Bize-Minervois

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Bize-Minervois
Avenue de la Gare
Avenue de la Gare
Blason de Bize-Minervois
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Aude
Arrondissement Narbonne
Canton Ginestas
Intercommunalité Le Grand Narbonne
Maire
Mandat
Alain Fabre
2014-2020
Code postal 11120
Code commune 11041
Démographie
Population
municipale
1 086 hab. (2011)
Densité 52 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 19′ 07″ N 2° 52′ 16″ E / 43.3186, 2.8711 ()43° 19′ 07″ Nord 2° 52′ 16″ Est / 43.3186, 2.8711 ()  
Altitude Min. 34 m – Max. 323 m
Superficie 20,80 km2
Localisation

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Bize-Minervois

Bize-Minervois est une commune française située dans le département de l'Aude, en région Languedoc-Roussillon.

Située au débouché du Haut-Minervois par la vallée de la Cesse, Bize est au contact entre la plaine sédimentaire et fertile de Narbonne et les causses arides du Minervois, piémonts de la Montagne Noire. Cette situation de contact lui assura, depuis la Préhistoire, une position importante, tant au niveau défensif et militaire qu'au plan commercial.

Aujourd'hui, Bize n'est plus qu'un village méridional d'un peu plus de 1 000 habitants, dont un quart des maisons sont des résidences secondaires.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Bize commence sur la plaine narbonnaise pour s'enfoncer entre les premières collines du Minervois. Le village s'est bâti autour de la rivière, en fond de vallée. Les premières terrasses sont essentiellement couvertes de vignes et d'oliviers. Les hauteurs sont entièrement plantées en pinèdes.

Les Bizois sont ainsi confrontés à 2 catastrophes naturelles récurrentes, voire endémiques depuis 20 ans. Ce sont d'abord les terribles crues de la Cesse, petite rivière l'été qui peut se révéler terrible torrent, phénomène typiquement méditerranéen. Si de nombreuses crues sont repérables dans l'histoire du village, elles se sont multipliées ces 20 dernières années (quatre entre 1987 et 1999). D'autre part les grandes plantations de pinèdes et la disparition des troupeaux ovins qui assuraient le débroussaillement ont rendu les collines très sensibles aux incendies.

Il n'empêche que sa situation de contact entre un fond de vallée très fertile où la végétation abonde autour de la rivière et des hauteurs arides et rocailleuses, l'étagement de son terroir, fait du paysage de Bize son principal attrait dans une région attirante mais où la pression foncière est forte et les écosystèmes fragiles. L'enjeu du village est aujourd'hui de trouver un équilibre entre une population en forte hausse, le fleurissement des lotissements et des pavillons (mitage), et la fragilité et la richesse de ses paysages agricoles et naturels.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un des premiers spécimens de "préhistoire" - Muséum de Toulouse

Bize fut au XIXe siècle un haut-lieu de la Préhistoire naissante. C'est en effet dans les grottes de Las Fonts (ou du Moulin), en amont du village, que furent découverts en 1827 par Paul Tournal[1], les plus anciens restes humains connus à l'époque (période ante-diluvienne). Elles furent occupées successivement par les hommes de Néandertal puis de Cro-Magnon. La révolution néolithique et l'apparition de l'élevage et de l'agriculture poussa au déplacement des populations depuis les reliefs jusqu'à la plaine fertile. Bize est au cœur d'une région très connue de l'archéologie préhistorique pour sa richesse (notamment la commune limitrophe de Mailhac). Les nombreux ossements et objets trouvés sur le territoire de la commune sont déposés dans les collections paléontologiques du musée de Narbonne, du musée archéologique de Minerve, mais également au muséum de Toulouse.

Située au bord des routes qui conduisent toujours de Béziers à Carcassonne et de Narbonne à Saint-Pons (carrefour dit des « 4 chemins »), la commune de Bize porta de grandes installations gallo-romaines (villae).

Les mentions les plus anciennes de Bize datent du tournant de l'an mil (Villa Bizani, in loco quae vocant Cebollarios, en 901 et 1040, coll. Doat, BNF). L'archevêque de Narbonne était seigneur de Bize en toute justice[2].

On en sait peu sur le Moyen Âge bizois, qui dut être marqué par les grandes invasions pendant le Haut Moyen Âge (tour de Boussecos dont les ruines sont visibles en face des grottes, verrou défensif de l'arrière-pays) puis par la croisade des Albigeois (Bize, comme porte du Haut-Minervois, maîtrisait un des accès à la cité de Minerve où fut allumé le premier bûcher de la Croisade en 1210). Sa position stratégique en fit aussi la victime des Guerres de religions, très vives en Languedoc, la cité passant de mains en mains entre les catholiques et protestants.

Sa situation de contact entre les plateaux calcaires arides et la plaine limoneuse fait de Bize une zone de résurgence de nombreuses sources et de la rivière (asséchée en amont pendant une partie de l'année, alors qu'elle sort abondante toute l'année sur le territoire communal). Bize profita pendant tout l'Ancien Régime d'une telle ressource, rare en milieu méditerranéen. moulins à papier, à huile d'olive, à farine, à foulon pour les draps, fleurirent le long de la rivière. Au XVIIe siècle Colbert y établit une manufacture royale de draps destinés au commerce du Levant (Turquie actuelle). Mais la crise du textile languedocien à la fin du XVIIIe siècle eut raison de l'industrie bizoise qui va bientôt se consacrer, comme le reste de la région, à la monoculture industrielle de la vigne et du vin.

À la fin du XIXe siècle, le village est bouleversé. Les grandes propriétés viticoles implantent caves et bâtiments immenses, les châteaux et maisons de maître fleurissent (4 châteaux encore visibles à Bize). Le village déborde sa ceinture de remparts et double dans le faubourg jusqu'à la gare. La vigne, les grandes foires connues de toute la région, les mines de lignite promettent un grand avenir à la commune. Le XXe siècle est au contraire marqué par la crise de l'économie viticole de masse languedocienne. Limitrophe de la commune d'Argeliers (village de Marcelin Albert, d'où partirent les révoltes viticoles qui embrasèrent tout le Midi), Bize participe activement aux événements de 1907. C'est aussi l'âge du coopératisme : on édifie une grande coopérative viticole, puis, pendant l'Occupation, une coopérative de production d'huile d'olive. La deuxième partie du XXe siècle connaît la ruine des grandes propriétés viticoles, l'effondrement de la population, l'arrachage des vignes. Il faut attendre les années 1990 pour que, sous l'impulsion du tourisme régional, Bize revoit l'horizon de la prospérité.

Héraldique[modifier | modifier le code]

blason

La commune de Bize-Minervois porte :

D'argent, au lion léopardé de gueules accompagné de trois croissants du même[3].
Ce blason est celui du dernier archevêque de Narbonne, Arthur Richard Dillon.

Les communes d'Alaigne, de Gruissan, de Pieusse et de Routier, qui sont aussi d'anciens fiefs de l'archevêque de Narbonne, ont les mêmes armoiries.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1989 2001 Georges Rieux PS  
mars 2001 2014 Alain Fabre PS  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 086 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 025 903 1 037 1 106 1 065 1 135 1 166 978 1 170
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 148 1 210 1 280 1 226 1 419 1 634 1 492 1 483 1 496
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 551 1 491 1 459 1 455 1 318 1 324 1 253 1 231 1 032
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
1 004 1 001 921 783 807 872 1 022 1 042 1 072
2011 - - - - - - - -
1 086 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Après avoir subi de plein fouet la fin de la viticulture industrielle languedocienne (vins de masse), le village connaît un fort renouveau grâce au tourisme et l'attirance pour les régions méditerranéennes (résidences secondaires, hôtellerie-restauration, oléiculture avec la lucques, vins de qualité).

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Les grottes de Las Fonts ou du Moulin (Paléolithique) : classées Monument historique, elles ont été vidées de leur substance par plus de 150 ans de fouilles. Elles sont libres d'accès, sans aménagement, oubliées parmi les broussailles.
  • La tour de Boussecos (Haut Moyen Âge) : en face des grottes, de l'autre côté de la rivière, on aperçoit quelques murs en ruine sur un piton rocheux. Il s'agit d'une ancienne tour de guet qui verrouillait le passage de la vallée de la Cesse.
  • Les remparts, la porte SQaint-Michel, la tour d'Attila (Bas Moyen Âge - Renaissance).
  • La Manufacture (XVII-XVIIIe siècle) : elle a gardé tous ses bâtiments et l'intégrité de ses façades.
  • L'église Saint-Michel (XVIIIe siècle) : l'austérité extérieure tranche avec la magnificence intérieure (décors de marbres polychromes).
  • Les châteaux viticoles (XIXe siècle) : édifiés à la fin du XIXe siècle, ils sont caractéristiques des châteaux viticoles languedociens, par la frivolité éclectique de leur architecture. Le plus important a été édifié sur un ancien château seigneurial (Cabezac, château Marty). Dans le même esprit, avec tourelles aux toits d'ardoise, le château de Landure. Le château Lecamus a été édifié sur les plans d'une villa florentine. Le château de la Selette est plus impressionnant par la taille de ses caves et de ses écuries que par son architecture propre.
  • Les coopératives viticole et oléicole (XXe siècle) : leur monolithisme de béton armé ne leur vaut toujours pas de figurer sur les guides touristiques. Elles sont pourtant des hauts-lieux de la mémoire régionale. La coopérative viticole est abandonnée, investie par un artiste et donc ouverte au public. Le moulin à huile coopératif, l'Oulibo, connaît depuis dix ans une renaissance qui en fait la locomotive économique et touristique du village.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Henri Cabrol
  • Michel Decor, en occitan Miquèl Decòr. Écrivain occitan, né le 3 mars 1949 (Mi - Carême), rue de l’Eau, à Bize-Minervois d'un père cantonnier et d'une mère au foyer, il est l'aîné de trois frères.

Il baigne dans l’Òc depuis sa naissance et le souffle de l’oncle Jean, le parrain théâtreux (Emile Barthe, Ernest Vieu…). Il fit des études secondaires au lycée Henry-IV de Béziers, où l’éloignement environnemental le pousse à poétiser dans « la lenga mairala ». Yves Rouquette, alors jeune professeur remarque cet original et l’abreuve de la toute jeune génération littéraire d’Òc de « l’après-guerre d’Algérie ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Tournal sur le site Le Petit Narbonnais.
  2. Abbé Antoine Sabarthès, Dictionnaire topographique du département de l'Aude, Paris, Imprimerie nationale,‎ 1912, p. 35.
  3. Denis-François Gastelier de La Tour, Armorial des États de Languedoc, Paris, Jacques Vincent,‎ 1767, 248 p. (lire en ligne)
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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