Combinaison spatiale A7L

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
A7L sans le revêtement externe et la visière
Buzz Aldrin à la surface de la Lune avec sa combinaison

La combinaison spatiale A7L est une combinaison spatiale développée pour la NASA utilisée à la fin des années 1960 et au début des années 1970 dans le cadre des missions lunaires du programme Apollo et des séjours à bord de la station spatiale Skylab. Ce sont les combinaisons spatiales les plus complexes à avoir été utilisées jusqu'à présent. Construites sur mesure par les entreprises américaines ILC Dover et Hamilton Sundstrand et utilisées entre 1968 et 1975, elles pèsent 72 kg mais l'attraction lunaire étant six fois moins forte que la gravité terrestre, les astronautes avaient l'impression de porter à peine 14 kg. L'autonomie maximale pour les astronautes est de h 30 (moins h de marge de sécurité, permettant des EVA nominales de h 30), correspondant aux réserves d'oxygène, d'énergie électrique et d'eau pour le refroidissement. Limite de températures opérationnelle entre −179 °C et 149 °C[1]. Pression opérationnelle : 0,26 atmosphère[2].

La combinaison[modifier | modifier le code]

La combinaison spatiale A7L est constituée de plusieurs couches. L'enveloppe extérieure dissimule trois combinaisons intérieures superposées.

  • Le confort de l'astronaute était d'abord assuré par un sous-vêtement en nylon qu'il porte à même la peau comprenant la cagoule de télécommunications, un raccord électrique et le relais de communication de surveillance biologique et un slip contenant un collecteur d'urine et une couche retenant les matières fécales.
  • Cet ensemble est enveloppé dans une combinaison gonflable qui maintient une pression uniforme sur tout le corps.
  • Une troisième enceinte de nylon empêche tout gonflement intempestif avec casque, chaussons et gants pressurisés.

Au total, elle était formée de 14 couches superposées : à l'intérieur, une doublure de nylon caoutchouté, cinq couches de mylar reflétant la chaleur alternant avec quatre couches de dacron, puis deux couches de plastique ignifuge Super Kapton, une membrane de tissu bêta revêtu de teflon ignifuge et antiabrasive et enfin une couche de tissu au téflon résistant au feu et au frottement. Les gants pressurisés extra-véhiculaires sont renforcés par un tissu de métal avec un revêtement intérieur de caoutchouc au silicone. Leur surface extérieure était légèrement adhésive pour donner une meilleure prise. Les chaussures lunaires comportaient en outre 25 épaisseurs d'isolants ultra-légers.

La liberté de mouvement est limitée par sa « chrysalide de survie » : la portée de ses bras étant de seulement de 75 cm, l'astronaute ne peut presque rien manier sans l'aide de longues pinces, et s'il peut s'agenouiller, une chute au sol l'aurait rendu impuissant et aurait requis de l'aide pour le remettre sur pied[3].

La partie supérieure comprend le casque doté d'un pare-soleil et d'une visière fumée pour protéger les yeux du Soleil et des rayonnements ultra-violet.

ils ont été fabriqués pour une seule utilisation: aller sur la Lune et revenir. Les matériaux étaient nouveaux dans les années 1960 et les ingénieurs de la NASA ne pouvaient que supposer de quoi était composé le sol lunaire et celui-ci est bien plus abrasif qu'anticipé. L’intérieur en caoutchouc devait durer six mois seulement[4].

Le PLSS[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Portable Life Support System.

Véritable petite usine transportée comme un sac à dos, le PLSS (« Portable Life Support System ») est lui-même relié au torse du scaphandre par un ensemble de tubulures (2 pour l'aller-retour de l'eau de refroidissement et 2 pour l'aller-retour du recyclage de l’oxygène). Le PLSS contient plusieurs systèmes[5] :

  • Oxygen Ventilating Circuit : circuit fermé actionné par une turbine qui permet la recirculation de l'oxygène expiré par l'astronaute, mais aussi son refroidissement, sa déshumidification et l'extraction de son CO2.
  • Primary Oxygen Subsystem : réservoir d’oxygène qui assure le remplacement de ce gaz dans l'Oxygen Ventilating Circuit au fur et à mesure qu'il est consommé par l'astronaute. La réserve est d'environ 670 grammes d'O2 à 100 atmosphères de pression.
  • Liquid Transport Loop : circuit fermé actionné par une pompe qui assure la circulation d'eau de refroidissement du scaphandre.
  • Feedwater Loop : circuit qui alimente un sublimateur à partir de deux réservoirs d'eau, l'un de 4,2 litres, l'autre de 1,6. Le système permet également de récupérer l'eau de condensation issue de l’Oxygen Ventilating Circuit. Le sublimateur, en permettant à l'eau de s’évaporer dans le vide de l'espace assure le refroidissement de l'Oxygen Ventilating Circuit et de la Liquid Transport Loop.
  • Electrical Power Subsystem : batteries alimentant les pompes, les turbines, le système de communications...
  • Extravehicular Communication System : un système de communication pour la voix et la télémétrie.
  • Remote Control Unit : console située sur la poitrine de l'astronaute et permettant à ce dernier de contrôler et de commander les différentes fonctions du PLSS.
  • L'OPS[6] : situé au-dessus du PLSS, servant par ailleurs de support pour l'antenne radio, l'Oxygen Purge System est lui-même relié au scaphandre par une tubulure. Déclenché grâce à une poignée il permet, en cas de défaillance du PLSS, à l'astronaute de recevoir de l'oxygène depuis une réserve d'une demi-heure. L'oxygène expiré n'étant pas purifié, une valve doit être ouverte sur la poitrine de la combinaison pour permettre l'évacuation du gaz.

Exemples notables[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. entre −178,9 °C et 148,9 °C, Operations Handbook Extra Vehicular Mobility Unit de la NASA, réédité par Periscope Film LLC en 2012, section 2-3
  2. 3.75 psi, Operations Handbook Extra Vehicular Mobility Unit de la NASA, réédité par Periscope Film LLC en 2012, section 2-3
  3. Les inventions qui ont changé le monde, Paris, Sélection du Reader's Digest, , 102-103 p. (ISBN 2-7098-0101-9)
  4. AFP, « La combinaison de Neil Armstrong, premier homme sur la Lune, va disparaître », (consulté le 30 juin 2019).
  5. Operations Handbook Extra Vehicular Mobility Unit de la NASA, réédité par Periscope Film LLC en 2012, section 2-5 à 2.5.7
  6. Operations Handbook Extra Vehicular Mobility Unit de la NASA, réédité par Periscope Film LLC en 2012, section 2-6

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Spécifications techniques
  • (en) NASA, Apollo Operations Handbook Extravehicular Mobility Unit volume 1 - System description Apollo 14 - révision 4, NASA, , 111 p. (lire en ligne) — Spécifications techniques de la combinaison de la mission Apollo 14
  • (en) NASA, Apollo Operations Handbook Extravehicular Mobility Unit volume 1 - System description Apollo 15-17 - révision 5, NASA, , 144 p. (lire en ligne) — Spécifications techniques de la combinaison spatiale des missions Apollo 15-17
  • (en) NASA, Apollo Operations Handbook Extravehicular Mobility Unit volume 1 - Operational procedures Apollo 15-17 - révision 3, NASA, , 134 p. (lire en ligne) — Procédures opérationnelles pour l'utilisation de la combinaison spatiale des missions Apollo 15-17
Ouvrages de la NASA
  • (en) Charles C. Lutz, Harley L. Stutesman Maurice A. Carson et James W. McBarron II, APOLLO EXPERIENCE REPORT -DEVELOPMENT OF THE NASA TN D-8093 EXTRA VEHICULAR MOBILITY UNIT, NASA, , 79 p. (lire en ligne) — Développement et performances des combinaisons spatiales du programme Apollo
  • (en) NASA, MSFC SKYLAB EXTRAVEHICULAR ACTfVlTY DEVELOPMENT REPORT, NASA, , 131 p. (lire en ligne) — Développement des combinaisons spatiales du programme Skylab
  • (en) NASA, Space Suit EvolutionFrom Custom Tailored To Off-The-Rack, NASA, 28 p. (lire en ligne) — Synthèse développement des combinaisons spatiales du programme Apollo et de la navette spatiale américaine
  • (en) David S. F. Portree and Robert C. Trevino, Walking to Olympus:An EVA Chronology, NASA, , 146 p. (lire en ligne) — Histoire chronologique des sorties extravéhiculaires des missions de la NASA (mise à jour 1997)
Autres
  • Jean-François Pellerinl, Guide des combinaisons spatiales et du vol habité, Tessier & Ashpool, (ISBN 978-2-909467-09-2)
  • (en) Kenneth S. Thomas, Harold J. Mc Mann, U.S. Spacesuits, Springer Praxis, (ISBN 978-1-4419-9565-0)
  • (en) Nicholas de Monchaux, Spacesuit fashionning Apollo, MIT Press, (ISBN 978-0-262-01520-2)
  • (en) William Ayrey, ILC Space Suits & Related Products, NASA, , 171 p. (lire en ligne) — Histoire chronologique des développements ds combinaisons spatiales chez ILC (fournisseur de la NASA) jusqu'à 2005.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Articles externes[modifier | modifier le code]