Bonsaï

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bonzai (homonymie).
Bonsaï d'érable palmé dans les jardins de Kew à Londres

Un bonsaï, ou bonzaï[1], du japonais 盆栽, bonsai, dérivé du chinois 盆栽, p'en-tsai[2] ou pénzāi, « planter, prendre soin de plantes dans un pot »), variation du penjing (chinois : 盆景, pinyin : pénjǐng, « paysage en pot ») est, dans la tradition chinoise, un arbre ou une plante avec un ou des rochers, et, selon la tradition japonaise, un arbre ou une plante dans un pot. Ce mot signifie littéralement une plante (généralement un arbre ou un arbuste) cultivée sur un plateau ou dans un pot (盆 bon signifiant coupe ou plateau et 栽 sai, plante) ; dans la version chinoise, 景 jǐng signifie paysage. Cet arbre est miniaturisé par des techniques de taille particulières, et en ligaturant ses branches. On le rempote régulièrement afin de tailler ses racines internes ainsi que celles qui joignent la surface du pot (le nebari), afin d'en faire une œuvre d'art esthétique ressemblant à l'arbre dans la nature. Le mot bonsai est prononcé [bõ̞säi] en japonais (transcription phonémique : /boɴsai/).

Histoire[modifier | modifier le code]

La culture des plantes dans des pots a débuté en Égypte il y a environ quatre mille ans, essentiellement pour des raisons pratiques, d'utilité et de mobilité. Les Grecs, Babyloniens, Perses et Indiens en copièrent la technique. Les Chinois furent les premiers à cultiver des arbres dans des pots dans un but esthétique, à l'ère de la dynastie des Han (-206 à 220). À cette époque on ne parlait pas encore de bonsaï, mais de penjing (pénjǐng 盆景) (représentation d'un paysage dans une coupe). Peu après, sous la dynastie Qin (220 - 581) apparurent les 盆栽 pénzāi (arbre unique dans une coupe). Aujourd'hui, en Chine, la tradition des pengjing se perpétue, avec plus d'ardeur que celle des bonsaïs.

Pour preuve de l'existence de cet art à cette époque, en 1971, des archéologues ont découvert dans la tombe du prince Zhang Huai, décédé en 705 sous la dynastie Tang (618 à 907), une fresque peinte sur les parois de sa tombe. Elle représente deux valets portant, l'un un paysage en miniature, et l'autre un vase en forme de lotus, contenant un arbre avec des feuilles vertes et des fruits rouges.

La codification des bonsaïs la plus connue en Occident est celle du Japon. Un événement marqua la fin du siècle du XIe siècle, celui de l'entrée du bouddhisme zen au Japon. Des influences nouvelles venues de Chine apparurent au Japon imprégnant principalement les hautes classes de la société. Durant la période de Kamakura (1192 à 1333), les bonsaïs étaient assimilés à des objets d'art. Ils symbolisent l'éternité et l'harmonie entre l'homme et la nature[2]. Ils étaient signe de grandeur pour les seigneurs de l'époque. Objets de luxe, ils évoquaient bien un nouvel état d'être dont le raffinement était poussé à l'extrême.

Au XIIe siècle, le zen joua un rôle important dans l'art des jardins nippons. Ce fait est confirmé par le célèbre rouleau du moine bouddhiste Honen Shonin, de la période Kamakura, et la représentation de petits arbres alignés dans des coupes. Il faut savoir que les œuvres de ce moine retracent surtout la vie à la période Heian (794 à 1191). On peut donc raisonnablement en conclure que cet art apparut au Japon au plus tard en l'an 800.

Au XVIe siècle, la bourgeoisie devenue abondant et la noblesse moins importante, cette première étudia à son tour le raffinement de cet art de vivre. Les bonsaïs à cette époque étaient assez grands si on en juge par les gravures et peintures les représentant. Ils pouvaient s'élever à 1,40 m. Les bonsaïs se dressaient souvent en forme de pyramide, très arqués.

Sous la dynastie Yuan, des ministres et des marchands japonais ramenèrent des arbres dans leur pays. Cependant cet art ne fut réellement intégré à la culture japonaise que lorsqu'un fonctionnaire chinois, Chu Shun-sui, fuyant la domination mandchoue en 1644, emporta sa collection avec lui. Il initia ainsi quelques Japonais à la culture des futurs arbres en pot appelés bonsaïs.

Le XVIIe siècle fut l'époque des grandes créations. Citons au passage la villa impériale de Kataura (une ville située à 30 km au nord de Tokyo). L'art du bonsaï (ou Pun-saï) gagna une popularité encore plus étendue, qui se confirma au XVIIIe siècle. Cependant, les principaux styles étaient déjà connus des éleveurs de l'époque. Le choix des arbres se portait sur un grand nombre de conifères et d'arbrisseaux couramment utilisés par ailleurs. Les bonsaïs étaient installés dans des grands vases en céramique, finement travaillés, aux couleurs vives et brillantes, ce qui donnait une véritable allure à ces arbustes de l'époque.

Au XIXe siècle, après la chute du gouvernement féodal en 1868, le pays ouvrit les portes d'une ère nouvelle. Le Japon tout entier, n'étant plus limité à lui-même, se tourna vers l'Occident. De ce fait, les échanges commerciaux se firent plus nombreux. Ainsi, les voyageurs et les grands collectionneurs transportèrent du Japon une moisson de plantes et d'arbustes peu connus. Le grand siècle de l'exotisme fit connaître les bonsaïs en Europe. Ces arbustes souvent centenaires et plus, se transmettaient en héritage comme un bien précieux et symbolisaient pour les Européens le raffinement nippon.

Pendant longtemps les bonsaïs furent réservés aux classes dominantes, féodales et religieuses, appréciant surtout les bonsaïs colorés. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas et bon nombre de Japonais s'adonnent à la culture des bonsaïs, renouant ainsi avec les traditions ancestrales. De nos jours, les majestueux bonsaïs centenaires ne sont plus exportés et restent gardés au Japon. Ils font partie du patrimoine national, légués de père en fils. Les bonsaïs font l'objet d'un commerce très florissant au Japon. Mais aujourd'hui les Japonais ne sont plus les seuls à les cultiver.

La première exposition nationale de bonsaïs à Tōkyō date de 1914. La culture des bonsaïs n'a été reconnue comme art au Japon qu'en 1934. Depuis lors, une exposition annuelle se déroule au musée d'Art de la capitale.

En Europe, les bonsaïs ont été introduits pour la première fois, lors de la troisième exposition universelle de Paris, en 1878, puis dans une exposition privée en 1909 à Londres. La première allusion aux bonsaïs a été faite par Paul Sédille dans la Gazette des Beaux-Arts de septembre 1878. En 1902, Albert Maumené publiait le premier essai sur les bonsaïs[3]. En 1904, une approche un peu plus sérieuse a été faite par Henri Coupin. On peut constater sur des documents d'archives que les bonsaïs avaient des formes absolument différentes des bonsaïs modernes. Leur codification actuelle date d'après la dernière guerre mondiale, et a été principalement répandue par John Naka.

En Europe, si la culture d'arbres en pot existait déjà au Moyen Âge (cf. les orangeraies), on n'avait encore jamais tenté de recréer la nature à une si petite échelle. Il n'y a d'ailleurs que de lointains rapports entre les deux types de culture. On ne peut pas non plus voir les bonsaïs comme un art topiaire, bien que les bonsaïs, vietnamiens principalement, guidés dans leur croissance par des fils métalliques, aient à une époque représenté des formes animalières.

Aux États-Unis, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, des bonsaïs furent importés massivement du Japon. À partir de 1965, les bonsaïs furent importés en grande quantité en Europe par Gerritt Lodder, aux Pays-Bas, puis par P. Lesniewicz, en Allemagne. Il fallut quelques années, et la participation de Rémy Samson pour voir les bonsaïs faire leur apparition en France, où il connurent un succès marqué, au milieu des années 1980.

Classification[modifier | modifier le code]

Les dimensions[modifier | modifier le code]

Les bonsaïs sont habituellement groupés en trois catégories, selon leur dimensions ; de nombreux noms japonais distinguent avec précision les différents paliers, mais on les classe souvent d'après « le nombre de mains » qu’il faut pour les transporter, ainsi :

  • Mame ou Shôhin : bonsaï à une main (jusqu'à 13 cm pour les Mame, et jusqu'à 23 cm pour les Shôhin), souvent très fascinant pour l’amateur ; on parle souvent de « mini-bonsaï ». Cette taille restreint de manière importante le nombre des variétés qui sont susceptibles d’être travaillées en mame : de trop grandes feuilles qui seraient difficilement réductibles donneraient à l’arbre une disproportion inesthétique (quelques variétés répandues : Buxus, Lonicera nitida, Acer palmatum, Pinus pentaphylla, Ulmus parvifolia, Juniperus chinensis, et Serissa, Carmona, Portulacaria).

La culture est plus délicate que pour un arbre plus grand : le pot à bonsaï étant de petite taille, la terre va s’assécher très rapidement et demander des soins constants, en été par exemple, où plusieurs arrosages quotidiens sont nécessaires.

  • Kotate-mochi ou Komono : bonsaï à deux mains, de 15 à 60 cm, jusqu’à 130 cm, puis Chūmono jusqu’à 60 cm, est sans doute le plus répandu parmi les amateurs ; sa taille permet de travailler sa structure et sa ramification avec beaucoup plus de finesse, et ainsi donne plus de liberté créatrice au bonsaïka (pratiquant de l'art du bonsaï). À peu près toutes les variétés conviennent à cette catégorie.
  • Ômono: bonsaï à quatre mains (il faut en effet deux personnes pour porter ces grands bonsaïs), de 60 cm à 1,20 m voire plus, était autrefois au Japon un signe de la prospérité du propriétaire ; aujourd’hui, il reste un bonsaï imposant, et souvent vénérable par son âge.

Les styles[modifier | modifier le code]

Les bonsaïs que l’on voit dans la grande distribution, possèdent, du fait de leur mode de production, un défaut majeur : outre les grosses plaies souvent inaltérables, ils se ressemblent tous, et il serait difficile de penser art à propos de végétaux cultivés de manière non pas individuelle mais en masse. Il existe une classification des bonsaïs en fonction de la forme qui leur est donnée.

Bien souvent un bonsaï fait partie de plusieurs styles distincts, il n’existe aucune loi rigide dans la création d’un bonsaï du point de vue esthétique.

La création des styles renvoie constamment aux formes des arbres dans la nature ; les professionnels conseillent d’ailleurs de ne pas s’inspirer de la forme d’autres bonsaïs, mais directement des arbres dans la nature.

Le bonsaï ne cherche pas le mimétisme avec la nature, mais l’évocation en miniature de la puissance de l’arbre : il doit posséder l'essence d’un grand arbre.

Les styles ne sont pas classés par ordre d'importance, cela étant sujet à controverse ; néanmoins, les premiers styles sont les plus courants.

Chokkan[modifier | modifier le code]

Bonsai streng aufrechte Form.svg

Tronc droit formel. Très apprécié des puristes, la ligne que dessine le tronc est difficile à obtenir, il doit en effet être conique tout en restant parfaitement droit.

Tachiki[modifier | modifier le code]

Bonsai locker aufrechte Form.svg
Psidium littorale var. longipes style Tachiki — BBG

(ou Moyogi) Tronc droit informel. Le tronc révèle quelques courbes, il est parfois le résultat d’un Chokkan raté ; néanmoins, l’arbre peut être très esthétique.

Shakan[modifier | modifier le code]

Bonsai geneigte Form.svg

Tronc incliné, comme penché par le vent.

Kengai[modifier | modifier le code]

Bonsai Kaskaden-Form.svg

Tronc en cascade, il retombe en dessous du pot. De nombreux arbres poussant à flanc de montagnes donnent l’impression de « tomber dans le vide ».

Han-Kengai[modifier | modifier le code]

Bonsai Halbkaskaden-Form.svg

Tronc en semi-cascade ; en général, le sommet de l’arbre le plus bas ne dépasse pas le bord du pot. On voit dans certains cas un autre sommet qui monte mais reste cependant assez bas.

Bankan[modifier | modifier le code]

Bonsai Bankan-Form.svg

Tronc tortueux s’enroulant sur lui-même en torsade. C’est l’image que les gens se font des bonsaïs, en France du moins : « un arbre qui souffre », il est vrai qu’il s’inspire des arbres qui ont eu des difficultés dans leur croissance.

Bunjingi[modifier | modifier le code]

Bonsai Literaten-Form.svg

dit style du lettré, du fait que ses créateurs étaient des personnages de l'aristocratie : ce style se distingue fortement des autres : le tronc mince reste dénudé sur une grande partie avant de montrer quelques masses de feuillages uniquement dans la partie aérienne. L’ensemble donne une impression de légèreté et une grande élégance. En France, on peut le comparer au pin sylvestre ou au pin laricio de Corse.

Hôkidachi[modifier | modifier le code]

Bonsai Besen-Form.svg

En forme de balai, le tronc droit distribue tout le feuillage à partir du même point (situé au tiers ou à la moitié de l’arbre). Le feuillage se répand de part et d’autre dessinant un rond ou un ovale. Le Zelkova carpinifolia (ou Zelkova serrata) est l'arbre représentatif de ce style dans la nature, ainsi on le traite souvent en bonsaï, sa ramification fine met en valeur ce style en hiver.

C'est un style que l'on peut aisément associer aux arbres solitaires présents dans les prés, qui profitent de l'espace pour s'élargir.

Fukinagashi[modifier | modifier le code]

Bonsai windgepeitschte Form.svg

Battu par le vent, à la différence du Shakan, les branches et le tronc expriment un même mouvement. C'est le seul style pour lequel on admet que les branches croisent le tronc.

C'est un style que l'on peut associer aux arbres du bord de mer ou de hautes montagnes, battus par des vents forts qui arrachent les branches et même l'écorce des zones les plus touchées.

Neagari[modifier | modifier le code]

Bonsai Wurzelstamm-Form.svg

Les racines sont exposées au-dessus du niveau de terre.

Acer de style Sekijojû

Sekijojû[modifier | modifier le code]

Bonsai über-Felsen-Form.svg

Les racines enserrent la roche avant de plonger dans la terre. Situation observable à l'état naturel en montagne où l'arbre a poussé sur une pierre et ensuite l'érosion a progressivement mis ses racines à nu.

Ishitsuki[modifier | modifier le code]

Bonsai-auf-Felsen-Form.svg

L'arbre (ou les arbres) est planté dans la roche (celle-ci contient de la terre). Ce style représente les îlots rocheux qui bordent les côtes du japon.

Sabamiki[modifier | modifier le code]

Tronc fendu et déchiré.

Sharimiki[modifier | modifier le code]

Tronc écorcé à la façon des arbres soumis à des catastrophes naturelles.

Nejikan[modifier | modifier le code]

Le tronc partiellement tortueux, parfois enroulé sur lui-même comme le fait le grenadier dans certains cas.

Takozukuri[modifier | modifier le code]

Le tronc et les branches sont sinueux. Peut s'apparenter au style dit "du Burton".

Bonkei ou Saikei[modifier | modifier le code]

Paysages miniatures.

Troncs multiples[modifier | modifier le code]

Nom donné en fonction du nombre de troncs : 1 : Tankan, 2 : Sokan, 3 : Sankan, 5 : Gokan, 7 : Nanakan, 9 : Kyukan, + de 9 : Tsukami-Yose. Les spécificités sont :

  • Kabudachi : Troncs groupés sur une racine.
  • Kôrabuki : Troncs groupés sur une souche en forme de carapace de tortue.
  • Nestsunagari : Plusieurs troncs sortent d’une racine sinueuse. Les ormes créent souvent cet aspect dans la nature.
  • Ikadabuki :
Bonsai Floss-Form.svg

Tronc en radeau, l’arbre, couché par terre crée de nouveaux troncs avec ses branches. Représente un arbre tombé qui repart sur ses branches pour en faire ses nouveaux troncs, situation facilement observable dans les forets de feuillus.

  • Plantations de groupes :
Bonsai Wald-Form.svg

Nom donné en fonction du nombre d’arbres : 2 : Soju, 3 : Sambon Yose, 5 : Gohon Yose, 7 : Nanahon Yose, 9 : Kyuhon Yose, + de 9 : Yose-ue. C'est le style le plus difficile à réaliser car il faut créer un ensemble et non un individu.

Âge des bonsaï[modifier | modifier le code]

Les bonsaïs peuvent atteindre un âge très respectable. Le plus vieux bonsaï connu serait un Pinus parviflora, datant de l'an 1500, et toujours visible au Takagi Bonsai Museum de Tōkyō.

Au fil des années, les techniques ont évolué, ce qui permet à l'amateur de changer la hauteur et la direction de la croissance de l'arbre, et dans certains cas de nanifier le feuillage de la même façon que l'arbre. Aujourd'hui, la culture des bonsaïs est un art : de la sculpture vivante. Il y a certaines formes classiques et traditionnelles que l'on peut trouver et suivre, mais la règle de base pour les bonsaïs personnels est « si tu aimes ce à quoi il ressemble, c'est un beau bonsaï ». Il convient tout de même de ne pas confondre un arbre planté dans un pot et un bonsaï. Même s'il ne rentre dans aucune forme classique, ce qui est rare, il devrait quand même respecter les règles de base de l'art.

Bonsaï business[modifier | modifier le code]

Exposition de bonsaïs en Chine.

Il existe deux filières de production distinctes pour les bonsaïs :

  • la production de masse en provenance d'Asie, qui alimente les supermarchés européens en petits arbres peu onéreux. Les Anglo-Saxons les surnomment péjorativement « Mall-Saï », c’est-à-dire bonsaïs de supermarché ;
  • la production provenant de quelques pépinières de luxe ou d'artisanat local, où les arbres sont nettement plus chers mais beaucoup plus beaux également. Les amateurs fortunés peuvent débourser jusqu'à plusieurs dizaines de milliers d'euros pour un beau sujet.

Exposition[modifier | modifier le code]

Chaque année a lieu à Tokyo la Kokufu Bonsai Ten, où sont exposés les plus beaux bonsaïs du monde. Lors de ce genre d'exposition, les bonsaïs sont souvent présentés, associés à un kusamono. Dans de nombreux pays, les fédérations nationales organisent un congrès annuel où les amateurs et les professionnels peuvent venir présenter leurs œuvres.

Espèces utilisées[modifier | modifier le code]

On pense souvent que les bonsaïs sont obtenus à partir d'arbres spécifiques à cet art. Il est vrai que certains arbres sont plus couramment utilisés, notamment les essences d'arbres à petites feuilles à l'état naturel et qui seront donc plus simple à nanifier que les autres, mais un bonsaï peut être créé à partir de n'importe quelle essence d'arbre ou de buisson. Les essences les plus classiques sont les pins noirs japonais (Pinus thunbergii), les pins à cinq aiguilles (Pinus pentaphylla ou Pinus parviflora au Japon), les genévriers (Juniperus chinensis var. Sargentii), les ormes de Chine et les érables japonais.

En général, on utilise des variétés à petites feuilles, fleurs et fruits. Il est à noter que si certaines techniques permettent de réduire la taille des feuilles (défoliation et autres), celle des fleurs et des fruits n'est jamais modifiable[réf. nécessaire].

Espèces rustiques les plus courantes[modifier | modifier le code]

Forêt d'érables japonais (Acer palmatum).
Forêt de Ginkgo biloba.
Bonsaï de pin blanc du Japon (Pinus parviflora).
Bonsaï de Pinus.

Bonsaïs d'orangerie[modifier | modifier le code]

Ces bonsaïs requièrent une protection hors gel en hiver.

Bonsaïs de serre chaude[modifier | modifier le code]

Bonsaï de Crassula ovata

Ces arbres requièrent un local où la température ne descend pas en dessous de 10 °C en hiver.

Pour débuter[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Culture des bonsaï.
  • S'assurer de trouver quelqu'un pour s'occuper du bonsaï en cas d'absence.
  • Pour un premier bonsaï, ne pas s'aventurer vers un bonsaï âgé et cher. Le changement d'environnement et le manque d'expérience le feront probablement mourir.
  • Se souvenir qu'un bonsaï d'extérieur ne peut pas supporter plus d'un à deux jours à l'intérieur. Par contre, il peut prospérer en ville sur un balcon.
  • Bien choisir la taille du pot. Plus il est petit, plus la taille du bonsaï sera réduite ; mais plus il sera fragile, car notamment sensible aux retards d'arrosage éventuels.
  • Utiliser des pots à réserve d'eau est une aberration esthétique et à proscrire pour éviter le pourrissement des racines.
  • Être très prudent avec les engrais. Une légère surdose peut être fatale.

Bonsaïs d'extérieur[modifier | modifier le code]

  • Commencer par des espèces poussant naturellement dans la région (chêne, figuier, olivier, pin, etc.).
  • La meilleure solution (gratuite) est de prélever de jeunes sujets dans la nature. Mais dans le respect des interdictions éventuelles de ramassage, notamment dans les parcs régionaux.
  • Chercher sous les arbres qui dispersent beaucoup de graines (chênes, frênes, érables…) ou au bord des sentiers débroussaillés annuellement.
  • Prélever quelques sujets de petites tailles (10 à 15 cm), car il sera plus facile de prélever l'ensemble des racines et si possible de conserver la motte racinaire.
  • Emporter un peu de terre supplémentaire pour en remplir le pot.
  • Répliquer les sujets dans un pot, vous pouvez les garder groupés.
  • La meilleure période est la demi-saison : surtout automne ou printemps. Ne pas tenter lors des périodes chaudes en été.

Bonsaïs d'intérieur[modifier | modifier le code]

Pour débuter, il est également important de démarrer des bonsaï avec des semis ou des boutures car il sera ainsi possible de former son bonsaï dès le début de sa croissance. Maître Andô disait que tout se joue les trois premières années en bonsaï.

Photographies[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. bonzaï introduit dans la 9e édition du Dictionnaire de l'Académie française
  2. a et b Mots nature, Tinka Kemptner.
  3. Formation des arbres nains japonais

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédérique Dumas, La Taille japonaise en pratique, Le Souffle d'Or.
  • Benoît Grandjean, La connaissance du bonsaï en 3 tomes, Édisud.
  • Isabelle Santoni, Les Bonsaï, Coll. Les pratiques du jardinage, Paris, Larousse, 1990, 128p.
  • Isabelle et Rémi Samson, Comment créer et entretenir vos bonsaï, Larousse, (ISBN 978-2-03-560428-6), 192p.
  • Paul Lesniewicz - Bonsai d'intérieur, titre original Bonsai für die Wohnung, éditeur BCH : Bonsaï Centrum Heidelberg ; (ISBN 3-9800345-8-5)
  • Le monde des Bonsaï, grand volume de 134 reproductions photographiques en couleur, aux éditions Erscher.
  • Ulrich Dietiker, Bonsaï, arbres nains japonais, Editions Payot Lausanne, 96 p. (ISBN 2-601-02097-0)
    Petit atlas Payot Lausanne n°97 – 98. Dessins au trait : Ulrich Dietiker, Rédaction : Christian Bachmann, Traduit de l’allemand par Fernand Gay

Liens externes[modifier | modifier le code]