99 francs (film)

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99 francs

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Titre original 99 francs
Réalisation Jan Kounen
Scénario Nicolas & Bruno
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie satirique
Sortie 2007
Durée 99 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

99 francs est un film français, écrit par Nicolas & Bruno et réalisé par Jan Kounen, sorti le 26 septembre 2007 en France. Il s'inspire du roman éponyme de Frédéric Beigbeder, qui aida à la réalisation. Le DVD du film est sorti le 26 mars 2008.

Résumé[modifier | modifier le code]

En 2001, Octave Parango est un jeune concepteur-rédacteur dans une grande agence de publicité parisienne, la Ross & Witchcraft. Publicitaire de talent, il est aussi cynique, égoïste et irresponsable et mène une vie de débauche, faisant notamment un usage immodéré de la cocaïne. Il est chargé avec son collègue de travail Charlie de mettre au point la campagne publicitaire d'un nouveau yaourt que va lancer sur le marché le groupe Madone. Lors de la réunion où Octave, Charlie et Jeff, responsable commercial, présentent leur publicité à Alfred Duler, cadre supérieur de Madone, celui-ci la rejette. Frustré de voir sa créativité censurée, Octave veut quitter son travail mais Marc Maronnier, son supérieur, lui rappelle tous les avantages qu'il perdrait en faisant cela.

Octave réussit à trouver son premier amour véritable en la personne de Sophie, une employée de l'agence, mais quand celle-ci lui annonce qu'elle est enceinte de lui, il réagit très mal à cette nouvelle et Sophie le quitte. À nouveau seul, il prend peu à peu conscience de ce qu'il a perdu et sombre à corps perdu dans les excès. Octave et Charlie mettent au point une nouvelle publicité, très conventionnelle, pour Madone et celle-ci est acceptée. Peu après, Octave fait une overdose lors d'une fête mais est sauvé in extremis. Après une cure de désintoxication, il ouvre les yeux sur le monde qui l'entoure. Il décide alors de se rebeller contre ce système et de frapper un grand coup en sabotant la campagne publicitaire de Madone.

Avec la complicité de Tamara, la call-girl qu'il a fait engager pour tourner le spot publicitaire, et du réalisateur du spot, Octave tourne sa propre version de la publicité. Il part ensuite à Miami avec Charlie et Tamara mais, sous l'emprise de produits hallucinogènes, il renverse plusieurs personnes en voiture. À son retour en France, Octave cherche à joindre Sophie mais ses parents lui apprennent qu'elle s'est suicidée. Juste après, la police arrive pour l'arrêter et Octave se jette du haut de l'immeuble de la Ross & Witchcraft.

Le générique de fin débute mais est interrompu par un message proposant une fin alternative. Octave n'a en fait renversé personne en voiture, il l'avait juste imaginé dans son hallucination. Lors de la grande première télévisée de la campagne publicitaire, c'est la fausse publicité d'Octave, qui ridiculise Madone, qui passe à la télévision. Octave quitte la civilisation pour vivre dans une région tropicale totalement isolée. Il y est ensuite rejoint par Sophie et leur enfant. Juste avant le générique de fin, un message rappelle que 10 % de l'argent consacré annuellement à la publicité suffirait à réduire de moitié la faim dans le monde.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, cette fiche technique est établie à partir d'IMDb[1].

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

99 francs est l'adaptation du roman éponyme de Frédéric Beigbeder sorti en 2000 aux Éditions Grasset et vendu à plus de 500 000 exemplaires. Bien que celui-ci soit ensuite ressorti sous les titres de 14,99 euros puis de 6,20 euros, les producteurs du film ont préféré garder le titre original pour l'adaptation cinématographique[3]. 99 francs est la seconde adaptation du roman ; le comédien Gilbert Ponté en avait déjà fait une version théâtrale, en 2002 au théâtre parisien Trévise, dans laquelle il jouait seul sur scène.

Alors qu'il était pressenti pour adapter lui-même son ouvrage sur grand écran et se donner le rôle principal du film, Frédéric Beigbeder se contente finalement d'un contrôle artistique sur le script, le choix du réalisateur et des acteurs, et d'une petite apparition clin d’œil au générique de 99 francs. Ainsi, les noms d'Antoine de Caunes et de Mathieu Kassovitz ont d'abord été évoqués. Lorsque le projet d'adaptation du roman 99 francs était entre les mains du premier, en 2003, Édouard Baer était pressenti pour incarner le personnage d'Octave Parango[3].

C'est finalement Jan Kounen, réalisateur ayant lui-même travaillé dans l'univers de la publicité, qui se charge de l'adaptation. C'est lors du tournage de Blueberry que le cinéaste Jan Kounen entend parler pour la première fois du projet 99 francs. Lorsque le projet lui est confié, Kounen choisit pour ce rôle Jean Dujardin, idéal selon lui dans le sens où il est capable de jouer un personnage que l'on adore détester. « Quand j'ai commencé à travailler sur le film, Alain Goldman m'a dit que j'étais libre par rapport au casting. Et dès que j'ai lu le scénario, j'ai pensé à Jean Dujardin. Pourquoi ? Je l'avais vu dans Brice de Nice et je trouvais qu'il avait une capacité extraordinaire à faire aimer un imbécile arrogant. Or il se trouve que dans 99 francs, j'avais besoin de faire aimer un intelligent sensible arrogant, et ce après l'avoir d'abord rendu détestable ! Comme le dit Octave : « J'espère que vous me détesterez pour mieux détester l'époque qui m'a créé. »[3]

Le film marque ainsi la seconde collaboration de Jan Kounen et de l'actrice Vahina Giocante quatre ans après Blueberry. Le réalisateur Jan Kounen, tout comme dans Dobermann, interprète un petit rôle ; il apparait ici sous les traits de Pydjhaman, le nouvel ami d'Octave, ainsi que comme spectateur dans la salle de cinéma de son enfance. Lors du bad trip d'Octave au début du film, on reconnait par la déformation de son visage celui de Frédéric Beigbeder, qui fait également un caméo dans le rôle d'une hôtesse de l'air. Les scènes de réunion avec les dirigeants du groupe Madone ont été tournées au château de Ferrières alors que la fin du film a été tournée dans le décor naturel du parc des chutes de Canaîma au Venezuela[4].

Traitant du sujet de la publicité, elle est donc à l'honneur tout au long du film. Ainsi, on peut voir la célèbre publicité réalisée par Ridley Scott pour le Macintosh en 1984, les Mac sont d'ailleurs les seuls ordinateurs visibles dans le film. De plus, une publicité sur les chaussures Eram fait apparaître François Berléand regardant le personnage d'Octave adolescent.

Bande son[modifier | modifier le code]

Accueil[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Le film a réalisé 1 467 555 entrées en Europe, dont 1 231 420 en France[5], et a rapporté 13 442 285 $ dans le monde entier[2].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

La critique française reste divisée sur ce film, qui obtient une moyenne de 3 étoiles sur 5 pour les critiques de la presse sur le site AlloCiné[6]. Parmi les critiques positives, Éric Coubard, du magazine Brazil, évoque un film à ne pas rater, « remarquablement filmé et superbement interprété ». Carlos Gomez, du Journal du dimanche met en avant « la caméra inventive de Jan Kounen » qui « fait honneur à la plume de Beigbeder, la trahissant en partie mais pour lui faire un bel enfant ». Pour Pierre Vavasseur, du Parisien, c'est « une excellente surprise, bourrée d'idées du début à la fin ». Jean-Luc Douin, du Monde, estime que c'est « une satire corrosive »[6]. Sophie Benamon, de L'Express, estime que « le roman a gagné en épaisseur en passant au cinéma » et que Jean Dujardin est « exceptionnel » dans cette « comédie drôle et (très) grinçante »[7]. Mathieu Carratier, de Première, évoque une « adaptation affutée » « alignant les mouvements de caméra renversants comme le cinéma français n'en a pas vu depuis un bail »[8].

Du côté des critiques mitigées, Héléna Villovitch, du magazine Elle, évoque un « Fight Club du yaourt » à la fois agaçant et drôle ; et Alain Spira, de Paris Match, un film drôle mais des personnages trop virtuels et caricaturaux[6]. Parmi les critiques négatives, Amélie Dubois, des Inrockuptibles, évoque « un mélange consternant de naïveté et de cynisme »[9] ; Aurélien Ferenczi, de Télérama, une « vulgarité surabondante » et une « pensée vacillante »[10] ; et la rédaction de Libération un « gros tas d'excréments »[6].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, cette liste provient d'informations de l'Internet Movie Database[11].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • L'acteur danois Niels Dubost, père du petit Éric qui a marqué trois buts, est doublé par Bernard Lanneau, célèbre voix de doublage souvent associée à Kevin Costner.
  • Durant le film un sous-titrage défile rapidement lors d'une publicité pour Ross & Witchcraft (dont la musique de fond est la valse no 2 de Dimitri Chostakovitch, célèbre thème utilisé dans une publicité pour une compagnie d'assurances). Ce sous-titrage dit : « Puisque vous avez choisi la lecture image par image, sachez que : le taux de satisfaction à la Ross & Witchcraft est de 89 % - Enquête réalisée en mars 2001 auprès d'un panel de 12 clients 6 mois après la fin du contrat de mission - Résultats vérifiés auprès du BVP - L'appellation Ross & Witchcraft inclut les agences suivantes : Paris, Londres, New York, Miami, Bogota, Moscou, Kiev, Bangkok, Manille, Marrakech, Beverly Hills - Prêt à taux 0 % pour les PME, boulangers, pâtissiers, chiropracteurs - Tarifs réduits pour les militaires - Ross & Witchcraft recommande la cocaïne de Bogota et la ganja de Jamaïque pour les mineurs - Vous voulez arrêter de fumer ? La Ross & Witchcraft peut vous aider. Appelez le 0 800 600 700 et dites "Octave" - Pour éliminer Jeff faites le 3687 suivi de la touche 2 - Cette publicité a été tournée à l'étranger avec des figurants polonais - Ne pas tenter de reproduire ce qui va suivre chez vous. »
  • Le réalisateur belge Jean-Jacques Rousseau apparaît sur les bonus du DVD : son anecdote sur la publicité pour dentifrices durant la Première Guerre mondiale semble avoir marqué Jan Kounen[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Équipe complète du film sur IMDb, consultée le 16 février 2011.
  2. a et b « 99 francs », JP's Box-Office (consulté le 3 avril 2011)
  3. a, b et c (fr) « Secrets de tournage de 99 francs », sur Allocine.fr
  4. « 99 francs - Commentaire audio de Jan Kounen », Pathé, 2008, DVD
  5. (fr) « Entrées du film », sur Lumière (Observatoire Européen de l'Audiovisuel)
  6. a, b, c et d « Revues de presse du film », sur AlloCiné (consulté le 22 novembre 2012)
  7. Sophie Benamon, « 99 francs », L'Express (consulté le 22 novembre 2012)
  8. « 99 francs : Critiques », sur premiere.fr (consulté le 22 novembre 2012)
  9. Amélie Dubois, « 99 francs », Les Inrockuptibles (consulté le 22 novembre 2012)
  10. Aurélien Ferenczi, « 99 francs », Télérama (consulté le 22 novembre 2012)
  11. (en) « Liste des distinctions sur IMDb », sur imdb.com
  12. (fr) « Présentation du DVD », sur Filmsactu.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]