Étienne Tardif de Pommeroux de Bordesoulle

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Étienne Tardif
de Pommeroux de Bordesoulle
Étienne Tardif de Pommeroux, comte de Bordessoule, lieutenant général, Jean-François Brémond (1807-1868), 1838, musée de l'Armée, Paris[1]
Étienne Tardif de Pommeroux, comte de Bordessoule, lieutenant général, Jean-François Brémond (1807-1868), 1838, musée de l'Armée, Paris[1]

Naissance 4 avril 1771
Luzeret
Décès 3 octobre 1837 (à 66 ans)
Fontaine-les-Corps-Nuds
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Royal Standard of King Louis XIV.svg Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Arme Cavalerie
Grade Général de division
Années de service 17891832
Conflits Guerres révolutionnaires
Guerres napoléoniennes
Campagne d'Espagne (1823)
Commandement 22e chasseurs
École polytechnique
Distinctions Ordre du Saint-Esprit
(Chevalier)
Légion d'honneur
(Grand-croix)
Ordre de Saint-Louis
(Grand'croix)
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile
(1re colonne)
Autres fonctions Député de la Charente
Pair de France

Étienne Tardif de Pommeroux, baron, puis comte de Bordesoulle (° 4 avril 1771 - Luzeret, Berry3 octobre 1837 - Fontaine-les-Corps-Nuds, Oise), est un militaire français des XVIIIe et XIXe siècles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Étienne Tardif de Pommeroux entra au service le 27 avril 1789 comme simple chasseur à cheval[2] dans le 2e régiment de cette arme.

Guerres révolutionnaires[modifier | modifier le code]

Il fit toutes les campagnes de la Révolution, depuis 1792 jusqu'à l'an IX, aux armées du Rhin, de Rhin-et-Moselle, d'Allemagne, d'Angleterre, de Mayence et d'Italie, et s'y distingua par plusieurs actions d'éclat.

Le 30 octobre 1792, devant Spire, il coupa lui-même une colonne ennemie qui sortait de cette place. Le colonel Laboissière voulant mettre à profit ce trait d'audacieuse bravoure, accourut avec un renfort et fit mettre bas les armes à plus de 600 fantassins qui s'étaient postés dans les vignes. Pendant l'action, Bordessoulle fut blessé d'un coup de baïonnette à la cuisse, et le 1er décembre suivant il fut nommé brigadier.

Au mois de mars 1793, entre Spire et Landau, il faisait partie d'un corps détaché pour couvrir le flanc gauche de l'armée et composé d'un bataillon et d'un escadron, avec 2 pièces « de quatre ». Cette colonne ayant été surprise dans un défilé, l'ennemi fit jouer sur elle 3 pièces qui mirent le désordre et la confusion dans ses rangs ; tout se débanda, abandonnant les 2 pièces de canon. Bordessoulle, à la tête d'une vingtaine de braves rassemblés à la hâte, s'élance au milieu du danger, contient l'ennemi pendant près d'une heure, rallie l'infanterie et parvient à sauver les canons. Cette action lui valut le grade de maréchal-des-logis qui lui fut conféré le 24 mai suivant.

En avant de Wantzenau, au mois de vendémiaire an II, il faisait partie des troupes qui, sous les ordres du général Carlin[Qui ?], se trouvaient enveloppées de toutes parts par un ennemi très supérieur en nombre et manquaient totalement de munitions. Le colonel Laboissière le chargea de pénétrer à travers l'ennemi jusqu'au grand quartier-général pour faire connaître au général en chef la position critique « dans laquelle on se trouvait. La mission était périlleuse : le brave sous-officier ne consulta que son courage ; et l'intérêt de ses compagnons, et il se précipita résolument au milieu des rangs ennemis ; mais bientôt, entouré par la cavalerie, accablé par le nombre, il est fait prisonnier.[3] »

Rendu peu de temps après, il se distingua de nouveau, le 10 messidor an II, à l'affaire d'Erixheim, entre Landau et Neustadt, où il sabra une douzaine de hussards prussiens et parvint à dégager son colonel, qui avait été renversé de son cheval en chargeant à la tête d'un escadron. Le 25 du même mois, il reçut plusieurs blessures et eut un cheval tué sous lui à Brixheim, en chargeant avec impétuosité la cavalerie ennemie qui s'était emparée de quelques pièces de canon.

Promu sous-lieutenant le 16 thermidor an II, il fut chargé, au mois de fructidor suivant, d'enlever les avant-postes prussiens devant Turckheim et s'acquitta de sa mission avec un plein succès. À la tête d'un peloton du 2e de chasseurs il tomba sur les grand'gardes qu'il poursuivit jusque dans leurs cantonnemens, y pénétra pèle-mèle avec elles, leur tua beaucoup de monde et ramena des prisonniers et plusieurs chevaux.

Au mois de vendémiaire an III, il reçut l'ordre de pénétrer de Kayserslautern à Birkenfeld, à travers l'armée prussienne, pour concerter les opérations des deux armées du Rhin et de la Moselle qui marchaient sur Mayence. Il se mit aussitôt en route, traversa les cantonnemens ennemis, et malgré les obstacles et les difficultés qu'il eut à vaincre, il fit avec autant de bonheur que d'habileté une marche de plus de 50 lieues en moins de deux jours. Passé à l'armée devant Mayence, il reçut l'ordre de faire une reconnaissance sur Bretzenheim, au mois de brumaire an III ; il chargea vigoureusement les avant-postes ennemis qui se réfugièrent dans le village, où il les poursuivit, sabra 7 ou 8 hommes de sa main, reçut deux coups de feu et eut un cheval tué sous lui.

Le 14 frimaire suivant, à la prise des redoutes de Saltzbach, il se fit remarquer dans une charge contre la cavalerie ennemie dont il tua de sa main le commandant et sabra 5 ou 6 hussards ; il reçut dans cette affaire deux coups de sabre sur la tête. Quelques jours après, devant Mayence, il délogea un poste considérable d'infanterie prussienne, sabra une trentaine d'hommes et mit les autres en fuite malgré le feu soutenu de 4 pièces qui tiraient à mitraille.

Au mois de nivôse, un bataillon français, posté près de Bretzenheim, ayant été surpris et enveloppé, Bordessoulle, à la tête de son peloton, vole à son secours, le dégage et culbute les hussards prussiens dans un ravin où beaucoup furent tués ou pris. Suivi de 5 hommes seulement, il pénétra ensuite dans le village et y tua une vingtaine de fantassins.

Nommé aide de camp provisoire du général Laboissière le 1er thermidor de la même année, il continua de servir à l'armée du Rhin où son général était employé.

Au mois de brumaire an IV, en avant de Landau, il se porta seul sur un poste d'infanterie de 7 hommes et les força à mettre bas les armes et à se rendre prisonniers. Le 1er thermidor suivant, il fut nommé lieutenant en conservant ses fonctions d'aide-de-camp et se signala le 28 vendémiaire an V au combat d'Emmendingen, où le général Beaupuy fut tué. À la tête d'un fort peloton, il chargea et mit en déroute la cavalerie ennemie, à laquelle il fit 30 prisonniers. Poursuivant ses succès, il attaqua un corps d'infanterie posté sur des hauteurs couvertes de vignes, et fit mettre bas les armes à environ 400 hommes[3]. Il se porta ensuite dans un village que l'ennemi devait traverser et d'où il espérait lui couper la retraite, lorsqu'il fut tout-à-coup enveloppé par des forces supérieures, et parvint néanmoins à se dégager après avoir reçu deux coups de sabre dont un très grave à l'articulation du poignet droit.

Confirmé dans son emploi d'aide de camp le 10 fructidor an V, il fut promu capitaine le 1er pluviôse an VI.

Nommé provisoirement chef d'escadron au 6e régiment de hussards, par le général en chef Moreau, le 25 floréal an VII, il fut confirmé dans ce grade par le Directoire le 27 vendémiaire an VIII, par suite de la brillante conduite qu'il avait tenue à Novi le 28 thermidor. Dans cette « funeste[3] » journée, Bordessoulle, à la tête du 6e de hussards, qu'il commandait alors, chargea avec impétuosité sur la route de Pozzolo une colonne de plus de 600 Russes et la mit dans une déroute complète[3]. Après l'évacuation de Novi il fut chargé de protéger la retraite de l'année avec son régiment et un bataillon de la 68e demi-brigade de ligne. Pendant plus d'une heure il contint 4 à 5 000 tirailleurs et éprouva des pertes énormes, mais il remplit les vues du général en chef au-delà même de ce qu'il avait osé espérer. Comme il se retirait en arrière du village de Pasturana, avec les débris de son corps, il eut le bras droit cassé et son cheval tué sous lui par la mousqueterie ennemie, pendant qu'il formait sa troupe en bataille.

Au combat de Neubourg, le 8 messidor an VIII, il chargea 500 cuirassiers ennemis qui étaient parvenus à culbuter 2 escadrons de son régiment, tailla en pièces plus de 200 hommes, prit lui-même le commandant autrichien au milieu de la mélée, fit beaucoup de prisonniers, délivra tous les hussards pris au commencement de l'action, et notamment son chef de brigade qui se trouvait démonté.

Il passa avec son grade dans la 7e légion de gendarmerie le 1er jour complémentaire an IX ; rentra chef d'escadron au 2e régiment de chasseurs à cheval le 9 prairial an X, et reçut un sabre d'honneur le 28 fructidor suivant, « en récompense de ses brillans services pendant les campagnes précédentes[3] ».

Guerres napoléoniennes[modifier | modifier le code]

Major du 1er régiment de chasseurs à cheval le 6 brumaire an XII, il fut créé officier de la Légion d'honneur le 25 prairial suivant, et servit au camp de Bruges pendant les ans XII et XIII.

Il fit les campagnes des ans XIV à 1807, en Autriche (1805), en Prusse (1806) et en Pologne (1807) au 2e corps de la Grande Armée, et fut nommé colonel du 22e régiment de chasseurs à cheval le 6 nivose an XIV, par suite de sa brillante conduite à Austerlitz.

Le 9 juin 1807, à la tête de 60 hommes de son régiment, il traversa la Passarge à « Guttstadt » (en polonais : Dobre Miasto)[4], et chargea un batailon russe qui fut entièrement pris ou taillé en pièces. C'est dans cette action qu'il reçut un coup de baïonnette à l'avant-bras droit et un autre dans la poitrine. Il se fit encore remarquer à Heilsberg et à Friedland, et fut créé général de brigade le 25 du même mois.

Le 1er août suivant, il fut employé dans le corps d'armée du maréchal Brune, et au mois de décembre de la même année, il fut placé à la tête de la cavalerie légère attachée à la défense de Dantzig.

Le 21 septembre 1808, il reçut l'ordre de se rendre à Bayonne pour y attendre une nouvelle destination, et au mois de novembre de la même année, il eut le commandement d'une brigade dans la division Lasalle (réserve de cavalerie de l'armée d'Espagne). Au mois de décembre suivant à Aranjuez[5], il détruisit les débris de l'armée de Castaños dans les environs de Madrid. Le 28 mars 1809, il contribua au gain de la bataille de Medellín, en taillant en pièces, à la tête des 5e et 10e de chasseurs à cheval, « une ligne de 6 000 hommes d'infanterie espagnole[3] », au moment où tout le corps du maréchal-duc de Bellune opérait son mouvement de retraite, et où il avait lui-même l'ordre de se retirer.

Passé le 25 mai 1809 à l'armée d'Allemagne, il y prit le commandement d'une brigade de la division Marulaz (cavalerie du 4e corps). Le 6 juillet, Bordesoulle était à Wagram, ralliant ses troupes et chargeant l'ennemi à leur tête[5].

Il fut ensuite employé au corps d'observation de la Hollande en mai 1810, et prit le commandement de la 3e brigade de cavalerie légère de l'armée d'Allemagne le 2 décembre de la même année.

Au mois de novembre 1811, il passa au corps d'observation de l'Elbe (chargé d'occuper le Mecklembourg[5]), devenu 1er corps de la Grande Armée, et au mois de juin 1812 il fut placé à la tête de la 2e brigade de cavalerie légère du même corps. Le 30 de ce même mois, il battit complètement l'avant-garde du général Barclay de Tolly, à Soleschniki[6]. Le 23 juillet, commandant l'avant-garde du corps du maréchal-prince d'Eckmühl, composée du 3e régiment de chasseurs à cheval et d'un régiment d'infanterie, il s'empara de Mahiliow (Moguilev), y fit 900 prisonniers, prit des magasins et des bagages considérables et plus de 600 bœufs destinés au prince Bagration. Il combattit à Smolensk, à la Moskowa, où il eut la mâchoire fracassée par un coup de biscaïen, et à Krasnoï, où il s'empara de 8 pièces de canon, après avoir culbuté un corps de 1 500 hommes, enfonça un carré d'infanterie, lui fit 300 prisonniers et dégagea le 9e régiment de lanciers polonais[7] qui se trouvait gravement compromis.

Élevé au grade de général de division le 4 décembre 1812, il fut appelé au commandement de la 1re division de cuirassiers du 1er corps de cavalerie de la Grande Armée le 15 février 1813.

C'est à la tête de ces troupes qu'il fit la campagne de Saxe (1813). Créé commandant de la Légion d'honneur le 14 mai 1813, il avait précédemment reçu le titre de baron avec une dotation. Il se distingua particulièrement à Lutzen et à Bautzen. À Dresde, il dirigea avec habileté plusieurs charges vigoureuses, enfonça une douzaine de carrés ennemis, fit « 6 000 prisonniers et contribua beaucoup à refouler dans les montagnes de la Bohême l'armée nombreuse qui nous était opposée[3] ». À la bataille de Leipzig, les 16, 17 et 18 octobre, le général Bordessoulle donna de nouvelles prouves d'intrépidité. Il soutint une partie de la retraite de Leipzig sur Hanau, et sut, avec peu de monde, imposer à la nombreuse cavalerie ennemie pour l'empêcher d'inquiéter sérieusement la retraite.

Nommé commandant des 2 divisions de cavalerie organisées à Versailles le 3 janvier 1814, il contribua au succès de la bataille de Champaubert le 10 février;également au succès remporté sur le feld-maréchal Blücher à Vauchamps, le 14 février. Il culbuta l'ennemi au combat de Villeneuve le 17 ; se trouva à la reprise de Reims le 13 mars ; au combat de Fère-Champenoise le 25, et, le 30, à la bataille sous Paris « dont il défendit pendant douze heures les hauteurs[5]. »

Restauration[modifier | modifier le code]

Étienne Tardif
de Pommeroux de Bordesoulle
Fonctions
Député de la Charente à la Chambre
7 octobre 18155 septembre 1816
Élection 22 août 1815
Législature Ire législature
Coalition Majorité ministérielle
Membre de la Chambre des pairs
9 octobre 18233 octobre 1837 ( † )
Biographie
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Officier général
Liste des députés de la Charente

Après la rentrée des Bourbons en France « il dut à son origine nobiliaire[réf. à confirmer][2] » d’être nommé inspecteur-général de cavalerie au mois de mai 1814, chevalier de Saint-Louis le 2 juin, grand officier de la Légion d'honneur le 23 août, et, le 30 décembre de la même aimée, il fut désigné pour faire partie des inspecteurs-généraux de cavalerie pendant l'année suivante.

Lorsque l'Empereur revint de l'île d'Elbe, le général Bordessoulle prit, le 12 mars 1815, le commandement provisoire des 9 escadrons de cavalerie de la 2e division militaire, dirigés sur Châlons. Le gouvernement royal le confirma dans ce commandement le 16 du même mois. Il suivit Louis XVIII à Gand, fut nommé chef d'état-major du duc de Berry le 25 juin 1815 pendant son émigration, et rentra en France avec ce prince au mois de juillet suivant.

Le nommant grand cordon de la Légion d'honneur le 15 août, Louis XVIII lui confia, le 8 septembre, le commandement de la 1re division de cavalerie de la Garde royale.

Élu[8], le 22 août 1815, député de la Charente[5], par le collège de département (le même jour il était élu également député de l'Indre[5]), il siégea dans la majorité de la Chambre introuvable et quitta la vie parlementaire en 1816, pour y rentrer comme pair de France, le 9 octobre 1823.

Nommé le 12 octobre 1815 membre de la trop célèbre commission chargée d'examiner la conduite des officiers pendant les Cent-Jours, il fut créé, le 3 mai 1816, commandeur de l'ordre de Saint-Louis, et échangea le titre de baron de l'Empire, qu'il avait conquis sur les champs de bataille, contre celui de comte que lui donna la Restauration. Aide de camp honoraire du comte d'Artois le 2 juin 1817, membre du comité des inspecteurs-généraux le 25 octobre suivant, il devint gentilhomme d'honneur du duc d'Angoulême le 1er juillet 1820, reçut la décoration de grand-croix de Saint-Louis le 1er mai 1821, et fut nommé gouverneur de l'École polytechnique, en conservant son emploi dans la Garde royale, le 17 septembre 1822 :

« Ce n’est pas peut-être un sabreur intrépide qu’il eût fallu à la tête de cette école modèle, mais plutôt un de ses anciens élèves, joignant à la même bravoure des connaissances plus étendues. Quoi qu’il en soit, on n’a pas oublié qu’il lui rendit le régime militaire qui est encore en vigueur, et lui donna cet uniforme sous lequel elle devait organiser la victoire populaire en 1830. »

— Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850

Campagne d'Espagne (1823)[modifier | modifier le code]

Appelé le 16 février 1823 au commandement en chef des troupes de la Garde qui faisaient partie de l'armée des Pyrénées, le comte de Bordesoulle occupa Vittoria, Bilbao, Miranda de Ebro et Haro (La Rioja), au mois d'avril.

En juin, il dirigea en personne une colonne d'expédition sur Séville par l'Andalousie, occupa Manzanares, attaqua et dispersa complètement à Santa Cruz et à Vilches, les 8 et 9 juin, la colonne de Plasencia, à laquelle il prit un drapeau, deux canons et 860 soldats ; occupa Cordoue le 13, Saint-Lucar le 23, Puerto-Sainte-Marie et Puerto Real les 24 et 25, et compléta le blocus et le bombardement de Cadix, par les relations qu'il établit avec l'escadre du contre-amiral Hamelin[9].

Sa colonne s'est particulièrement signalée en repoussant la sortie générale de l'île de Léon le 16 juillet, et à la prise du Trocadéro le 31, « victoire trop vantée par les amis de la Restauration, trop critiquée par ses ennemis, mais qui n’en reste pas moins, pour l’histoire impartiale, un brillant et audacieux fait d'armes.[2] »

Peu de jours après, le comte de Bordesoulle fut nommé commandant supérieur à Séville, et on lui confia la direction des opérations militaires devant Cadix. C'est pendant qu'il commandait le corps d'Andalousie, que le duc d'Angoulême, généralissime de l'armée des Pyrénées, lui adressa la lettre suivante, entièrement écrite de sa main :

« Madrid, ce 16 juillet 1823.
J'ai reçu, il y a deux jours, mon cher Bordessoulle, votre lettre du 6 ; je crois que vous trouverez toutes les réponses que vous pourrez désirer dans celle de M. de Villèle du 10, que je joins ici ; elle vous servira de nouvelles instructions. Je n'ai à y joindre que les suivantes :
1° Quand le roi sera libre, vous lui demanderez de se rendre tout de suite à Séville, et le plus tôt possible à Madrid ;
2° excepté d'accorder une amnistie, de ne dire aucun acte, avant mon arrivée à Madrid et de m'avoir vu ;
3° vous prendrez tous les arrangemens nécessaires pour la sûreté de sou voyage, et pour qu'il arrive le plus tôt possible à Madrid ;
4° vous ne le quitterez pas, vous vous assurerez de tout ce qui se passera auprès de lui, pour déjouer les intrigues de tous ceux qui voudraient le ramener au régime absolu, et vous lui parlerez, en cas de besoin, d'une manière respectueuse, mais ferme ;
5° vous ramènerez à Madrid tout ce qui tient à la garde et la cavalerie de la division d'Autichamp ;
Bourmont restera provisoirement en Andalousie, avec la division Obert et la division de dragons dont vous pourrez donner le commandement à Valin, jusqu'à ce qu'elle ait rejoint le général Castex ;
7° on assure que le 25, on a le projet de faire partir le roi par un bateau à vapeur ; tenez-vous-en pour prévenu ;
8° on dit que la régence a envoyé à mon insu des messagers secrets au roi en faveur de l'absolutisme. Tâchez de le découvrir et de l'empêcher. Le comte de la Puebla (es), parti depuis peu de jours pour l'Andalousie, où il m'a dit qu'il allait dans ses terres, est, dit-on, chargé d'une mission de ce genre. J'ai ordonné au major-général d'écrire à Bourmont pour le retenir sous quelque prétexte à Séville, s'il voulait aller plus loin ;
9° Dans le cas où le blocus de Cadix se prolongerait, si le prince de Carignan témoignait le désir de revenir à Madrid, je l'y verrais avec plaisir. Lecoulteux vient d'arriver. Comptez, mon cher Bordessoulle, sur la continuation de mon estime, de ma confiance et de mon affection. »

— Louis-Antoine.

« Les opinions de Bordessoulle étaient franchement patriotiques et constitutionnelles. Ses conseils au duc d'Angoulême en obtinrent plusieurs actes qui furent agréables aux amis de la liberté : entre autres la fameuse ordonnance d'Andújar, imposée à Ferdinand VII, mais qui fut si traîtreusement exécutée par ce prince.[2] »

Les services qu'il rendit dans les circonstances les plus importantes de cette campagne, lui valurent d'honorables récompenses : grand'croix de l'ordre de Charles III d'Espagne le 4 novembre suivant ; Louis XVIII l'appela à la pairie le 9 octobre 1823. En 1824, Charles-Félix de Savoie, roi de Sardaigne lui a envoyé son portrait enrichi de diamants, et Alexandre Ier, empereur de Russie l'a décoré du grand cordon de l'ordre de Saint-Alexandre Nevski[9].

Au mois de décembre 1823, il reprit le commandement de sa division de cavalerie dans la garde, mais à la mort de Louis XVIII, Charles X ne le conserva pas comme aide de camp honoraire dans la nouvelle liste qu'il arrêta le 4 novembre 1824.

Trois Glorieuses et Monarchie de Juillet[modifier | modifier le code]

Il fut « proclamé chevalier commandeur[3] » de l'ordre du Saint-Esprit, dans le chapitre tenu le 21 février 1830.

Il avait tenté vainement de conjurer les funestes résolutions du roi en juillet, et demeura, pendant les trois journées, à Saint-Cloud, prêt à défendre sa personne. Ce fut à Rambouillet seulement qu’il le quitta, continuant à exercer son commandement dans la Garde royale dissoute jusqu’au 21 août, qu’il fut mis en disponibilité[2].

Il ne refusa pas le serment au gouvernement de Louis-Philippe Ier mais vécut dès-lors à l’écart, bien qu’il fit encore partie de la Chambre haute, où il paraissait à de rares intervalles. Compris dans le cadre de réserve de l'état-major général le 7 février 1831, il fut admis à la retraite par décision royale du 14 mars 1832. Il est mort le 3 octobre 1837, sur sa terre de Fontaine-les-Corps-Nuds (auj. Fontaine-Chaalis), près de Senlis.

États de service[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Ordre du Saint-Esprit (chevalier) Légion d'honneur (grand cordon) Ordre royal et militaire de Saint-Louis (grand-croix) Ordre de Charles III d'Espagne (grand-croix)
Ordre de Saint-Alexandre Nevski (grand cordon)
Noms gravés sous l'Arc de Triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, 1re et 2e colonnes.

Hommages, honneurs, etc.[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
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Blason Étienne Tardif de Pommeroux de Bordesoulle (1771-1837) baron.svg
Armes du baron Tardif Bordesoulle de l'Empire

Écartelé au premier d'azur à l'étoile d'or en abyme, au deuxième des barons tirés de l'armée, au troisième de sinople au sabre haut en pal d'argent, monté d'or ; au quatrième d'argent à la toque burelée d'or et sable surmontée d'une étoile du second.[13]

  • Livrées : les couleurs de l'écu ; le verd en bordure seulement[13].
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Blason Étienne Tardif de Pommeroux de Bordesoulle (1771-1837).svg
Armes du comte de Bordesoulle, pair de France

D'azur au dextrochère armé (« de toutes pièces[9] ») d'argent, tenant une épée du même, montée d'or, posée en pal.[10],[9]

On trouve aussi 
D'azur, à un senestrochère, armé d'argent, tenant une épée du même, garnie d'or.[14]
Le même sous la Monarchie de Juillet

Ascendance et postérité[modifier | modifier le code]

Fils puîné de Jean Silvestre Tardif (° 30 mai 1741 - Chazelet29 novembre 1804 - Saint-Gaultier), sieur de Pommeroux, cultivateur, et de Marguerite (1731-1813, fille de François Dupertuis (1695-1762), procureur et notaire royal à Argenton), Étienne Tardif de Pommeroux de Bordesoulle descendait en ligne directe de Jean Tardif, conseiller au Châtelet, qui fut mis à mort par les Ligueurs en 1591[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no 000PE011116 », base Joconde, ministère français de la Culture
  2. a, b, c, d et e « Bordesoulle (Étienne, baron, puis comte de Tardif de Pommeroux) », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850,‎ 1852 [détail de l’édition]
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Fastes 1842, p. 178-181.
  4. Article détaillé : Bataille de Guttstadt.
  5. a, b, c, d, e, f et g « Bordesoulle (Étienne Tardif de Pommeroux, comte de) », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français,‎ 1889 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore]
  6. Soleschniki : village de Lituanie.
    Source 
    Charles-Théodore Beauvais, Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles des Français depuis les temps les plus reculés jusques et compris la bataille de Navarin : Tables du Temple de la Gloire. Dictionnaire geographique, C.L.F. Panckoucke,‎ 1831 (lire en ligne)
  7. Le décret du 18 juin 1811 transforme le 30e régiment de chasseurs à cheval en 9e régiment de chevau-légers lanciers. Il participe à la campagne de Russie (1812), à la campagne d'Allemagne (1813) et à la campagne de France (1814). Le 9e régiment de chevau-légers est dissous en mai 1814.
    Source 
    Frédéric Pouvesle, « Empire Histofig.com », 9e Régiment de Chevau-légers, sur empire.histofig.com,‎ 2 janvier 2010 (consulté le 4 novembre 2011)
  8. Avec 89 voix sur 171 votants et 289 inscrits.
  9. a, b, c et d Courcelles 1827, p. 291-295 du t. 8.
  10. a et b François Velde, « Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) », Lay Peers, sur www.heraldica.org,‎ 27 septembre 2005 (consulté le 18 juin 2011)
  11. « Notice no LH/2568/60 », base Léonore, ministère français de la Culture
  12. Légionnaire « de droit » comme récipiendaire d'un sabre d'honneur le 28 fructidor an X.
  13. a et b « BB/29/966 page 363. », Titre de baron, accordé par décret du 19 mars 1808, à Etienne Tardif Bordesoulle. Gand (17 mai 1810)., sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le 4 juin 2011)
  14. Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. (tome 1 et 2), Gouda, G.B. van Goor zonen,‎ 1884-1887

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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