Allogny

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Allogny
Allogny
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Cher
Arrondissement Bourges
Canton Saint-Martin-d'Auxigny
Intercommunalité CC Terres du Haut Berry
Maire
Mandat
Alain Thébault
2014-2020
Code postal 18110
Code commune 18004
Démographie
Gentilé Allognois
Population
municipale
1 010 hab. (2015 en diminution de 0,79 % par rapport à 2010)
Densité 20 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 13′ 37″ nord, 2° 19′ 26″ est
Altitude Min. 138 m
Max. 288 m
Superficie 49,53 km2
Localisation

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Allogny est une commune française située dans le département du Cher, en région Centre-Val de Loire.

Toponymie[modifier | modifier le code]

En 856, -dans une décision du roi carolingiens Charles II le Chauve confirmant les droits de l'abbaye Saint-Sulpice de Bourges- le nom du lieu est ainsi mentionné : Oliniacus villa confirmatur monasterio sancti Sulpicii… En 983, il est cité sous une autre forme: Aloniacum.

Ce toponyme viendrait de Alonius (patronyme d'origine germanique lié à l'installation de colons francs après l'invasion de la Gaule romaine).

Dans les anciens documents relatifs à la commune, on trouve aussi les variantes: Alloigny, Aloigny, Alougny[Note 1]

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Rose des vents Vouzeron Neuvy-sur-Barangeon Méry-ès-Bois Rose des vents
Saint-Laurent N Saint-Palais
O    Allogny    E
S
Allouis Saint-Éloy-de-Gy Saint-Martin-d'Auxigny

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Les Bituriges: depuis le Ve siècle av. J.-C., les Celtes se sont établis sur la portion du territoire européen plus connu sous le nom de Gaule. La tribu gauloise des Bituriges Cubes (ou Bituriges Cubi) est solidement implantée autour de sa capitale: "Avaricon" (ou Avariko).

Lors de la guerre des Gaules conduite vers 50 av. J.-C. par le général romain Jules César, les envahisseurs mettent le siège à cette ville décrite par César lui-même comme l'une des plus belles et des plus riches cités gauloises. Ils finissent par la prendre ; ils la reconstruisent avec des monuments prestigieux (portes monumentales, temples, amphithéâtre, aqueducs alimentant thermes et fontaines…).

Autour de la nouvelle Avaricum, ils peuvent exploiter un espace économique déjà bien structuré par les Bituriges -selon N.Dieudonné Glad-:

  • au nord de la cité existe déjà -autour d'Allogny- une zone spécialisée dans la métallurgie du fer. Deux conditions idéales sont en effet réunies pour ce type d'activité : d'une part, la présence de grès ferrugineux dans le sous-sol -du crétacé- qui donne un minerai concentré (géodique), abondant et facilement exploitable ; d'autre part, le combustible : charbon de bois nécessaire à la réduction de ce minerai peut être fabriqué sur place grâce à la présence de l'antique grande forêt. Les besoins croissants en fer et en ses dérivés (tant dans le domaine civil que militaire) peuvent être aisément satisfaits, bien au-delà des limites de la cité gallo-romaine d'Avaricum.

[Le recours à l'archéologie -beaucoup plus scientifique après 1950 qu'au XIXe siècle- a confirmé la spécificité économique de ce secteur géographique exploité depuis l'Antiquité: ( datation par le Carbone 14, étude des tombes, des monnaies -numismatique-, des poteries -céramiques-, des objets utilisés dans la religion gauloise, la religion romaine et gallo-romaine, utilisation méthodique de la technique de la photographie aérienne…). C'est ainsi que plusieurs dizaines de sites ont pu être identifiés et que des fouilles ont pu être menées par des spécialistes dans certains secteurs plus prometteurs. "Des énormes dépôts de scories" (mâchefer, laitier (métallurgie)…) -témoins de ce passé métallurgique- ont été inventoriés, même après que des dizaines de milliers de tonnes de ces scories furent largement utilisées pour entretenir les routes ou pour améliorer le rendement de chaque haut fourneau construit postérieurement au sud de Bourges aux XVIII° et XIX° siècles. Ce secteur géographique de la forêt d'Allogny a poursuivi en effet jusqu'à la fin du XIXe siècle -soit pendant au moins 20 siècles !- une activité importante centrée sur l'extraction et la métallurgie du fer].

  • au sud d'Avaricum, la plaine aisément cultivable permet de produire la nourriture nécessaire à la cité (rôle que continuera de jouer pendant des siècles la Septaine de Bourges).
  • voie romaine ? Compte tenu de ce que l'on peut observer le long des routes quittant Bourges vers le sud, plusieurs chercheurs ont sérieusement envisagé -parallèlement à la "route d'Orléans" actuelle- le passage par "Allogny" de la voie romaine reliant l'ancienne capitale des Carnutes : Autricum—Chartres à Avaricum - Bourges, via Cenabum—Orléans. (Au-delà d'Avaricum les déplacements et les échanges commerciaux se prolongeant -via Dunum --Dun-sur-Auron puis (en Bourbonnais) Aquae Bormonis-- Bourbon-l'Archambault et Donobrium--Châtel-de-Neuvre vers la capitale des Gaules : Lugdunum -- Lyon ou vers Augustonemetum -- Clermont-Ferrand (le Nemossos des Arvernes). Cependant, en l'absence de vestiges de la voie à proximité du bourg d'Allogny et si l'on prend en compte les fragments d'itinéraires bien identifiés dans les communes du Cher, du Loiret et du Loir-et-Cher, le tracé de la portion Avaricum-Cenabum serait à envisager ainsi : la voie passerait à l'est de la forêt près du "camp de Haute-Brune" ; ensuite -après être passée vers le hameau de Mitterand (en Allogny) où on l'a identifiée- on la retrouverait largement à l'est de Neuvy sur Barangeon d'où elle continuerait vers Souesmes, Pierrefitte-sur-Sauldre, Vouzon et La Ferté-Saint-Aubin… Quant à l'autre voie romaine -moins importante- qui aurait existé entre Avaricum et Blesum--Blois via Noviodunum Neung-sur-Beuvron, l'itinéraire ne passerait pas par le bourg d'Allogny mais serait à rechercher à l'ouest de Saint-Eloy-de-Gy vers le château de Dame puis près de Saint-Laurent (Cher) sur le Barangeon (La Loeuf du Houx), Orçay
  • Selon Grégoire de Tours (du VIe siècle) -historien des premiers siècles de l'Église-, Ursus (Ursin de Bourges) - que la tradition considère comme le premier évangélisateur du Berry vers 300- aurait fondé 3 monastères près d'Avaricum : à Tausiriacus (peut-être Trouy), à Pontiniacus (peut-être La Chapelle-Saint-Ursin) et à Onia (peut-être Allogny).

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

  • vers 1050 : Humbaud de Vierzon -seigneur de Mehun- donne les dîmes d'Allogny aux chanoines de l'église collégiale Notre-Dame-de-Mehun. Cela engendre aussitôt un recours de l'abbaye Saint-Sulpice de Bourges auprès de l'archevêque qui finit par rétablir l'abbaye dans ses anciens droits.
  • 1212 : reconstruction de l'église Saint-Sulpice d'Allogny (dont il ne subsiste -dans l'édifice actuel- que le portail roman de l'entrée).
  • Le "grand chemin royal" de Paris à Lyon par Orléans, Bourges et Moulins -que plusieurs rois de France empruntèrent- suivait le tracé de la route actuelle de Bourges à Salbris via le bourg d'Allogny.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

  • vers 1630, Anne Pierre de Villebois-Mareuil (marié à la fille de René de la Mothefélon, commandant le château de Mehun) se fixe au modeste château de Millanfroy (aujourd'hui Millanfroid), paroisse d'Allogny.
  • 1700 : Gabriel "de Bègues" -maire perpétuel de la ville de Bourges- est seigneur de la Cour (en Allogny) et du Chaillou
  • 1741 : Mathias "Lebègue", chevalier, maire perpétuel de la ville de Bourges, est noté "seigneur d'Allogny". Sa fille épouse François Gassot de la Vienne chevalier, seigneur d'Allogny, vicomte-gouverneur de Dun-le-Roi (devenu Dun-sur-Auron).
  • 1762 : la population de la paroisse est évaluée à 80 feux.
  • 1763, Antoinette Thérèse de Villebois-Mareuil, dame de Millanfroy, est ensevelie dans l'église d'Allogny. (Ce privilège est habituellement réservé aux membres des familles seigneuriales bienfaitrices de la paroisse et aux membres du clergé)
  • NB : Sous l'Ancien Régime, la paroisse d'Allogny est soumise à la prévôté royale de Mehun-sur-Yèvre.
  • Jusqu'à la Révolution française de 1789, la paroisse d'Allogny (établie sous le patronage de saint Sulpice -Archevêque de Bourges du VIIe siècle- fait partie des 28 "églises" (= paroisses) que contrôle l'abbaye royale "Saint-Sulpice-de-la-Nef", bâtie au pied des murs de Bourges près du port fluvial aménagé sur l'Yèvre ; cet important monastère d'hommes est fondé vers 613 par le roi Clotaire II). L'abbaye perçoit donc -entre autres taxes, péages, "droits"- la part la plus importante des dîmes versées par les habitants de ces paroisses. D'autre part, l'abbé dispose du "droit de patronage" (ou pouvoir de présentation) : pour la nomination du clergé desservant ces paroisses, c'est le chef de ce monastère qui propose à l'archevêque le nom du futur bénéficiaire de ce "bénéfice" (appelé prébende dans certains cas).

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2014 en cours Alain Thébault SE Retraité
mars 1995 mars 2014 Jacques Chollet    
    Maurice Bonneau   Médecin
    Henri Moulle RPR Médecin, député (1978-1981)
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[1]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[2].

En 2015, la commune comptait 1 010 habitants[Note 2], en diminution de 0,79 % par rapport à 2010 (Cher : -0,73 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
694 647 897 901 709 780 782 773 815
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
837 907 1 060 1 067 1 046 1 057 1 097 1 069 1 053
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 001 993 957 743 636 577 535 530 526
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
544 534 623 765 916 896 986 1 018 1 010
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2006[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Docteur Maurice Bonneau, déporté de la Résistance, officier de la Légion d'honneur, décédé en 1966, a été maire de la commune.
  • Docteur Henri Moulle, député du Cher de 1978 à 1981, a exercé simultanément les fonctions de maire de la commune.
  • Étienne Taillemite, historien français, y est décédé le .

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Sans rapport avec la commune du Cher, il existe un château d'Allogny (dans le département de la Vienne, sur la commune de Lésigny près de Châtellerault) où vécut une famille noble très en cour dès l'époque de Louis XI de France : les "d'Allogny de la Groie" dont un des membres devint Marquis en 1661. Une branche de cette famille vêcut en Bas-Berry (Indre): les "d'Allogny/d'Aloigny de Rochefort" (-sur-Creuse).
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.
Références

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • JM Bordeloup: La paroisse d'Allogny (Cher) à travers les siècles - 1980
  • Émile Chénon: Les voies romaines en Berry - 1922
  • N.Dieudonné-Glad: La métallurgie du fer autour d'Avaricum (Bourges) dans l'Antiquité dans Revue archéologique du Centre de la France - 1992.
  • JF Chevrot et J Troadec: Carte archéologique de la Gaule" (Le Cher 18) - 1992
  • Lucien Fanaud: Voies romaines et vieux chemins en Bourbonnais - 2005

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]