Jack Ruby

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Jack Leon Ruby
Description de l'image CE5301C.jpg.
Nom de naissance Jacob Leon Rubenstein
Alias
Jack Ruby
Naissance
Chicago
Décès (à 55 ans)
Dallas
Nationalité Drapeau des États-Unis États-Unis
Pays de résidence États-Unis
Ascendants
Joseph Rubenstein (père) et Fannie Turek Rutkowski (mère)

Jacob Leon Rubenstein, qui changea son nom en Jack Leon Ruby, né le à Chicago, mort le à Dallas, était le propriétaire d'une boîte de nuit à Dallas ; il assassina Lee Harvey Oswald le , deux jours après que ce dernier eut été arrêté pour suspicion d'assassinat du Président Kennedy.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1903, Joseph Rubenstein et Fannie Turek Rutkowski, d'origine juive polonaise, futur parents de Jack Ruby, immigrent aux États-Unis.

Le , à Chicago, naissance de Jacob Leon Rubenstein (futur Jack Ruby), cinquième enfant d'une fratrie en comptant huit. Sa date de naissance est incertaine, Ruby en ayant donné lui-même plusieurs.

Jacob Leon Rubenstein a une enfance troublée et sert dans l'armée des États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale, sans toutefois combattre.

En 1947, démobilisé, Jacob Leon Rubenstein s'établit à Dallas où lui et ses frères changent leur nom en Ruby.

Après diverses activités, Jack Ruby se lance dans la gestion de diverses boîtes de nuit et de strip-tease, ce qui le met en contact avec le crime organisé.

Après un voyage à Cuba en 1959, il rencontre un certain nombre de membres de la mafia de Chicago.[réf. nécessaire]

Assassinat de Lee Harvey Oswald[modifier | modifier le code]

Jack Ruby tirant sur Lee Harvey Oswald.

Après l'arrestation de Lee harvey Oswald, plusieurs témoins voient Jack Ruby dans les bureaux de la police. Il aime à être présent là où les choses se passaient. La plupart des témoignages décrivent un homme à la fois bouleversé par la mort du Président (il a décidé de fermer son club) et désireux de se mettre en valeur.[réf. nécessaire]

Le matin du dimanche , le transfert de Lee Harvey Oswald vers la prison doit se faire à 10 heures. Le transfert est cependant retardé tout d'abord par un interrogatoire d'une heure mené par l'inspecteur en chef de la poste (qui a décidé de ne pas aller à l'église ce jour-là afin de tenter d'aider la police), ensuite par Oswald lui-même qui demande à la dernière minute de pouvoir passer son pull noir pour passer à la télé.

Pendant ce temps, une des danseuses de Ruby l'appelle afin de lui demander de lui verser 25 dollars pour de la nourriture et son loyer. Jack Ruby se rend au centre-ville pour lui virer l'argent. Avec son chien favori, Sheba, dans la voiture, Jack Ruby quitte son domicile une heure après l'heure à laquelle Lee Harvey Oswald aurait dû être transféré. Il effectue son versement et retourne au poste de police à l'extérieur duquel il a remarqué une petite foule.

À son arrivée, un camion monte la rampe vers le garage en distrayant le garde; Jack Ruby en profite pour entrer dans le sous-sol.

Lorsque Lee Harvey Oswald apparaît une minute plus tard, à 11 heures 21, Jack Ruby se porte en avant et l'abat avec le revolver qu'il a l'habitude d'avoir sur lui afin de protéger les importants montants en liquide qu'il transporte régulièrement (2000 dollars ce jour-là). Le transfert de Lee Harvey Oswald est diffusé en direct à la télévision.

Mobiles[modifier | modifier le code]

Jack Ruby affirme plus tard qu'il a tué Lee Harvey Oswald sur un coup de folie survenu au moment même, quoique lors de son arrestation, il affirme à plusieurs policiers que sa mort épargne à l'épouse du Président, Jacqueline Kennedy, la souffrance de devoir paraître au procès de l'assassin de son mari.

L'historien Lamar Waldron[1] estime qu'il y a eu conspiration, et croit que Jack Ruby a tué Lee Harvey Oswald sur ordre de la mafia de Chicago pour empêcher Lee Harvey de se défendre. (Cependant, Oswald en 12 heures d'interrogatoire serré n'a jamais rien dit s'incriminant ou incriminant une tierce partie alors que Jack Ruby n'a pas cessé d'être volubile et ses confidences en prison et aux policiers ont servi en grande partie à sceller son procès)[réf. nécessaire].

Procès et emprisonnement[modifier | modifier le code]

Tom Howard, l'avocat initialement retenu par Jack Ruby, croit que ce dernier a de bonnes chances de s'en tirer avec une condamnation de meurtre sans préméditation, ce qui lui vaudrait au maximum 5 ans de détention. Jusqu'en 1974, le droit texan est plutôt clément à l'égard des meurtres commis sous l'effet de la passion.

Au procès, la famille de Jack Ruby retient plutôt les services de Melvin Belli, un avocat flamboyant de San Francisco spécialiste des causes civiles, qu'on surnomme “King of the torts”, mais qui n'est pas particulièrement familier avec les subtilités du code criminel texan.

Melvin Belli tente d'abord de faire déplacer sans succès le procès hors des limites du comté de Dallas parce que, selon lui, Jack Ruby ne peut y être jugé équitablement; les sondages d'opinion indiquent pourtant le contraire et la population locale lui est plutôt favorable. Melvin Belli organise la défense de Jack Ruby autour d'une condition mentale rare dont aurait souffert son client : l'épilepsie psychomotrice. En effet, au moment des faits, il aurait souffert d'une crise et aurait agi par automatisme et ne se souvient plus des faits après coup. Bill Alexander, le district attorney-adjoint taille en pièces cette défense et prouve hors de tout doute l'intention criminelle du défendeur, non seulement Jack Ruby savait ce qu'il faisait, mais en plus, il en était fier.

Le , le jury reconnaît Jack Ruby criminellement responsable du meurtre de Lee Harvey Oswald; juge Joe B. Brown le condamne à la peine de mort pour meurtre avec préméditation. La sentence par électrocution doit être exécutée à la prison d'État de Huntsville.

Après son procès, Jack Ruby est interrogé par le juge Earl Warren, le commissaire Gerald Ford et le procureur Arlen Specter de la commission Warren à la prison du comté. Jack Ruby rend un témoignage qui confirme ce qu'il a toujours affirmé et exige même de refaire son témoignage sous contrôle d'un détecteur de mensonge pour prouver sa bonne foi. Sa condition mentale s'étant détériorée depuis sa condamnation, Jack Ruby prend à part Warren et Specter et leur confie un secret : il entend des voix venir des soubassements de la prison, c'est les voix des 25 millions d'âmes juives qui y ont été éliminées par les partisans de la John Birch Society, une organisation radicale de droite. Craignant pour sa vie, il exige qu'on le transfère à Washington D.C. pour témoigner, à l'instar du mafieux Joe Valachi qui en a témoigné contre la mafia à visage découvert devant les caméras.

Les avocats de Jack Ruby finissent par faire reconnaître par une cour d'appel[réf. nécessaire] que le premier procès a été mal mené du fait de sa tenue à Dallas. La sentence de Jack Ruby est commuée dans l'attente d'un nouveau procès qui doit se tenir à Wichita Falls au Texas.

Le , Jack Ruby meurt avant la tenue d'un nouveau procès au Parkland Memorial, d'une embolie pulmonaire consécutive à un cancer avancé qui s'est étendu au foie, aux poumons et au cerveau. Il est enterré au cimetière de Westlawn à Chicago.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Pottecher, Grands procès, Dallas affaire Ruby, 1965 Arthaud

Références[modifier | modifier le code]

  1. L'assassinat de JFK, affaire classée, éd. de l'Homme, 2014.

Articles connexes[modifier | modifier le code]