Centre de recherche et de restauration des musées de France

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Centre de recherche et de restauration des musées de France
C2RMF logo.png
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Histoire
Fondation
Cadre
Type
Forme juridique
Service à compétence nationale
Domaine d'activité
Recherche sur les matériaux du patrimoine muséal, restauration des œuvres d'art des Musées de France, conservation préventive, application au patrimoine muséal des nouvelles technologies de l'information
Siège
Paris et Versailles, France
Pays
Organisation
Direction
Jean-Michel Loyer-Hascoët
Site web
Identifiants
SIREN

Le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF) est un service à compétence nationale du Ministère de la Culture. Situé à Paris (sites du Carrousel et du Pavillon de Flore du Louvre) et à Versailles (Petite Écurie du château de Versailles), il est l’opérateur de l’État dans le domaine de la recherche et de la restauration qui concernent les collections muséales. Le Centre édite deux fois par an la revue Technè, spécialisée dans l’étude et la préservation du patrimoine [1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondé le , le Centre de Recherche et de Restauration des musées de France est issu de la fusion du Laboratoire des musées de France et des ateliers de restauration du service des musées nationaux d’une part et des « musées classés ou contrôlés » d’autre part. Ces deux missions fondamentales, recherche et restauration, sont complétées par le développement d’un département consacré à la conservation préventive.

Si les pratiques de l’entretien des collections royales remontent à l’Ancien Régime, c’est à des artistes que sont confiés le nettoyage et les interventions sur les œuvres jusqu’au début du XXe siècle, puis l’approche devient alors plus scientifique[2].

C’est dans ce contexte, marqué par la découverte des rayons X en 1895, qu’ont lieu les premières tentatives de radiographie des œuvres d’art, au Musée du Louvre, avant la création, en 1931, de l'Institut pour l'étude scientifique de la peinture du musée du Louvre dirigé par Jacques Dupont[3],[4]. Ces techniques d’analyse connaissent un développement très important sous l’impulsion de Magdeleine Hours (1950 à 1982) : les techniques d’imagerie scientifique (radiographie, infrarouge, ultraviolet) approfondissent la connaissance des œuvres. Le laboratoire devient Laboratoire de recherche des Musées de France en 1968[5]. Le successeur de Magdeleine Hours, Jacques Ligot, directeur du Laboratoire des musées de France de 1983 à 1990, à l’origine de l’acquisition d’un accélérateur à particules pour le Ministère de la Culture, tandis que le physicien Maurice Bernard, directeur du Laboratoire des musées de France de 1990 à 1994, fonde la revue Technè en 1994.

En parallèle du laboratoire, les ateliers de restauration se structurent : la création de l’atelier de restauration des peintures du Louvre remonte à 1935 et son premier directeur est le peintre et restaurateur Jean-Gabriel Goulinat. À compter de 1966, le service est étendu aux musées nationaux et dirigé par un conservateur, Germain Bazin (1966-1971), puis Gilberte Emile-Mâle (1971-1980) ou plus récemment, Ségolène Bergeon-Langle[6].

En 1966, sous l’égide de l’Inspection des musées, est également mis en place un Service de restauration des musées de province, renommé Service de restauration des musées de France en 1991. Ses principales figures sont René Guilly et France Dijoud. Un temps au Louvre, ses ateliers s’installent définitivement à la Petite Ecurie du château de Versailles en 1986. Les deux services de restauration fusionnent en 1992.

À la fin des années 1990, le regroupement du Laboratoire des Musées de France et du Service de restauration des Musées de France est envisagé afin de garantir la qualité technique des actions de l’État et de renforcer la pratique de l’interdisciplinarité. Cela doit permettre de développer une véritable politique de conservation préventive, tandis que les fonds de documentation constitués par chacun de ces services doivent être rassemblés, permettant de créer des fonds scientifiques et techniques plus complets. Il s’agit alors de rationaliser et d’optimiser l’utilisation des moyens publics, en assurant une plus grande complémentarité avec d’autres acteurs culturels et scientifiques.

Missions et organisation[modifier | modifier le code]

Les missions du C2RMF sont précisées dans l’arrêté de 1998 portant sa création[7], mais aussi dans la loi no 2002-4, dite « loi Musées » (), relative aux musées de France et dans ses décrets d’application (décrets no 2002-628 du (article 19) et 2002-852 du (article 9)) et dans le code du patrimoine.

Le C2RMF est dirigé par Jean-Michel Loyer-Hascoët, administrateur général. Il a connu cinq directeurs :

  • Jean-Pierre Mohen (1998-2005)
  • Christiane Naffah-Bayle (2005-2010),
  • Marie Lavandier (2010-2014)
  • Isabelle Pallot-Frossard (2015-2021).
  • Jean-Michel Loyer-Hascoët (depuis août 2021).

Le C2RMF compte un peu plus de 150 agents et est constitué, outre son secrétariat général, de trois départements, recherche, restauration et conservation préventive, ainsi que d’un service d’archives et documentation, d’une mission Nouvelles Technologies de l’Information », d’une cellule Bibliothèques chargée d’animer le réseau des bibliothèques des musées nationaux, et d’un service de communication.

Recherche[modifier | modifier le code]

Les équipes du Département Recherche répondent soit à des demandes d’études de la part des musées (exemple : lors d’une demande d’acquisition importante), soit des demandes liées à des restaurations (exemple : objets du Complexe funéraire du Moutot à Lavau), soit encore des projets de recherche plus ambitieux, souvent à l’échelle européenne. La plupart des projets sont à présents portés par la Fondation des sciences du patrimoine, dont le C2RMF fait partie depuis sa création en 2013.

Certains chercheurs sont aussi membres d’Unités mixtes de recherche : l’UMR 7055 Préhistoire et Technologie avec le CNRS et l’Université Paris-Nanterre, et l’UMR 8247 avec le CNRS et l’Institut de Recherche Chimie Paristech. Le centre accueille un plateau technique d’équipements permettant l’analyse non invasive des œuvres d’art, dont l’accélérateur de particules AGLAE (Accélérateur Grand Louvre d'analyse élémentaire), seul équipement de cette dimension à être consacré à l’étude des œuvres d’art en Europe. La recherche concerne la nature et les mécanismes d’altération des matériaux du patrimoine culturel (étude des provenances, des procédés, des modes d’utilisation de ces matériaux, de leur dégradation, etc.).

Outre l’équipe dédiée à AGLAE, les agents du Département sont organisés en groupes de recherche par matériaux : peinture et polychromie, objets, datation, matière organique, imagerie scientifique.

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Restauration[modifier | modifier le code]

Le Département Restauration est organisé en 6 filières : archéologie et ethnologie, peintures, sculptures, arts décoratifs, arts graphiques, art moderne et contemporain.

Les ateliers de restauration situés à Paris et à Versailles accueillent les biens culturels issus des musées de France en vue de leur restauration, assurée par quelques restaurateurs fonctionnaires (techniciens d’art et chefs des travaux d’art du Ministère de la Culture) et des restaurateurs indépendants, diplômés des instituts de formation ou habilités par le Ministère de la Culture.

Le Département Restauration prend part aux commissions régionales de restauration où il fournit un avis technique sur les projets des musées de France.

Conservation préventive[modifier | modifier le code]

En conservation préventive, le centre conduit des recherches sur les mécanismes de vieillissement et de dégradation des matériaux des œuvres, les méthodes de prévention, les matériaux et techniques de restauration. Il étudie les conditions de conservation des œuvres, de leur transport, leur mise en réserve et leur présentation au public. Le Département donne un avis sur les projets de rénovation des musées, l’achat de gros matériel ou les campagnes de conservation préventive des musées de France.

Archives et documentation, réseau des bibliothèques des musées nationaux, mission nouvelles technologies de l'information[modifier | modifier le code]

Le Centre conserve les archives du Laboratoire du musée du Louvre et des différents services de restauration nationaux depuis les années 1930. Cette documentation exceptionnelle (radiographies, photographies, rapports de laboratoire, dossiers de restauration) est en partie numérisée dans la base de données EROS élaborée par la mission Nouvelles Technologies de l’Information.

La cellule bibliothèque pilote depuis 2017 le réseau des bibliothèques des musées nationaux. Les publications du C2RMF sont accessibles dans le catalogue collectif des bibliothèques des musées nationaux (monographies, dépouillement de la revue Technè) et sous la forme d’archives ouvertes, sur HAL (voir liens externes).


Les principaux projets dans lesquels est engagé le C2RMF[modifier | modifier le code]


Bibliographie (principales monographies)[modifier | modifier le code]

  • F. Baligand, A. Donetzkoff, M. Faries, A. Labourdette, I. Leegenhoek (dir.), La Renaissance de Jan van Scorel, cat. exp. Paris, fondation Custodia puis Douai, musée de la Chartreuse, Paris, 2011.
  • F. Viguier-Dutheil (dir.), Ingres, secrets de dessins, exposition Montauban, 2011.
  • P.-Y. Kairis, B. Sarrazin, F. Trémolières (dir.), La restauration des peintures et des sculptures, Connaissance et reconnaissance de l’œuvre, Paris, 2012.
  • B. Bourgeois, M. Denoyelle (dir.), L’Europe du vase antique, collectionneurs, savants, restaurateurs aux XVIIIe et XIXe siècles, Rennes, 2013.
  • S. Jugie, C. Tran-Bourdonneau (dir.), Les retables de la Chartreuse de Champmol, Gand, 2014.
  • M. Menu (dir.), Leonardo’s Technical Practice: Paintings, Drawings and Influence, Paris, 2014.
  • S. Bergeon, G. Brunel, La restauration des œuvres d’art, vade-mecum en quelques mots, Paris, 2014.
  • D. Bourgarit, J. Basset, F. G. Bewer, G. Bresc-Bautier, Ph. Malgouyres et G. Scherf (dir.), French Bronze Sculpture 16th-18th Century, Londres, 2014.
  • M.-H. Breuil, C. Dazord, Documentation technique, techniques de documentation, Paris, 2015.
  • I. Biron (dir.), Emaux sur métal du IXe au XIXe siècle, Dijon, 2015.
  • S. Lepape (dir.), Gravure en clair-obscur : Cranach, Raphaël, Rubens, cat. exp. Paris, musée du Louvre, Paris, 2018.
  • F. Barbe, I. Biron et L. Caselli (dir.), I Rami smaltati detti veneziani / Les cuivres émaillés dits vénitiens, Cinisello Balsamo, 2018 (2 vol.).
  • I. Biron, F. Alloteau, P. Lehuédé, O. Majérus, D. Caurant, Glass Atmospheric Alteration, Cultural Heritage, Industrial and Nuclear Glass, Paris, 2019.
  • L. de Chavagnac et B. Mille (dir.), Nouveaux regards sur le trésor des bronzes de Bavay, Cinisello Balsamo, 2019.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. De 1994 à 2017, la revue était éditée par la Réunion des musées nationaux. Elle est à présent en vente sur le site du Comptoir des Presses d’Université et disponible en ligne sur OpenEdition.org au terme d’un embargo de douze mois.
  2. Nathalie Volle, Béatrice Lauwick et Isabelle Cabillic (dir.), Dictionnaire historique des restaurateurs, Tableaux et œuvres sur papier, Paris, 1750-1950, Paris : éditions du Louvre/Mare et Martin, 2020.
  3. Voir l'histoire du laboratoire sur le site Internet du C2RMF
  4. V., « La guerre contre les faux tableaux - L'inauguration au musée du Louvre de l'institut de pinacologie artistique », Le Petit Parisien,‎ (lire en ligne)
  5. Ch. Lahanier, « Naissance de la recherche scientifique au Laboratoire des musées de France (LRMF) », Culture et patrimoine tome II, no 2, 2013, p. 132-141
  6. S. Bergeon-Langle (dir.), Gilberte Emile-Mâle. Pour une histoire de la restauration des peintures en France, Paris, 2009.
  7. Voir sur Légifrance