documenta

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Documenta
Kassel, festival documentaire 15.jpg
affiche du festival documenta 15 à kassel en Allemagne
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Exposition, événement périodiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
Domaine d'activité
Pays
Coordonnées
Organisation
Fondateurs
Le Palais rouge de Cassel.

La documenta (s'écrit avec un d minuscule) est une exposition d'art moderne et contemporain qui se tient tous les cinq ans, à Cassel dans le Land de Hesse.

Elle dure toujours 100 jours, sauf pour l'édition 2017 qui est dédoublée entre Athènes, en Grèce, et Cassel.

La quinzième édition a lieu en 2022[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La documenta est créée, en 1955, par Arnold Bode, peintre et professeur d'art, et quelques-autres fondateurs. Il a longtemps été considéré que la création de cette manifestation, devait permettre au public allemand de se réconcilier avec l'art moderne international après les années de dictature nazie[2]. Arnold Bode veut montrer les œuvres cataloguées comme « art dégénéré » par les nazis. Il semble cependant sur la base de recherches historiques ultérieures, que plusieurs autres fondateurs ont été liés au régime nazi, tel Werner Haftmann, commissaire d'exposition des deuxième et troisième documenta, et que le but de cet événement était aussi de faciliter la réintégration, dans le domaine culturel, de la République fédérale Allemande dans l’Occident. « Pour dix des vingt et un fondateurs, les chercheurs ont révélé soit une adhésion à la NSDAP, parti de Hitler, parfois obligatoire ne serait-ce que pour écrire dans une revue, soit un embrigadement dans les SA, voire les SS. Documenta ne fait guère exception : dans toutes ses sphères politiques, administratives, la RFA a réintégré une grande partie de son élite nazie », indique ainsi Morgane Walter dans sa thèse soutenue en février 2022 à Paris-I Panthéon-Sorbonne[3].

La première exposition est centrée sur l'art abstrait, notamment la peinture abstraite des années 1920 et 1930 et réussit à attirer plus de 130 000 visiteurs.

Au fil des ans, le centre d'intérêt de l'exposition s'est déplacé vers l'art contemporain. Alors qu'à l'origine les œuvres ne provenaient que d'Europe, au début du XXIe siècle la documenta présente des artistes du monde entier. Pour la treizième édition, 155 artistes de 55 pays sont exposés[4].

Depuis 1968, la direction artistique est confiée à une personnalité différente pour chaque édition. Celle de 2012 est ainsi dirigée par la conservatrice du château de Rivoli de Turin, Carolyn Christov-Bakargiev[4].

Se tenant à l'origine dans un seul bâtiment, le Fridericianum[4], la manifestation s'est par la suite étendue à l'Orangerie, au palais de Bellevue puis à presque toute la ville, dans des parcs ou d'anciens bâtiments désaffectés (gare, cinéma…)[4].

Elle attire désormais plus de 700 000 visiteurs dont 30 % sont étrangers[4] et 40 % sont des professionnels[4].

Éditions[modifier | modifier le code]

Rahmenbau (« Encadrement »),
Haus Rucker und Co., 1977.
Man walking to the sky (« Homme marchant vers le ciel ») devant la gare de Cassel,
Jonathan Borofsky, 1992.
Les figures : Fremde (« Étrangers »), dans le centre de Cassel,
Thomas Schütte, 1992.
  1. documenta 1955 (16 juillet - ) : directeur artistique et initiateur de la manifestation Arnold Bode ; exposition organisée comme complément culturel d’une « exposition des jardins » [Bundesgartenschau] ; 130 000 visiteurs
  2. documenta II (11 juillet - ) : directeurs artistiques Arnold Bode, Werner Haftmann ; beaucoup d’art américain, particulièrement de l’expressionnisme abstrait (environ 100 œuvres ont été envoyés du « Museum of Art », par ex. quelques-unes de « de Kooning » et « Pollock » ; 134 000 visiteurs
  3. documenta III (27 juin - ) : directeurs artistiques Arnold Bode, Werner Haftmann ; « Museum der 100 Tage » (musée des 100 jours) ; artistes : Sam Francis, Ernst Wilhelm Nay, les dessins à main de Cézanne, van Gogh, Sonderborg, Vedova... ; 200 000 visiteurs
  4. documenta IV (27 juin - ) : directeur artistique: documenta conseil de 24 membres ; les bouleversements politiques et sociaux, beaucoup de « Pop Art » et d’autres productions américaines ; emblème : « 5600 Cubic Meter Package » de Christos ; 220 000 visiteurs
  5. documenta 5 (30 juin - ) : directeur artistique Harald Szeemann, les accents efficaces présentaient Joseph Beuys "l'organisation pour la démocratie directe et le référendum" ainsi que les photos des réalistes américains.[précision nécessaire] ; 228 621 visiteurs.
  6. documenta 6 (24 juin - [5]) : directeur artistique Manfred Schneckenburger ; Manfred Schneckenburger interrogeait la position de l'art dans la société de médias. La photographie, le film et la vidéo formaient les points principaux de ce concept de médias.[précision nécessaire] ; 343 410 visiteurs
  7. documenta 7 (19 juin - ) : directeur artistique Rudi Fuchs, 378 691 visiteurs. Le travail de Joseph Beuys 7 000 chênes et l'emblème la pioche pointue, signé Claes Oldenburg, installés au bord de la Fulda sont encore aujourd'hui un centre d'attraction.
  8. documenta 8 (12 juin - ) : directeur artistique Manfred Schneckenburger ; les questions politiques comme la guerre, le pouvoir et l'utopie formaient le sujet principal ; 474 417 visiteurs
  9. documenta IX (13 juin - ) : directeur artistique Jan Hoet ; thème : la société d'expérience ; comme documenta des lieux elle s'étendait dans sept bâtiments à l’intérieur de la ville. 603 456 visiteurs
  10. documenta X (21 juin - ) : directeur artistique Catherine David ; le rapport de l'esthétique et de la politique était au centre du programme ; 628 776 visiteurs. Première documenta à avoir un site web dont la conception et le design furent confiés au curateur suisse Simon Lamunière.
  11. Documenta11 (8 juin - ) : directeur artistique Okwui Enwezor ; points centraux : les ressources de l'art, les questions politiques, sociales, mais aussi les questions sur la mondialisation, la migration et l’urbanisme ; 650 924 visiteurs
  12. documenta 12 (16 juin - ) : directeur artistique Roger Buergel, 754 301 visiteurs, auxquels s'ajoutent 4 390 invités spéciaux et 15 537 journalistes de 52 pays ; budget : 25,6 millions d'euros[4] ; la moitié de ces dépenses est couverte par la billetterie, la vente de catalogues et les partenariats[4], le reste étant fourni par la ville de Cassel (4,4 millions), le land de Hesse (4,4 millions), et l'État allemand (4 millions)[4].
  13. documenta 13 (9 juin - ) : directeur artistique Carolyn Christov-Bakargiev. Cette direction artistique veut écarter toute approche mercatique et développer notamment les sujets des médias, des rapports entre l'Occident et le reste du monde, de la puissance des machines numériques, de la surexploitation des ressources, et de la préservation de ce qui reste encore de naturel[6]
  14. documenta 14 (8 avril - 17 septembre 2017) : directeur artistique Adam Szymczyk, expositions et performances artistiques organisées entre Athènes et Cassel[7]
  15. documenta 15 (18 juin - 25 septembre 2022) : direction artistique ruangrupa, collectif d’art contemporain indonésien[8]. Une fresque comporte des symboles antisémites. Elle est recouverte d’un voile noir puis démantelée[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Documenta Fifteen », sur site officiel (consulté le ).
  2. (de) « documenta12: über documenta » (consulté le )
  3. Emmanuelle Lequeux, « Art contemporain : Documenta, la manifestation et ses gênantes racines nazies », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. a b c d e f g h et i « La documenta, évènement majeur de l'art contemporain », par Martine Robert, Les Échos, 8 et 9 juin 2012.
  5. À partir de 1972, la fréquence de l'exposition est modifiée à cinq ans.
  6. Philippe Dagen, « Une Documenta qui brille là où on ne l'attend pas », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  7. Clémentine Mercier, « La Documenta s’éclate à Athènes », Libération,‎ (lire en ligne)
  8. (de) Carsten Probst et Maja Ellmenreich, « Kollektiv für Kasseler Kunstschau - "Ruangrupa" leitet documenta15 », sur Deutschlandfunk, (consulté le ).
  9. Emmanuelle Lequeux, « Arts : l’exposition Documenta, en Allemagne, minée par des accusations d’antisémitisme », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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