Bison d'Amérique du Nord

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Le bison d'Amérique du Nord (Bison bison) est l'une des deux espèces de bison encore vivantes, l'autre étant le bison d'Europe. Il est caractéristique des grandes prairies du Midwest en Amérique du Nord. Le bison était un animal essentiel pour de nombreuses cultures amérindiennes. L'économie des Indiens des Grandes Plaines était largement fondée sur la chasse de cet animal, qui vivait en immenses troupeaux itinérants. Avant l'arrivée des Européens en Amérique, on comptait encore 50 à 70 millions de bisons d'Amérique du Nord, vivant et migrant sur les plaines herbeuses du Mexique au Canada. Ces troupeaux ont été décimés à la fin du XIXe siècle au point de menacer quasiment la survie de l'espèce.

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

Il existe deux sous-espèces de Bison bison en Amérique du Nord, le bison des plaines (Bison bison bison) et le bison des bois (Bison bison athabascae). Cette dernière sous-espèce, qui a toujours été moins abondante, habite le Canada (environ 3 000 têtes dans les années 1990) et est majoritairement composée d'animaux vivant en liberté. La sous-espèce des plaines n'est pas protégée par la CITES, tandis que la sous-espèce des forêts est classée en annexe II. Certains scientifiques (Reynolds, 1982 [réf. souhaitée]) estiment qu'il n'y a pas lieu de différencier deux sous-espèces, tant elles se ressemblent.

Principales caractéristiques physiques et éthologiques[modifier | modifier le code]

Le bison possède un manteau d'hiver aux longs poils brun foncé et un pelage d'été plus léger, d’un brun plus clair. La taille du bison peut atteindre 2 mètres de hauteur au garrot, 3,60 mètres en longueur ; il pèse en moyenne entre 450 kg et 900 kg. Les plus grands spécimens peuvent dépasser 1 000 kg. La tête et le train avant sont énormes, et les femelles comme les mâles sont dotés de deux cornes courtes et incurvées, qu'ils utilisent dans leur lutte pour obtenir un meilleur rang à l'intérieur du troupeau et pour la défense. Le bison s’accouple en août et septembre et un seul veau de couleur rouge-brun naît au printemps suivant. Sa mère l'allaitera pendant un an. Les bisons sont adultes à l'âge de trois ans et ont une espérance de vie de 18 à 22 ans, ou de 35 à 40 ans en captivité.

Le bison blanc est un phénomène rare lié à un gène récessif, se manifestant chez un animal né avec une fourrure brun-rougeâtre qui devient blanche à l’âge adulte. L'animal n'est pas un véritable albinos, car la couleur de l'œil est normale, comme c’est le cas pour l’ours.

Morphologie[modifier | modifier le code]

  • longueur du corps : 2 à 3,5 m
  • longueur des cornes : latérales, 40 cm
  • hauteur au garrot : 1,5 à 2 m
  • poids adulte : 500-600 kg pour les femelles, 800-1 100 kg pour les mâles.

Physiologie[modifier | modifier le code]

Bison femelle et petit.
  • maturité sexuelle : 2 ans 1/2
  • gestation : 9 mois
  • nombre de jeunes par portée : un, très rarement deux (la mère délaisse alors le plus faible, généralement condamné)
  • nombre de portées par an : une, période de rut en juillet-août, mises-bas en avril-mai
  • longévité
    • libre  : 18 à 22 ans
    • captif : 25 à 30 ans voire plus de 30 ans.

Comportements reproductifs[modifier | modifier le code]

Un jeune bison à la fin du mois de mai au Parc d'État Custer, au Dakota du Sud.

Les bisons d'Amérique sont polygames : les mâles dominants règnent sur un harem de femelles avec lesquelles ils s'accouplent. Les mâles solitaires courtisent les femelles jusqu’à ce qu’elles leur permettent de s'accoupler, les suivant et les surveillant pour chasser les mâles concurrents.

Lors des parades nuptiales, les mâles se livrent des combats avant lesquels ils se roulent dans leur urine pour s’imprégner de leur odeur hormonale et grattent la terre pour intimider leurs rivaux. Ces combats de quelques secondes pour la plupart peuvent conduire à une mise à mort portée par un coup de corne fatal[1].

Des comportements homosexuels allant jusqu’au simulacre d’accouplement sont fréquents chez les bisons. La cérémonie de l’Okipa chez les Indiens Mandans se termine par un rituel mettant en scène ce comportement, pour « assurer le retour du bison au cours de la saison à venir. » Des pratiques sexuelles peuvent également se rencontrer chez les bisons. Les Lakotas se réfèrent à eux comme étant des pte winktepte signifiant « bison » et winkte signifiant « deux-esprits » - et établissent donc un parallèle explicite entre individus transgenre chez les animaux et les hommes[2]

Régime alimentaire[modifier | modifier le code]

Le bison est un herbivore qui consomme diverses herbacées, dont le panic érigé, l'Indiangrass (Sorghastrum nutans), l'East Gamagrass (Tripsacum dactyloides), la grande et petite Bluestem (respectivement Andropogon gerardii et Schizachyrium scoparium) et d'autres graminées de prairie ou de jeunes plants de végétaux ligneux.

Prédateurs[modifier | modifier le code]

Outre l'homme, les prédateurs du bison d'Amérique sont le puma et le loup.

Le bison et l'Homme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chasse au bison.

Le retour du bison[modifier | modifier le code]

Bison photographié par Eadweard Muybridge (1887).

Il n’existait plus que 750 bisons en 1890. Le Bronx Zoo a conservé un troupeau en captivité, dont une partie a été transportée au début du XXe siècle au Parc national de Yellowstone afin de compenser la faiblesse des troupeaux autochtones (que le braconnage avait réduit à quelques dizaines d'animaux), en complément d’animaux transplantés d'autres réserves d’animaux sauvages. Certains de ces derniers provenaient du ranch de Charles Goodnight au Texas.

Un certain nombre de troupeaux de propriétaires privés ont également été reconstitués, à partir de cette population. La population de bisons américains a connu une croissance rapide et est estimée actuellement à 350 000 individus, mais ce chiffre est à comparer à une population estimée à 60-100 millions au cours du deuxième quart du XIXe siècle. Les troupeaux actuels, néanmoins, sont presque tous partiellement issus de croisement avec d'autres bovins[3]. Aujourd'hui, il existe seulement quatre troupeaux génétiquement distincts, et un seul qui soit également indemne de brucellose : il se trouve au Parc national de Wind Cave. Une population issue du troupeau de Wind Cave a été récemment établie au Montana par le WWF.

Au Canada, la population de bison des bois, espèce protégée, est actuellement estimée à 11 433 individus, dont plus de la moitié dans des troupeaux sauvages touchés soit par la tuberculose soit par la brucellose[4]. Le plus grand troupeau vit dans les Territoires du Nord-Ouest, au sanctuaire du bison de Mackenzie[5].

Toujours au Canada, l'élevage qui ne concerne que le bison des plaines porte environ sur 250 000 animaux possédés par 2 000 éleveurs[6]

Le bison d'Amérique de nos jours[modifier | modifier le code]

La chasse est autorisée actuellement à petite échelle dans certaines zones. Au Montana, les éleveurs de bétail sont préoccupés par la propagation chez leurs bovins de la brucellose transmise par des bisons infectés qui errent en dehors des limites du Parc national de Yellowstone. En 2005, une chasse publique au bison limitée à 50 licences a été établie, puis suspendue, et rétablie par l'État.

Viande de bison en vente aux USA.

Les bisons sont maintenant élevés pour la viande et la peau. Plus de la moitié des 800 000 bisons restants sont élevés pour la consommation humaine. La viande de bison a une teneur plus faible en graisse et en cholestérol que la viande bovine ce qui a conduit au développement du Beefalo, un hybride fertile du bison et du bœuf domestique. En 2005, environ 35 000 bisons ont été abattus pour leur viande aux États-Unis, avec le National Bison Association[7] et le Ministère de l'Agriculture des États-Unis (United States Department of Agriculture ou USDA), qui développe un programme de « Certified American Buffalo » avec une traçabilité de la naissance au consommateur par un suivi du bison par puces RFID auriculaires. Le plus important éleveur de bison est Ted Turner qui, avec ses 14 ranchs, posséderait environ 50 000 têtes[8].

Au Canada, on estimait que les abattages concernaient 23 000 animaux en 2009, pour un élevage portant sur environ 180 000 animaux[6],[note 1]. L'hybridation n'a pas été courante au Canada comme aux États-Unis.

Des études génétiques récentes sur les troupeaux de bisons de propriétaires privés montrent que beaucoup d'entre eux sont des animaux possédant des gènes de bœuf, il existerait seulement 12 000 à 15 000 bisons de race pure dans le monde. Les chiffres sont incertains parce que les tests utilisés jusqu'à présent sont fondés sur l’analyse de l’ADN mitochondrial et, par conséquent, ne décèlent pas les gènes hérités des bovins provenant de la lignée mâle. La plupart des hybrides sont d’apparence exactement identique à celle des bisons de race pure.

Le bison comme symbole[modifier | modifier le code]

Un buffalo nickel, ou Indian Head nickel, de 1935. Il fut produit de 1913 à 1938.

Le bison américain a été représenté sur la face arrière des buffalo nickel, une pièce de monnaie des États-Unis de 5 cents en circulation de 1913 à 1938. En 2005, la United States Mint a édité une nouvelle pièce de 5 cents en alliage de nickel avec une représentation du bison dans le cadre de sa série Westward Journey, ainsi que le quarter (25 cents) de l'État du Kansas dans le cadre de sa série 50 State Quarters. Le Kansas State Quarter ne représente que le bison et ne possède aucune inscription chiffrée.

Le bison est un symbole du Manitoba, de la Police montée du Canada, de la Bucknell University, de l’université du Colorado, Lipscomb University, Marshall University, le Parti de l'indépendance du Minnesota et Université d'État du Dakota du Nord. Il est aussi couramment utilisé comme un symbole de la ville de Buffalo, dans l’État de New York, bien que le nom de cette ville ne vienne pas de l'animal. Le bison est également l’animal symbolique de l'État du Wyoming.

Custer State Park dans le Dakota du Sud héberge 1 500 bisons, l'un des plus grands troupeaux publics du monde.

Un projet connu sous le nom de Buffalo Commons a été élaboré par une poignée d'universitaires et de décideurs politiques pour restaurer une grande partie de la portion sèche des Grandes Plaines pour reconstituer les prairies originelles où paissaient des bisons. Les promoteurs du projet soutiennent que l'utilisation agricole des prairies à herbe courte n’est pas écologiquement durable, en rappelant les catastrophes survenant périodiquement telles que le Dust Bowl et la diminution significative de la population au cours des 60 dernières années. Toutefois, ce plan est rejeté pratiquement par tous ceux qui vivent dans cette région et n'a jamais avancé au-delà des études préliminaires.

Dangers[modifier | modifier le code]

Les bisons font partie des animaux dont la rencontre est la plus dangereuse pour les visiteurs des différents parcs nationaux américains, notamment le Parc national de Yellowstone. Même s'ils ne sont pas carnivores, ils peuvent attaquer les humains, en cas de provocation ou de sentiment de danger. Apparemment lents, compte tenu de leurs mouvements plutôt léthargiques, ils sont effectivement tout à fait capables de surclasser les humains en vitesse — on les a vus courir à des vitesses allant jusqu’à 50 km/h en moyenne avec des pointes à 73 km/h[9]. Leur comportement grégaire les fait rapidement passer de la marche à la course. Ils doivent généralement être considérés comme aussi dangereux que les ours. Des gens ont été piétinés et blessés par les bisons dans les parcs nationaux. De façon inattendue compte tenu de leur taille et de leur morphologie, les bisons ont également la capacité de sauter haut.

Voir des bisons d'Amérique en Europe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après la présentation de Terry Kremeniuk, Directeur exécutif de l'Association Canadienne du Bison, donnée le 30 septembre 2010

Références[modifier | modifier le code]

  1. [vidéo] Documentaire, « Grandeurs nature : La saison des amours », d’après Natural World : The Mating Game de BBC Two, de Mark Fletcher, coll. « Natural World » (no 3), 2014, de 17:32 à 19:55
  2. Bruce Bagemihl,Whole Earth, 2000. Voir aussi homosexualité chez les animaux.
  3. Voir Beefalo.
  4. Page Bison sur le site des espèces protégées au Canada
  5. (en) Mackenzie Bison Sanctuary
  6. a et b (en) Canadian Bison Association
  7. (en) Site de la National Bison Association
  8. (en) Page du site de Ted Turner sur ses élevages de bison
  9. [1]
  10. Jura-Bison
  11. Elevage du Palais
  12. Randals Bison
  13. Ranch des bisons
  14. Domaine Rêve de Bisons
  15. Ferme de la Marquise
  16. Ferme des bisons

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fagan, Brian. Ancient North America. 2005. Thames and Hudson
  • Koller, Larry. Fireside Book of Guns. 1959 Simon and Schuster

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]