Nu en photographie

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Étude de Rudolf Koppitz (1927).

Le nu en photographie est la représentation photographique d'un ou plusieurs corps humains dévêtus.

Il a été pratiqué dès que la photographie à ses débuts a été suffisamment sensible pour photographier un corps vivant. Comme tous les genres impliquant la nudité, il est le plus souvent associé à l'érotisme, à la sexualité, à la pornographie, à moins qu'il ne serve de document dans une spécialité comme la médecine ou l'anthropologie.

De nombreux photographes se sont fait connaître par leur traitement du nu dans de nombreux pays.

Généralités[modifier | modifier le code]

Le nu est pour les photographes amateurs ou professionnels, à côté d’autres genres comme le paysage ou le portrait, une spécialités dont le sujet est le corps humain dévêtu, masculin ou féminin, seul, en couple, en groupe, en masse, posant ou pratiquant une activité.

Il se pratique en studio ou en extérieur.

Suivant sa finalité, il peut être documentaire, académique, artistique , de charme, érotique, pornographique, etc[réf. souhaitée].

C’est un genre difficile[réf. nécessaire] pratiqué depuis les tout débuts de la photographie par certains des plus grands photographes mondiaux soit occasionnellement à côté à la photographie de mode ou le portrait comme, par exemple, Helmut Newton ou Jeanloup Sieff, soit exclusivement comme David Hamilton[réf. nécessaire].

Un ensemble concourant de facteurs : la révolution sexuelle, le féminisme, la photographie numérique, les smartphones, Internet et l’explosion des vidéos pornographiques, la prise de vue en POV, les captures d’écran à la portée de tous, l'irruption de la Chine sur le marché de l'art, etc. ont modifié totalement son paradigme dans la seconde moitié du XXe siècle[réf. nécessaire].

Histoire[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Nu du début du XXe siècle.

Les premiers daguerréotypes de nu académique, érotique et pornographique, datent de l'invention même de la photographie[1].

Au XIXe siècle, de nombreux artistes et les cours d'anatomie artistique de l'École des beaux arts de Paris, comme ses homologues à Londres et dans d'autres pays utilisent la photographie comme un nouveau moyen d'étudier un modèle[2]. La chronophotographie de sujets nus par Eadweard Muybridge et Albert Londe sert aussi à étudier le mouvement et l'action musculaire, que l'art académique entend représenter avec exactitude[3].

En 1853, les études d'après nature représentent environ 40 % de la production photographique[réf. nécessaire]. Le musée d'Orsay possède des photographies de nus sur lesquels ont été tracés des carrés destinés à guider la reproduction et l'agrandissement de l'image sur une toile (mise au carreau)[réf. nécessaire]. Par son réalisme authentifié, la photographie ouvre un champ nouveau à la représentation et ne connaît pas véritablement de tabou car, si elle montre un corps qui a bien été là, en face de l'objectif, elle crée, comme les autres arts graphiques, en même temps une distance entre le sujet et celui qui le regarde, distance qui permet toutes les audaces[réf. nécessaire]. Mais si les moralistes s'accommodent du dessin de nu, comme nécessité pour l'apprentissage par les artistes et comme représentation idéalisée, ils réprouvent la photographie de nu :

« Le nu, fond nécessaire des arts du dessin, de la sculpture et de la peinture, serait, en photographie, inavouable[4]. »

Cependant, à la même époque, se diffusent des photographies érotiques et à partir de leur invention en 1851, des images stéréoscopiques qui renchérissent, avec l'illusion du relief, sur le réalisme photographique[5]. La vue stéréoscopique érotique devient une industrie[réf. nécessaire]. On peut alors s'en procurer partout en quantité et la censure freine seulement la production qui s'écoule par des circuits parallèles[réf. nécessaire].

Émile Bayard publie à Paris à partir d'octobre 1902 Le Nu esthétique, une série mensuelle de fascicules où il met en scène des hommes et des femmes en de véritables tableaux photographiques. Deux ans plus tard, Amédée Vignola lance L'Étude académique, avec exclusivement des nus féminins[6], sur le même terrain où la tradition académique du nu soutient l'art photographique[7]. Ils sont suivis par plusieurs autres revues sur le même programme qu'expose (Frédéric Dillaye) dès 1903 : la réalisation, en photographie, de l'esthétique dominante, telle que définie par l'Académie des Beaux-arts. Les revues ne traitent cependant pas les photographies comme des œuvres d'art. Elles sont anonymes, et le texte indique qu'elles sont destinées à suppléer, pour les artistes, les modèles vivants. Des photographes exposent leur nus, dans leurs ateliers, avec un nom d'auteur[8].

Après la Première Guerre mondiale, la photographie de nu s'expose avec des noms d'auteur au même titre que les autres genres photographiques[9]. La distinction difficile à définir entre le nu, idéal, et le déshabillé, sensuel et condamnable reste la base de l'argumentaire des photographes de nu recherchant l'approbation de la société[10]

Nu masculin[modifier | modifier le code]

Photographie contemporaine de nu par Alexander Kargaltsev (en).
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Le nu masculin en photographie a émergé avec les premiers photographes comme Jean Louis Marie Eugène Durieu, Albert Londe, Thomas Eakins et surtout Wilhelm von Gloeden, Guglielmo Plüschow et Vincenzo Galdi. Les trois derniers photographient souvent en extérieur au bord de la mer en Sicile ou en Afrique du Nord, privilégiant des portraits d'adolescents dans des scènes de genre inspirées de l'antiquité grecque.

Dans les années 1930 à 1940, les athlètes nus de Jean Ferrero, Gregor Arax, ou les nus esthétisants et sophistiqués de Man Ray ou de Raymond Voinquel montrent des sujets plus virils et musclés.

Dans les années 2000, des photographies de nus d'athlètes[11], ainsi que de pompiers, ont servi de support à des calendriers soutenant des campagnes humanitaires. À l'image des Chippendales et des spectacles de striptease masculin, c'est le sujet du film britannique de 1997, The Full Monty.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

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La photographie de nu est souvent liée à l'érotisme. David Hamilton est notamment connu pour ses mises en scènes éthérées de corps nus féminins, couleur et noir et blanc.

Le développement de l'industrie pornographique a aussi inspiré des artistes. C'est le cas de Jeff Koons qui réalisera plusieurs œuvres de sa série Made in Heaven le représentant avec sa compagne la Cicciolina dans des scènes sexuelles[12].

L'Américain Spencer Tunick a pris quant à lui le parti de photographier des masses de corps nus, mettant en scène de façon spectaculaire des groupes de plusieurs milliers de personnes nues, volontaires, dans des endroits publics[13].

Les mises en scène de Joel-Peter Witkin, où interviennent des personnages bizarres, handicapés ou surpondérés, sont une réinterprétation gothique contemporaine du nu. Un photographe comme le Finlandais Arno Rafael Minkkinen photographie son corps nu qu'il met en scène dans des paysages de son pays natal, réinventant l'autoportrait.

Le Festival européen de la photo de nu, qui se tient tous les ans, à Arles en France, est la plus importante manifestation consacrée à ce genre photographique en Europe[réf. nécessaire]. De nombreuses expositions de photographes de nu sont accessibles au public.

Paris photo 2018 accueillera une section Photographie érotique[14].

Photographes de nu[modifier | modifier le code]

Par époque[modifier | modifier le code]

XIXe siècle (1840-1914)[modifier | modifier le code]

XXe siècle (première moitié) (1919-1942)[modifier | modifier le code]

XXe siècle (deuxième moitié) (1945-1990)[modifier | modifier le code]

XXIe siècle (de 1991 à aujourd'hui)[modifier | modifier le code]

Par pays[modifier | modifier le code]

Afrique du sud[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

Hommage à Helmut Newton par Adolf Zika.

Chine[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

Finlande[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Swiners , Anya (1962), Exposition mondiale de la photographie, n° 219

Italie[modifier | modifier le code]

Augusto De Luca: Nudes, 1980.

Japon[modifier | modifier le code]

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

République tchèque[modifier | modifier le code]

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Croisement époques/pays des photographes de nu[modifier | modifier le code]

. XIXe / 2
1840 - ± 1916
XXe / 1
±1916 - ± 1942
XXe / 2
± 1945 - 1990
XXIe / 1
1990 - 2020
Afrique du sud Sam Haskins
Allemagne Wilhelm von Gloeden
Chine Ren Hang
États-Unis Anne Brigman Alfred Cheney Johnston
Edward Weston
Richard Fegley
Fernand Fonssagrives
Sally Mann
Robert Mapplethorpe
Will McBride
Pompeo Posar
Herb Ritts
Jock Sturges
Spencer Tunick
Joel-Peter Witkin
Finlande
France Auguste Belloc
Eugène Durieu
Lucien Lorelle Jacques Bourboulon
Irina Ionesco
Pierre Molinier
Petter Hegre
Olivier Louis
Dani Olivier
Italie
Japon Nobuyoshi Araki Kishin Shinoyama
Pays-Bas
République tchèque Jan Saudek
Royaume-Uni Madame Yevonde Bill Brandt
David Hamilton

La nu dans la photographie contemporaine[modifier | modifier le code]

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Dans la photographie contemporaine — c'est-à-dire depuis les années 1980 — le nu en photographie est aussi bien artistique, érotique que pornographique ; féminin que masculin ; hétérosexuel qu'homosexuel ; etc.[réf. nécessaire]

Le nu dans la photographie contemporaine
Birth of Vénus, par Jean-Christophe Destailleur 
Nu féminin contemporain 
Nu masculin en clair-obscur 
Warrior par Cosme Madini 

Bibliographie[modifier | modifier le code]

XXe siècle
  • Frédéric Dillaye, « Le nu en photographie », Les nouveautés photographiques,‎ , p. 98-107 (lire en ligne)
  • Lucien Lorelle, Photos et propos sur le nu, Paul Montel, .
  • Bruno Foucart, L'Art du nu au XIXe siècle. Le Photographe et son modèle, Hazan, 1998.
  • Jacques Bourboulon, Photographier le nu, VM, 1996
XXIe siècle
  • « Le Nu féminin », dans : Compétence photo, n° 15, 2010.
  • (en)Peter Bilous, The Beginner’s Guide to Photographing Nudes, Amherst media, 2010.
  • Klaus Carl, La Photographie érotique, Parkstone International, (présentation en ligne).
  • Jean Turco, L’art de l’Eclairage. Le Nu, Pearson, 2012.
  • (en) Richard Young, Create Erotic Photography. Find Models, Choose Locations, Design Great Lightning & Sell Your Images, Amherst Media, 2013.
  • Philippe Bricart, Les secrets de la photo de nu. Pose - Composition - Eclairage, Eyrolles, 2014.
  • Steve Luck, L’éclairage du nu. Installation, techniques de prises de vue et secrets de professionnels, Dunod, 2014
  • Julien Bolle, « Photo de Nu. Le modèle et ses photographes. Les mystères d’une relation créative », dans : Réponses Photo, n° 282, septembre 2015.
  • Olivier Louis, Photos de nus en lumière naturelle, ESI, 2016.
  • Jean-Louis Del Valle, Osez la photo érotique, La Musardine, 2017.
  • Jennifer Emery, The Nude. Conceptual Approaches to Fine Art Phototography, Amherst Media, 2017.
  • A.K. Nicholas, True Confessions of Nude Photography. A Step-By-Step Guide to recruiting beautiful models, Lighting, Photographing Nudes, Post-Processing Images, and Maybe Even Getting Paid to Do It, 3e édition, Bella Nuda Arts, 2017.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carl 2011, p. 34.
  2. Catherine Mathon, « Le modèle photographique : Une leçon d'anatomie à l'École des beaux-arts », dans Philippe Comar (dir.), Figures du corps, Beaux-arts de Paris éditions, .
  3. (en) Sarah Gordon, Indecent exposures : Eadweard Muybridge's Animal locomotion nudes, 2015 Yale U.P. ; Paul Richer, Nouvelle anatomie artistique du corps humain. Cours supérieur ("suite"). Physiologie. Attitudes et mouvements, Plon, Nourrit, (lire en ligne), p. 159-168.
  4. Citation du moraliste Ernest Bersot, extraite de l'article critique « Médecine et littérature » (initialement paru dans le Journal des débats, 1860, repris dans le recueil de l'auteur : Littérature et morale, Paris, 1861, p. 216-248 ; la phrase s'y lit à la page 220). Elle est citée en 1874 par le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse dans l'article « Nu » (t. 11, p. 1145) et fait florès depuis lors.
  5. Sylvie Aubenas et Philippe Comar, Obscénités. Photographies interdites d'Auguste Belloc, Paris, Albin Michel, . étudient les 25 daguerrotypes stéréoscopiques du photographe Auguste Belloc saisis en 1860.
  6. Amédée Vignola, « L'étude académique : de l'utilité du modèle photographique dans l'art », L'Étude académique : revue artistique illustrée, documents humains, no 1,‎ , p. 1 (lire en ligne).
  7. Camille Viéville, Le Portrait nu, Arkhê, , p. 38.
  8. Frédéric Dillaye, « Expositions d'amateurs », Les nouveautés photographiques,‎ , p. 94 (lire en ligne).
  9. « XXII.e Salon d'art photographique de Paris », Art et photo,‎ , p. 17 (lire en ligne).
  10. Désiré Franc, « Causeries sur la photographie pittoresque », Art et photo,‎ , p. 20 (lire en ligne)
  11. Voir sur dieuxdustade.com.
  12. Site officiel de Jeff Koons.
  13. Exemples du travail de Spencer Tunick : Barcelone, New York, Londres.
  14. « Liste des exposants », sur parisphoto.com (consulté le 2 juillet 2018) [réf. insuffisante]
  15. Federica Muzzarelli, « Anne Brigman », dans : Femmes photographes, Hazan, 2008, p. 136-155.
  16. Dian Hanson, Ren Hang, Taschen, .