Saint-André (Savoie)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint-André.

Saint-André
Saint-André (Savoie)
La chapelle Notre-Dame-de-la-Pitié à l'entrée du village.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Savoie
Arrondissement Saint-Jean-de-Maurienne
Canton Modane
Intercommunalité Communauté de communes de Haute Maurienne-Vanoise
Maire
Mandat
Christian Chiale
2014-2020
Code postal 73500
Code commune 73223
Démographie
Gentilé Saintandrenins
Population
municipale
476 hab. (2015 en diminution de 0,83 % par rapport à 2010)
Densité 15 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 12′ 07″ nord, 6° 37′ 11″ est
Altitude Min. 920 m
Max. 3 420 m
Superficie 30,84 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Savoie

Voir sur la carte administrative de la Savoie
City locator 14.svg
Saint-André

Géolocalisation sur la carte : Savoie

Voir sur la carte topographique de la Savoie
City locator 14.svg
Saint-André

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Saint-André

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Saint-André

Saint-André est une commune française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le village est situé dans la vallée de la Maurienne sur la rive droite de l'Arc à 5 km à l'ouest de Modane.

Communes limitrophes de Saint-André
Orelle Saint-André Modane
Freney Fourneaux

Lieux-dits, hameaux et écarts[modifier | modifier le code]

La commune contient une multitude de hameaux :

  • Saint André bourg ;
  • Sous la Ville ;
  • la Praz ;
  • le Villard ;
  • les Champs ;
  • le Villeret ;
  • la Paraz ;
  • Saint Étienne ;
  • Montruard ;
  • Pralognan ;
  • le Col ;
  • Fontagnet ;
  • Polset ;
  • Etc.

Géologie et relief, hydrographie[modifier | modifier le code]

Le ruisseau de Saint-Bernard, séparant les communes de Saint-André (à gauche) et Modane aux portes du parc de la Vanoise.

Le point culminant de la commune est la pointe du Bouchet, à 3 420 mètres.

La principale rivière la traversant dans la vallée est l'Arc en limite sud de la commune. De nombreux torrents d'altitude confluent dans cette-dernière.

Saint-André est une commune du parc national de la Vanoise.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Saint-André est un toponyme issu du nom d'un saint, peut être celui de l'apôtre.

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Sant-Andri, selon la graphie de Conflans[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

2017-fr.wp-orange-source.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (octobre 2016)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Bien accrochée à flanc de montagne, Saint-André était, avant 1806 une ville étape bien connue sur la route reliant le Piémont (Turin) et la Savoie (Chambéry) par le col du Mont-Cenis.

Auberges, hôtels, relais de poste et hôpital accueillaient gens illustres, pèlerins, colporteurs et indigents. Mais sa situation géographique en faisait aussi un verrou naturel de la vallée de la Maurienne que se disputaient les armées en guerre :

  • 1536 : pillage et incendie lors de l'occupation par les troupes de François Ier ;
  • 1597 : bataille entre les troupes piémontaises et françaises. La poudre entreposée dans l'église explose : elle sera reconstruite en 1603 ;
  • 1703-13 : pas moins de 6 occupations et réquisitions militaires, par les troupes du roi de Sardaigne et celles de Louis XIV ;
  • 1743 : occupation espagnole et batailles avec les troupes piémontaises près du Villard (lieu-dit de la commune de Saint-André) ;
  • 1792 : occupation par les troupes révolutionnaires ;
  • 1814-15 : occupation par les troupes autrichiennes ;
  • 1940-44 : occupation par les troupes italiennes et allemandes. Lors des bombardements de Modane en 1943 la très belle église baroque de Saint-André est détruite.

Riche de son patrimoine, souvent brûlé et pillé, Saint-André garde encore vivantes des traces de son passé : fontaines, four banal, vestiges des moulins le long du ruisseau de la Scie.

Témoignage d'une activité religieuse importante, Saint-André qui fut terre épiscopale possède de nombreux monuments :

  • Chapelle Notre-Dame-de-la-Pitié à l'entrée du village avec sa façade ornée d'une peinture murale restaurée ;
  • Chapelle Saint-Roch construite en 1634 ;
  • Chapelle Saint-Étienne, au-dessus du village, de construction antérieure au Xe siècle. Son autel extérieur en pierres rappelle la peste qui décima une partie de la population en 1630 ;
  • Croix mauriennaises uniques, placées sur des supports monolithiques, à proximité des chapelles.

Aujourd'hui village d'accueil, souvent occupé par les troupes militaires, Saint-André conserve pourtant une tradition d'accueil et le sens de la convivialité. Village paisible, en bordure du parc national de la Vanoise, il peut vous arriver comme à Chateaubriand séjournant autrefois à Sain- André d'entendre « chant du rossignol et cri de l'aigle traversant le ciel ».

Si vous passez la fin de l'été dans ce village ne partez pas sans avoir goûté la prune de Saint-André. Cette variété locale de prune blonde à la chair moelleuse et parfumée, facile à dénoyauter était renommée dans le pays. Autrefois, des habitants de haute et basse Maurienne réservaient longtemps à l'avance les récoltes des producteurs locaux. Fruit probable de sélection par des générations de montagnards, cette prune fait partie du patrimoine local qui comme les espèces rares où les monuments historiques mérite toute notre attention.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1977 mai 2007 Raoul Mercier DVG ...
mai 2007 en cours Christian Chiale DVD ...

Saint-André est une des sept communes du canton de Modane.

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Ses habitants sont appelés les Saintandrenins[2]. Selon l'écrivain Joseph Dessaix, dans son ouvrage Nice et Savoie (1864)[3], les habitants étaient surnommés, à cette époque, les Chicaneurs[4].

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[6].

En 2015, la commune comptait 476 habitants[Note 1], en diminution de 0,83 % par rapport à 2010 (Savoie : +3,19 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
9409681 0061 1471 2991 2081 0641 0621 026
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
9861 0049301 2809959549381 0691 080
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
1 005965929872855843776717517
1982 1990 1999 2006 2007 2008 2013 2015 -
478449452463465466484476-
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Industrie[modifier | modifier le code]

photo de la conduite forcée
Vestige de la conduite forcée imaginée par Paul Héroult en 1898, en arceau au-dessus des crues de l'Arc.

La commune de Saint-André peut se flatter d'avoir été choisie pour l'établissement d'une des tout premières usines françaises d'aluminium en 1893, à peu près dans le même temps que Calypso sur la commune de Saint-Martin-de-la-Porte. L'initiative est venue de la Société d'électrométallurgie de Froges où avait été expérimenté en 1889 le procédé électrolytique révolutionnaire mis au point par Paul Héroult. Le choix de La Praz, au bas de la commune, a été dicté par la possibilité d'une alimentation autonome en énergie grâce à une centrale hydroélectrique utilisant la forte pente de l'Arc : à partir de la prise d'eau sur la rivière au lieu-dit Les Teppes l'eau était acheminée par une conduite forcée en rive gauche sur la commune de Freney mais la centrale était implantée à La Praz, en rive droite, sur le territoire de Saint-André sous une chute de 80 mètres avec une puissance installée de 15 000 kW. Le voisinage de la voie ferrée facilitait l'approvisionnement en alumine et les expéditions de métal. Pour le franchissement de la rivière, afin de prévenir toute destruction de cette conduite de 2,40 mètres de diamètre et de portée de 47 mètres, Paul Héroult convainquit les plus sceptiques en faisant adopter la forme en arceau au-dessus du niveau des crues[9].

La production d'aluminium a démarré petitement passant de 180 tonnes en 1894 à 783 en 1900 et à 1 400 en 1910. Grâce à de nouveaux investissements et aux gains de productivité ces chiffres furent largement dépassés pendant les fameuses Trente Glorieuses dans un marché en grande expansion : on a atteint 2 200 tonnes en 1950, 3 200 en 1960 avec un plafonnement de 4 100 tonnes au début des années 1970. Parallèlement, La Praz s'est engagée dans la lutte pour la qualité d'un métal "haut titre", pur à 99,8 % ; elle a mérité pendant six ans la coupe de la meilleure performance dans la compétition entre les usines du groupe. Afin de compenser le handicap des coûts de transports loin des sources de matières premières et de la clientèle, La Praz a joué aussi la carte de la valorisation en se lançant dans l'affinage de titane métal[10] (procédé Kroll, exploitation par la Sté Titanium) puis en 1958 dans la production d'un alliage au béryllium. Elle devait, en outre, abriter un atelier d'alliages de cuivre sans rapport avec la vocation pour l'aluminium.

L'usine de La Praz aura animé la vie de la commune de Saint-André pendant 90 ans. Intégrée en 1921 au groupe Alais-et-Camargue (la future Pechiney), elle employait en 1939 240 personnes, dont bon nombre d'immigrants italiens. Lors de la formation du groupe P.U.K. (Pechiney-Ugine-Kuhlmann) en 1972 son effectif était tombé à 103 du fait des gains de productivité mais aussi après le transfert de l'atelier de cuivre à Couëron, sur l'estuaire de la Loire. Cet effectif est resté stable (98 emplois) jusqu'à la fermeture en 1983. Un tel établissement était condamné à l'heure du gigantisme industriel et des économies d'échelle. De la même manière, la centrale hydroélectrique de La Praz a disparu car elle n'avait plus sa place dans le cadre de l'aménagement intégral de la vallée de l'Arc par EDF, avec la mise en service de la centrale d'Orelle en 1970[11].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Après cinq mandats, Raoul Mercier a démissionné de son mandat de maire en mai 2007.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michèle Brocard, Maurice Messiez-Poche, Pierre Dompnier, Histoire des communes savoyardes : La Maurienne - Chamoux - La Rochette (vol. 3), Roanne, Éditions Horvath, , 558 p. (ISBN 978-2-7171-0289-5, lire en ligne), p. 225-232. ([PDF] lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • ...

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lexique Français - Francoprovençal du nom des communes de Savoie - Lé Kmoune in Savoué, Bruxelles, Parlement européen, , 43 p. (ISBN 978-2-7466-3902-7, lire en ligne), p. 24
    Préface de Louis Terreaux, membre de l'Académie de Savoie, publié au Parlement européen à l'initiative de la députée Malika Benarab-Attou.
  2. « Saint-André », sur le site de mutualisation des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - sabaudia.org (consulté le 20 septembre 2018), Ressources - Les communes.
  3. Joseph Dessaix, Nice et Savoie : sites pittoresques, monuments, description et histoire des départements de la Savoie, Haute-Savoie et des Alpes-Maritimes réunis à la France en 1860, 1864, p. 60.
  4. François Miquet, Sobriquets patois et dictons des communes et hameaux de l'ancien genevois et des localités limitrophes, Annecy, , 27 p. (lire en ligne), p. 7.
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  9. Dequier Daniel, Maurienne, la vallée de l'aluminium, La Fontaine de Siloé, , 246 p., p. 13-34
  10. D'après Métallurgie, vol. I, Dunod, coll. « Les mementos Dunod », , p. 233.
  11. Chabert Louis, Les Grandes Alpes industrielles de Savoie, , 559 p., p. 152-158
  12. a et b http://www.moulins-telegraphe-chappe-st-andre.fr/ Association Moulins et Patrimoine de Saint-André
  13. « L'église Notre-Dame, hameau du Villard », notice no PA73000028, base Mérimée, ministère français de la Culture
  14. « Maison dite de l'Evêque, située à La Paraz », notice no PA73000004, base Mérimée, ministère français de la Culture
  15. « Liste des notices pour la commune de Saint-André (Savoie) », base Palissy, ministère français de la Culture