Photographie plasticienne

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La photographie plasticienne désigne un type de pratique artistique présentée dans le champ de l'art contemporain, qui utilise la technique photographique au service de créations et d'interrogations plastiques, esthétiques et conceptuelles, et tente de s'éloigner des codes de la photographie de genre.

Cette appellation qui reste parfois contestée[1] désigne des pratiques photographiques amorcées durant les années 1960, profitant de l'émancipation de ce médium, exposé en tant qu'art à part entière dans les musées et galeries à partir des années 1970[2].

Cette expression n'a pas d'équivalent dans d'autres langues (anglais et allemand notamment) et n'est pas synonyme de photographie créative (comprenant la publicité par exemple) ou photographie d'art (sous-entendue, attachée au savoir-faire ou comme le produit d'un métier d'art).

Histoire[modifier | modifier le code]

Au cours des années 1970 sous l'effet de l'approche barthésienne du médium photographique, trois manifestations entérinent l'effacement de la frontière entre la photographie pure et les arts plastiques. En 1980, c'est d'abord Michel Nuridsany qui organise à Paris l'exposition « Ils se disent peintres, ils se disent photographes ». Puis en 1989, Jean-François Chevrier organise coup sur coup deux expositions-manifestes : « Une autre objectivité » à Paris et « Photokunst » à Stuttgart.

L'expression « photographie plasticienne », est forgée par la critique d'art Dominique Baqué en 1998[3] et rapidement répandue sur le marché de l'art[4].

Il est difficile de caractériser précisément de la photographie plasticienne tant les pratiques diffèrent d'un artiste à l'autre. Cependant, alors que la photographie « classique » chercherait à proposer une représentation fidèle du réel, le « photographe plasticien » aurait vocation à mettre en scène l'espace et les personnes ou objets qui le composent, selon une mise en scène savamment orchestrée. Ainsi, la photographie n'a plus d'autre sujet qu'elle même[5].

En 2003, Jean-Christophe Béchet, Christian Gattinoni et Yannick Vigouroux ont tenté de distinguer huit familles de photographes plasticiens [6] :

1. Les petites fabriques du réel
2. Fragments d'intimité
3. La photo autobiographie

Sophie Calle,Nan Goldin, etc.

4. Le reportage fiction
5. Un humanisme objectif

Andreas Gursky, Valérie Jouve, Martin Parr, Thomas Struth, Jeff Wall, etc.

6. La bonne photo ratée

Bernard Plossu, etc.

7. Les non-lieux du paysage
8. La photo sculpture

Photographes plasticiens[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive, d'artistes notables pour tout ou partie de leur œuvre.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Baqué, La Photographie plasticienne. Un art paradoxal, Regards, 1998.
  • Jean-Christophe Béchet , Christian Gattinoni et Yannick Vigouroux, « La photographie n’est plus ce qu’elle était… La photographie «  plasticienne »  expliquée en huit familles », dans : Réponses Photo, n° 138, , p. 48-66.
  • Dominique Baqué, Photographie plasticienne, l'extrême contemporain, Éditions du Regard, 2004.
  • Louis Mesplé, « La voie plasticienne.1985-1995 » dans : L’aventure de la photo contemporaine de 1945 à nos jours, Éditions du Chêne, 2006, pp. 168-205.
  • Françoise Docquiert, « La photographie plasticienne » dans : Brigitte Govignon, La petite encyclopédie de la photographie, Éditions de La Martinière, 2011, pp.190-193.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lire le compte rendu du livre de Baqué par Michel Poivert.
  2. Sur cette autonomie nouvelle, sensible jusque dans les « pages culture » des grands quotidiens français, cf. Robert Pujade, Art et photographie, Paris, 2005.
  3. Avec la publication de la première version de son livre La photographie plasticienne, sous-titré alors : Un art paradoxal.
  4. Cf. le Guidargus de la peinture 1999, qui contient une section intitulée : « La photographie plasticienne, un nouveau segment du marché de l'art. »
  5. « Photographie plasticienne », ArtPhotoLimited.com,
  6. Jean-Christophe Béchet, Christian Gattinoni et Yannick Vigouroux, « La photographie n’est plus ce qu’elle était… La photographie «  plasticienne » expliquée en huit familles », dans : Réponses Photo, n° 138, septembre 2003, p. 48-66.