Salvator Mundi (Léonard de Vinci)

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Salvator Mundi
Leonardo da Vinci or Boltraffio (attrib) Salvator Mundi circa 1500.jpg
Artiste
attribué à Léonard de Vinci
Date
Entre 1490 et 1519
Technique
peinture à l'huile sur panneau de noyer
Dimensions (H × L)
45,4 × 65,6 cm
Mouvement
Localisation
collection privée

Salvator Mundi est un tableau de 45,4 × 65,6 cm peint entre 1490 et 1510 sur un panneau en noyer, attribué à Léonard de Vinci[1].

Thème[modifier | modifier le code]

le Salvator Mundi est un thème popularisé par des peintres d'Europe du nord tels que Jan van Eyck, Hans Memling, et Albrecht Dürer : il s'agit d'une représentation du Christ portant un orbe dans sa main gauche tout en utilisant sa main droite pour bénir.

Description[modifier | modifier le code]

La peinture reprend ce thème avec le Christ donnant une bénédiction et tenant une boule de cristal dans la main gauche. Les vêtements sont bleuâtres avec des garnitures en brocart d'or, montrent le Sauveur avec de longs cheveux blonds bouclés. Il porte les attributs caractéristiques des empereurs, avec deux bandes croisées sur sa poitrine.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le tableau aurait été réalisé par Léonard de Vinci pour Louis XII entre 1506 et 1513[2]. On en possède une description par Giorgio Vasari et plusieurs esquisses préparatoires. Le travail récemment authentifié a autrefois appartenu à Charles Ier d'Angleterre et enregistré dans sa collection d'art en 1649 avant d'être vendu aux enchères par le fils du Duke de Buckingham et de Normanby (en) en 1763, puis sa trace se perd.

Il ré-apparaît en 1900, quand il a été acheté par un collectionneur britannique, Francis Cook, 1st Viscount of Monserrate (en), son attribution porte à débats, on pense alors à Giovanni Antonio Boltraffio. Les descendants de Cook l'ont vendu aux enchères en 1958 pour 45 £[3]. En 1999, il est attribué aux Leonardeschi et atteint 332 500 $ chez Sotheby's[4]. En 2005, le tableau a été acquis par un consortium de marchands d'art dont Robert Simon, spécialiste des maîtres anciens. Il a été gravement endommagé par des tentatives de restauration précédentes, a été fortement repeint et reverni, de sorte qu'il ressemblait à une copie. Une barbe et des moustaches ont été ajoutées, probablement après la Contre-Réforme, pour adapter l'image du Christ à la physionomie officielle. Il est alors décrit comme «une épave, sombre et lugubre»[5].

Il a subi un long travail de restauration. Les ajouts manifestes comme la barbe et les moustaches qui étaient absents de la peinture sous-jacente, ont été retirés. Puis il a finalement été authentifié comme un tableau de Léonard. Il a été exposé à la National Gallery de Londres pour l'exposition Leonardo da Vinci: peintre à la Cour de Milan du 9 novembre 2011 au 5 février 2012[6],[7]. En 2013, le tableau a été vendu au collectionneur russe Dmitri Rybolovlev pour 127,5 millions $, par l'intermédiaire du distributeur suisse Yves Bouvier[8],[9],[10]. Cette oeuvre exceptionnelle, seul tableau du Maître encore entre des mains privées, passera à nouveau sous le marteau des commissaires priseurs de Christie's New York, le 15 novembre 2017[11].

Attribution[modifier | modifier le code]

La peinture a été comparée à plus de vingt autres versions du Salvator Mundi. Plusieurs caractéristiques ont conduit à l'attribution de Léonard: elle contient un certain nombre de repentirs évidents, la technique inhabituelle de dégradé, comparable au sfumato, sur le bord de la paume est typique de nombreuses de ses œuvres[12]. La manière dont les boucles de cheveux et le travail sur les plis des vêtement ont été traitées sont également considérés comme révélatrices de son style. Les pigments et le panneau de noyer sur lequel la peinture a été exécutée sont compatibles avec d'autres de Léonard[13]. La réfraction optique produite sur le cristal est une partie de virtuosité, témoin d'une étude approfondie tout à fait compatible avec les intérêts scientifiques de Léonard. D'autres parties comme le visage sont médiocres; la tête est rigide et légèrement disproportionnée, le cou est mal positionné ce qui serait étrange pour un artiste si féru d'anatomie; ceci pourrait être expliqué par une mauvaise restauration et un mauvais entretien.

En mai 2008, le tableau est envoyé à la National Gallery de Londres pour être comparé à La Vierge aux rochers qui pourrait dater de la même période. Plusieurs experts de Léonard sont invités à examiner la peinture, dont Carmen Bambach, David Alan Brown, Maria Teresa Fiorio, Martin Kemp, Pietro C. Marani et Luke Syson. En 2010, enfin, le travail de restauration est terminé. Les experts réunis sont parvenus à la conclusion que ce tableau pourrait fort bien être un original authentique de Léonard de Vinci.

Martin Kemp, l'expert de Léonard qui a aidé à authentifier l'œuvre, a dit qu'il a su, dès le premier coup d’œil sur le tableau restauré, que c'était une œuvre de Léonard : « Il y avait ce genre de ressenti de Léonard ... cette inquiétante étrangeté que Léonard sait manifester dans sa peinture[12]. »

Copies de l'œuvre de Léonard[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Andrew M. Goldstein, « The Male "Mona Lisa"?: Art Historian Martin Kemp on Leonardo da Vinci's Mysterious "Salvator Mundi" », Blouin Artinfo,
  2. Joanne Snow-Smith, The Salvator Mundi of Leonardo da Vinci, Seattle : Henry Art Gallery, University of Washington, 1982. (OCLC 8986183)
  3. Vendu 50 euros, le tableau s'avère être un Leonard de Vinci, Slate.fr, 3 juillet 2011
  4. Important Old Master Paintings - Sotheby's 28 de mayo de 1999
  5. (en) Milton Esterow, « A Long Lost Leonardo », ARTnews,‎ (lire en ligne)
  6. (en) BBC News, « Lost Leonardo Da Vinci painting to go on show », BBC, (consulté le 12 juillet 2011)
  7. (en) « Scholars authenticate a painting that was missing for centuries », En.99ys.com (consulté le 22 juillet 2013)
  8. Reyburn, Scott. Recently Attributed Leonardo Painting Was Sold Privately for Over $75 Million. New York Times. 3 March 2014. [1]
  9. (en) Bendor Grosvenor, « Salvator Mundi at heart of art fraud case », sur arthistory.com, Bendor Grosvenor (consulté le 12 mars 2015)
  10. Clémençon, Gilles. Accusé d’escroquerie, le "roi des ports francs" Yves Bouvier riposte. RTS Info. 22 mars 2015. [2]
  11. http://www.christies.com/features/The-last-da-Vinci-Salvator-Mundi-8598-3.aspx?sc_lang=en#FID-8598
  12. a et b Andrew M. Goldstein, « The Male "Mona Lisa"?: Art Historian Martin Kemp on Leonardo da Vinci's Mysterious "Salvator Mundi" », Blouin Artinfo,
  13. http://arthistory.about.com/od/leonardo/ss/A-Closer-Look-at-Salvator-Mundi-by-Leonardo.htm

Liens externes[modifier | modifier le code]