Michel VI

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Michel VI
Empereur byzantin
Image illustrative de l’article Michel VI
Règne
-
11 mois et 30 jours
Précédé par Théodora Porphyrogénète
Suivi de Isaac Ier
Biographie
Décès 1059
Empereur byzantin

Michel VI (Stratiotique ou Stratiotikos — signifiant le belliqueux), (grec : Μιχαὴλ ΣΤ' ὁ Στρατιωτικός), (?-1059) est brièvement un empereur byzantin du au . Général déjà âgé, il est choisi par les eunuques pour succéder à la dernière représentante de la dynastie macédonienne, l'impératrice Théodora Porphyrogénète.

Biographie[modifier | modifier le code]

Michel Bringas est un lointain parent du parakimomène Joseph Bringas, ministre de Romain II qui s'était opposé à Nicéphore II Phocas presque un siècle auparavant. Michel a été logothète de l'armée, ce qui pourrait expliquer son nom. Selon Skylitzès, Michel est amené sur le trône par les eunuques du palais et le syncelle Léon en août de l'année 1056 selon le calendrier byzantin alors que Théodora était encore agonisante. Skylitzès affirme qu'il s'agit d'un homme simple et qui n'a guère fait plus que s'occuper des caisses de l'armée jusqu'à présent. En 1056, Michel est déjà âgé[1] ce qui est sans doute l'explication du choix des eunuques impériaux. Ceux-ci espèrent probablement contrôler l'empereur lequel jure d'ailleurs de ne jamais rien faire sans leur accord.

Michel est proclamé empereur le mais doit immédiatement faire face à la révolte du proèdre Théodose, cousin germain de l'empereur Constantin IX et qui considère que le trône lui revient. Mal préparée et ne recevant pas le soutien du patriarche Michel Ier Cérulaire, la révolte de Théodose est un échec. Il est exilé à Pergame.

Michel ne possède aucune finesse politique et ne parvient pas à maintenir l'équilibre entre l'aristocratie et l'armée : pour gouverner il souhaite s'appuyer sur la noblesse civile. En effet depuis le règne de Constantin IX (1042-1055) la bourgeoisie urbaine obtient les dignités qui lui permettent l'accès au Sénat. Ce phénomène suscite une violente hostilité de l'armée et de l'aristocratie d'origine militaire. En poursuivant cette politique il s'aliène les militaires tels Isaac Comnène (le futur empereur Isaac Ier) et Katakalôn Kékauménos.

Michel n'est guère plus heureux en politique extérieure. Il refuse de payer le franc Hervé Frankopoulos et se moque de lui, le poussant à s'allier à l'aventurier turc Samouch. L'alliance ne tient guère, mais les faibles capacités de Michel VI pour la diplomatie mettent des régions de l'Empire en danger.

Le , l'armée proclame empereur Isaac Comnène. Isaac est soutenu par les tagma orientales, tandis que Michel reçoit essentiellement le soutien des armées occidentales et macédoniennes. Les deux camps finissent par s'affronter près du mont Sophôn (actuellement le Sabandja dagh en Turquie). Bien que les deux armées soient de force égale, Michel est vaincu par les armes, il tente alors une victoire diplomatique, proclamant Isaac comme son successeur. Le , les sénateurs reconnaissent Isaac comme empereur. Un coup d'État fomenté par le patriarche Michel Ier Cérulaire met définitivement fin au règne de Michel VI qui, déposé, redevient un simple citoyen et meurt peu après.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Skylitzès l'appelle d'ailleurs « le Vieux » et Michel Psellos l'appelle le « vieillard Michel » dans sa Chronographie

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Psellos, Chronographie, Livre VII, chapitres 1-43, p.209-229.
  • Jean Skylitzès, Empereurs de Constantinople, « Synopsis Historiôn », traduit par Bernard Flusin et annoté pat Jean-Claude Cheynet, éditions P. Lethilleux, Paris, 2003, (ISBN 2283604591), « Michel le Vieux », p.397-411.
  • Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, Payot, Paris, 1946, réédition 1969, p.220-221, (ISBN 2-226-05719-6).