Rumeurs sur le programme Apollo

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Buzz Aldrin et Neil Armstrong s'entraînent dans un décor lunaire de la NASA. Les tenants des rumeurs estiment que la mission entière a été filmée sur des décors comme celui-ci.

Les rumeurs sur le programme Apollo sont une théorie du complot selon laquelle les vaisseaux du programme Apollo ne se seraient jamais posés sur la Lune et qu'il s'agirait en fait d'une mise en scène réalisée sur Terre. Ces théories, peu diffusées et ne concernant que des populations marginales à l'époque du débarquement sur la Lune, ont pris de l'ampleur dans les années 1970 lorsqu'un climat de défiance vis-à-vis des institutions s'installe chez beaucoup d'Américains dans le sillage du scandale du Watergate et de la guerre du Viêt Nam. Elles sont invalidées par un grand nombre de comptes-rendus fiables d'observations venant de multiples sources de plusieurs pays. Les arguments invoqués peuvent être divisés en trois catégories :

  • ceux qui mettent en doute l'authenticité des documents ;
  • ceux qui mettent en doute la véracité des missions ;
  • ceux qui présentent les mobiles à l'origine d'une telle désinformation.

En juillet 2009, la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) a photographié[1] pour la première fois les sites d'atterrissage, faisant apparaître les objets (étages d'atterrissages des LEM, traces d'activité, équipements ALSEP...) laissés par les différentes missions Apollo sur le sol lunaire. Néanmoins, les partisans des théories du complot avancent que les objets que la NASA montre comme étant les vestiges des expéditions, ne sont que des reliefs comme les autres, la qualité médiocre des images laissant une porte ouverte à l'interprétation. En septembre 2009, en orbite plus basse dite « de cartographie » (50 km), la sonde a produit de nouvelles images plus détaillées[2].

Historique[modifier | modifier le code]

À l'époque du débarquement sur la Lune, il existait déjà une petite minorité d'incrédules qui se recrutait aux États-Unis dans les classes sociales les plus défavorisées, coupées de toute connaissance scientifique, et les minorités[3]. L'audience de la thèse du canular lunaire (« moon hoax ») s'élargit dans les années 1970 lorsqu'un climat de défiance vis-à-vis des institutions s'installe chez beaucoup d'Américains dans le sillage du scandale du Watergate et de la guerre du Vietnam ; c'est à cette époque, symbolisée dans les média par le film Les Trois Jours du condor, qu'est tourné Capricorn One (1978) qui raconte l'histoire d'un faux débarquement sur Mars mis en scène par la NASA. En 2001, l'émission Théorie de la Conspiration : avons-nous été sur la Lune ? [4], fondée sur des pseudo témoignages scientifiques et diffusée sur la chaine de télévision FOX rencontre un succès d'audience qui témoigne surtout de l'absence de culture scientifique de ses auditeurs. Malgré ses incohérences évidentes, la théorie du faux débarquement sur la Lune continue à trouver des partisans pour les raisons déjà citées mais sans doute également parce que l'événement est si éloigné de toute expérience personnelle, qu'il dégage pour beaucoup un sentiment d'irréalité[3].

Arguments[modifier | modifier le code]

Authenticité des documents[modifier | modifier le code]

Montage animé des deux images
Buzz Aldrin saluant le drapeau, et photo prise quelques secondes après ; le drapeau n'a pas changé de position. Buzz Aldrin saluant le drapeau, et photo prise quelques secondes après ; le drapeau n'a pas changé de position.
Buzz Aldrin saluant le drapeau, et photo prise quelques secondes après ; le drapeau n'a pas changé de position.
  • Argument : Quand les astronautes posent le drapeau des États-Unis sur la Lune, celui-ci « flotte » au vent, alors qu'il n'y a pas d'atmosphère sur la Lune. De plus, le drapeau n'a aucune ombre.
Contre-argument : Le drapeau ne flotte pas, il donne l'air de flotter en raison de son aspect plissé. Il est en fait fabriqué dans une toile renforcée de fil de fer rigide imitant l'aspect fripé d'un drapé battant dans le vent et soutenu par une potence pour le faire tenir droit[5] (la partie horizontale de la potence est d'ailleurs parfaitement visible sur les photos). Il est en réalité parfaitement statique comme en attestent les clichés pris à différents instants. Les mouvements perçus sur la vidéo sont dus aux mouvements des astronautes eux-mêmes pour enfoncer le drapeau dans le sol. L'absence d'atmosphère sur la Lune fait qu'aucune résistance n'est appliquée sur l'inertie des mouvements du drapeau, rendant exagéré chacun de ses mouvements pouvant laisser croire que le drapeau « flotte au vent » lorsque celui-ci est manipulé. Les tenants de la théorie du complot se contredisent sur le fait qu'ils disent que les images ont été tournées sur un plateau de tournage, non en plein air. Quand personne ne touche le drapeau, il reste immobile comme le montrent les images ci-contre[6].
  • Les appareils photo emportés par les astronautes comportaient un système de marquage sous forme de petites croix ; or, sur certaines photos, ces croix seraient « cachées » par les éléments d'avant-plan ce qui tend à prouver que ces éléments ont été ajoutés ultérieurement à la prise de la photo par le biais d'un photomontage.
Les croix ne seraient pas masquées par les éléments du décor mais simplement « brûlées » par les éléments d'image de couleur blanche. Les zones blanches de la pellicule sont celles éclairées par la lumière, qui aurait tendance à se diffuser dans la couche sensible du film, provoquant cet effet de débordement du blanc.
  • Sur la Lune, en l'absence d'atmosphère pour diffuser la lumière solaire, la seule source de lumière est le Soleil. Or un certain nombre de photos montrent des objets dans l'ombre qui sont visibles comme s'il y avait une ou plusieurs autres sources importantes de lumière.
Il existe des sources de lumière secondaires, comme les réflexions sur le sol ou sur la combinaison spatiale de l'astronaute qui prend la photographie. La luminescence du sol lunaire est d'environ 1 000 000 lx, ce qui est bien plus que nécessaire pour déboucher n'importe quelle ombre.
  • Sur certaines photos, des astronautes sont dans l'ombre du module lunaire, et pourtant, ils sont toujours visibles, or, ils devraient être drapés d'obscurité. De plus, à contre-jour, le contour des silhouettes devrait être imprécis, et pourtant, tous les détails sont visibles.
La surface de la Lune et les parties métalliques et blanches du module lui-même et des combinaisons portées par les astronautes font effet de réflecteurs, les ombres sont « débouchées ».
  • Plusieurs photos montrent des ombres portées dans des directions différentes, alors que la lumière solaire venant de suffisamment loin, toutes les ombres devraient être parallèles.
Ce ne seraient pas les ombres qui ne seraient pas parallèles, mais le relief du sol qui en donnerait l'illusion. De plus, si une seconde source de lumière était présente, les ombres seraient dédoublées, ce qui n'est pas le cas sur la photo.
  • Les appareils photo étaient difficiles à manipuler dans le contexte lunaire et en combinaison spatiale, il est donc difficile de comprendre comment autant de photos de bonne qualité ont pu être prises.
Au total, les astronautes des missions Apollo ont pris 18 663 photos manuellement (1 470 lors de la mission Apollo 11 dont 339 sur le sol lunaire)[7], on peut comprendre que certaines aient été réussies. Les optiques utilisées étaient des grand-angulaires, et le format du 6 x 6 cm, ce qui permettait une grande profondeur de champ et une marge pour éventuellement « recadrer » les images avant leur diffusion. De nombreuses images peuvent paraître « quelconques » ou même « ratées », elles sont toutes consultables sur le site du Lunar and Planetary Institute[8]. Seules les plus spectaculaires ou les plus belles ont été présentées au public par les médias.
  • Durant l'atterrissage, tel qu'il était conçu, le module aurait dû être déséquilibré.
Voir l'article dédié : module lunaire Apollo
  • Le réacteur du module en se posant aurait dû brûler et chasser la poussière de dessous le LEM, ce qui aurait créé un cratère qui n'est présent sur aucune image.
Le réacteur n'est pas suffisamment puissant pour brûler le sol, et la couche de poussière n'est pas suffisamment profonde au site de pose pour qu'on voie un cratère. Sur les photos des missions suivantes, la couche de poussière était plus importante, et le cratère apparaît.
  • Les poussières lunaires chassées par le réacteur du LEM auraient dû se redéposer après, or les images montrent les pieds de celui-ci parfaitement propres. Ceci d'autant que les poussières lunaires sont réputées se déposer et s'infiltrer partout, car elles seraient maintenues en suspension au-dessus du sol lunaire à cause de la répulsion électrostatique due à l'accumulation de charges électriques induite par les rayonnements ionisants et particules émis par le Soleil.
Le réacteur est coupé avant d'atteindre le sol pour ne pas renverser le module lunaire (surpression dans la tuyère du réacteur)[9] et en l'absence d'atmosphère la poussière lunaire retombe immédiatement (dans le vide la vitesse de chute d'une poussière est similaire à celle d'un objet dans l'atmosphère terrestre) de sorte que la poussière a eu le temps de retomber avant la fusée, même si sur les photos des missions suivantes, on peut voir le cratère formé par le réacteur.
  • Les documents filmés, s'ils sont accélérés à vitesse double rendent l'impression d'être pris en gravité terrestre.
Seuls les extraits choisis dans le documentaire donnent cette impression, ce qui laisse entendre que les réalisateurs ont construit un document visant à induire le public en erreur.
Exemple : sur le document vidéo du premier atterrissage (Apollo 11), on voit Aldrin faire des bonds absolument impossibles à faire sur Terre lors de sa descente du LEM. Il se sert de l'échelle comme d'un rail (guide) avec ses mains pour ne pas perdre l'équilibre, et saute de bas en haut, sans aucun effort apparent, alors qu'il porte une combinaison spatiale de plus de 70 kg[10].
  • Dans la vidéo, au moment du premier atterrissage, le bruit du moteur n'est pas perceptible et il ne couvre pas les voix des astronautes.
Le « bruit » ne peut se disperser en l'absence d'air. Dans la cabine, les microphones « voix » des astronautes sont conçus pour éliminer les bruits parasites et sont positionnés dans la combinaison et devant la bouche.
  • Dans le décor, on ne discerne aucune étoile. C'est un moyen simple pour ne pas être confondu par les astronomes.
Le Soleil est une source de lumière intense, les appareils photographiques ont été paramétrés pour l'exposition de jour et quelques étoiles apparaissent dans la grande majorité des photographies et films de ces missions. Les quelques clichés utilisés sont une exception. Personne ne met en doute l'existence de la station spatiale Mir et pourtant, sur la dernière photographie la représentant, on ne voit guère d'étoiles.
  • Des photos prises à des moments et en des endroits différents présentent un arrière-plan identique. Deux photos présentent le même arrière-plan, mais sur l'une on trouve le module lunaire, pas sur l'autre. D'autres exemples du même type ont été mis en évidence.
Il suffit de se déplacer par rapport au module lunaire pour obtenir une image avec ou sans le LEM dans le cadre, sans altérer l'arrière-plan, qui est éloigné. Sur Terre, chacun peut photographier un paysage lointain depuis plusieurs points différents sans constater de différences sur le plan de la perspective.
  • Lorsque le module décolle de la Lune, il n'y a pas de traînées de fumée derrière le module.
Même si les dessins « scientifiques » montrés dans le documentaire (qui ne sont en fait que des dessins artistiques) représentent un LEM décollant dans une gerbe de flammes, le véritable LEM décolle en une brève et puissante poussée, suffisante pour échapper à l'attraction lunaire. La flamme en question est légèrement visible sur certaines vidéos[11] et il n'y a pas de fumée de combustion sans atmosphère. De plus, la poussée soulève de la poussière et déchire l'aluminium recouvrant la base du LEM.
Image du site d'atterrissage d'Apollo 11 prise par la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter le 15 juillet 2009[1].
Site d'atterrissage d'Apollo 17, photographié par la sonde LRO le 15 septembre 2009, d'une altitude de 50 km[2].
ALSEP déposé lors de la mission Apollo 15. Ces instruments ont envoyé des informations sur Terre jusqu'en 1977.
Conrad, lors de la mission Apollo 12, posant à côté de Surveyor 3, une sonde américaine posée sur la Lune depuis avril 1967. On aperçoit le module lunaire en arrière plan. Plusieurs éléments de cet engin, dont sa caméra, ont été ramenés sur Terre pour analyse.
  • La preuve ultime serait celle qui consisterait à retrouver les traces sur la Lune de ces missions (la base du LEM, le drapeau, les véhicules lunaires abandonnés sur place, les pas et autres traces d’activité humaine). Or, selon les tenants de la théorie du canular, personne n’a pu le faire et aucun télescope n’est assez puissant pour voir à ce niveau de détail à cette distance. Pourtant on prétend également avoir pu mesurer la distance Terre-Lune à l’aide d'un laser et d’un réflecteur posé là par les astronautes. Comment se fait-il que ce laser ait pu trouver ce réflecteur, et qu’un télescope n’arrive pas à voir le véhicule lunaire, par exemple ?
On est très loin de pouvoir faire une photo de précision suffisante du sol lunaire depuis la Terre mais les récentes missions Lunaires telle Lunar Reconnaissance Orbiter ont apporté cet argument ultime. En orbite autour de la Lune depuis le 23 juin 2009, cette sonde a réalisé des photographies des sites d'atterrissage de cinq missions Apollo[1]. On peut apercevoir le module lunaire d'Apollo 11 sur l'une d'entre elles. Une autre montre à la fois le module lunaire d'Apollo 14, des instruments scientifiques, et... des traces de pas attribuées à Alan Shepard et Ed Mitchell[1]. En septembre 2009, la sonde s'est rapprochée pour se positionner en orbite de cartographie, à seulement 50 km d'altitude, et a produit de nouvelles images plus détaillées[12],[2].
Contrairement à une opinion répandue, un faisceau laser n’est pas parfaitement rectiligne. Pour plusieurs raisons, notamment la diffraction par l’orifice du laser et la présence de l’atmosphère terrestre, le faisceau laser a un rayon de l’ordre du kilomètre lorsqu'il atteint la Lune. Avec une dispersion du même ordre sur le trajet retour, on ne reçoit que quelques photons par impulsion envoyée. Ce n’est que par la répétition de ces impulsions et l’utilisation de capteurs haute précision que l'on peut estimer la distance Terre-Lune.
Bien que la pose de tels réflecteurs sur la surface lunaire soit possible sans présence humaine, ainsi qu'y sont parvenues les sondes soviétiques Lunokhod (en 1970 et 1973)[13], les premières mesures ont été effectuées par l'observatoire McDonald en 1969 à la suite de la mission Apollo 11 et donc avant l'envoi des sondes Lunokhod.
On peut aussi signaler les étages abandonnés de Saturn V dans l'espace que l'on a pu parfois repérer depuis la Terre, comme J002E3 ainsi que les éléments de la sonde.
  • Les bandes vidéo des atterrissages diffusées dans le monde sont des copies à la qualité dégradée. La NASA a égaré les enregistrements originaux d'Apollo 11[14], lesquels, selon les adeptes de la théorie du complot, auraient permis une analyse plus poussée et mettraient ainsi fin à cette controverse.
Ces images vidéo, en noir et blanc, ont été transmises de la Lune à la Terre par signal radio en SSTV, un signal de faible qualité, et à une époque où la technique vidéo ne permettait pas une grande qualité d'image. Les données étaient reçues par des radiotélescopes situés en Australie et en Californie et enregistrées au sol sous forme de données brutes sur des bandes d'un pouce. Les images diffusées en direct (dont sont issues les « copies à la qualité dégradée ») ont été obtenues en filmant les moniteurs sur Terre avec des caméras de télévision, après démodulation du signal, et envoyées par satellite aux stations de télévision. La NASA a déclaré, lors d'une conférence de presse le 16 juillet 2009, que les bandes originales avaient vraisemblablement été effacées pour être réutilisées, comme il était courant à l'époque. Cependant, des copies vidéo à la qualité moins dégradée (avant transfert par satellite) ont été retrouvées. Ces images ont été restaurées en 2009 sur une durée de trois heures et un montage des moments forts de la mission a été présenté pour la première fois au public le 6 octobre 2010 en Australie[15] (voir aussi Apollo 11 missing tapes (en)). Il faut également signaler les enregistrements des données envoyées par les instruments scientifiques des six Apollo Lunar Surface Experiments Package dont la mission de cinq d'entre elles a continué jusqu'au 10 septembre 1977 et dont les données ont entre autres servi à comprendre la tectonique lunaire.

Mort des astronautes ?[modifier | modifier le code]

  • Dans Théorie de la Conspiration : avons-nous été sur la Lune ? [4], un programme de Fox TV de 2001, les présentateurs parlent d'une dizaine d'astronautes morts dans des circonstances « mystérieuses » pour préserver le secret[16].

Astronautes de la NASA :

Autres :

  • Michael James Adams, pilote de X-15 pour l'US Air Force. Ce n'était pas un astronaute mais il avait volé à plus de 50 miles d'altitude (plus de 80 km) à bord d'un X-15, franchissant la frontière de l'espace selon la définition de l'USAF. Le 15 novembre 1967, il se tue à bord d'un X-15 après avoir franchi l'altitude de 266 000 pieds (plus de 81 000 mètres).
  • Robert Henry Lawrence, pilote de l'US Air Force, devait devenir un des pilotes du Manned Orbital Laboratory de l'USAF (programme qui sera annulé plus tard), il se tue en décembre 1967 dans le crash de son Lockheed F-104 Starfighter à l'atterrissage.
  • Thomas Ronald Baron, un inspecteur chargé des contrôles de qualité et de sécurité[18] sur les modules de commande du programme Apollo de septembre 1965 à novembre 1966[19], est tué en avril 1967 avec sa femme et sa fille dans la collision de leur automobile avec un train[17] une semaine[19] après son témoignage à Cap Kennedy du 21 avril 1967 auprès d'une commission de parlementaires enquêtant sur l'accident d'Apollo 1[20]. En congé depuis novembre 1966, il avait été renvoyé le 5 janvier 1967 par North American, la compagnie qui l'employait, après qu'il eut transmis à la presse ses critiques sur les méthodes de travail de son employeur[19]. Après enquête, la cause du drame est officiellement déclarée comme un « accident » par la police, Baron aurait essayé de faire passer la voie à sa voiture avant le passage du train[21].
De nombreux astronautes ayant eux participé aux missions lunaires sont toujours en vie[22] (ainsi que des milliers de techniciens et de nombreux astronautes ayant participé au programme Apollo), au premier rang desquels deux membres de l'équipage d'Apollo 11, Buzz Aldrin et Michael Collins, qui sont tous deux âgés de 82 ans en 2012; Neil Armstrong meurt le 25 août 2012 à l'âge de 82 ans.

Véracité des missions[modifier | modifier le code]

  • Selon Bill Kaysing, auteur d'un livre en 1974 sur cette théorie, We Never Went to the Moon: America's Thirty Billion Dollar Swindle[23] dans l'imposture de la Lune, les probabilités de réussite de telles missions étaient de l'ordre de 0,0017 %.
Bill Kaysing a quitté l'entreprise Rocketdyne en 1963 avant que le programme Apollo ne prenne concrètement forme. On peut également se demander comment ce Kaysing a pu arriver à un nombre aussi précis. On peut fortement douter de ses calculs, car ils sont sans véritables explications.
Combinaison spatiale conçue pour le programme lunaire soviétique.
  • On considère généralement que les astronautes auraient dû subir une dose de radiations mortelles en traversant les ceintures de Van Allen. Les doses de radiations auraient dû être encore supérieures sur la Lune même, en particulier pendant la mission Apollo 16 qui a coïncidé avec une des plus intenses perturbations solaires jamais observées. Pourtant, jamais aucun astronaute n'a souffert des radiations après être revenu de la Lune. La NASA prétend que ses combinaisons spatiales étaient extrêmement résistantes et protégeaient parfaitement les astronautes, mais alors, pourquoi n'utilise-t-on pas les mêmes technologies plutôt que d'énormes épaisseurs de plomb ou de béton pour se protéger des radiations ?
Les ceintures de Van Allen ne sont pas des ceintures de radiations, mais des ceintures magnétiquement et électriquement chargées qui piègent les particules à haute énergie issues du Soleil. La dose de radiation émise par ces particules piégées dans les ceintures de Van Allen est de l'ordre de 25 Sv/an derrière une protection de 3 mm d'aluminium. Les astronautes y sont restés moins de deux heures et ont donc reçu une dose de l'ordre de 5 mSv (la radioactivité naturelle sur Terre est de 2,5 mSv/an). Les pilotes d'avion de ligne qui restent de longues heures en haute altitude sont beaucoup plus exposés que les astronautes. Les trois charges biologiques envoyées autour de la Lune lors du programme Zond soviétique ont survécu aux rayonnements cosmiques et les Soviétiques avaient développé un scaphandre similaire pour leur programme lunaire habité.
  • Le module lunaire était totalement instable. Le moindre mouvement dans la cabine aurait pu le faire basculer, la preuve utilisée est l'essai en atmosphère terrestre d'un prototype de LEM, le Lunar Landing Research Vehicle, qui avait failli coûter la vie à Neil Armstrong.
C'est faux, il suffit de voir le comportement des capsules spatiales en service toujours de nos jours, même si capsule spatiale et LEM n'ont rien à voir. De plus, le pilotage d'un LEM dans le vide et à proximité d'un astre avec une gravité faible n'a rien à voir avec un pilotage en atmosphère « familière » où se posent des problèmes de pression de l'air et des vents plus ou moins violents qui peuvent effectivement déstabiliser un module lunaire.
  • Certains commentaires sur les forums publics déclarent que les Apollo sont restés en orbite autour de la Terre.
Chacune des missions ont été suivies par de nombreux observatoires et astronomes amateurs, de par le monde qui ont enregistré leur départ vers l'orbite lunaire et leur retour sur Terre. Ceux-ci ont publié de nombreux documents sur le sujet[24],[25].

Enfin, comme Michael Collins le fait remarquer à la fin du documentaire In the Shadow of the Moon, si les missions lunaires Apollo étaient réellement falsifiées, on peut se demander pourquoi la NASA aurait cru bon de falsifier six missions (Apollo 11, 12, 14, 15, 16 et 17) avec tous les risques d'indiscrétions que cela représentait de la part des personnes mises dans la confidence, au lieu de se limiter à falsifier un atterrissage (celui d'Apollo 11), puis d'arrêter là le programme Apollo. La difficulté à mener une telle opération de désinformation sur plus de trois ans (1969 à 1972) laisse également penser que les six missions Apollo sont bien réelles.

Les missions du programme Apollo ont rapporté 2 415 échantillons (382 kg au total) de roche lunaire lesquels ont fait l'objet d'analyses par de très nombreux laboratoires indépendants dans le monde[26]. Pour les seuls échantillons d'Apollo 17, 173 études scientifiques de ces roches ont été publiées dans les quatre années qui ont suivi le retour de la mission[27]. Les conservateurs en charge de la préservation des roches envoient chaque année environ 400 échantillons (en général de moins d'un gramme) pour répondre à la demande d'une cinquantaine de scientifiques dans le monde (chiffre de 2008)[28]. Un catalogue descriptif détaillé des roches lunaires ramenées peut être consulté sur le site du Lunar and Planetary Institute[29]. Aucune des nombreuses études menées par les chercheurs n'a jamais contesté l'origine des échantillons transmis. La NASA a distribué un grand nombre d'échantillons à différents organismes de chaque État américain. Certains universités scientifiques disposent ainsi d'un échantillon de chacune des roches ramenées de la Lune. Par ailleurs le gouvernement américain a distribué plus de 270 échantillons (de très petites taille) des pierres lunaires rapportées par les missions Apollo dont 135 par la mission Apollo 17 (la plus productive) à des représentants de 130 pays. Depuis les années 1970, certains d'entre eux ont été égarés, victimes de vols, de la vénalité des dirigeants locaux ou d'une mauvaise gestion des réserves des musées[30]. Plusieurs faux échantillons sont également apparus comme la pierre lunaire qui était exposée au musée Rijks­mu­seum d'Amsterdam (musée consacré aux peintures hollandaises du 17e siècle) ; des géologues de l'université d'Amsterdam ont découvert qu'il s'agissait d'un échantillon de bois fossilisé (les échantillons authentiques remis au gouvernement des Pays-Bas après les missions Apollo 11 et Apollo 17 sont conservés au musée Boerhaave de Leyde[31],[30]).

Contexte politique et spéculations sur les motivations d'un canular[modifier | modifier le code]

  • L'époque était celle de la guerre froide. Les Soviétiques avaient été les premiers à mettre un satellite (le Spoutnik, en 1957), puis un homme (Gagarine, en 1961) en orbite. Ils avaient également réalisé la première « marche » dans l'espace (Leonov, en 1965). De plus, la NASA engouffrait des budgets énormes et il était impératif de montrer que ceux-ci étaient suivis de succès. Si se poser sur la Lune était techniquement impossible, on peut imaginer que les Américains aient pu décider de faire croire au monde qu'ils l'avaient fait.
Le fait que le programme lunaire habité soviétique fût en concurrence pour la course à l'espace, et que ni l'URSS ni aucun des autres États développés de la planète ayant des moyens d'observation et d'espionnage n'aient soulevé cette hypothèse suggère en lui-même la véracité de ces missions. Les Soviétiques ont d'ailleurs lancé une sonde inhabitée, Luna 15 qui a effectué 52 révolutions autour de la Lune au moment où la mission Apollo 11 se posait sur la Lune.

Ouvrages et documentaires autour de cette thèse[modifier | modifier le code]

  • En 1974, un certain Bill Kaysing, qui se revendique lui-même comme ni scientifique ni ingénieur, publie à compte d'auteur un ouvrage intitulé Nous ne sommes jamais allés sur la Lune : l'escroquerie américaine à trente milliards de dollars dans lequel il soutient que l'ensemble du programme Apollo dont les six missions lunaires réalisées jusqu'en 1972 constitue un mensonge d'État[32]. L'ouvrage ne connaît pas un grand succès mais trouve son public auprès des cercles conspirationnistes. Dans une réédition de 2002, après la résurgence de cette théorie, le livre défendra aussi l'idée que l'accident de la navette Challenger en 1986 a été planifié par la NASA[33]. Selon Kaysing, cette mystification participe à un programme général de « lavage de cerveau des Américains » incluant le contrôle des médias[33].
  • Le film de fiction Capricorn One de Peter Hyams sorti en 1978 raconte l'histoire d'une conspiration visant à faire croire à un vol habité sur la planète Mars. Au dernier moment, les astronautes sont sortis de la fusée spatiale et amenés de force dans un studio perdu au milieu du désert dans lequel ils vont jouer les scènes censées se dérouler sur Mars. Ce film, dont le scénario est inspiré des rumeurs circulant autour du programme Apollo, contribuera à faire connaître celles-ci bien que ce n'ait pas été l'objectif du réalisateur.
  • Un documentaire de quarante cinq minutes diffusé sur la chaîne de télévision américaine Fox en février 2001 et intitulé Théorie de la Conspiration : avons-nous été sur la Lune ? [4] (Conspiracy Theory: Did We Land on the Moon?) réalisé par John Moffet pour Nash Entertainment reprend ces arguments. Diffusé en France par 13ème rue, il a fourni une publicité à cette théorie. Bill Kaysing (cf. ci-dessus) y apparaît.
  • Un faux documentaire[34], Opération Lune, de William Karel tourné en 2001 et sorti en 2002 s'est moqué de cette théorie à l'aide d'acteurs et de petits trucages en mettant en lumière combien les images sont « simples » à manipuler pour un cinéaste accompli et comme il est « facile » de faire dire aux images ce que l'on veut. William Karel se plaît notamment à appeler ce genre de documentaire « documenteur » en référence à François Truffaut. Tout au long de son film, Karel s'est amusé à glisser des clins d'œil au cinéma et à Hollywood, en particulier. Paradoxalement, certains ont utilisé le film Opération Lune pour défendre la théorie du complot donnant, malgré eux, raison à Karel.
« L’idée était de détourner des entretiens, et nous n’avons mis aucun des témoins dans la confidence, ni les gens de la NASA, ni Aldrin, ni la femme de Kubrick, ni le frère de celle-ci. […] En détournant leurs témoignages, il suffisait d’avoir un « faux » témoin, en l’occurrence la secrétaire de Nixon, pour faire le lien et rendre l’histoire crédible. Aux « vrais » témoins, nous disions que nous faisions un film sur Kubrick, sur son film, sur la Lune ou sur la NASA, et nous leur posions des questions un peu vagues… » — William Karel[34]
  • En août 2008, l'émission de télévision MythBusters diffusée sur Discovery Channel revint sur les rumeurs concernant les missions humaines sur la Lune avec des scientifiques et des spécialistes d'effets spéciaux qui réfutèrent les principaux arguments :
    • il est démontré que la photo comportant des ombres non parallèles est possible ; après avoir recréé un plateau et une source unique de lumière, Mythbusters montre que ce sont effectivement les reliefs qui créent cet effet.
    • il est démontré, sur la photo où l'astronaute descend sur l'échelle, que ce dernier est éclairé par la réflexion de la lumière du Soleil sur le sol lunaire ; toujours sur une maquette avec un plateau qui recrée avec exactitude les caractéristiques de réflexion de la lumière du sol lunaire, alors qu'il devrait être plongé dans l'ombre du module la lumière reflétée par le sol l'éclaire suffisamment pour qu'on puisse le voir distinctement.
    • il est démontré, dans une chambre à vide, sur du sable recréant celui de la Lune que l'empreinte de pas sur le sol lunaire n'a pas besoin d'humidité pour être bien visible. N'ayant pas à subir l'érosion du vent, le sable lunaire est en fait constitué de petits grains pointus qui lui permettent de conserver les traces.
    • il est démontré, dans une chambre à vide, que le drapeau (une réplique exacte d'après les plans originaux) bouge encore plus dans le vide que dans l'air lorsqu'il est manipulé, puisque la résistance de l'air ne s'exerce plus. L'illusion d'un souffle d'air le faisant bouger est bien une illusion ; il bouge uniquement parce qu'il est manipulé par l'astronaute. Et le drapeau met beaucoup plus de temps à s'arrêter de bouger dans le vide que dans l'air[6].
    • il est démontré, après plusieurs tentatives infructueuses, qu'il n'est pas possible en studio de recréer (même avec des moyens sophistiqués) les mouvements souples et aisés des astronautes sur la Lune dus à la faible gravité. En revanche, lors d'un vol parabolique qui restitue la gravité de la Lune, les mouvements des personnes portant une réplique de la combinaison spatiale sont identiques à ceux des astronautes sur la Lune.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) LRO Sees Apollo Landing Sites - NASA, 17 juillet 2009
  2. a, b et c (en) Exploring the Apollo 17 Site - Site du projet LROC, 28 octobre 2009
  3. a et b (en) Andrew Chaikin, « Live from the Moon: The Societal Impact of Apollo »,‎ 2007 (consulté le 22 octobre 2009) [PDF]
  4. a, b et c Théorie de la Conspiration : avons-nous été sur la Lune ? - Google vidéo [vidéo]
  5. (en) How does the Flag Wave on the Moon? - Astroprof’s Page, 13 août 2006
  6. a et b Explication sur le drapeau « flottant » dans le vide - Extrait vidéo de l'émission de télévision MythBusters sur Apollo 11, Dailymotion [vidéo]
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  18. Thomas Baron admettait devant la commission n'avoir qu'un niveau d'études de lycée, voir « Investigation into Apollo 204 accident : Thomas Baron's testimony »
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  20. (en) Investigation into Apollo 204 accident : Thomas Baron's testimony - Hearings held before the House Subcommittee on NASA Oversight, Cap Kennedy, 21 avril 1967
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  32. A-t-on vraiment marché sur la Lune ? - Le Nouvel Observateur, 21 juillet 2009
  33. a et b (en) Interview de Bill Kaysing par Nardwuar - Nardwuar.com
  34. a et b William Karel le nomme « documenteur » Entretien avec William Karel - Arte

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]