Michel Alexandre (philosophe)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Michel Alexandre.

Michel Alexandre

Nom de naissance Michel Paul Alexandre
Naissance 27 mars 1888
Dieppe
Décès 14 décembre 1952 (à 64 ans)
Paris
Nationalité Française
Pays de résidence Drapeau de la France France
Diplôme
Profession

Michel Paul Alexandre, né le 27 mars 1888 à Dieppe (Seine-Maritime) et mort le 14 décembre 1952 à Paris, est un philosophe français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il était issu d'une famille de grands serviteurs de l'État. Son père Paul-Édouard Alexandre (1847-1921), brillant polytechnicien, était inspecteur général des ponts et chaussées, vice-président du Conseil général des ponts et chaussées et Grand officier de la Légion d'honneur. Son oncle Georges-René Alexandre (1864-1932), également polytechnicien, fut général de division et commandeur de la Légion d'honneur.

Michel Alexandre obtient en 1912 l'agrégation de philosophie. En 1916, il épouse Jeanne Halbwachs (1890-1980), agrégée de lettres, militante socialiste, féministe et pacifiste intégrale, qui était la sœur du sociologue Maurice Halbwachs, mort en déportation.

Disciple et admirateur d'Alain et de Jules Lagneau, Alexandre fut professeur de classes préparatoires (lycée Louis-le-Grand, lycée de Versailles, lycée Henri-IV) et son œuvre est principalement connue par les notes de ses étudiants. Comme ses maîtres, il ne séparera jamais l'enseignement de la méditation. Thierry Leterre (dans son Alain, le premier intellectuel, Stock, 2006, pp. 305-306) dresse un portrait de Michel Alexandre ; un de ses élèves, Gérard Granel, publie ses cours sur Kant dans la collection « Epiméthée » que dirigeait Jean Hyppolite.

Très marqué par la guerre[1], il écrit à Xavier Léon à qui il rappelle quelques souvenirs : « Les hommes comme partout endormis et cruels (…). Comment d'un tel passé avons-nous pu sombrer dans cet abîme ! ». Le problème des rapports entre la force et la loi ainsi que celui de « la maîtrise de la force par le vouloir » n'a cessé de cadrer Alexandre dans une quête constante : la recherche de la paix.

On peut également citer les souvenirs que Pierre Bourdieu évoque dans un passage de ses Méditations pascaliennes : objectivant les conditions sociales de production des philosophes français d'après-guerre, il remarque notamment que "La croyance dans la toute-puissance de l'invention rhétorique ne pouvait que trouver ses meilleurs encouragements dans les exhibitions savamment théâtralisées de l'improvisation philososphique : je pense à des maîtres comme Michel Alexandre, disciple tardif d'Alain, qui couvrait de poses prophétiques les faiblesses d'un discours philosophique réduit aux seules ressources d'une réflexion sans appui historique"[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christian Jelen, Hitler ou Staline. le prix de la paix, Paris, Flammarion, 1995; pp. 28-33, 36-38, 69-74, 79-81, 109-111
  2. Bourdieu, Pierre : Méditations pascaliennes, Seuil, Paris, 1997, p.56

Principaux ouvrages (posthumes)[modifier | modifier le code]

  • Par la pensée, 1955.
  • En souvenir de Michel Alexandre [préface de Jeanne Alexandre], Paris, Mercure de France, 1959.
  • Lecture de Kant, textes rassemblés et annotés par Gérard Granel, PUF, coll. "Épiméthée", 1978, 1961.
  • Lecture de Platon, 1966

Citations[modifier | modifier le code]