Ousmane Sow

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Ousmane Sow
Naissance (80 ans)
Dakar
Nationalité Drapeau du Sénégal Sénégal
Profession
Formation

Ousmane Sow (né le à Dakar[1]) est un artiste sculpteur sénégalais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ousmane Sow naît à Dakar en 1935, d’une mère saint-louisiane et d’un père Dakarois de trente ans son aîné. Il grandit à Reubeuss, un des quartiers les plus chauds de Dakar, où il reçoit une éducation extrêmement stricte au cours de laquelle son père le responsabilise très jeune. Il hérite de ce père, la rigueur, le sens du devoir, et un esprit libre. À la mort de celui-ci, et malgré un immense attachement à sa mère, il décide de partir pour Paris, sans un sou en poche. Il se fait héberger dans les commissariats de police, et connaît la douceur d’une France alors terre d’accueil. Tout en pratiquant divers petits métiers, et après avoir renoncé à suivre l’enseignement de l’école des beaux-arts, il passe un diplôme de kinésithérapeuthe.

Bien que sculptant depuis l’enfance, c’est seulement à l’âge de cinquante ans qu’il fit de la sculpture son métier à part entière. Mais la kinésithérapie qu’il exerça jusque là n’est sans doute pas étrangère au magnifique sens de l’anatomie que l’on trouve dans son œuvre. Durant toutes ces années d’activité, il transforme la nuit son cabinet médical et ses appartements successifs en ateliers de sculpture, détruisant ou abandonnant derrière lui les œuvres qu’il crée.

Révélé en 1987 au centre culturel français de Dakar, où il présente sa première série sur les lutteurs Nouba, l’artiste expose six ans plus tard, en 1993, à la Dokumenta de Kassel en Allemagne. Puis, en 1995, au Palazzo Grassi, à l’occasion du centenaire de la Biennale de Venise.

Son exposition sur le pont des Arts au printemps 1999 attire plus de trois millions de visiteurs. Depuis, son œuvre a été exposée dans une vingtaine de lieux, dont le Whitney Museum à New York

Jusqu’à cette première exposition, en 1987 à Dakar, on ne connaît rien de sa création, si ce n’est l’extrait d’un film d’animation qu’il a lui-même réalisé et qui mettait en scène des petites sculptures animées. C’est en 1984, inspiré par les photos de Leni Riefenstahl représentant les Nouba du Sud- Soudan, qu’il commence à travailler sur les lutteurs de cette ethnie et réalise sa première série de sculptures : Les Nouba. En 1988, naîtront Les Masaï, en 1991 Les Zoulou, et enfin, en 1993, Les Peul.

En 1991, il achète le terrain sur lequel il construit sa maison, née de son imagination. Recouverte entièrement de sa matière, murs et carreaux, elle représente symboliquement le Sphinx et est la préfiguration de la future série qu’il imagine sur les Égyptiens. C’est dans la cour de cette maison que naît La Bataille de Little Big Horn, une série de trente-cinq pièces, exposée à Dakar en janvier 1999, en avant-première de l’exposition parisienne sur le pont des Arts, qui réunit toutes ses œuvres. Le Whitney Museum à New York accueillera en 2003 une partie de cette série.

En 2001, il confie aux Fonderies de Coubertin, avec lesquelles il travaille toujours aujourd’hui, la réalisation de trois bronzes, à partir de ses originaux : « La Danseuse aux cheveux courts » (série Nouba), « le Lutteur debout » (série Nouba) et «La Mère et l’Enfant» (série Masaï). Ces trois pièces sont exposées au printemps 2001 à Paris au musée Dapper. Ont été réalisées depuis une vingtaine de grands et une vingtaine de petits bronzes.

Cette même année, il répond à une commande pour le comité international des Jeux olympiques, et crée Le Coureur sur la ligne de départ, aujourd’hui installé au musée olympique à Lausanne.

Durant l’été 2002, il réalise, à la demande de Médecins du Monde, une sculpture de Victor Hugo pour la Journée mondiale du refus de la misère. Le bronze de cette sculpture, commandé par la ville de Besançon (où est né Victor Hugo), y est installe le 17 octobre 2003, place des Droits de l’Homme.

En 2004, il entreprend la réalisation de petites sculptures Nouba, aboutissement de la série des grandes sculptures Nouba réalisées en 1984, série à laquelle il ajoute de nouveaux thèmes.

En 2005, Ousmane Sow fait son entrée dans le Petit Larousse illustré.

En 2008, le maire de Genève lui commande une œuvre destinée à son combat pour la régularisation des sans-papiers. Cette œuvre, intitulée L’Immigré, a été installée au cœur de Genève.

En 2009, il réalise la sculpture de l’épée d’académicien de Jean-Christophe Rufin. Cette sculpture représente Colombe, le personnage emblématique de son roman Rouge Brésil.

En 2010, le Museum of African Art de la Smithsonian Institution à Washington acquiert aux enchères une œuvre (pièce double) qu'il réalisa en 1989 pour la commémoration du Bicentenaire de la Révolution française, Toussaint Louverture et La Vieille Esclave. Ces pièces font partie d’un groupe de sculptures incluant Marianne et les révolutionnaires[2]. Pour leur installation, le musée dédie une salle spéciale à l'artiste, incluant l'œuvre et une exposition de photographies d'atelier accompagnée d’une projection permanente du film Ousmane Sow[3]. il joue de la musique ( du piano) .....

En 2011, à l’occasion du déplacement du monument aux morts de Besançon, parc des Glacis, il réalise une œuvre intitulée L’Homme et l’Enfant, destinée compléter, à l'été 2013, un ensemble des trois sculptures existantes. En représentant cet homme et cet enfant dont on perçoit seulement la forme sous le manteau, l’artiste souhaite mettre en lumière « l’action de ceux qui, au péril de leur vie, ont protégé ou sauvé des personnes. »

Ousmane Sow travaille actuellement à la création de sculptures monumentales, en hommage aux grands hommes qui marquèrent sa vie. C’est ainsi, que, dans le sillage de Victor Hugo, du Charles de Gaulle, de Nelson Mandela, et de son propre père, sont en train de naître à Dakar l’effigie de Martin Luther King, de Mohamed Ali, et de Gandhi. Une série intitulée « Merci » qui rejoindra l’ensemble de ses œuvres qui seront bientôt présentées dans le musée qu’Ousmane Sow est en train de finir de construire à Dakar et qui ouvrira prochainement.

Parallèlement à l’édification de son musée, l’artiste travaille à la création d’une sculpture intitulée Le Paysan, commandée par la Présidence de la République du Sénégal et l’Agence de la Francophonie. Cette sculpture de cinq mètres de haut, en bronze, sera installée devant le centre international de conférence Adbou Diouf à Diamnadio, pas très loin de Dakar.

En 2013, reprenant le thème développé dans Toussaint Louverture et La Vieille Esclave, l’artiste répond à une commande de la ville de La Rochelle et réalise une nouvelle effigie de Toussaint Louverture pour le musée du Nouveau Monde.

En décembre 2013, il entre à l'Académie des beaux-arts. Il est le premier noir élu dans cette académie, et le second sous la Coupole depuis Léopold Sédar Senghor.

Il travaille en 2015 sur une statue de paysan, commande de la présidence de la république du Sénégal, destinée à être installée près du centre Abdou Diouf à Diamnadio.

Toujours, il sculpte sans modèle. Sa matière, il l’invente. En une savante alchimie, il laisse macérer pendant des années un certain nombre de produits. Cette matière est pour lui une œuvre en elle-même, une matière qui le rend presque aussi heureux que la naissance de la sculpture elle-même. Il l’applique sur une ossature faite de fer, de paille et de jute, laissant à la nature et au matériau sa part de liberté, ouvrant la porte à l’imprévu.

Sa vie autant que son œuvre sont aujourd’hui profondément ancrées dans son pays. Il n’imagine pas sculpter ailleurs qu’au Sénégal. Et, alors qu’il a vécu une vingtaine d’années en France, plus rien ni personne ne pourrait lui faire quitter sa terre africaine.

Œuvres[modifier | modifier le code]

L’homme est toujours au centre des préoccupations artistiques d'Ousmane Sow. Ses premières séries sont inspirées de peuples d’Afrique qu’il n’a pas besoin d'avoir rencontrés pour se sentir proche d'eux.

  • La série Nouba, réalisée entre 1984 et 1987, comprend douze sculptures ou groupes de sculptures et représente des guerriers et lutteurs Noubas (ethnie du sud du Soudan).
  • La série Masaï, réalisée entre 1988 et 1989, est constituée de six pièces inspirées de l’ethnie Masaï vivant au Kenya et en Tanzanie.
  • Les pièces isolées : Gavroche, Marianne et les Révolutionnaires (trois pièces représentant une femme et deux hommes) et Toussaint Louverture et La Vieille Esclave (deux pièces figurant un homme et une femme) toutes réalisées en 1989 pour le Bicentenaire de la Révolution française[4].
  • La série Zoulou, réalisée entre 1990 et 1991, et composée de sept personnages constituant la scène Shaka
  • La série Peuls, réalisée entre 1993 et 1994, comprend cinq groupes de sculptures représentant des scènes familiales, quotidiennes et rituelles.
  • La série Little Big Horn, réalisée entre 1994 et 1999, comprend vingt-trois personnages et onze chevaux, représentant des scènes de bataille
  • Les bronzes tirés de ses originaux, réalisés entre 2001 et 2004 : La Danseuse aux cheveux courts (série Noubas), Le Lutteur debout (série Noubas), La Mère et l’Enfant (série Masaï), Le Lanceur (série Zoulou), et Sitting Bull en prière (Série Little Big Horn).
  • En 2001 et 2002, il réalise pour le Comité international olympique Le Coureur sur la ligne de départ et, à la demande de Médecins du monde, une statue de Victor Hugo pour la Journée du refus de l’exclusion et de la misère (installée à Besançon, place des Droits de l’Homme).
  • En 2008, sur commande de la ville de Genève, il réalise L'Immigré, une statue de bronze représentant un homme assis en train de lire en hommage aux immigrés sans-papiers que le maire de Genève, Patrice Mugny, souhaitait voir régulariser dans le cadre de son mandat placé sous le signe du « vivre ensemble ».
  • En 2013, L'Homme et l'Enfant, sculpture en bronze pour le nouveau monument aux morts de Besançon, parc des Glacis, inauguré le 1er juin 2013[5].
  • En 2015, une sculpture de Toussaint Louverture à la suite d'une commande de la ville de La Rochelle ; elle est inaugurée le 20 mai 2015[6].

Le choix du bronze[modifier | modifier le code]

En 1999,avec l'aide et le talent des fondeurs et patineurs de Coubertin, il choisit le bronze. Le choix de ce matériau permet de magnifier son œuvre. Son souhait d'utiliser le bronze est dans l'intention de faire voyager ses sculptures à travers le monde à la manière de l'Oba du Bénin : selon la tradition, l'Oba faisait fondre en bronze la tête de ses ennemis décapités pour les envoyer à leurs fils en guise de menace le jour où ceux-ci accédaient au pouvoir. Le bronze classique africain est donc la réplique d'un original vivant, un métal issu de la chair.

Ousmane Sow a travaillé en étroite coopération avec la fonderie de Coubertin, située à Saint-Rémy-lès-Chevreuse dans les Yvelines. En moins d'une décennie, plus de quarante bronzes dont plus de vingt œuvres monumentales ont été créés dans cette fonderie. Les ouvriers de la fonderie ont démontré l'étendue de leur talent pour que dans le bronze se retrouve l'aspect si singulier de sa mixture et les couleurs de ses pigments. Les bronzes sont signés de l'artiste : le mimétisme entre les sculptures originales et les bronzes est troublante.

Il a réalisé ses premières fontes à partir de ses premières œuvres : la Danseuse aux cheveux courts et Le Lutteur debout de la série des Nouba, La Mère et l'enfant de la série des Masaï. Ces trois pièces furent présentées pour la première fois au musée Dapper.

Certaines de ces pièces sont visibles dans des villes sur des sites prestigieux. Genève expose en son centre L'Immigré. Le conseil général des Yvelines détient une sculpture monumentale représentant de Gaulle commandée pour le quarantième anniversaire du département. Nelson Mandela est sculpté dans une tenue de gardien de but de l'Afrique pour écarter de la main droite tous les chefs d'États africains corrompus. Cette statue sculptée en 2009 est située au siège de la Compagnie Française d'Afrique Occidentale à Sèvres (Hauts-de-Seine). Le Guerrier debout est un bronze de plusieurs couleurs installé près de la gare d'Angers. Un bronze de Toussaint L'ouverture a été installé au printemps 2015 dans la cour du musée du Nouveau Monde à la Rochelle.

Besançon a acquis en 2003 la statue de Victor Hugo installée le 17 octobre 2003 sur la place des Droits de l'homme et L'Homme et l'Enfant destiné à compléter le monument aux morts en rendant hommage à « l'action de ceux qui, au péril de leur vie, ont protégé ou sauvé des personnes ». Ousmane Sow admire profondément Victor Hugo. Une de ses œuvres l'a particulièrement marqué : Bug Jargal, écrit à 16 ans par Victor Hugo, qui relate le courage d'un esclave qui n'hésite pas à sacrifier sa vie pour sauver son maitre,un capitaine de Saint Domingue. Cette statue est l'occasion de témoigner sa foi en l'homme et en Dieu.

Ses liens avec la littérature contemporaine existe aussi. Jean-Christophe Rufin de l'Académie française, reçu solennellement sous la Coupole le 12 novembre 2009, ancien ambassadeur de la France au Sénégal, a demandé à Ousmane Sow de réaliser son épée d'académicien. L'artiste s'est inspiré du personnage de Colombe de son roman Rouge Brésil, prix Goncourt en 2001.

Il souhaite créer de nouveaux exemplaires d'humanité passé et à venir. La série intitulée Merci est destinée à rendre hommage aux grands hommes qui l'ont aidé « à ne jamais désespérer du genre humain » et qui comptent pour l'humanité.

Expositions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie sur le site officiel de l'artiste.
  2. Collections du musée du Quai Branly.
  3. Réalisé par Béatrice Soulé.
  4. Sur commande du ministère français de la Coopération.
  5. Voir sur macommune.info.
  6. Voir sur senenews.com.
  7. « Ousmane Sow », sur le site Sénégal On Line (consulté le 5 janvier 2009)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pont des Arts - Paris 1999, Éditions Le P'tit Jardin 2007 Distribution Actes- Sud
  • Ousmane Sow - 1995 - Éditions Revue noire (épuisé)
  • Le Soleil en face – 1999 - Éditions Le P’tit jardin
  • Ousmane Sow - 2006 - Éditions Actes Sud
  • Même Ousmane Sow a été petit - 2009 - Éditions Le P’tit Jardin Distribution Actes Sud
  • Ousmane Sow - 2014 - Françoise Monnin - Éditions Ides et Calendes

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Ousmane Sow - 26 minutes - (1996) International Emmy Awards New York (nomination 1997)
  • Biennale Internationale du film d’art Beaubourg (sélection 1996)
  • FIFA Festival du film d’Art de Montréal (sélection 1997)
  • Ousmane Sow, le soleil en face (2000), prix du Festival International du Film sur l’art de Montreal - FIFA 2001

Liens externes[modifier | modifier le code]