Lanslevillard

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Lanslevillard
Lanslevillard
Vue du village.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Savoie
Arrondissement Saint-Jean-de-Maurienne
Canton Modane
Intercommunalité Communauté de communes Haute Maurienne-Vanoise
Commune Val-Cenis
Maire délégué Paul Chevallier
2017-2020
Code postal 73480
Code commune 73144
Démographie
Population 469 hab. (2014 en augmentation de 2,63 % par rapport à 2009)
Densité 12 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 17′ 25″ nord, 6° 54′ 44″ est
Altitude Min. 1 439 m
Max. 3 560 m
Superficie 39,84 km2
Historique
Date de fusion
Commune(s) d’intégration Val-Cenis
Localisation

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Lanslevillard est une ancienne commune française située en Haute Maurienne, dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Une partie de son territoire accueille la station de sports d'hiver de Val Cenis Vanoise.

Elle fusionne le avec les communes de Bramans, Lanslebourg-Mont-Cenis, Sollières-Sardières et Termignon pour former la commune nouvelle de Val-Cenis.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Lanslevillard est un village situé à 1 500 m, au pied du col du Mont-Cenis, dans la Haute-Maurienne, au sud de la Vanoise à 26 kilomètres au nord-est de Modane.

Communes limitrophes de Lanslevillard
Termignon Bessans
Lanslevillard
Lanslebourg-Mont-Cenis

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Rivière l'Arc.

Toponyme[modifier | modifier le code]

Le nom de la commune et paroisse Lanslevillard trouverait son origine dans le patronyme Lanzo, Lanz, Lans d'après le chanoine Adolphe Gros[1] ou Lancius[2]. Il semble que l'association du titre Le villard - du latin villaris, villare, désignant une maison de campagne[3] - à celui de Lans ait été réalisée afin de le distinguer de la paroisse de Lanslebourg[1]. Ces deux paroisses n'en formait qu'une seule vers le XIIe siècle[1].

On trouve mention de la paroisse dès 1093 avec In superiori Lancio, ou encore Ecclesia de Lanzo superiore, en 1126[1],[3]. En 1151, elle est citée avec l'Ecclesia de Villario, puis Ecclesia de superiori Lancio, en 1204 et 1233[1],[3]. Le Villar(d) a donc été ajouté à partir du XIIe siècle[4]. À la fin du XIIIe siècle, la paroisse est désignée par Magiester Joannes de Lancio Villario (1293)[1],[3]. Au XIVe siècle, elle devient Curatus Lancei Villaris ou Parrochia Lancei Villaris in Mauriana (1357)[1],[3]. Il faut attendre le XVIe siècle pour voir apparaître la forme moderne de Lanslevillard, voire un dérivé, Lanslevilar, en 1729, parfois Lans-Le-Villard[1],[3].

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Lô Vlâr (graphie de Conflans) ou Velârd (ORB)[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

La présence humaine en Maurienne et à Lanslevillard remonte à La Tène, notamment avec la présence de nécropoles au lieu-dit l’Adroit. Le territoire de la commune possède deux pierres à cupules classées Monument historique depuis 1911 :

  • la Pierre aux Pieds, située à 2 750 m, sur le plateau de Pisselerand, sur laquelle on peut observer une cinquantaine de cupules, ainsi qu'une trentaine d'empreintes de pieds humains ;
  • la Pierre de Chantelouve ou Pierre des Saints, située à 2 100 m, sur laquelle on peut observer 150 cupules.

Avant la conquête romaine, la haute-vallée de Maurienne est peuplée principalement par les Médulles[6] depuis le IIIe siècle. Vaincus en - 16, ils sont intégrés à l'Empire. Les Romains construisent alors la Via Francigena, reliant Cantorbéry à Rome (pèlerinage de Rome), qui passe par le col du Mont-Cenis.

Pendant la période de la Révolution française, les troupes françaises pénètrent en Savoie. Le général Sarret remonte la Maurienne jusqu'au fond de la vallée en avril 1794. Il est stoppé par des soldats savoyards de la Maison de Savoie. Cet échec militaire est une joie dans les villages de Lanslevillard et de Lanslebourg. Face à l'hostilité des Mauriennais, l'armée révolutionnaire déporte les habitants à Fort-Barraux (Barraux), le 19/20 avril 1794. Ils reviendront le 2 juillet[7].

Autrefois, on ne passait pas le col du Mont-Cenis sans un « Marron » qui étaient des guides qui aidaient en toutes saisons le voyageur le long des sentiers sinueux, pour accéder à l'Italie. Aujourd'hui, le promeneur peut toujours accéder au col par le « chemin de La Ramasse » que dévalaient jadis les Marrons. L'hiver, montés sur des fagots de bois, le principe fut adapté plus tard en sorte de chaise de frein.

En 1812, le docteur Balthazard Claraz sauve la vie du pape Pie VII lors de son passage à l'hospice du Mont-Cenis, à l'occasion de son transfert secret de Savone à Fontainebleau, où il sera prisonnier du au .

Durant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands occupent durablement le village, qui sera finalement détruit.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Lanslevillard est une des 20 communes du canton de Modane.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1868 1877 Côme Turbil ... Cultivateur
1878 fév 1881 Célestin Filliol ... Cultivateur
fév 1881 mai 1896 Côme Damien Turbil ... Cultivateur
1929 1935 Valentin Charles Claraz ... Directeur de l'école de Lanslevillard
1947 1980 Maurice Filliol ... Commerçant
mars 2001 mars 2008 Jean Bianchi ... Président SIVOM Val Cenis
mars 2008 mars 2014 Josette Filliol ... ...
mars 2014 En cours
(au avril 2014)
Paul Chevallier    

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[8]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[9].

En 2014, la commune comptait 469 habitants[Note 1], en augmentation de 2,63 % par rapport à 2009 (Savoie : +2,56 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
427396448499571573530555541
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
566572567582545532521494461
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
384360377350302316280429306
1982 1990 1999 2006 2007 2008 2013 2014 -
371392431447450452467469-
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lanslevillard est un village agropastoral converti au tourisme.

Il est situé au sud du massif de la Vanoise en face du parc de la Vanoise. Depuis 1967, la commune de Lanslevillard en association avec les communes voisines de Lanslebourg-Mont-Cenis et Termignon-la-Vanoise, offre un domaine skiable de 125 km, unique, étendu sur les trois communes et dont le nom est Val Cenis Vanoise.

En 2014, la capacité d'accueil de la commune, estimée par l'organisme Savoie Mont Blanc, est de 9 415 lits touristiques répartis dans 313 structures[Note 2]. Les hébergements se répartissent comme suit : 208 meublés ; 4 résidences de tourisme ; 2 hôtels ; une structure d'hôtellerie de plein air ; 4 centres ou villages de vacances/auberges de jeunesse ; un refuge ou gîte d'étape et une chambre d'hôtes[12].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Espaces verts et fleurissement[modifier | modifier le code]

La commune obtient une fleur au concours des villes et villages fleuris en 2015[13].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église Saint-Michel, classée monument historique depuis 1991. Elle présente un très beau mobilier de l'Art baroque savoyard des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, avec en particulier le retable du Rosaire, un chef-d'œuvre du maître Jean Clappier qui l'a sculpté en 1626 et l'année suivante par un diptyque[14].
  • Une douzaine de chapelles (classées au MH depuis 1994), témoin de la vie paroissiale de la commune du XVIe au XIXe siècle. Les chemins de l'histoire sont un circuit libre qui relie douze chapelles rénovées dont chacune est consacrée à un thème ou à une période, l'ensemble permettant de faire découvrir l'histoire de la commune et de la haute-vallée de la Maurienne :
    • chapelle Saint-Antoine (inscription au MH par arrêté du 7 juin 1994) ;
    • chapelle Sainte-Anne (inscription au MH par arrêté du 7 juin 1994) ;
    • chapelle Saint-Roch (inscription au MH par arrêté du 7 juin 1994) ;
    • chapelle de la Madeleine (inscription au MH par arrêté du 7 juin 1994) ;
    • chapelle Saint-Étienne (inscription au MH par arrêté du 7 juin 1994) ;
    • chapelle Sainte-Agathe (inscription au MH par arrêté du 7 juin 1994) ;
    • chapelle Saint-Genix (inscription au MH par arrêté du 7 juin 1994) ;
    • chapelle Saint-Pierre et le pont sur le ruisseau de l'Arcelle Neuve (inscription au MH par arrêté du 7 juin 1994) ;
    • chapelle Saint-Laurent (inscription au MH par arrêté du 7 juin 1994) ;
    • chapelle Notre-Dame de la Salette (inscription au MH par arrêté du 7 juin 1994) ;
    • chapelle Saint-Jean-Baptiste (inscription au MH par arrêté du 7 juin 1994).
  • Chapelle Saint-Sébastien du XVe siècle[14]. (classé au MH depuis 1896).
  • Chapelle Sainte-Marie-Madeleine.
  • Pierre à cupules dite Pierre de Chantelouve[15].
  • La Pierre aux Pieds à 2 750 m est un rocher blanc gravé de nombreuses cupules — évidées il y a 3 000 ans par percussion puis rotation d'outils de pierre — et de dizaines de traces de pieds gravés orientés vers le soleil levant.

Tourisme[modifier | modifier le code]

  • Roches d'escalade : rocher du Chatel (rocher des Sarrasins) ; rochers de la Madeleine ; dalle du Mollard ; paroi des guides.

En 2017, la commune est labellisée « Station verte »[16].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Sébastien Turbil (XVe siècle), rescapé de la peste qui frappe de le village en invoquant saint Sébastien. Sauvé, il fait construire la chapelle Saint-Sébastien[17].
  • Docteur Balthazard Claraz, né à Lanslevillard le 6 mars 1763. Médecin honoraire des papes Pie VII et Grégoire XVI et de la cour de Rome[18]. Chevalier de l'ordre pontifical de Saint-Grégoire-le-Grand. Officier de santé des troupes impériales à l'hospice du Mont Cenis en 1812. Il fut le médecin chirurgien du pape Pie VII pendant les deux premiers mois de sa captivité au château de Fontainebleau[19].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michèle Brocard, Maurice Messiez-Poche, Pierre Dompnier, Histoire des communes savoyardes : La Maurienne - Chamoux - La Rochette (vol. 3), Roanne, Éditions Horvath, , 558 p. (ISBN 978-2-7171-0289-5, lire en ligne), p. 167-171. ([PDF] lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : 1er janvier 2014.
  2. La structure Savoie Mont Blanc, pour ces données statistiques de capacité d'accueil en termes de lits touristiques d'une station ou d'une commune, additionne les établissements marchands, qui appartiennent au secteur de l'hôtellerie, et les hébergements non marchands, qui n'impliquent donc pas de transaction commerciale comme les résidences secondaires[12].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g et h Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935), 519 p. (ISBN 978-2-84206-268-2, lire en ligne), p. 246.
  2. Charles Marteaux, « Sur le sens et l'étymologie de quelques noms de lieux savoyards », Recueil des travaux de l'Institut de géographie alpine, vol. 6, no 6_2,‎ (lire en ligne), p. 150.
  3. a b c d e et f « Article « Lanslevillard » », sur le site Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs, site personnel de henrysuter.ch (consulté en juin 2014).
  4. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France. Formations préceltiques, celtiques, romanes, vol. 1 : Formations dialectales (suite) et françaises : étymologie de 35000 noms de lieux, Genève, Librairie Droz, , 708 p., p. 262.
  5. Lexique Français - Francoprovençal du nom des communes de Savoie - Lé Kmoune in Savoué, Bruxelles, Parlement européen, , 43 p. (ISBN 978-2-7466-3902-7, lire en ligne), p. 23
    Préface de Louis Terreaux, membre de l'Académie de Savoie, publié au Parlement européen à l'initiative de la députée Malika Benarab-Attou.
  6. Medulli qui, selon Strabon (IV, 6), « occupent les plus hautes cimes »
  7. Chronologie de Sabaudia.org
  8. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  9. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.
  12. a et b « La capacité d'accueil touristique en Savoie-Mont-Blanc », Observatoire, sur le site Savoie-Mont-Blanc - pro.savoie-mont-blanc.com, (consulté en janvier 2015) : « Les données détaillées par commune, et par station : nombre de structures, nombre de lits par type d'hébergements (fichier : Détail des capacités 2014, .xlsx) ».
  13. « Les villes et villages fleuris - Site officiel des Villes et Villages Fleuris, label de qualité de vie », sur www.cnvvf.fr (consulté le 29 décembre 2015)
  14. a et b Dominique Peyre, En Maurienne : sur les chemins du Baroque, vol. 3, La Fontaine de Siloé, coll. « Les Patrimoines », , 190 p. (ISBN 978-2-84206-169-2, lire en ligne), p. 251-264.
  15. « Pierre de Chantelouve », notice no PA00118269, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  16. « Lanslevillard - Val Cenis », Station, sur site du label Station verte - stationverte.com (consulté en mars 2017).
  17. Article p. 374, in Dictionnaire d'Amboise. Pays de Savoie. Éditions Amboise. 1989. 2e édition.
  18. Bernard Demotz et François Loridon, 1000 ans d'histoire de la Savoie : La Maurienne, vol. 2, Cléopas, , 845 p. (ISBN 978-2-9522-4597-5), p. 372.
  19. [PDF] Biographie du Docteur Claraz sur le site généalogique des Claraz (descendants du Docteur Balthazard Claraz ou de ses collatéraux).