Théories sur l'assassinat de Kennedy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Il existe un certain nombre de théories relatives à l'assassinat du président Kennedy le .

Ces théories peuvent être classées en deux groupes :

  • la théorie qui veut que les conclusions de la Commission Warren soient exactes et qu'aucun complot n'ait été à l'origine de l'assassinat ;
  • les diverses théories qui impliquent un complot, à savoir la participation d'au moins deux individus dans un projet concerté d'assassiner le Président.

Les chercheurs, historiens ou journalistes qui défendent la première thèse estiment que malgré ses faiblesses et approximations, la Commission Warren a correctement décrit les circonstances générales de l'assassinat du Président par Lee Harvey Oswald, non interrogé du fait de son assassinat le surlendemain des faits.

Les chercheurs du second groupe estiment que l'assassinat du Président, et peut-être celui de son assassin, résultent d'un complot mis en place par un groupe en ayant à la fois les moyens et les motifs.

Certaines des théories du second groupe sont compatibles entre elles, d'autres sont exclusives les unes des autres ; cependant toutes rejettent à un degré ou un autre les conclusions de la Commission Warren.

Des sondages effectués semblent montrer qu'environ 20 % des citoyens américains croient qu'Oswald a agi seul[1], et que donc environ 80 % d'entre eux croient à l'une ou l'autre forme de conspiration. L'expression de coup d'État est également utilisée.

Bases des théories[modifier | modifier le code]

Théories «Warrenistes»[modifier | modifier le code]

Les défenseurs des conclusions générales de la Commission Warren sont parfois désignés sous le vocable de Warrenistes ou néo-Warrenistes.

Ces chercheurs se basent sur :

  • un examen critique des affirmations des auteurs favorables à la conspiration,
  • un réexamen des éléments matériels de l'affaire parfois avec des outils plus modernes que ceux disponibles à l'époque de la Commission,
  • un examen critique des théories de la conspiration, pour conclure qu'aucun élément, ancien ou nouveau, n'a suffisamment de force probante pour infirmer les conclusions de la Commission Warren.

Le terme néo-Warrenistes décrit généralement plus précisément les auteurs qui tout en critiquant les méthodes ou le rapport de la Commission affirment l'exactitude générale de ses conclusions.

Les chercheurs néo-Warrenistes rejettent également l'ensemble des théories de la conspiration, y compris les théories que l'on pourrait qualifier de minimalistes et qui supposent la participation de Lee Harvey Oswald à une conspiration impliquant peu de personnes.

Outre l'absence de véritable élément nouveau, ils se basent sur les éléments suivants qui semblent exclure l'existence d'un complot :

  • la présence d'Oswald dans le TSBD le semble ressortir du hasard : Oswald a obtenu cette place grâce aux indications données par une voisine de son épouse le 15 octobre, c'est-à-dire avant même que le voyage du Président soit annoncé,
  • le meurtre d'Oswald par Jack Ruby, qui semble également avoir été un meurtre non planifié : Ruby s'est trouvé en ville après le moment prévu pour le transfert d'Oswald, et si ce transfert avait eu lieu à l'heure prévue, Ruby n'aurait pas eu l'occasion de tuer Oswald, à moins d'être prévenu lui-même au dernier moment.

Théories de la conspiration[modifier | modifier le code]

Il est difficile de donner des informations générales sur les bases des théories de la conspiration, dans la mesure où la multiplicité de celles-ci implique une multitude d'approches. De manière générale, les chercheurs affirmant l'existence d'une conspiration se basent sur :

  • un examen critique des éléments matériels de l'affaire parfois avec des outils plus modernes que ceux disponibles à l'époque de la Commission,
  • un examen critique des actions des protagonistes,

pour conclure qu'une conspiration est possible, vraisemblable ou certaine.

Parmi les éléments ayant été présentés comme des indices de la conspiration, on peut relever, les points suivants (non exhaustifs) :

  • le fait que la théorie de la balle unique, une des pierres d'achoppement des conclusions de la Commission Warren, ne serait pas crédible,
  • des témoignages indiquant, selon le cas : plus de trois coups de feu, la présence de tireurs ailleurs que dans le TSBD ou la présence de complices,
  • la sécurité réduite à Dallas, plus basse que d'ordinaire (notamment le fait qu'aucun agent du Service Secret n'entourait la limousine), et que les mesures de sécurité, d'ordinaire très draconiennes (fenêtres fermées, tireurs d'élite sur les toits) n'aient pas été appliquées [2].
  • les faits que :
    • les empreintes digitales d'Oswald sur le Carcano ne sont pas visibles lors d'une première analyse à Dallas, elles apparaissent le surlendemain quand l'arme se trouve au siège du FBI. Le préparateur funéraire d'Oswald avait été interrompu par des agents fédéraux venus relever les empreintes du cadavre,
    • le dernier employé à quitter le cinquième étage du Depository le fait entre 12 h 15 et 12 h 20. Afin de construire le mur de cartons autour de la fenêtre, Oswald n'aurait eu que quelques minutes pour déplacer 43 boites totalisant plus d'une tonne, le tout, en ne laissant que deux empreintes sur l'ensemble des boites, parmi ceux d'une dizaine d'employés du Depository qui ne furent pourtant jamais soupçonnés du meurtre,
    • les shérifs fédéraux Roger Craig, Eugene Boone et Seymour Weitzman sont les premiers à découvrir l'arme cachée dans le coin nord-ouest du cinquième étage. Pour Weitzman, ayant tenu une armurerie pendant presque vingt ans, l'arme est facilement identifiable. Ainsi, dans leurs rapports, ainsi que lors de deux conférences de presse dans l'après-midi du 22 novembre, les shérifs mentionnent un Mauser Gewehr 43, arme rare, et parfaite pour ce genre d'opération. Une demi-heure après la version change et le Mauser se transforme en Carcano,
    • alerté par des coups de feu, les premiers policiers qui arrivent sur le Grassy Knoll se heurtent à des «agents» du Secret Service, Secret Service ne déploya d'hommes sur Dealey Plaza [3],[réf. à confirmer]
    • la limousine présidentielle ait été immédiatement nettoyée et réparée, interdisant l'examen de preuves importantes.
    • À partir du film de Zapruder, on pourrait supposer que le coup de feu qui a frappé Kennedy dans la tête est peut-être venu de l'avant. Le fait que la tête de Kennedy recule lorsqu'il est frappé par la balle fatale, indiquerait que la balle a été tirée à partir de l'avant. Des théoriciens soulignent aussi le grand nombre de médecins et d'infirmières à l'hôpital Parkland, ainsi que d'autres, qui ont déclaré que la majeure partie de l'arrière de la tête du président a été soufflée, ce qui suggère fortement qu'il avait été frappé par l'avant.[4][5] Cela donne à penser qu'il y avait un autre tireur situé sur le monticule herbeux à l'avant droit du président.
    • En 1988 le « 3M Company » basé au Minnesota a analysé le coup fatal à la tête. L'étude a déterminé que « Le coup fatal est venu face à la voiture du président [...] du monticule herbeux. » Sherry Gutierrez a conclu que cet « explosion frontal droit » montré dans le film de Zapruder est appelé aussi « projection retour » à la suite de l'entrée de la balle dans la tête. Ensuite, un ancien tireur d'élite de la Marine, Craig Roberts, a affirmé que l'explosion du crâne est caractéristique d'une balle à haute vélocité. De plus, le Dr Roger McCarthy, expert en balistique, a monté une maquette lors du procès de Lee Harvey Oswald[Informations douteuses] [?] qui prouve que le tir venait bel et bien de face et non de derrière, hors si Lee Harvey Oswald avait tiré cette balle elle serait venue de derrière, la voiture présidentielle ayant dépassé l'immeuble où était posté Oswald.
    • le corps de Kennedy ait été emporté pour faire l'autopsie à Washington, ce qui n'est pas conforme aux lois du Texas. En 1963 l'assassinat d'un président n'était pas un crime fédéral et relevait de l'état fédéré dans lequel se produisait l'événement[6].
    • Dealey Plaza même ne fut pas fermé afin de permettre à l'enquête de se faire,
    • le dossier militaire de Oswald ait été détruit en 1973 apparemment à la suite d'un « nettoyage de routine »,
    • le cerveau du Président ait disparu,
    • des photos de l'autopsie aient disparu,
    • la photo d'Oswald avec un Carcano et un journal communiste à la main, qu'Oswald dira d'ailleurs être un photomontage, est suspecte. Des experts de Scotland Yard et de la police canadienne noteront des anomalies: la photo a officiellement été prise au mois de mars, mais la végétation ne correspond pas. De plus, les ombres du nez et de la silhouette d'Oswald n'ont pas le même angle, le journal n'est pas à l'échelle de son corps, la forme du menton ne correspond pas à celui du suspect et le poignet droit présente un excroissance osseuse que n'a pas Oswald [3],
    • des éléments ultérieurs aient démontré que le FBI et la CIA avaient dissimulé des informations et parfois délibérément menti.
  • les circonstances de l'autopsie, menée par des médecins qui n'étaient pas totalement compétents en la matière et qui ont omis certaines vérifications, peut-être sous pression extérieure,

Certaines théories de la conspiration, surtout dans les premiers temps de la critique des conclusions de la Commission Warren, se sont basées sur un certain nombre d'informations fausses dont l'inexactitude n'est pas toujours connue, d'autant plus que beaucoup de ces informations ont été rendues populaires par le film JFK[réf. nécessaire].

Cependant, les théories les plus récentes se basent sur, notamment, les éléments suivants :

  • Il subsiste des incertitudes sur les blessures de Kennedy qui laissent penser qu'il a pu être atteint de plusieurs endroits. Selon ces théories, les diverses enquêtes gouvernementales auraient omis certains éléments, certains difficilement discernables, dont des indications que Kennedy aurait été touché à la tête à deux moments distincts mais quasiment simultanément.
  • Témoignages sur la présence d'Oswald dans divers endroits dont le plus troublant est le témoignage de Sylvia Odio qui semble indiquer la participation d'Oswald à un complot.
  • Un autre personnage assez ressemblant s'est peut-être fait passer pour lui, afin de le piéger. Plusieurs personnes ont été troublées (un employé de l'ambassade du Mexique, et une particulière) d'avoir rencontré un autre Lee Harvey Oswald plus âgé (35 ans).
  • Témoignages sur la présence de deux personnes à la fenêtre du cinquième étage du TSBD au moment des tirs.
  • Témoignages relatifs à la présence de personnes armées ou de coups de feu ou de nuages de fumée du côté du Grassy Knoll sur Dealey Plaza.
  • Les agences gouvernementales ont effectivement caché des éléments importants aux commissions d'enquête.
  • Une empreinte digitale relevée en 1963 sur un des cartons de la cache de l'assassin au 5e étage du Texas School Book Depository a été identifiée par un expert comme appartenant à un individu assez louche proche du Vice-président Johnson. Il s'agit de Malcolm E. "Mac" Wallace, par ailleurs condamné pour meurtre. Le FBI a examiné la question et a affirmé que l'identification était inexacte, mais la question reste ouverte.

Les théories[modifier | modifier le code]

Théories Warrenistes[modifier | modifier le code]

Ces théories sont parfois désignées sous le nom de « théorie du tireur unique », ce qui est une désignation inappropriée : il y a des théories de la conspiration qui postulent l'existence d'un tireur unique, que celui-ci soit Oswald ou une autre personne.

Fondamentalement, malgré quelques variantes portant sur le moment exact des tirs, les blessures, l'emploi du temps ou les motivations d'Oswald. Ces théories appuient les conclusions générales de la Commission Warren, à savoir que Lee Harvey Oswald a tué le président Kennedy seul.

Théories de la conspiration[modifier | modifier le code]

Les personnes ou groupes de personnes suivantes ont été accusés d'avoir été à la source d'une conspiration :

  • Le vice-président Lyndon B. Johnson, qui aurait organisé ou participé à l'assassinat. Johnson est une des personnes qui avaient le plus à gagner de la mort du Président, puisque celle-ci faisait de lui le Président. Johnson est parfois décrit comme un homme aux abois avant l'assassinat : Kennedy aurait envisagé de ne plus le prendre comme candidat vice-Président pour les élections de 1964, notamment à cause des enquêtes criminelles le visant (pour trafic d'influence, détournement de fonds, blanchiment d'argent et corruption), qui s'arrêtèrent ou furent abandonnées après que Johnson fut devenu président. Autre argument en faveur de cette thèse : Johnson était originaire du Texas, l'État où a été assassiné JFK ; toutes les affaires dans lesquelles il était impliqué de près ou de loin avaient pour théâtre le Texas ou les États adjacents (Nouveau Mexique, par exemple). Johnson n'était peut-être pas le conspirateur du début à la fin de l'opération, mais il est possible qu'il se soit entendu avec l'extrême droite sudiste, la mafia et la CIA pour leur permettre d'assassiner le président (rôle de la mafia) et d'étouffer l'affaire (rôle de la CIA, et surtout de Allen Dulles) ; Johnson, en tant que maître de la justice et de la police texane, permettait simplement aux uns et aux autres leurs allée et venues. La thèse d'un complot avec à sa tête Johnson est étayée par des témoignages inédits, documents secrets et enregistrements clandestins dans un documentaire de 2003 réalisé par William Reymond et Bernard Nicolas, dans lequel est identifié un second tueur (Malcolm Wallace). Cette thèse est également détaillée dans le livre best-seller de Barr McClellan (en) paru en 2003, Blood, Money & Power: How LBJ Killed JFK, ainsi que dans celui de William Reymond, paru en 2004, JFK : autopsie d'un crime d'État ;
  • La CIA ou des agents hors de contrôle de la CIA, qui auraient tué Kennedy pour diverses raisons, notamment pour son manque de soutien au débarquement de la baie des Cochons et pour diverses menaces que l'administration Kennedy faisait peser sur l'indépendance de l'agence. (Kennedy aurait déclaré en privé que la CIA l'avait manipulé pour qu'il donne l'ordre d'envahir Cuba. Cependant, on sait par ailleurs que les Kennedy voulaient la mort de Fidel Castro). D'autre part, l'ancien chef de la CIA, Allen Dulles, premier directeur de l'agence, avait été renvoyé par Kennedy après le fiasco de la Baie des Cochons et Dulles aurait cherché à se venger. Il a été nommé par Johnson à la commission d'enquête Warren chargé de faire la lumière sur l'assassinat, d'où le soupçon de connivence entre les deux hommes ;
  • L'extrême droite américaine, qui aurait tué Kennedy car celui-ci s'apprêtait à révéler les liens étroits entre une partie de l'etablishment américain et les nazis jusqu'à Pearl Harbor (une thèse reprise par Sulitzer dans son thriller Puits de lumière). Elle trouvait Kennedy trop doux avec Cuba (il refusait l'emploi de l'USAF lors de la baie des cochons), trop doux avec l'URSS (il acceptait le dialogue avec Khrouchtchev), trop doux avec les Noirs (soutien à Martin Luther King et aux droits civiques dans le Sud) ; tout cela faisait beaucoup pour un seul homme, fût-il président des États-Unis. Le jour même de l'arrivée de JFK à Dallas (fief sudiste), l'extrême droite (affiliée au KKK) distribuait des tracts anti-Kennedy intitulés « Recherché pour Haute Trahison ». Charles de Gaulle a toujours pensé que l'extrême droite était à l'origine de l'assassinat de Kennedy[réf. nécessaire] ;
  • Les pétroliers, en raison des millions de dollars qu'allait leur coûter un changement fiscal planifié par Kennedy ;
  • La mafia de Chicago (en anglais L'Outfit ; « L'Équipe ») aurait assassiné le Président (ainsi que son frère, Robert Kennedy, en 1968) en raison des menaces que l'administration Kennedy faisait peser sur le crime organisé. En effet, celle-ci voulait faire arrêter Jimmy Hoffa, un syndicaliste qui participait au blanchiment d'argent de la mafia italo-américaine de Chicago, à travers un complexe système utilisant l'argent de la caisse de retraite des Teamsters. C'est Sam Giancana, boss de l'Outfit à l'époque qui aurait fait tuer les frères Kennedy. De plus, John Kennedy n'avait pas payé sa dette envers la mafia pour son aide lors des élections de 1960 à Chicago. Il fut par ailleurs démontré que la mafia avait collaboré avec la CIA dans le cadre de tentatives d'assassinat de Fidel Castro et que celle-ci avait donc également un intérêt particulier à l'égard de Cuba. En effet, avant la chute de Battista, l'île et particulièrement sa capitale La Havane était, sous la férule de Meyer Lansky et de Lucky Luciano, une plaque tournante du blanchiment d'argent de la mafia américaine. L'arrivée au pouvoir de Castro, qui mettra fin à cet état de fait, sera considérée comme la déroute la plus coûteuse de l'histoire de l'organisation criminelle[10]). De plus, Kennedy et Giancana avaient une maîtresse commune, Judith Campbell. Celle-ci entama une liaison avec le président américain, qui durera jusqu'à l'été 1962, tout en étant parallèlement avec Giancana. Les liaisons Campbell-Kennedy-Giancana sont citées publiquement pour la première fois en 1975. Judith Campbell en profita pour expliquer sa théorie sur l'assassinat de Kennedy. Selon elle, Kennedy fut assassiné par la mafia de Chicago, plus précisément par Sam Giancana, car il aurait utilisé la Mafia pour être élu président et l'aurait abandonnée ensuite, déclarant une guerre totale au crime organisé ;
  • Des exilés cubains anti-castristes entraînés et travaillant d'ailleurs pour la CIA qui auraient tué Kennedy également en raison de la Baie de Cochons et du manque de soutien de l’administration aux actions contre Castro. Ils avaient également partie liée avec l'extrême droite. Tous en voulaient à Kennedy du fait que dans sa politique de dialogue avec l'URSS, pendant la crise des missiles en octobre 1962, le Président ait engagé officiellement son pays à ne jamais envahir Cuba ;
  • Fidel Castro qui aurait pu vouloir se venger des multiples tentatives américaines de le renverser ou de l'assassiner. Certains, estimant que cette hypothèse est démentie par l'existence de contacts secrets entre Kennedy et Castro, à partir de septembre 1963[11], analysent cette hypothèse comme une tentative, par la mafia, de détourner l'attention. L'hypothèse selon laquelle Castro aurait voulu assassiner JFK est peu probable, puisque lors de la baie des cochons, c'est Kennedy qui avait empêché l'US Air Force de bombarder Cuba (à la grande fureur de la CIA). En 1975, Fidel Castro a vigoureusement démenti cette accusation, la jugeant « monstrueuse » à l'occasion d'une visite du sénateur démocrate Georges MacGovern à Cuba[12]. Il se trouve aussi que le jour même de l'assassinat, le journaliste français, Jean Daniel, s'entretenait à Cuba avec Fidel Castro ; il témoigna par la suite que la nouvelle l'avait profondément affecté. De surcroît, le dirigeant cubain venait juste d'envoyer une lettre à Kennedy acceptant des négociations pour une normalisation des relations américano-cubaines [13] ;
  • Des agents d'Israël qui, d'après les allégations de Mordechai Vanunu (technicien nucléaire à la central de Dimona) faites dans le journal arabophone Al-Hayat en juillet 2004, aurait voulu se venger des pressions relatives à son programme nucléaire[14]. Vanunu a été le premier à avoir révélé les détails de ce programme nucléaire en 1986 et a été condamné en 1988 à 18 ans de prison pour trahison, espionnage et révélation de secrets d'État. Ces allégations intervenant trois mois après avoir été libéré de prison[15]. La thèse de la piste israélienne est aussi défendue par Michael Collins Piper (en) dans son livre Final Judgment ;
  • Un groupe de « patriotes » américains qui aurait tué Kennedy en raison des risques de troisième guerre mondiale que son inexpérience faisait courir au pays[réf. nécessaire] ;
  • Charles Harrelson (1928-2007) père de l'acteur Woody Harrelson, emprisonné pour avoir tué le juge John H. Wood, Jr. le 29 mai 1979 ; en 1982, Charles Harrelson a prétendu avoir participé à l'assassinat de John F. Kennedy[16] ;
  • La mafia américaine aurait fait appel à Antoine Guérini pour engager des tueurs à gages corso-marseillais (Lucien Sarti déguisé en policier de Dallas et ses deux complices Sauveur Pironti et Roger Bocognani qui auraient effectué un tir croisé à partir de leurs trois positions) selon un documentaire diffusé le 25 octobre 1988 par la chaîne ITV[17],[18].

Enfin, parmi les complices à tout le moins de la dissimulation du complot, on cite J. Edgar Hoover, directeur du FBI, qui aurait pu subir un chantage de la part de la mafia qui aurait connu son homosexualité dissimulée. Hoover fut ensuite nommé directeur à vie du FBI par Johnson.

Parmi les possibles complices, en tout cas de dissimulation, on cite aussi souvent Allen Dulles qui devait à Kennedy d'avoir perdu son poste de directeur de la CIA (à la suite de la catastrophe du débarquement de la baie des Cochons), alors qu'il en était l'incarnation depuis une décennie. Dulles, nommé par le Président Johnson comme membre de la Commission Warren, aurait dissimulé à la commission les liens de la CIA avec la mafia et les anticastristes. On relève également que l'ancien adjoint de Dulles à la CIA, le sous-directeur Charles Cabell (limogé en même temps que Dulles), avait pour frère le maire de Dallas.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir notamment ce sondage de ABC News ou celui de Fox News en 2003
  2. T. Lentz - John F. Kennedy - Histoire d'un mystère d'Etat - Nouveau Monde Editions 2010 - p.302
  3. a et b William Reymond, JFK : Autopsie d'un crime d'État, Flammarion, , 492 p. (ISBN 2-08-067506-0)
  4. Summers 2013, p. 31-.
  5. Marrs 1990, p. 55-89.
  6. T. Lentz - John F. Kennedy - Histoire d'un mystère d'Etat - Nouveau Monde Editions 2010 - p.44
  7. par l'ordre exécutif numéro 111 110 abrogeant ainsi l’acte exécutif 10289
  8. Les secrets de l’institut d’émission des États-Unis, par Wolfgang Freisleben, 2007, Horizons et débats.
  9. http://www.uhuh.com/money/kennmon.htm.
  10. Quand la mafia enfumait la havane - article du Point du 27 juin 2010.
  11. Manuela Semidei, Kennedy et la Révolution cubaine, Paris Gallimard, 1972 coll Archives
  12. Robert Sam Anson, Ils ont tué Kennedy, Paris, Denoêl, 1976.
  13. Jean Daniel, Le Temps qui reste, Paris, 1974.
  14. Israel killed JFK,says Vanunu sur rediff India Abroad
  15. L'Israélien Vanunu a été libéré - article du Nouvel Observateur du 22 avril 2004.
  16. Entretien avec Charles Harrelson, Dallas Channel 4, 1982.
  17. Voir : Michel Mertz et Jean Souètre.
  18. Jacques Follorou, Vincent Nouzille, Les Parrains Corses. Leur histoire, leurs réseaux, leurs protections, Fayard, , p. 201.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Documentaire vidéo, Affaires criminelles : l'assassinat de John F. Kennedy, raconté par Yves Rénier, éd. Marshall Cavendish.
  • JFK, autopsie d'un complot, documentaire de William Reymond et Bernard Nicolas, France, 2003.
  • Parkland, film réalisé par Peter Landesman, 2013

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vincent Quivy, Qui n'a pas tué John Kennedy : des faits avérés aux théories les plus folles, Paris, Seuil, , 281 p. (ISBN 978-2-021-08538-9, OCLC 863049312)
  • (en) Vincent Bugliosi, Reclaiming history : the assassination of President John F. Kennedy, New York, W.W. Norton & Co, , 1612 p. (ISBN 978-0-393-04525-3, OCLC 80180151)
  • (en) Michael Benson, Who's who in the JFK assassination : an A-to-Z encyclopedia, Secaucus, NJ, Carol Publishing Group, , 511 p. (ISBN 978-0-806-51444-4, OCLC 28424031)
  • (en) Jim Marrs, Crossfire : the plot that killed Kennedy, New York, Carroll & Graf Publishers, , 625 p. (ISBN 978-0-881-84648-5, OCLC 22670956)
  • (en) Jim Garrison, On the trail of the assassins : my investigation and prosecution of the murder of President Kennedy, New York, Sheridan Square Press Distributed by Kampmann, , 406 p. (ISBN 978-0-941-78102-2, OCLC 299227512)

(en) Anthony Summers, Not in Your Lifetime, New York, Open Road, (ISBN 978-1-4804-3548-3)

Articles connexes[modifier | modifier le code]