Bauge

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Cob wall mud construction.jpg
Bauge au Costa Rica

La bauge est un système de construction monolithique en terre crue empilée. La terre est dans un état plastique, généralement mélangée à des fibres (végétales ou animales). Les surfaces verticales sont dressées par découpe après un court temps de séchage, alors que le matériau n'est pas trop dur.

La bauge est une technique de construction ancienne, répandue dans toute l'Europe (en France : Bretagne par exemple) ainsi qu'en Afrique, Asie et Amérique. En France, les constructions en bauge ont été majoritairement édifiées aux cours de la période qui va du XVIIIe au milieu du XXe siècle[1].

Ce moyen de construction écologique est à nouveau employé puisque les matières premières sont prélevées sur le site même et que les murs en terre et végétaux isolent correctement et possèdent une grande inertie thermique.

La bauge en Bretagne[modifier | modifier le code]

En Bretagne, la bauge est caractéristique du pays de Rennes. Mais il est possible de rencontrer des constructions en bauge dans tout le secteur géographique correspondant à la Haute-Bretagne.

La construction débute par la construction d'un solin en pierre de hauteur variable (selon les ressources locales et la richesse des propriétaires). La largeur du solin (et donc du mur) peut varier de 50 cm jusqu'à 1 m. Les fondations dépassent rarement 50 cm de profondeur.

La terre est généralement extraite sur le lieu de la construction (d'où les nombreuses mares autour des maisons en bauge) sous la couche de terre végétale. Cette terre doit être moyennement argileuse : suffisamment pour qu'elle possède une bonne cohésion, pas trop pour qu'elle ne fissure pas. La terre est ensuite piétinée par les hommes ou des animaux afin d'y incorporer les végétaux (paille, bruyère, ajonc, fougère, etc.) ou des poils ou crins animaux [1].

Une fois ce mélange réalisé, on dresse (à la fourche en général) des couches successives sur le mur qui sont tassées au fur et à mesure à coup de trique (sorte de manche en bois). Ces couches dépassent largement de la largeur finie du mur. On réalise ainsi une "levée" d'environ 60 cm de hauteur. On laisse ensuite deux semaines s'écouler afin que la levée se tasse puis on rectifie ensuite le mur grâce à un outil tranchant, la paroire (sorte de bêche plate), en se tenant debout sur le haut de la levée et en tranchant l'excédent de terre [1]. Les encadrements de fenêtres et les poutres sont placés au fur et à mesure de la construction.

La bauge à ours[modifier | modifier le code]

La bauge à ours est une zone creuse que l'on trouve dans les grottes, à même le sol, dans les zones argileuses, et de forme arrondie. Elle permet aux ours de s'y recroqueviller l'hiver afin d'hiberner dans des conditions thermiques stables.

La bauge de sanglier[modifier | modifier le code]

La bauge du sanglier est l'abri diurne où il dort. C'est en général un endroit sec, abrité du vent et caché dans de profonds fourrés. Ceci ne doit pas être confondu avec la souille, cuvette de boue où il se roule ponctuellement pour se débarrasser des ses parasites.

Nota Bene : La bauge du cochon est appelée la loge.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sous la direction de Claire-Anne de Chazelles et d'Alain Klein, Terre modelée, découpée ou coffrée. Matériaux et modes de mise en oeuvre. Actes de la table-ronde des 17 et 18 novembre 2001 (contenant 27 articles), Editions de l'Espérou (École nationale supérieure d'architecture de Montpellier),‎ 2003, 460 p. (ISBN 2-912261-17-1)
  • Philippe Bardel, Jean-Luc Maillard, Architecture de terre en Ille-et-Vilaine, Écomusée du pays de Rennes/Éditions Apogée, Rennes, septembre 2002.
  • Patte E. & Marie-Raffray E., Entre Sèves et Taute, de terre et de pierre dans les marais du Cotentin. Inventaire général ADAGP, Cabourg, Cahier du Temps, coll. « Images du Patrimoine »,‎ 2004, 64 p. (ISBN 2-911855-69-8)
  • collectif, Le grand gibier, Éditions du Gerfaut,‎ 2006

Lien externe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « La technique de la bauge », sur AsTerre.org (consulté le 24 janvier 2014)