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Union de transports aériens

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Union de transports aériens
Logo de cette compagnie

UTA va où vous rêvez d'aller

IATAOACIIndicatif d'appel
UT UTA UTA
Repères historiques
Création 1963
Disparition 31 décembre 1992 (fusion totale avec Air France)
Généralités
Basée à Aéroport Paris-Le Bourget (1963-1974)
Aéroport Paris Charles-de-Gaulle (1974-1990)
Taille de la flotte 14 appareils
Siège social Paris, VIIIe arrondissement
Société mère Air FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Filiales Aéromaritime, Air Polynésie, Air Hébrides, C.R.M.A (Maintenance-réparations)
Effectif 6 771 (1990)
Dirigeants Georges Fayet (1963-1969)
Francis Fabre (1969-1981)
René Lapautre (1981-1990)

Filiation
Société(s) précédente(s) UAT
TAI
Société(s) suivante(s) Air France

Union de transports aériens (plus connue sous son sigle UTA) est une ancienne compagnie aérienne française qui desservait l'Afrique, l'Extrême-Orient, le Pacifique ainsi que Los Angeles et San Franscisco.

Il s'agissait d'une société anonyme à participation ouvrière, héritière de la fusion entre l'Union aéromaritime de transport (U.A.T.) et des Transports aériens intercontinentaux (T.A.I.).

L'ancien siège social d'UTA.
Affiche publicitaire d'U.T.A. des années 1970
Logo d'Aéromaritime.
Affiche publicitaire d'U.T.A. des années 1970

L'année 1934 voit la faillite de l'Aéropostale et l'échec de la tentative de reprise de la société par les Chargeurs réunis qui, en 1935 crée leur filiale aéronautique Aéromaritime.

En 1949, Aéromaritime s'associe avec la Société aérienne de transports internationaux (SATI, créée en 1948) et crée l'Union aéromaritime des transports (UAT) le [1]. Le capital est réparti entre Chargeurs réunis à 40 %, Air France à 40 %, Jean Combard et Roger Loubry (créateurs de la SATI) à 20 %[2].

En 1953, l'UAT est l'une des premières compagnies au monde à mettre en service des avions à réaction, avec l'introduction des Comet 1[3]. Le , c'est la prise de contrôle d'Aigle Azur (créée en 1946 par Sylvain Floirat)[4].

En 1958, la société des Transports Aériens Intercontinentaux (TAI) qui devient plus tard UTA, achète Air Tahiti. Cette dernière deviendra le , Air Polynésie (filiale d'UTA).

En 1963, UAT fusionne avec TAI (Transports aériens intercontinentaux, créée le ) pour créer le groupe UTA. Francis Fabre devient président du groupe en 1969 jusqu'en 1981[1]. La société se développe rapidement pour devenir la 30e compagnie aérienne au monde.

En 1966, c'est la création de la Compagnie aéromaritime d'affrètement (C.A.A.)[5], plus souvent désignée Aéromaritime, filiale chargée initialement de vols passagers et cargo à la demande exploitant des avions affrétés ou loués à la société mère, UTA.

En , l'Aéromaritime est chargée de l'exploitation des Super Guppy assurant le transport des éléments d'Airbus, notamment ceux de l'Airbus A300 et de l'Airbus A310[6] entre les diverses usines du consortium européen[5].

En septembre 1981, C.R.M.A. (Construction et de Réparation de Matériel Aéronautique), fondée en 1957, rapprochement de l'usine des moteurs Emile Salmson située à Boulogne-Billancourt et de l'usine des Aéroplanes Gabriel Voisin située à Issy Les Moulineaux, filiale de la SNECMA (20%) et d'UTA Industries (60% au 12 juillet 1978) devient filiale d’UTA à 100%, suite à la revente par Revima (groupe d'entreprises spécialisées dans l’entretien, la réparation et la révision de groupes auxiliaires de puissance, de trains d’atterrissage, de pièces de moteur aéronautiques) des parts de CRMA qui avait comme clients dans les années 1970 et 1980, Air Inter, SASMAT (Société auxiliaire de services et de matériels aéronautiques, holding de TAT), TAT, Rousseau Aviation, Euralair ou l’Etat[7].

1986 – 1989 : Expansion contrariée du réseau

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Le 27 juin 1986, la compagnie aéromaritime d'affrètement change de nom en Aéromaritime. A l'instars d'Air Charter International pour Air France et Air Inter, Aéromaritime est chargée du marché "Charter" d'UTA. En novembre 1987, Nouvelles Frontières dirigée par Jacques Maillot et UTA signent un accord pour la desserte des Antilles avec un Douglas DC-10[8]. Viendra ensuite un accord supplémentaire sur la Réunion, la Thaïlande et le Mexique en remplaçant le DC-10 par un Boeing 747 de 532 sièges. Enfin, Chargeurs S.A. entre au capital pour 49 % des parts[8].

Le , UTA annonce une commande ferme de 6 Airbus A340 et 6 options pour des livraisons prévues entre 1992 et 1994. C'est la première commande d'avions Airbus dans l'histoire de la compagnie[9].

Au milieu des années 1980, la compagnie est confrontée à la chute du trafic en Afrique et dans le Pacifique. UTA demande donc aux instances de régulation la possibilité de desservir d'autres destinations pour améliorer sa situation financière. Elle obtient en 1986 la desserte de San Francisco, en concurrence avec Air France. En contrepartie, Air France obtient la possibilité de desservir Tahiti[10].

En , le premier ministre Jacques Chirac refuse d'autoriser UTA à desservir New-York. Cette demande avait été critiquée en par Jacques Friedman, président d'Air France et ami proche de Jacques Chirac, au prétexte que « l'arrivée d'UTA à New-York aggraverait la surcapacité sur l'Atlantique nord, nous affaiblirait face à nos grands concurrents américains et mordrait sur notre clientèle au départ de Paris ». Le Conseil supérieur de l'aviation marchande (CSAM) avait pourtant donné son accord à une telle desserte en [10].

Le , Michel Delebarre, nouvellement nommé ministre des Transports et de la Mer, annonce dans une allocution devant le CSAM le maintien du principe de non concurrence entre UTA, Air France et Air Inter[11].

Au début de 1989, UTA lance une grande offensive publicitaire dans les quotidiens régionaux pour obtenir le droit de desservir l'aéroport de Newark à New-York depuis cinq grandes villes de province (Toulouse, Marseille, Bordeaux, Mulhouse et Lille). La demande officielle est transmise le à Michel Delebarre[12]. Le CSAM approuve la demande d'UTA le pour trois villes (Toulouse, Marseille et Bordeaux)[11]. Michel Delebarre confirme le la permission d'opérer sur ces trois lignes à partir de [13].

Quelques mois plus tard, le , le vol 772 UTA reliant l'aéroport de Maya-Maya (Brazzaville) à l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, assuré par un DC-10, est la cible d'un attentat terroriste commandité par la Libye. Aucun des 170 passagers et membres d'équipage ne survit à la catastrophe.

1989 – 1992 : Fusion avec Air France

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Le 25 juin 1989, Aéromaritime International vole pour son propre compte vers Pointe à Pitre en Guadeloupe et Fort de France en Martinique[8].

Le contrôle de la compagnie passe à Air France le à la suite du rachat de la majorité des parts de Jérôme Seydoux, successeur de Francis Fabre à la présidence de Chargeurs SA[1].

Bernard Attali, président d'Air France, annonce le des mesures de rationalisation des opérations entre les trois compagnies du Groupe Air France. UTA conserve la filiale Aéromaritime et récupère la desserte exclusive de San Francisco mais perd la desserte de New-York depuis la province au profit d'Air France[14].

Aéromaritime International cesse ses activités le 31 octobre 1991[8].

La fusion UTA et Air France est progressive et la première étape est franchie le avec le transfert de toute l'activité aérienne d'UTA (flotte, exploitation commerciale et effectifs) à Air France. Dans la coquille aux trois quarts vide de l'UTA, ne subsistaient plus que l'activité industrielle, et les loyers versés par Air France pour la location gérance de l'activité aérienne.

Le problème posé à Air France par l'absorption d'UTA, était l'existence de la Coopérative de Main-d'œuvre, qui l'aurait obligée à payer 15% de la valeur de liquidation d'UTA[15]. La solution trouvée est qu'UTA absorbe Air France, pour qu'Air France devienne elle aussi une société anonyme à participation ouvrière[15],[16].

Le décret 92-1322 du autorise officiellement la fusion-absorption entre la Compagnie nationale Air France et la société UTA[17].

Par décision de l'assemblée générale mixte du , Air France est dissoute, et absorbée par UTA, pour devenir Compagnie nationale Air France[1]. Ainsi le régime de société anonyme à participation ouvrière est étendu à la compagnie entière[18], et comme UTA absorbe Air France, les salariés d'UTA ne reçoivent aucun bonus de liquidation. Cette action mène plusieurs ex-salariés d'UTA à porter plainte, qui avant la fusion organisèrent une grève[19]. Certains iront même jusqu'à porter plainte[15], mais cette action n'aboutit pas[18],[19],[20].

La fusion effective et la disparition du pavillon UTA est réalisée le [1].

Au 1er janvier 1993, Air France ayant fusionné avec UTA , la société "C.R.M.A." (Construction et de Réparation de Matériel Aéronautique) devient la filiale directe d’Air France en intégrant Air France Industries[7].

C'est sa structure juridique qui est aujourd'hui celle du groupe Air France-KLM, holding contrôlant Air France et KLM Royal Dutch Airlines (KLM).

Identité visuelle

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Éléments visuels

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Liste des présidents de la compagnie

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UTA a majoritairement exploité des avions McDonnell Douglas et Boeing.

En 1970, la compagnie aérienne exploite les avions suivants :

À partir de 1970, certains DC-8 d'UTA sont retirés du service et intègrent l'Escadron de transport 3/60 Esterel ainsi que l'Escadron électronique 51 Aubrac en tant que DC-8 Sarigue, ils restent opérationnel jusqu'en 2004.

Au 30 septembre 1976, la flotte de la compagnie était composée de[22] :

  • Douglas DC-10-30 (6 avions) ;
  • Douglas DC-8 62 et 63 (5 avions) ;
  • Douglas DC-8 Cargo (3 avions) ;
  • Douglas DC-8 53 (1 avion) ;
  • Fokker F27 (2 avions)
  • Sud-Aviation Caravelle (1 avion) ;
  • Britten-Norman (1 avion).

En 1978, la flotte aérienne de la compagnie est composée de :

Au , la compagnie aérienne utilise les appareils suivants :

En outre, six Airbus A340 et un Boeing 767-300 font l'objet de commandes fermes[9].

Avions d'U.T.A.

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Avions Aéromaritime

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Les effectifs du groupe UTA atteignaient 8 367 personnes au dont pour la seule compagnie UTA : 6 771 (personnel navigant : 1 248, personnel outre-mer : 1 269, personnel au sol en métropole : 4 254).

UTA se plaçait au 34e rang des 204 compagnies membres de l'AITA pour le trafic international passagers et au 27e rang pour le trafic fret.

Maintenance

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Sur le site du Bourget, existait un département spécialisé dans la maintenance de sa flotte puis celle d'Air France. Ce département réalisait également des réaménagements intérieur de cellule, des peintures complètes d'appareils, y compris pour d'autres compagnies aériennes comme la Swissair.

Deux Aero Spacelines Super Guppy ont été construits sur le site du Bourget pour le compte d'Airbus Industries : en 1976 le Guppy no 3, et en 1981 le no 4, devenu avion cargo transporteur de la NASA.

Incidents et accidents

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L'Union de Transports Aériens (UTA), compagnie aérienne française active de 1963 à 1992, a été impliquée dans plusieurs accidents et incidents au cours de son histoire, dont certains ont entraîné des pertes humaines et des destructions d'appareils. Parmi ceux-ci, l'attentat terroriste du vol UTA 772 en 1989 reste l'événement le plus marquant, considéré comme l'une des pires catastrophes de l'aviation française. Cette section recense les principaux accidents et incidents impliquant des avions d'UTA ou de ses prédécesseurs, notamment l'Union Aéromaritime de Transport (UAT).

Liste des accidents et incidents

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  1. 29 mars 1959 – Explosion en vol d’un Nord Noratlas, République centrafricaine Un Nord Noratlas (immatriculation F-BGZB), opéré par UAT, explose en vol entre Berbérati et Bangui, tuant les neuf occupants, dont Barthélemy Boganda, premier ministre du territoire autonome de la République centrafricaine. L’enquête évoque une possible défaillance structurelle ou un sabotage, sans conclusion définitive.
  2. 26 décembre 1958 – Crash d’un Douglas DC-6B à Salisbury, Rhodésie (Zimbabwe) Un Douglas DC-6B (immatriculation F-BGTZ) s’écrase peu après son décollage de Salisbury (aujourd’hui Harare) dans une tempête tropicale. Une rafale descendante est identifiée comme la cause principale. Sur les 70 occupants, trois perdent la vie.
  3. 2 octobre 1964 – Crash d’un Douglas DC-6B près de Grenade, Espagne Un Douglas DC-6B (immatriculation F-BHMS) s’écrase sur le mont Alcazaba, près de Grenade, lors d’un vol entre Palma de Majorque et Port-Étienne (Nouadhibou, Mauritanie). Les 80 occupants (73 passagers et 7 membres d’équipage) périssent. La cause reste indéterminée, bien que des conditions météorologiques ou une erreur de navigation soient suspectées.
  4. 12 juillet 1972 – Détournement d’un vol Abidjan - Paris Un vol régulier d’UTA reliant Abidjan à Paris est détourné par des pirates de l’air, entraînant la mort de deux personnes. Les circonstances exactes de cet incident restent peu documentées.
  5. 16 mars 1985 – Incendie d’un Boeing 747 à Paris-Charles-de-Gaulle Un Boeing 747-3B3 (immatriculation F-GDUA) est détruit au sol à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle par un incendie accidentel déclenché lors d’une opération de nettoyage. Une cigarette mal éteinte dans une toilette serait à l’origine du sinistre. Aucun occupant n’était à bord, évitant toute victime.
  6. 19 septembre 1989 – Attentat du vol UTA 772 au-dessus du Niger Le vol UTA 772, opéré par un McDonnell Douglas DC-10-30 (immatriculation N54629), explose en vol au-dessus du désert du Ténéré, 46 minutes après son décollage de N’Djamena (Tchad), en route vers Paris. Les 170 occupants (156 passagers et 14 membres d’équipage) périssent. L’enquête conclut à un attentat terroriste orchestré par des agents libyens (bombe posée par les services secrets libyens du colonel Kadhafi)[23], en représailles au soutien français au Tchad. En 1999, six responsables libyens sont condamnés par contumace par la justice française. Un mémorial est érigé en 2007 près du site du crash, financé par les indemnisations libyennes. Cet événement est la catastrophe la plus meurtrière impliquant la compagnie UTA.

Contexte et conséquences

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Les incidents d’UTA reflètent les défis de ses opérations, notamment sur des routes africaines aux conditions météorologiques et infrastructures souvent difficiles. L’attentat du vol 772 a marqué un tournant, influençant les politiques de sécurité aérienne et les relations internationales, notamment entre la France et la Libye. La fusion d’UTA avec Air France (1990-1992) a mis fin à ses activités, mais les enseignements tirés de ces événements ont renforcé les normes de sécurité dans l’aviation civile.

Notes et références

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  1. a b c d e f g et h « Union de transports aériens (France ; 1963-1992) », sur francearchives.gouv.fr (consulté le )
  2. Jean, « Union aéromaritime de transport (UAT) », sur 100 ans d'aviation (consulté le )
  3. « PARIS SERA RELIÉ A DAKAR PAR AVION COMET A RÉACTION », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. « Aigle Azur : l'histoire trépidante d'un fiasco », sur www.latribune.fr, (consulté le )
  5. a et b Airline world directory, Flight International p. 870.
  6. Lorenzo Baer, « L'histoire de la compagnie aérienne la plus insolite du monde », sur Aeroflap,
  7. a et b Dimitri Jasmain, « Histoire de la CRMA », sur www.utaasso.com
  8. a b c et d Jean Pierre Bernard, « Aéromaritime », ECHO n° 116, , p. 18
  9. a et b « UTA achète six Airbus A-340 », Le Monde,‎ , p. 24.
  10. a et b Alain Faujas (d), « UTA n'ira pas à New-York : M. Chirac protège Air France », Le Monde,‎ , p. 38.
  11. a et b Alain Faujas, « UTA bientôt à New-York », Le Monde,‎ .
  12. Alain Faujas, « La compagnie UTA réclame le droit de relier cinq villes de province aux États-Unis », Le Monde,‎ , p. 30.
  13. « Air France et UTA se partagent la desserte de New-York au départ de la province », Le Monde,‎ , p. 25.
  14. « Le groupe Air France rationalise ses lignes », Le Monde,‎ .
  15. a b et c « Bernard Attali boucle la fusion Air France-UTA », Les Echos,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  16. « LA PILULE D'UTA », Le nouvel obs, no 71,‎ 1er-7 octobre 1992 (lire en ligne [PDF])
  17. France. « Décret no 92-1322 du 18 décembre 1992 relatif à la fusion de la société U.T.A. et de la Compagnie nationale Air France » [lire en ligne (page consultée le 20 juillet 2020)].
  18. a et b « Création de la nouvelle compagnie Air France », (consulté le )
  19. a et b « Mouvement de grève aujourd'hui à Air France », Les Echos,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  20. « Air France-UTA: la COB saisie du dossier », sur Les échos, (consulté le )
  21. « M. FABRE DEVIENT PRÉSIDENT DE LA COMPAGNIE AÉRIENNE UTA », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  22. « Rapport du Sénat n° 67 1976-1977 sur le transport aérien - Europ'Air page 21 »
  23. « Attentat du DC-10 d’UTA, en 1989 : la colère froide de la veuve du pilote », Le Monde,‎ (lire en ligne)

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Liens externes

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