Louis-Léon de Brancas

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Louis-Léon-Félicité de Brancas, 3e duc de Lauraguais (1755), 6e duc de Villars, né le 3 juillet 1733 à Versailles et mort le 9 octobre 1824 à Paris, est un littérateur français. Fils de Louis de Brancas-Villars et d'Adélaïde Geneviève d'O, marquise de Franconville.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ayant quitté la carrière des armes pour vivre à Paris dans le monde élégant, Lauraguais s’y fit une prompte réputation par son esprit et ses bons mots. Il ne montra pas moins de goût pour les lettres et les sciences que pour les plaisirs. Il s’occupa activement de faire adopter par les acteurs des costumes conformes à la vérité historique, et il paya 20 000 livres aux comédiens du Théâtre-Français pour qu’ils consentissent à enlever de la scène les banquettes de spectateurs qui empêchaient l’illusion. Il fit ensuite des dépenses considérables pour des expériences scientifiques et fut obligé de vendre sa bibliothèque, une des plus riches de l’époque. L’Académie des sciences le reçut comme associé en 1771.

Sous l’Ancien Régime, il reste « fameux par son […] enthousiasme pour les usages de l’Angleterre, par l’éclat de ses aventures galantes, par sa philosophie un peu cynique et par un luxe qui consomma toute sa fortune[1]». Vergennes, lors de la guerre d'indépendance américaine, utilisa les fréquents voyages que le jeune gentilhomme faisait à Londres ; il apparaissait comme un homme utile à la diplomatie française du fait de ses relations avec Shelburne et certains membre de l’opposition ainsi qu'avec le cercle d’Arthur Lee[2].

Le gouvernement de la Restauration le nomma lieutenant-général des armées du roi (1814) et pair de France.

Marié, le 11 janvier 1755 à Paris, avec Élisabeth-Pauline de Gand (1737-1794), il eut deux filles : Pauline-Louise (1755-1812), mariée avec Louis-Engelbert (1750-1820), duc d'Arenberg, et Antoinette Candide (1758-1777), religieuse à l'Abbaye-aux-Bois. Avec sa maîtresse, la chanteuse Sophie Arnould, il eut quatre[3] enfants, dont Antoine-Constant de Brancas, colonel du Premier Empire mort à Essling.

Œuvres[modifier | modifier le code]

On a de lui quelques Mémoires scientifiques, de nombreuses brochures politiques, et deux tragédies qui ne furent pas représentées : Clytemnestre (Paris, 1764, in-8), où l’on rencontre quelques vers heureux ; Jocaste. (Paris, 1781, in-8), où ce qu’il y a de plus clair, dit Grimm, c’est l’énigme du sphinx.

  • Clitemnestre, tragédie en 5 actes et en vers, Paris, 1761.
  • Mémoire sur l'inoculation, Paris, 1763.
  • Mémoire sur la compagnie des Indes, Paris, 1769
  • Tableau de la constitution françoise, ou Autorité des rois de France dans les différens ages de la monarchie, 1771.
  • Mémoire pour moi ; par moi Louis de Brancas, comte de Lauraguais ; à Londres, 1773, in-8[4] (Bibliothèque historique de la ville de Paris).
  • Jocaste (tragédie en cinq actes), 1781.
  • Dissertation sur les Assemblées nationales, sous les trois races des rois de France, Paris, 1788.
  • Lettre sur les Etats-généraux, convoqués par Louis XVI, et composés par M. de Target par M. le Comte de Lauraguais, Paris, 1788.
  • Première lettre d'un incrédule à un converti, Paris, 1796 (?)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Comte de Ségur, Mémoires… cités in Histoire et dictionnaire du temps des Lumières, 1715-1789, p. 454.
  2. Henri Doniol, Histoire de la participation de la France à l’établissement des États-Unis d’Amérique, Paris, 1866 – 1899 t. I, p. 378-9.
  3. Louis Léon Félicité de Brancas sur roglo.eu
  4. Cité in Correspondance littéraire, avril 1773, p. 178.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]