Menetou-Salon

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Menetou-Salon
Menetou-Salon
Vue générale de Menetou-Salon.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Cher
Arrondissement Bourges
Canton Saint-Martin-d'Auxigny
Intercommunalité CC Terres du Haut Berry
Maire
Mandat
Pierre Fouchet
2014-2020
Code postal 18510
Code commune 18145
Démographie
Gentilé Monestrosaloniens
Population
municipale
1 627 hab. (2015 en diminution de 2,28 % par rapport à 2010)
Densité 43 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 13′ 58″ nord, 2° 29′ 14″ est
Altitude Min. 174 m
Max. 312 m
Superficie 37,66 km2
Localisation

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Menetou-Salon

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Menetou-Salon

Menetou-Salon [mɛnətu] est une commune française située dans le département du Cher en région Centre-Val de Loire.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune fait partie du canton de Saint-Martin-d'Auxigny, même après le redécoupage des cantons en 2015[1],[2].

Localisation[modifier | modifier le code]

Rose des vents Achères Ivoy-le-Pré Henrichemont Rose des vents
Quantilly N Parassy
O    Menetou-Salon    E
S
Vignoux-sous-les-Aix Soulangis

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Voies routières[modifier | modifier le code]

La commune est à 10 kilomètres de la route départementale 940 en venant de Bourges.

L'autoroute A71 (axe Paris – Clermont-Ferrand) est à 30 km par le contournement ouest de Bourges.

Les routes départementales desservant Menetou-Salon sont :

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]

La gare de Bourges est à 18 km par la route de Fussy.

Transport en commun[modifier | modifier le code]

Menetou-Salon est desservie par la ligne 105 des transports du département du Cher (Henrichemont – Bourges)[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Le toponyme actuel est désigné au XIe siècle par monasterium sarlonis (« petit monastère de Sarlon ») aussi dénommé monastellum salonis. Ce nom fait expressément allusion à la fondation près du château seigneurial, vers 1075, du prieuré Saint Martin par Sarlon, seigneur de Ménetou et Quantilly membre d'une famille noble influente auprès du vicomte de Bourges.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Après la conquête de la Gaule par les légions de Jules César, Avaric — cité des Bituriges — est reconstruite et devient Avaricum. Pour alimenter en eau les fontaines monumentales et les thermes de la nouvelle cité, un des aqueducs est construit depuis la fontaine Saint-Jacques située sur le territoire actuel de Menetou-Salon.

À la Motte-Robert, un ferrier arasé, daté de cette époque, a été mis en évidence sur une surface de près d’un hectare.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

En 1097, le seigneur de Ménetou, Sarlon le Riche, ayant décidé d’accompagner à la Première croisade le vicomte de Bourges, Eudes Arpin, donne l’église Saint-Pierre de Ménetou, avec ses revenus, à l’abbaye Saint-Sulpice-lez-Bourges de l'ordre de Saint-Benoît.

En 1190, Hugues de Vevres, seigneur de Menetou, donne des terres à l’abbaye de Loroy toute proche (actuellement sur la commune de Méry-ès-Bois) fondée depuis peu (1125) par le seigneur de Sully, la Chapelle et les Aix.

En 1259, Hervé III, seigneur de Vierzon, donne la seigneurie de Menetou-Salon à sa sœur Marie de Vierzon à l’occasion du mariage de cette dernière avec Jean Ier de Sancerre. Robert, fils cadet de ce dernier, obtient la seigneurie de Menetou-Salon.

En 1384, Arnould de Bonnay, marié à Isabeau de Sancerre, dame de Menetou, seigneur de Quantilly, peut se prévaloir du titre de seigneur de Menetou.

XVe siècle[modifier | modifier le code]

Vers 1450, Jacques Cœur achète les terres et le château de Menetou. Dans les années qui suivent, le grand argentier tombe en disgrâce et ses biens sont saisis par le roi Charles VII de France. Ce dernier cède pour 8 000 écus d’or cette seigneurie à sa favorite du moment, Antoinette de Maignelais, devenue dame de Villequier.

XVIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1513, Artus de Villequier — sans postérité — vend (pour 20 500 livres) la terre de Ménetou à dame Jeanne de Mallet-Graville, veuve en 1511 de Charles d’Amboise.

En 1532 Claude d'Urfé, surintendant de la maison du roi François II de France, épouse Jeanne de Balzac d’Entragues, dame de Menetou (fille de Pierre d’Entragues et d’Anne de Graville) et devient ainsi seigneur de Menetou-Salon.

En 1559, à la mort de Claude d’Urfé, son beau-frère Jean Pot seigneur de Rhodes en bas Berry (qui avait épousé en 1538 Georgette de Balsac, sœur de Jeanne) achète à Jacques d’Urfé la châtellenie de Menetou-Salon.

En 1590, sont regroupées deux entités jusque-là distinctes : la seigneurie de la Chaintre (qui dépendait du seigneur de Mehun-sur-Yèvre — donc du roi — et qui était soumise à la taille) et la partie située autour du château de Menetou appelée le fief Pot (ou fief de Pot) qui dépendait de la principauté souveraine de Boisbelle, dont les habitants jouissaient de conditions très avantageuses en matière d’impôts et d’obligations militaires.

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1619, à l’issue d’un procès sommaire devant la cour souveraine de Boisbelle, un mendiant, Gilbert Fourneau, est arrêté, convaincu de sorcellerie et condamné à mort. Après avoir fait amende honorable au porche de l’église Saint-Pierre de Ménetou, il est pendu puis brûlé sur place.

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Sous l’Ancien Régime, les catholiques de Menetou-Salon disposent de trois lieux de culte : l’église paroissiale Saint-Pierre, le prieuré de Saint-Martin et la chapelle du château (la paroisse est rattachée à l’archiprêtrie de Bourges).

À l'occasion de plusieurs mariages, la terre de Menetou — qui était restée près de deux siècles propriété de la famille Pot (maintes fois ambassadeurs du roi de France) — va en peu de temps voir plusieurs maisons nobiliaires se succéder à sa tête. Ainsi :

  • En 1713, à la fin du règne de Louis XIV, Marie Thérèse Charlotte Pot, marquise de Rhodes, fille unique de Charles Pot seigneur de Menetou et grand maître des cérémonies de France, épouse Louis de Gand-Vilain, prince d’Isenghien (noblesse belge du Saint Empire) ; elle lui apporte la seigneurie de Menetou et de Mehun ;
  • Puis, Élisabeth Pauline de Gand-Vilain, nièce du prince d’Isenghien, épouse Louis de Brancas duc de Lauraguais ; ce dernier reçoit donc la terre et le château de Menetou-Salon ;
  • Enfin, Louise Pauline de Brancas de Lauraguais, fille des précédents, épouse le prince et duc Louis Engelbert d’Arenberg ;
  • En 1792, pendant la Révolution française, le curé de Menetou, Jacques Herpin, se réfugie en Angleterre pour fuir les poursuites ordonnées par les autorités révolutionnaires contre les ecclésiastiques qui refusent d’appliquer la Constitution civile du clergé ;
  • À cette époque, lors de la création des nouvelles unités administratives, Menetou-Salon devient chef-lieu de canton jusqu’en 1817[4].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En 1801, sous le Consulat et Napoléon Bonaparte est instauré à Menetou-Salon un tribunal appelé « Justice de paix » pour régler les conflits de voisinage apparus sur les communes d'Allogny, de Fussy, de Menetou, de Pigny, de Quantilly, de Saint-Éloy-de-Gy, de Saint-Georges-sur-Moulon, de Saint-Palais, de Saint-Martin-d'Auxigny, de Vasselay et de Vignoux-sous-les-Aix.

En 1817, sous le règne de Louis XVIII et la Restauration française, le siège de la Justice de paix est transféré à Saint-Martin-d’Auxigny.

Vers 1824, un vaste incendie détruit 104 maisons à Menetou-Salon ; l’archevêque de Bourges, Mgr de Villèle, ordonne des quêtes dans son diocèse pour porter secours aux sinistrés.

Dans les années 1830, sous la Monarchie de Juillet et le roi Louis-Philippe Ier, la commune de Menetou-Salon est caractérisée par des activités de tissage de serge, d’huilerie de noix, de commerce de bois et bien sûr de production de vins (dont une partie alimente une distillerie) ; si l’on recherche des fabrications de taillandier ou un instrument aratoire, ils sont produits sur place (M. Talbot, par exemple, pour les outils agricoles vers 1860). Mais l'essor de ces activités est freiné par la vétusté et la lenteur des transports avec la seule traction à cheval : diligences, charrettes ; de plus, les routes sont peu praticables en certaines saisons et dans les lieux reculés.

En 1867, sous le Second Empire et l’Empereur Napoléon III, l’église de Menetou-Salon est reconstruite.

La deuxième partie du XIXe siècle voit partout en France l’essor du chemin de fer. L’objectif visé est que toutes les préfectures et les sous-préfectures soient rapidement reliées par le rail. Au début du siècle suivant, les trois quarts des cantons le seront également au moyen de chemins de fer départementaux ou de tramways (parfois à voie métrique, parfois à écartement plus faible encore : 80 cm et même 60 cm). Menetou-Salon va également être touché par ce bienfait voulu expressément par les autorités républicaines pour rallier les citoyens au nouveau régime politique. Dès 1860, le vin de Menetou commence à être vendu à Paris. Puis, dans les années 1880, est entreprise la construction de la ligne Bourges – Aubigny – Argent – Sully – Orléans ou Paris via Pithiviers (ligne exploitée jusqu’en 1938 par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans) (ou « P.O » dans le langage quotidien) puis par la SNCF après 1938).

En 1877, le prince Auguste d’Arenberg, déjà conseiller général du canton de Saint-Martin-d’Auxigny, est élu député du Cher, au suffrage universel masculin ; il occupera cette fonction — hormis une courte interruption entre 1881 et 1885 — jusqu'en 1902.

En 1878, sous la Troisième République, sont édifiées la mairie et les écoles primaires de la commune.

1881 est une année noire pour la viticulture du centre de la France. À son tour, en effet, le Cher (alors planté, selon L. Gallicher de la Société d'agriculture du Cher, de 12 964 hectares de vignes ainsi réparties : 54,5 % dans l'arrondissement de Bourges, 26,5 % dans l'arrondissement de Saint-Amand et 19 % dans l'arrondissement de Sancerre, produisant au total près de 400 000 hectolitres de vin) subit une grave crise économique agricole provoquée par la progression du phylloxéra ; mais les viticulteurs de Menetou-Salon font face collectivement au désastre en créant un Syndicat viticole en 1890 et en replantant de nouveaux cépages plus résistants.

Le château de Menetou-Salon est restauré et agrandi vers 1885 par le prince Auguste d’Arenberg, président de la Compagnie du canal de Suez, député du Cher.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Après la Première Guerre mondiale, le chemin de fer se trouve rapidement concurrencé par la route, du fait des considérables progrès techniques intervenus : dans le réseau routier, en particulier avec le goudronnage généralisé, ainsi que sur les automobiles et les camions.

Le monument aux morts est érigé le 28 mai 1922 en l’honneur des nombreux poilus de la commune de Menetou-Salon tués au cours de la Première Guerre mondiale.

Le 8 août 1944, la gare de Menetou voit passer le « train fou » vidé de toute présence humaine par les maquisards et lancé par la résistance intérieure française en direction du nœud ferroviaire de Bourges pour empêcher les armées du troisième Reich d’utiliser le rail et de s’opposer aux conséquences du débarquement de Normandie ou pour battre en retraite rapidement vers l’Allemagne. Contre toute attente, cette action spectaculaire de la « bataille du rail » ne fit aucun dégât.

Après la seconde Guerre mondiale et la reconstruction du pays, le rail connaît quelques années de répit mais les lignes d’intérêt local ou régional voient rapidement baisser leur trafic. Le remplacement des locomotives à charbon par des autorails ou des loco-tracteurs (à moteur à essence ou à moteur diésel) n’inversent pas la tendance.

En 1950, la gare de Menetou cesse d’accueillir les voyageurs et, vingt ans plus tard, les marchandises. Enfin, la ligne de chemin de fer desservant Menetou-Salon fait l’objet d’une mesure de « retranchement » et de « déclassement » (en décembre 1991).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1922 ? M. Desbarres    
mars 2001 mars 2008 Bernard Remangeon    
mars 2008 en cours
(au 27 septembre 2014)
Pierre Fouchet[1] DVG[5] Ingénieur

Population et société[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

Évolution de la population[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[6]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[7].

En 2015, la commune comptait 1 627 habitants[Note 1], en diminution de 2,28 % par rapport à 2010 (Cher : -0,73 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 0513 2773 6222 1782 4972 4782 4512 5182 571
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 5842 6032 5462 5772 5522 5262 6202 5752 609
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 4542 3902 3461 8251 7521 5731 5141 4561 319
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
1 3881 3091 3341 4771 6001 6611 6901 6651 627
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Indicateurs démographiques[modifier | modifier le code]

Pour les périodes 1990-1999 et 1999-2010[9] :

  • le taux annuel moyen de variation de la population était positif (+ 0,4 %) puis il devient quasi stable ;
  • le taux de natalité augmente légèrement, passant de 10,8  à 11,2  ;
  • le taux de mortalité diminue légèrement, passant de 15,1  à 14,9 .

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Au recensement de 2010, Menetou-Salon comptait 814 hommes et 851 femmes. La pyramide des âges de la commune est représentée ci-dessous :

Pyramide des âges de Menetou-Salon (2010) en pourcentage[9]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,6 
90 ans ou plus
1,9 
75 à 89 ans
13,5 
16,8 
60 à 74 ans
14,5 
22,4 
45 à 59 ans
22 
18,8 
30 à 44 ans
18,7 
16,2 
15 à 29 ans
12,1 
18,2 
0 à 14 ans
17,4 

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jacques Cœur au XVe siècle.
  • le prince Auguste Louis Albéric d'Arenberg, propriétaire et restaurateur du château, conseiller général et député du Cher au XIXe siècle.
  • Robert-Jean de Voguë (1896-1976), résistant directeur du champagne Moët & Chandon[10]
  • Jean Stuard dit Le Basque, un soldat sous le règne de Louis XIV.
  • C’est en relisant un état des services des officiers du régiment du Luc Cavalerie dressé en 1708 que s’offre à nous l’opportunité de partager la connaissance de la dure vie des soldats au siècle du grand roi. Y sont mentionnés succinctement les sièges et les batailles auxquels participa Jean Stuard dit le Basque, un habitant de Menetou-Salon. « Le sieur Basque natif de Bourges en Berry, a commencé à servir en 1672 en qualité de cavalier dans le régiment royal des Cravattes, compagnie de Rode, il s’est trouvé dans ledit régiment en Hollande, lorsqu’on les basa au-delà du Rhin, au siège de Courtray, Ypres, Saint Guillain, et Valenciennes, et à la bataille de Saint Denis, ayant été réformé à la paix de Nimègue, il s’est mis dans les régiments de Coislain, ensuite Sully, ou il a servi brigadier l’espace de six années, et six années maréchal des logis du même régiment, compagnie de monsieur, il s’est trouvé dans lesdits régiments aux batailles de Fleurus, et de Stinquerque, à l’affaire de Lusse, au sièges de Mons, Namur et Dixémus, dont il sorti pour être maréchal des logis de la compagnie Dallier du régiment du Luc Cavalerie, et a été fait cornette de ladite compagnie, le 8 mai 1707 où il sert actuellement, il s’est trouvé au siège de Turin et à la bataille de Castiglion ». Le régiment du Luc portait le nom du marquis du Luc, dont le parcours est mentionné dans le même état des services de 1708 : « natif de Figueniere en Provence a commencé à servir dans la grande compagnie des mousquetaires en 1701 desquels est sorti pour être capitaine dans le régiment Montrevel Cavalerie le 24 juin 1704 et le 22 novembre 1705 le Roy lui accorda la commission de mestre de camp d’un régiment de nouvelle levée. Il s’est trouvé à la bataille d’hostet où il a été blessé dangereusement et au siège de Turin ». Monsieur de Vial était lieutenant-colonel du régiment en 1708 : « natif de Forcalquier en Provence, a commencé à servir en qualité de cadet dans le régiment de picardie, compagnie de monsalet en 1673, ensuite cadet dans le bataillon de la province du Languedoc en 1674, ou il s’est trouvé à la bataille de Saint Jean de Pagés, il y a été blessé de trois coups de feu à la jambe, et d’un coup de sabre sur la tête, dont il en a perdu un œil, a été la même année cavalier dans le régiment de Bouillon compagnie de monsieur le marquis de Lostange, où il s’est trouvé à la bataille de Saint François, et au siège de Fribourg, est entré dans le régiment de Grignan compagnie de monsieur le marquis de Castellane son cousin, ou il s’est trouvé au siège de Gand et d’Ypres, et il est sorti dudit régiment pour être cornette dans le régiment de Filly dragon le 24 mai 1691. Le régiment étant devenu pays et il s’est trouvé à la bataille de la Marsaille, est sorti pour une lieutenance dans le regiment de bragelogne compagnie de Montleurier, l’année 1696. Son brevet est perdu, où il a resté jusqu’à la paix, et a été réformé dans le régiment d’Estrade en 1697 et en est sorti…. ». Jean Stuard servait en 1708 dans la compagnie Dallier, du nom d’un officier présent au régiment du Luc en 1708. Nous apprenons dans l’état des services de 1708 que monsieur Dallier était « natif d’Aix en Provence, a commencé à servir en qualité de lieutenant d’infanterie dans le régiment de la Reine le cinquième avril 1701 il est sorti pour lever une compagnie détachée dans le régiment de Champagne le 1er d’aout 1702.  et il est sorti pour lever une compagnie dans le régiment du Luc Cavalerie, le 27 novembre 1705 où il sert actuellement. Il s’est trouvé au siège de Turin et à la bataille de Castiglion ». Jean Stuard fût reçu à l’Hôtel des Invalides le 27 septembre 1709. « Jean Stuard, dit Le Basque, âgé de 58 ans, natif de Mennetou Salon, diocèse de Bourges, cornette de la compagnie du sieur Alliers, régiment de cavalerie du Luc, où il a servi 4 ans, tant en cette qualité que de maréchal des logis, et 14 ans dans Sully et Coueslin, le tout porté dans ses certificats, et auparavant dit avoir servi dans le Royal des Cravates, ses incommodités le mettent hors de service, porteur d’un ordre de monseigneur Voysin pour être reçu en cas qu’il ait les qualités requises, marié en son pays et est catholique ». Nous avons eu la chance en parcourant les registres paroissiaux de Menetou-Salon d’en apprendre un peu plus sur la famille de ce combattant. Jean Stuard était fils d’un autre Jean, valet de chambre du Grand Maître des Cérémonies de France. Ses parent s’étaient mariés à Menetou-Salon le 6 mars 1650 : « honnête homme Jan Stuard vallet de chambre de monsieur le chevalier de Rodes a été marié à Jeanne Muzaty fille de défunt Jan Muzaty et de Jeanne Salmon ses père et mère de cette paroisse. Ladite Salmon présente. Le mariage fait par dispense de grâce spéciale de monsieur de Beaujeu ». Jean Stuard a été baptisé le 1er août 1656 à Menetou-Salon : « a été parrain Jean Henry Pot, chevalier de Rhodes, fils de haut et puissant seigneur Henry Pot chevalier, conseiller du Roy dans ses Conseils Grand Maître des Cérémonies de France, seigneur de Rodes, Menetou-Salon, Le Maignet et plusieurs autres places, la marraine honnête fille Gabrielle Moret fille de honnête personne Thomas Moret procureur fiscal du Fief Pot Mennetou, la Salle Roy et autres places. Lesquelles Moret et Anne Cerisier ont signé pour les parrain et marraine ». Il épousa Charlotte Gillet, fille d’Antoine dit le Gralleux et Anne Cynard. Il mourut le 21 avril 1723 à Menetou-Salon. Le surnom du Basque sous lequel est connu Jean Stuard dans les armées, est retrouvé sur l’acte de décès de sa belle-mère : « le 17 novembre 1694 a été inhumé dans le cimetière le corps de défunte Anne Cynard agée d’environ soixante et douze ans, vivante veuve de feu Jean Salmon. La dite décédée au village des Brangers chez Le Basque son gendre ». Cinq enfants nés du mariage avec Charlotte Gillet sont baptisés à Menetou-Salon entre la paix de Nimègue et la guerre de la Ligue d’Augsbourg qui s’est déroulée entre 1688 et 1697 (Anne baptisée le 13/01/1676, Marguerite le 27/10/1677, Jean le 13/10/1680, Marie le 28/06/1682, Catherine le 15/05/1684, Sylvain le 2/07/1686, François le 4/02/1688). Marie, la puînée, fût baptisée après la guerre de la Ligue d’Augsbourg le 7/01/1699.   Résumons la situation, Jean Stuard a probablement suivi à l’âge de 16 ans, en 1672, son parrain Jean Henri Pot de Rhodes, fils de Henri Pot de Rhodes et Gabrielle de Rouville. Dans Louis XIV et les Croates, au chapitre intitulé « Une politique de recrutement (1664-1674) », on peut lire : « Le régiment des Cravates du Roy a probablement perdu son aspect identitaire au cours des années 1680 et peut-être même dès la guerre de Hollande. En effet, la mortalité des effectifs a contraint régulièrement l’armée à se restructurer : ainsi les régiments trop décimés ont été complétés par l’adjonction de nouvelles compagnies. La revue faite le 9 août 1674 de l’une des compagnies du régiment Royal-Cravates est révélatrice à cet égard : le rôle de cette compagnie de 50 cavaliers commandée par le sieur de Rhodes, capitaine, ne mentionne que des noms français. Le 20 octobre 1683, le chevalier Michel de Gantes avait levé une compagnie de chevau-légers. Par lettre de passe du 19 janvier 1684, il se voit incorporé avec sa compagnie de 40 cavaliers dans le régiment Royal-Cravates ». La carrière de soldat de Jean Stuard nous invite à faire le rappel succinct de quelques repères historiques. La France était opposée à une coalition formée par l’Angleterre, la Hollande, des princes allemands et l’empire Autrichien. Les armées coalisées se réunirent plusieurs fois en Belgique avec pour objectifs d’envahir la France, prendre Paris et faire signer une paix humiliante à la France. Les troupes françaises arrivèrent devant Mons le 15 mars 1691 et la ville bombardée se rendit le 10 avril. Le roi fit appel au maréchal de Luxembourg pour lutter contre la Ligue d’Augsbourg. Luxembourg vainquit par trois fois les coalisés. Une première fois à Fleurus en battant le prince de Waldeck en le 1er juillet 1690 où les armées françaises et alliées étaient fortes de chacune 40000 hommes, puis contre le roi d’Angleterre Guillaume d’Orange à Steinkerque le 3 août 1692 et à Neerwinde le 29 juillet 1693. La guerre de Succession d’Espagne (1701-1713) se porta également sur le sol italien, avec cette fois une victoire autrichienne le 25 mai 1706 à Turin.

Économie[modifier | modifier le code]

Le vignoble de Menetou-Salon — en AOC : Appellation d'origine contrôlée depuis 1959 — est cependant un vignoble très ancien si l’on croit les vieux écrits et documents concernant la seigneurie et châtellenie de Menetou-Salon.

Ce vignoble renommé s’étend sur 465 hectares de collines. L’aire d’appellation couvre dix communes dont Menetou-Salon, Aubinges, Humbligny, Morogues, Parassy, Quantilly, Saint-Céols, Soulangis, Vignoux-sous-les-Aix.

Emploi et population active[modifier | modifier le code]

En 2010, parmi les 1 665 habitants que compte la commune, 1 015 sont âgés de 15 à 64 ans et 761 habitants (soit très approximativement les trois quarts) sont actifs (698, soit 68,8 %, ont un emploi[11]).

Au sens du recensement, la commune comptait 63 chômeurs (soit un taux de chômage de 8,3 %[11]).

Toujours en 2010, on comptait 397 emplois (dont 295 salariés) ; 703 actifs avaient un emploi résidant dans la zone[11].

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le château[modifier | modifier le code]

Le château de Menetou-Salon

L’actuel château de remonte au XIVe siècle — date de début du chantier — et voit des travaux jusqu’aux remaniements majeurs des années 1880. Le château est habité de nos jours par le propriétaire actuel, le Ve prince et duc d’Arenberg français[12].

Avant que Hugues de Cormaing ne cède en 1450 Menetou et Quantilly à Jacques Cœur, le château appartint à Sarlon le riche, contemporain de Henri Ier, puis à la maison de Vèvre, de Vierzon et de Sancerre.

Le château primitif a appartenu en 1448 à Jacques Cœur — le grand Argentier de Charles VII de France — avant de lui être confisqué lors de sa disgrâce en 1455, pour être adjugé à Antoinette de Maigrelay, veuve d' André Villequier puis récheté par jeanne de Graville. Le riche hôtel particulier de Bourges, le palais Jacques-Cœur, a inspiré au XIXe siècle l’architecte chargé des transformations. L'ancien château fut en effet agrandi et embelli, entre 1884 et 1890, par l'architecte parisien Ernest Sanson, le sculpteur Antoine Margotin et le menuisier-ébéniste Calmel, à la demande du prince Auguste Louis Albéric d'Arenberg et de la princesse son épouse. Ce représentant de l'aristocratie française remplit, sous la Troisième République, des fonctions éminentes dans de nombreux domaines, notamment comme député du Cher de 1877 à 1902. Ce château est de style néogothique ; il a été classé à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques.

Le château de Menetou-Salon est une des étapes de la route Jacques Cœur.

L'église[modifier | modifier le code]

Photographie de l’église de Menetou-Salon
L’église.

La paroisse de Menetou-Salon est, depuis le XIe siècle, sous le patronage de saint Pierre.

L'édifice actuel date de 1867, mais il renferme des éléments plus anciens comme une grande statue classée de Vierge à l'Enfant en pierre datée du début du XVe siècle, l'époque du « roi de Bourges » Charles VII de France et de Jacques Cœur seigneur de Ménetou, ainsi qu'un retable en pierre du XVIIe siècle.

La mairie-école[modifier | modifier le code]

La mairie-école en pierre et briques date de 1878.

Le monument aux morts[modifier | modifier le code]

Le monument de Menetou-Salon fut commandé à François Popineau, professeur à l’école des beaux-arts de Bourges et auteur des deux monuments aux morts du chef-lieu du département. Il fut érigé dès 1922 sur la place centrale.

Les noms sont ceux des victimes de la Première Guerre mondiale, la Deuxième Guerre mondiale, et les guerres de décolonisation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-François Chevreau et Jacques Troadec, Carte archéologique de la Gaule : 18 Cher,
  • N. Dieudonné-Glad, La métallurgie du fer autour d’Avaricum (Bourges) dans l’Antiquité, Revue archéologique du Centre de la France,
  • Gaspard Thaumas de la Thaumassière, Histoire de Berry,
  • Louis Hector Chaudru de Raynal, Histoire du Berry depuis les temps les plus anciens jusqu’en 1789,
  • Valérie Sadet, Les princes d’Arenberg et leur domaine de Menetou-Salon (1792-1914), Tours,
    mémoire d’Université
  • Daniel Bernard, Mémoires d’un terroir,
    Texte abondamment illustré.
  • Maurice Maillet, Les « chieuvres » du Berry
    Témoignages et photos sur les vieux trains du Cher.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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