Christine Spengler

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Spengler.
Christine Spengler
Christine Spengler 2016.jpg
Christine Spengler en dédicace à la Maison européenne de la photographie, en juin 2016.
Biographie
Naissance
Nationalité
Activités
Autres informations
Distinctions

Christine Spengler, née en 1945 en Alsace, est une photographe et auteure française, élevée à Madrid.

Elle découvre sa vocation au Tchad et réalise en 1970 sa première photo de reportage. Armée de son Nikon fétiche, elle couvre en noir et blanc pour les plus grands magazines du monde, la guerre civile d'Irlande du Nord, le Viêt Nam et le Cambodge, le Sahara occidental, le Liban, l'Iran, le Nicaragua, le Salvador, le Kosovo, l'Irak, etc. Depuis plusieurs années, à chaque retour de reportage, elle réalise des photomontages oniriques en couleur, pour exorciser la guerre. Elle est également conférencière et auteure de plusieurs livres dont Une femme dans la guerre aux Éditions des femmes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Christine Spengler est la fille de l'artiste surréaliste Huguette Spengler, égérie de la galerie Vivienne à Paris. D'origine alsacienne, elle est élevée à Madrid. Elle est marquée dès l'enfance par ses visites fréquentes au Musée du Prado, ou elle découvre les maîtres de la peinture espagnole,Vélasquez mais aussi Francisco de Goya, auteur des Désastres de la guerre.

Elle décide d'apprendre son métier sur le terrain pour devenir correspondante de guerre afin de défendre les causes justes et les opprimés. Elle exercera cette profession jusqu'à son dernier reportage, en Irak, en 2003.

Ses photographies de Belfast en 1972, peu de temps après le Bloody Sunday, de la révolution iranienne en 1979 ou du bombardement de Phnom Penh par les Khmers rouges en avril 1975, figurent parmi les plus remarquables témoignages sur des événements contemporains couverts par de nombreux photographes.

En 1983, de retour en Alsace, elle photographie pour la première fois en couleurs les portraits de ses défunts, entourés d'objets personnels, de perles et de pétales de roses… Ces ex-voto sont une façon pour elle d'abolir « la frontière entre les vivants et les morts ».

En 1988, Christian Lacroix voit ses photos et tombe amoureux de ses couleurs, surtout de ses tons rouge. Elle lui répond que ce rouge qu'il aime tant n'est autre que le sang des guerres. Elle publie Vierges et toréros aux éditions Marval en 2000, photographies accompagnées de calligraphies de Christian Lacroix.

En 2016, la Maison européenne de la photographie lui consacre une grande exposition rétrospective, « L'Opéra du monde », qui réunit les deux facettes de son travail et dont les tirages sont effectués par le photographe espagnol Juan Manuel Castro Prieto et qui ont été publiés dans un livre éponyme aux éditions du Cherche midi. Christine Spengler, se souvenant encore de ce que lui avait demandé l’abbé Pierre - « N’oubliez pas qu’il y a aussi la guerre sur le macadam de Paris ! » - y expose sa dernière photo de reportage prise dans un camp de migrants à Calais pour témoigner de leur misérable condition mais aussi de l'espoir qui les anime.

En 2017, elle est l'invitée d'honneur du premier festival de photographies Incadaqués, à Cadaqués, où elle expose une série en hommage au peintre Salvador Dali.

En 2017, elle publie au Cherche midi, un livre hommage à Marguerite Duras : Série indochinoise, préfacé par Fanny Ardant.

En 2018, Xavi Herrero réalise un film documentaire sur la vie de Christine Spengler intitulé "Moonface, une femme dans la guerre".

Distinctions et prix[modifier | modifier le code]

Christine Spengler a gagné de nombreux prix pour son travail de reporter, notamment le prix SCAM (Paris) pour son travail sur les femmes dans la guerre en 1998.

Élue « Femme de l'année » à Bruxelles en 1998.

En mars 2007 elle est nommée chevalier des Arts et des Lettres à Paris.

En 2009, elle est nommée chevalier de la Légion d'honneur.

Œuvre[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Christine Spengler comporte deux facettes distinctes : photographies de guerre, exclusivement en noir et blanc (à une exception près) ; autoportraits (série de photographies surréalistes de ses pieds, réalisées à chaque retour de reportage), en couleurs ; et photomontages en couleurs.

Photographies de guerre[modifier | modifier le code]

Autoportraits[modifier | modifier le code]

Photomontages[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christine Spengler, Une femme dans la guerre, éditions Ramsay, 1991.
  • Christine Spengler, Vierges et toreros, éditions Marval, 2003
  • Christine Spengler, Années de guerre, éditions Marval, 2003.
  • Laure Guibault, « Christine Spengler prend son pied », dans : Ynox, n° 10, avril 2005, p. 30-35.
  • Christine Spengler, Une femme dans la guerre : 1970-2005, Des femmes. Antoinette Fouque, 2006.
  • Christine Spengler, Ibiza y Formentera eternas. La serenidad recobrada, Camara de Commercio, Ibiza y Formentera, 2009.
  • Christine Spengler, L'Opéra du monde, Cherche midi, 2016.
  • Christine Spengler, Série indochinoise, hommage à Marguerite Duras, Cherche midi, 2017.

Liens externes[modifier | modifier le code]