, accessible à pied depuis Callelongue ;
  • la calanque des Queyrons ;
  • la calanque de Podestat ;
  • la calanque de la Piade : calanque mineure ;
  • la calanque du Livre : calanque mineure ;
  • la calanque de l'Escu : calanque mineure ;
  • la calanque de la Mélette : calanque mineure ;
  • la calanque de Cortiou : présence de l'émissaire de la station d'épuration des eaux usées de Marseille ;
  • la calanque de Sormiou : village et petit port, accès en voiture restreint ;
  • la calanque du Cancéou : calanque mineure ;
  • la calanque de la Triperie : elle abrite l'entrée sous-marine de la grotte Cosquer, interdite d'accès.
  • la calanque de Morgiou : village et petit port, accès en voiture restreint ;
  • la calanque de Sugiton : très fréquentée, «familiale», accessible à pied depuis Luminy (bus no 21 ou en voiture) ;
  • la calanque des Pierres-Tombées : accessible à pied depuis Sugiton, calanque naturiste renommée. En 2006, un éboulement causant la mort d'un promeneur a favorisé un arrêté municipal interdisant l'accès à cette calanque ; celui-ci ne semble plus en vigueur (plus mentionné sur le chemin) ;
  • la calanque de l'Œil de Verre : d'accès difficile, plutôt réservée aux randonneurs (le chemin a été dé-balisé pour dissuader les promeneurs inexpérimentés ; les cheminées permettant l'accès du Devenson, ou du GR, ainsi que le pas de l'œil de verre sont délicats ;
  • la calanque du Devenson ;
  • la calanque de l'Oule : quasi-inaccessible ;
  • la calanque d'En-Vau : plage, lieu d'escalade très renommé[2] ;
  • la calanque de Port-Pin : accessible à pied depuis Cassis en environ 30 minutes de marche ;
  • la calanque de Port-Miou : accès en voiture à proximité, ancienne carrière, aménagée en port de plaisance, celle-ci fait partie de la commune de Cassis qui représente un des plus importants points d'entrée au massif.

Géologie[modifier | modifier le code]

Panorama entre Morgiou et Sugiton : roche blanche (calcaire urgonien) et côte fortement découpée (calanques).
Article connexe : Provence calcaire.

Le massif des Calanques est constitué de roches calcaires datant essentiellement du Mésozoïque (250 à 65 millions d'années). Cette roche sédimentaire a été formée sous les mers du Jurassique et surtout du Crétacé, pendant des millions d'années, par l'accumulation de particules minérales et organiques compactées et cimentées entre elles. Les fossiles d'organismes marins (algues, oursins...) témoignent de cette origine marine. Les roches ont ultérieurement émergé, ont subi des mouvements tectoniques de déformation horizontale, puis une longue période d'érosion qui a complètement aplani le relief. Vers 1,5 Ma, un dernier mouvement tectonique surélève toute la région, suivi d'une nouvelle période d'érosion[3],[4].

Le nord de Marseilleveyre et le massif de Carpiagne sont constitués des roches les plus anciennes (Jurassique). Dans la majorité du massif et des îles, on trouve le calcaire urgonien (blanc, constitué en mer tropicale peu profonde), mais aussi quelques zones de calcaire valanginien, datant du Crétacé[5].

À plus petite échelle, le découpage du littoral sous forme de dizaines de calanques a été causé par l'érosion des cours d'eau, creusant des vallons jusqu'au débouché à la mer, et aux variations ultérieures du niveau de la mer[3].

La roche calcaire très fissurée et des phénomènes karstiques ont formé un nombre important de grottes et cavités souterraines (Saint-Michel d'Eau douce), rivières souterraines (Port-Miou, Sugiton)[3].

Hydrologie[modifier | modifier le code]

L'eau de mer y est souvent plus fraîche car les falaises tombent droit sous la mer sans réel plateau côtier et parce que de nombreuses sources d'eau douce s'écoulent dans la mer, sous sa surface, par un réseau souterrain qui recueille les eaux de ruissellement des montagnes (Marseilleveyre) et des plateaux (Carpiagne).

Toutes les côtes calcaires ont connu ce phénomène quand la mer est descendue de 135 m[6] avant de remonter noyant les sources et les ruisseaux.

Ainsi, une rivière souterraine de débit important (de 5 à 7 m3/s) aboutit dans la calanque de Port-Miou à Cassis, presque au niveau de la mer ; elle semble provenir de la Sainte-Baume et serait alimentée par un aquifère de 1 000 km2 sous la Provence.

Un tel débit permettrait en théorie d'alimenter en eau potable plus d'un million de personnes. Dès l’Antiquité, cette source est connue (Pythéas en fait mention). Toutefois, les prélèvements effectués lors de plongées montrent que l'eau de la rivière est trop saumâtre pour être utilisée directement, même très en amont ; elle subit en effet des remontées d’eau de mer par des galeries du système karstique qui s'est formé très profond dans le calcaire, à l'époque de la Crise de salinité messinienne entre -5 960 000 et -5 330 000, une « courte » période à l'échelle géologique pendant laquelle la Méditerranée s'est asséchée[7]. L'eau contient en outre de faibles traces de boues rouges (issues du traitement de la bauxite) rejetées à 300 m de profondeur au large de la baie Cassis[8].

Article détaillé : Exsurgence de Port-Miou.

Une autre source karstique aboutit à quelques décimètres sous l'eau de la plage du Bestouan (à la sortie ouest de Cassis), rendant l'eau de cette plage extrêmement froide même au cœur de l'été, ce qui surprend les visiteurs ne s'attendant pas à trouver la Méditerranée à cette température.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est un climat méditerranéen, avec une aridité forte, l'essentiel de l'humidité provenant de l'évaporation marine et de pluies d'automne et d'hiver, fortes mais séparées par de longs épisodes de sécheresse et ne profitant que très partiellement à la végétation à cause du ruissellement.

La moyenne de la pluviosité est de l’ordre de 600 mm par an et le cap Croisette, point d'entrée des Calanques au sud de Marseille, avec 360 mm en moyenne, est la zone la plus aride de France. La violence de certaines précipitations est extrême : ainsi Météo-France a relevé le 1er décembre 2003 une hauteur d'eau de 218 mm à Marseille et 235 mm à Cassis pour une pluie n'ayant duré que deux heures ; à comparer avec les 100 mm relevés par Météo France lors de l'orage du 17 mai 1971 sur la Dordogne, considéré comme remarquable.

Des températures élevées avec de très fortes variations de vents, mistral et vent du nord-ouest représentent 43 % des jours ventés et ceci a une grande implication sur l’évaporation et en particulier, au niveau du littoral.

Dans la zone marine, ces vents induisent des courants très forts et des remontées d’eaux profondes et lorsque le mistral a soufflé, on peut avoir en fonction des remontées d’eaux profondes, des variations de températures qui peuvent baisser en quelques heures de 23-25 °C à 13-15 °C, température des eaux profondes de la Méditerranée. Mais ce sont aussi ces remontées d’eaux profondes qui enrichissent la zone en minéraux et qui permettent une biodiversité qui peut assez bien se développer.

Panorama de la calanque de Sormiou. Au fond à gauche, l'île de Riou

Flore[modifier | modifier le code]

Le massif des Calanques constitue un écosystème particulier. Le sol y est quasi inexistant, les falaises calcaires prolongées d'éboulis sont parcourues de très nombreuses failles et fissures dans lesquelles s'ancrent les racines des végétaux.

Cette xéricité associée aux embruns salés conditionne la subsistance d'une végétation adaptée : bruyère multiflore erica, coussins épineux de l'astragale de Marseille, laurier-tin, chêne kermès, salsepareille, pin d'Alep et genévrier accompagnent des espèces endémiques comme la fougère scolopendre ou l’herbe à Gouffé, qui est quasiment un des symboles des Calanques.

Au total, on peut considérer que 83 espèces sont protégées nationalement ou régionalement, soit inscrites sur la liste des espèces menacées.

L’inventaire des habitats qui a été effectué dans le cadre des études de Natura 2000 recense vingt six habitats naturels auxquels il faut ajouter quarante habitats mixtes. Il y a quatre grands ensembles, les habitats rocheux avec les falaises et les éboulis, les habitats forestiers avec pinède climaciques, les habitats ouverts que sont les pelouses et les garrigues ainsi que les habitats littoraux. Il existe un cinquième ensemble d’habitats dont vous ne verrez pas d’images, strictement lié aux sources. Sa surface est très limitée, ce sont les habitats humides, ils sont rares et il faut donc les protéger très fortement.

Faune[modifier | modifier le code]

Un puffin cendré.

La faune des Calanques est soit adaptée, le plus souvent et en particulier pour les insectes, soit relique comme l’aigle de Bonelli. Les oiseaux nicheurs sont remarquables et le massif abrite un très fort pourcentage d’oiseaux marins puisque 30 % de la population des puffins cendrés et des océanites tempêtes de France se trouvent dans ce massif, ainsi que 10 % des puffins de Méditerranée.

Pour les invertébrés, qui sont très bien adaptés au milieu, il s’agit soit de coléoptères comme le grand capricorne qui ont des élytres qui les protègent de la dessiccation, soit de lépidoptères, c'est-à-dire des papillons et surtout de micros papillons.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Si les traces archéologiques sont rares, la présence de l'homme est certaine sur l'actuel littoral marseillais, du Paléolithique inférieur (1,5 million à 100 000 ans BP) jusqu'au Néolithique[9].

La grotte des Trémies a révélé les plus anciennes traces humaines dans les Calanques, rattachées à la culture de l'homme de Néandertal : un foyer « pré-moustérien » (probablement avant 300 000 ans BP), avec des traces d'habitat, des silex et outils taillés par petits éclats[9],[10].

La grotte Cosquer est située au-dessus du niveau de la mer, sous la pointe de Morgiou. Elle a révélé des mains négatives vieilles de 27 000 ans. Des peintures et sculptures ultérieures, et quelques outils (lampe), sont datées de 18 000 ans (époque du Solutréen)[11]. Ces hommes vivant de chasse, pêche et cueillette, étaient installés aux pieds des falaises, alors que le niveau de la mer étaient plus bas et le littoral éloigné d'une quinzaine de kilomètres. Les figures préhistoriques représentent des chevaux, bouquetins, chamois, bisons, aurochs, cerfs, antilopes, félin mais aussi quelques espèces marines dont le pingouin et le phoque, qui témoignent du climat extrêmement froid lors la dernière période glaciaire. L'entrée, aujourd'hui située à 37 mètres de fond, était située à près de cent mètres au-dessus du niveau de la mer à l'époque où les dessins et empreintes furent exécutés, pendant la régression marine provoquée par la dernière glaciation.

Les traces sont plus nombreuses pour les époque plus récentes. L'abri du Puits de Sormiou a révélé des outils magdaléniens[9]. Sur l'île de Riou, des traces d'habitation humaine (poterie, outils, coquillages) datées d'environ 8 000 ans (Néolithique) attestent de l'occupation du site, qui à cette époque formait encore une presqu'île reliée au massif de Marseilleveyre[1]. Les hommes y vivaient principalement de la pêche. Avec la montée du niveau de la mer, le massif du Riou cesse d'être accessible à pied à l'âge du bronze (vers 2000 av. J.-C.).

Antiquité[modifier | modifier le code]

Article connexe : Histoire de Marseille.

Avant l'arrivée des Phocéens, la région était occupée précédemment par la tribu des Segobriges du peuple des Ligures. Aucune trace de leur présence n'a été découverte dans les Calanques, mais des ruines attestent de leur présence en bordure du massif au Ier millénaire av. J.-C. : oppidum Baou Redoun et Baou de Saint-Marcel. Des éléments archéologiques témoignent aussi de la fréquentation de l'île de Riou par des marins ligures et étrusques.

Avec les activités de pêche et de commerce du port antique de Marseille (fondé vers 600 av. J.-C.), de nombreux bateaux naviguaient le long des côtes des Calanques, comme l'attestent les épaves antiques retrouvées sur le littoral. Des carrières étaient exploitées pour la construction des routes romaines et bâtiments, à l'exemple de Port-Miou pour l'extraction de la « pierre de Cassis ». Certains vallons étaient aménagés en exploitations agricoles, fournissant principalement des céréales, mais aussi des fruits, de l'huile (olive) et du vin.

Moyen Âge et époque moderne[modifier | modifier le code]

De l'Antiquité à l'époque moderne, les Calanques sont principalement exploitées pour des activités agricoles et pastorales. Des domaines agricoles importants (comme Luminy) datent peut-être de l'Antiquité. On y cultive des céréales, des légumes supportant la sécheresse (pois), des arbres fruitiers (amandier, olivier) et la vigne.

De nombreux éleveurs faisaient paître des troupeaux, sur les terres et l'île de Riou (dite « l'île aux Chèvres ») et ont certainement contribué à la déforestation du massif et des îles, en incendiant les espaces forestiers pour favoriser les étendues herbeuses (brûlage pastoral). Des vestiges de bergeries attestent de ces anciennes activités.

La pêche et le façonnage du corail, attestés dès l'Antiquité, continuent au Moyen Âge. Les faucons pèlerin de l'île du Riou étaient capturés pour être revendus pour la chasse au vol.

Vers 1300 des tours de vigie sont construites dans les Calanques, afin de signaler dans la cité la présence de pirates (Sarrasins, Aragonais) : sommet de Marseilleveyre, Maïre, Riou, etc.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Calanque habitée de Morgiou

Aux XVIIIe et XIXe siècles, des batteries militaires sont construites sur le littoral et les îles, pour lutter contre la piraterie et principalement les attaques et incursions de la marine anglaise : fortin du cap Morgiou, batterie de Marseilleveyre, du cap Croisette, du Four de Caux, île de Riou[12].

À partir du XIXe siècle, les activités de pêche et de pâturage décroissent progressivement, au profit d'activités industrielles et artisanales : exploitation de pierre, extraction de chaux et ciment, fabrication de charbon de bois. Le cœur du massif est finalement délaissé par les activités humaines. Sur le littoral et le long des routes, des usines chimiques sont construites au début du XIXe siècle (Callelongue, Saména, Goudes) pour la production de soude, plomb, soufre, etc. En 1898 est construit le grand émissaire, déversant les eaux usées de Marseille dans la calanque de Cortiou. Les industries ont progressivement disparu à la fin du XXe siècle, laissant subsister des vestiges (cheminées, ruines) et des friches polluées, parfois transformés en décharges.

À partir du début du XXe siècle, le cœur du massif des Calanques commence peu à peu à être fréquenté par les promeneurs, à l'instigation notamment des Excursionnistes marseillais (1897) et du Club alpin qui font la promotion de ce loisir et aménagent des refuges et sentiers de randonnée. Sur le littoral et dans les calanques habitées, de Cassis aux Goudes, l'activité de pêche artisanale périclite à partir des années 1950, transformant progressivement les hameaux de pêcheur en ports de plaisance et destinations touristiques (cabanons).

Activité[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Calanque de Sugiton (en haut à gauche : la Grande Candelle, au fond les falaises de Cassis)

En 2008, les Calanques ont reçu deux millions de visiteurs, à terre et en mer. C'est pourquoi, après des années d'une difficile gestation, le parc national des Calanques est créé en avril 2012, devenant ainsi le 10e parc national français[13].

Site de promenade et randonnée[modifier | modifier le code]

Le massif attire toute l'année de nombreux visiteurs et randonneurs grâce au vaste choix de sentiers accrochés entre la mer et les reliefs tortueux. Le GR 51 traverse le massif des Calanques d'ouest en est. Cet espace préservé à proximité de villes importantes concrétise les problèmes de surfréquentation en milieu naturel fragile.

Comme le précise la carte IGN de loisirs « les calanques de Marseille à Cassis », bien qu'en bord de mer, le massif des Calanques présente des risques similaires à ceux d'un terrain de montagne : les chemins sont escarpés, certains passages sont risqués pour un marcheur inexpérimenté, d'autres sont vertigineux et dangereux en cas de mistral (risque de déstabilisation par le vent sur les crêtes). Aucun point d'eau et peu d'ombre existent sur tout le massif.

De la calanque de Callelongue, jusqu'à Cassis, il faut compter 20 km et 11 heures de marche pour un marcheur confirmé sur des sentiers, pour faire toutes les calanques. Les panneaux d'indication sont rares et seules des marques de peinture indiquent les sentiers de randonnée. Seules les calanques de Callellongue, Sormiou, Morgiou sont habitées et accessibles par route. Il est également possible à partir des calanques de Callellongue, Sormiou, Morgiou, Sugiton, de rejoindre les transports publics, exploités par la Régie des transports de Marseille. Cassis étant un point de départ important pour visiter les calanques en partant de Port-Miou.

En raison des risques d'incendie, l'accès aux massifs sensibles de l'ensemble du département des Bouches-du-Rhône est restreint durant l'été (accès limité en période de forte chaleur, interdiction totale en cas de vent, etc.) Chaque année, un arrêté préfectoral définit la durée et la nature des interdictions, qui sont ensuite modulées jour après jour en fonction des conditions météorologiques[14].

Escalade[modifier | modifier le code]

Falaises de la calanque d'En-Vau.

Les falaises calcaires des Calanques sont un site d'escalade dès la fin du XIXe siècle, marqué par l'ascension en 1879 du sommet de la Grande Candelle par le consul britannique Francis W. Mark. Dès cette époque, elles deviennent un terrain d'entrainement à l'alpinisme pour les Excursionnistes marseillais et la section locale du Club alpin. À partir des années 1900, les lieux reculés sont explorés (Val Vierge, Devenson, Castelvieil) et les principaux sommets et aiguilles sont gravis : rocher des Goudes (1900), aiguille de Sugiton (1903), aiguille de Sormiou (1904). Dans les années 1920 de grandes voies sont ouvertes le long des grandes fissures et des arêtes, telles l’arête de Marseille (1927) ou l’arête de la Cordée (1928)[15].

À partir des années 1930, des voies difficiles sont ouvertes et des alpinistes marseillais comme Édouard Frendo (1910-1968), Gaston Rébuffat (1921-1985), Georges Livanos (1923-2004) s'illustreront dans de célèbres ascensions alpines. Ultérieurement, des voies extrêmement techniques sont ouvertes en escalade artificielle sur des parois sans fissure, notamment à la grotte de l'Ermite, aux toits de Sugiton et à la Concave[16],[15].

À partir des années 1960, c'est l'essor de l'escalade libre avec l'influence de grimpeurs américains (Hemming, Robbins, Harlin) signalée à En-Vau par l'éperon des Américains. À partir des années 1970-1980, de très nombreuses voies sont équipées pour l'escalade sportive et les sites des Calanques deviennent réputés en France et en Europe[15]. Des grimpeurs français s'illustrent dans des voies libres de plus en plus difficiles : à l'exemple de Patrick Edlinger dans Nymphodalle (7c, 1979), jusqu'au neuvième degré avec François Legrand dans Robi in The Sky (9a, 2000). L'équipement de nouvelles voies continue les décennies suivantes, financés par les clubs et collectivités locales. La création du parc national instaure une interdiction d'équiper de nouvelles voies et des mesures de protection de la faune et flore (sentiers d'accès, falaises de nidification)[16],[15].

Avec environ 3 400 voies répertoriées (2 400 sportives et 1 000 d'aventure), des accès faciles et un climat favorable en toutes saisons[17], les Calanques sont aujourd'hui l'un des plus célèbres sites d'escalade en France et en Europe.

Le naturisme[modifier | modifier le code]

Le naturisme, phénomène social contemporain en plein développement, est apparu en 1929 dans les Calanques de Marseille dans le contexte des conférences et publications d'un médecin marseillais, le docteur Joseph Poucel (1881-1971), hygiéniste réputé, et l'un des pionniers du naturisme français. Sans autorisation officielle comme sans interdiction, le naturisme est pratiqué aujourd'hui en de nombreux points des calanques, depuis l'entrée du massif jusqu'à Port-Pin, en passant par la Lèque, au pied de la calanque de l'œil de verre, et même à l'intérieur du massif par certains adeptes de la randonnue. Un des lieux les plus connus, la calanque des Pierres-tombées, située à côté de celle de Sugiton, a été en février 2006 le lieu d'un éboulement mortel et est en grande partie abandonnée ; l'arrêté municipal interdisant l'accès au site des Pierres Tombées semble avoir été rapporté ; en tous cas, il n'en est plus fait mention à Luminy à l'entrée du chemin qui y mène. Cela étant, tous les connaisseurs du massif soulignent depuis longtemps la dangerosité du secteur des Pierres Tombées, la dalle de la Lèque située un peu plus loin à l'est restant saine.

Gestion du massif[modifier | modifier le code]

L'essentiel des Calanques se trouvent sur le territoire communal de la ville de Marseille (8e et 9e arrondissements). Seule la calanque de Port-Miou est sur le territoire de la commune de Cassis.

Protection au titre des sites classés[modifier | modifier le code]

Le massif des Calanques et l'archipel de Riou forment un site classé depuis 1975 pour la terre, et depuis 1976 pour la bande maritime des 500 mètres. La surface de l’ensemble du site est d’environ 7 200 hectares, 5 585 terrestres et 2 207 marins[18].

Dans le courant de l'année 2007, l'ONF et la Fédération française de la montagne et de l'escalade (Comité départemental 13) ont mis en place un nouveau schéma d’accès aux voies d'escalade du site de la Candelle, dans le but de « concilier la pratique de l'escalade avec la protection des milieux naturels remarquables »[19].

Le GIP des Calanques[modifier | modifier le code]

85 % du massif appartenant à des propriétaires publics, un groupement d'intérêt public (GIP)[20] a été créé par l'État, la ville de Marseille, le département des Bouches-du-Rhône, la région PACA, les associations et les propriétaires privés, le 17 décembre 1999.

Son objet était double : concertation sur les mesures de protection, et préparation du projet de parc national des Calanques. Le GIP des Calanques, constitué pour huit ans, a été la première structure dans le domaine de l’environnement. Son action s'est terminée avec la création du parc en 2012.

Le parc national des Calanques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parc national des Calanques.

Depuis le 18 avril 2012, par décret du Premier ministre, l'ensemble du site intègre le nouveau parc national français.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean Joseph Blanc, « Les grottes du massif des Calanques (Marseilleveyre - Puget - Riou, France) : géologie, géomorphologie, sédimentologie », Physio-Géo, vol. 6, 2012, lire en ligne
  2. Sa proximité de Cassis a fait que de nombreux touristes ont appelé cette calanque, puis toutes les voisines, les « calanques de Cassis », alors qu'elles sont toutes, sauf la calanque de Port-Miou, sur le territoire de la commune de Marseille.
  3. a, b et c Augier 2013
  4. Voir « La Basse Provence calcaire »
  5. D'après carte géologique Collina-Girard, 1996
  6. J. Collina-Girard, université de Provence
  7. thèse de Thomas Cavalera (université Saint-Charles, Marseille), dirigée par le géographe Éric Gilli (université Paris-VIII)
  8. Source National Geographic éd. française no 95 août 2007
  9. a, b et c Collina-Girard Jacques, « La grotte Cosquer et les sites paléolithiques du littoral marseillais (entre Carry-le-Rouet et Cassis) », Méditerranée, Tome 82, 1995, p. 7-19. lire en ligne
  10. Bonifay Eugène, « Circonscription des antiquités préhistoriques sous-marines », dans Gallia préhistoire, t16, fasc2, 1973, p.530 lire en ligne
  11. « La grotte Cosquer (Cap Morgiou, Marseille, France) : évolution du karst et occupation préhistorique », compte-rendu Académie des sciences..., 1995 lire en ligne
  12. Riou Et Les Calanques Avant 1813
  13. Rendez vous aux calanques grecques, enquête du mensuel provençal le Ravi, mars 2013
  14. Carte d'accès aux massifs durant la période estivale
  15. a, b, c et d J.-P. Chabrol, « Une brève histoire de l'escalade dans les Bouches-du-Rh%C3%B4ne » lire en ligne
  16. a et b Bernard 2004, p. 22-23
  17. Bernard 2004, p. 4
  18. Décret de 1975 et 1976
  19. Communiqué de presse du 3 juin 2008, sur le site de l'ONF
  20. Un GIP associe des personnes publiques (État, collectivités locales…) et des personnes privées (associations, particuliers…) et peut intervenir dans le domaine de la protection et de la gestion de l’environnement depuis la loi relative au renforcement de la protection de l’environnement de 1995.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Approche générale[modifier | modifier le code]

  • Henry Augier, Les Calanques,‎ 2013 (ISBN 978-2-86985-308-9) : description exhaustive (géologie, naturel, histoire humaine...)

Histoire humaine[modifier | modifier le code]

  • Carole Romey, « Histoire des paysages et de l’occupation humaine du massif des Calanques depuis 300 000 ans », thèse de géosciences de l'environnement, 2013 lire en ligne

Activités contemporaines[modifier | modifier le code]

  • J.Collina-Girard, La Provence immergée, Plongées à Marseille et ses abords, éditions des Presses du Midi, Toulon, 2012
  • André Bernard & co, Escalade : Les Calanques, 2004 (ISBN 2-9516987-4-7)
  • [PDF] Histoire des Calanques, Bleu Évasion

Lien externe[modifier | modifier le code]