Les Schtroumpfs (série télévisée d'animation, 1981)

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Les Schtroumpfs

Type de série Animation Jeunesse
Titre original The Smurfs
Genre Comédie, Fantasy
Aventure, Humour
Création Peyo
Nb. de saisons 9
Nb. d'épisodes 303 + 124 segments

Production

Durée 26 minutes (13 minutes par segment)
Production SEPP
Hanna-Barbera

Diffusion

Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis Drapeau de la Belgique Belgique
Chaîne d'origine NBC
Diff. originale

Les Schtroumpfs (The Smurfs) est une série télévisée d'animation américano-belge en 303 épisodes en ajout de 124 segments de 26 minutes adaptée par les studios Hanna-Barbera des personnages imaginés par Peyo et diffusée entre le et le sur le réseau NBC.

En Belgique, le dessin-animé a été diffusé à partir du 3 octobre 1982 la RTBF et en 1998 sur Club RTL.

En France, les saisons 1 à 3 ont été diffusées à partir du 27 décembre 1982 sur Antenne 2 dans l'émission Récré A2 ensuite rediffusées à partir de 1988 dans L'été en baskets, puis Éric et Compagnie. À noter que certains épisodes des saisons 2 et 3 ont été diffusés sous le titre Johan et Pirlouit à partir du dans Récré A2, lorsqu'ils étaient centrés sur les deux personnages. La Cinq a diffusé les saisons 4 à 8 du au . La saison 9 a été diffusée du [1] au [2] sur France 2.

Au Québec, la série a été diffusée à partir du à la Télévision de Radio-Canada[3] puis rediffusée à partir du sur Canal Famille[4].

Historique[modifier | modifier le code]

Studios d'Hanna-Barbera Productions
Les studios d'Hanna-Barbera Productions en 2007.

En 1979, Dupuis souhaite relancer sa filiale publicitaire, la Société d'Édition, de Presse et de Publicité. À cet effet, les responsables engagent José Dutilieu et le Néerlandais Freddy Monnickendam à la direction. En 1980, les deux hommes participent au Marché international des contenus audiovisuels et numériques de Cannes où ils sont chargés de vendre les dessins animés de TVA Dupuis. Ils prennent contact notamment avec les représentants des chaînes de télévisions américaines, qui se montrent toutefois sceptiques quant au succès que pourraient avoir ces produits européens auprès du public américain[5]. À la même période, un représentant d'une entreprise de jouets en peluche américaine remarque, lors d'un voyage en Angleterre, une petite figurine de Schtroumpfs offerte par une marque d'essence. Il décide d'importer ces figurines aux États-Unis et de les décliner aussi en peluche. Peu après, Fred Silbermann, directeur de la chaîne de télévision National Broadcasting Company, remarque que sa petite-fille est tombée folle de sa peluche schtroumpf et prend conscience qu'il y a peut-être un filon pour sa chaîne avec ces petits lutins bleus. La SEPP va signer un contrat très avantageux pour Peyo, car la chaîne doit notamment commander automatiquement 13 nouveaux épisodes chaque fois que la série est classée numéro un des audiences américaines. C'est le studio Hanna-Barbera Productions qui est choisi pour réaliser le dessin animé[6].

Dans le contrat, Peyo a notamment un droit de regard sur tous les scénarios de Hanna-Barbera mettant en scène Les Schtroumpfs[7]. Pour la première réunion de travail, Peyo est invité dans les studios à Los Angeles accompagné d'Yvan Delporte, qui lui sert de traducteur. Tout de suite, Peyo met les choses au clair : il ne souhaite pas que ses personnages s'américanisent et on ne doit pas voir de chewing-gum ou de Coca-cola dans la bouche des Schtroumpfs. Peyo va aussi mettre son veto sur le fait de différencier chaque Schtroumpf au moyen d'un costume propre[8]. Pour les scénarios qui lui arrivent, il refuse systématiquement ceux mettant en scène l'argent, qui sont très nombreux, puisqu'il n'y a pas d'argent dans le village. Il découvre aussi l'autocensure américaine où chaque action est mûrement réfléchie de peur qu'un scandale soit instrumentalisé par une chaîne concurrente. Ainsi le Grand Schtroumpf ne peut plus se servir de filtre de peur que cette pratique soit assimilée à de la drogue et les Schtroumpfs noirs deviennent violets par peur d'accusations de racisme[9]. Peyo est en revanche enthousiasmé par le travail des comédiens lors du doublage qui lui semblent avoir parfaitement saisi les personnages[10].

Le premier épisode est diffusé le sur NBC et les résultats dépassent les espérances. Les Schtroumpfs vont rapidement devenir numéro un du samedi matin, atteignant jusqu'à 42 % d'audience. Cela signe le plus grand succès de la chaîne depuis vingt ans pour un programme destiné aux enfants, alors que jusque là elle était dépassée par toutes ses concurrentes. Seul Bugs Bunny en son temps a eu une audience égale à celle des Schtroumpfs. Le succès permet à la chaîne de vendre le dessin animé dans 47 pays, dont la Belgique et la France, où la série arrive un an après sa diffusion outre-Atlantique. De son côté, Peyo est submergé par la méthode de travail des studios américains, ses corrections sur les scénarios ne sont pratiquement plus prises en compte, car le temps que le studio reçoive le manuscrit corrigé, l'épisode est pratiquement terminé. De plus, Les Schtroumpfs qui vont s'imposer graphiquement dans le marchandisage sont ceux des studios Hanna-Barbera et non plus ceux de Peyo[10].

Les rapports entre les studios Hanna-Barbera et Peyo vont se tendre de plus en plus au fil des mois. La confiance va se rompre définitivement après un épisode écrit pour lutter contre la drogue dans lequel les scénaristes introduisent une sphère lumineuse qui entraîne une dépendance. Peyo va refuser catégoriquement cet épisode, mais NBC passe outre et le diffuse afin de participer à la campagne de lutte contre la drogue de Nancy Reagan. Cet épisode permet néanmoins à Peyo de recevoir des prix de divers organismes de défense des droits de l'enfant, dont l'un des mains du président des États-Unis, Ronald Reagan. Après cet épisode, Peyo refuse par principe tous les scénarios d'Hanna-Barbera et le studio se retrouve bloqué et risque un procès intenté par la NBC. Il faut une intervention d'Yvan Delporte, avec qui pourtant Peyo s'était brouillé depuis quelques mois, pour que la production puisse reprendre[11]. Peyo est aussi obligé de créer pour chaque nouvelle saison des personnages supplémentaires. Pour rester dans l'esprit de la série, il introduit tout naturellement Johan et Pirlouit. Cependant, les studios vont pousser d'autres scénaristes à de nouvelles créations comme la sorcière Hoggata qui énerve Peyo, puis des elfes nommés Pixies refusés catégoriquement par Peyo de peur qu'ils ne s'en servent pour une série dérivée. Joe Barbera va ensuite longtemps insister pour qu'un chien soit introduit chez les Schtroumpfs. Après avoir longtemps refusé, Peyo cède pour un chien normal et pas un chien bleu. Lors de la dernière saison, Peyo, par lassitude, laisse tout passer et notamment l'idée des scénaristes d'envoyer les Schtroumpfs autour du Monde. Au terme de huit ans, NBC souhaite renouveler la programmation du samedi matin et la série s'interrompt après la création de 250 épisodes[12].

En France, un film V'la les Schtroumpfs sort au cinéma, mais il s'agit d'un remontage de trois épisodes inédits conçu pour surfer sur le succès de la série animée[13]. Malgré un maigre succès, Claude Berda, qui a eu l'initiative de cette expérience, souhaite renouveler l'expérience et sortir pour Noël 1984 l'épisode Bébé Schtroumpf, inédit en Europe, rallongé avec des passages d'autres d'épisodes. Pour le promouvoir, Peyo accepte de produire un album inédit intitulé Le Bébé Schtroumpf[13]. Mais sa santé extrêmement fragile, son diabète qui le fait parfois tomber en syncope et son moral à la limite de la dépression l'obligent une fois de plus à faire appel à François Walthéry et à Marc Wasterlain, qui produisent les 20 planches de l'histoire en six jours[14]. Cet album, complété par des histoires inédites publiées quelques années auparavant dans Spirou est un grand succès, malgré la qualité médiocre de l'histoire.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Ils sont au nombre de 102 et nichent dans les champignons d'une forêt. Très friands de salsepareille, ils se ressemblent tous mais ont des métiers ou des spécialités différentes. Lorsqu'ils parlent, ils remplacent la plupart des noms par « schtroumpf » et des verbes par « schtroumpfer ». Ces minuscules créatures bleues sont appelées les Schtroumpfs.

Seuls se distinguent le Grand Schtroumpf, le chef du village, et la Schtroumpfette. On reconnaît le Grand Schtroumpf à sa barbe blanche, son bonnet et sa culotte rouges. En l'absence de ce dernier, tous les Schtroumpfs veulent être le chef et force est de constater que c'est la zizanie à chaque fois. On reconnaît facilement la Schtroumpfette à ses cheveux blonds. Étant la seule fille du village, elle est cause de discorde et de jalousie parmi les Schtroumpfs.

Leurs plus grands ennemis sont le sorcier Gargamel et son chat roux Azraël, qui voudrait bien les mettre à son menu.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Titre original : The Smurfs
  • Titre français : Les Schtroumpfs

Distribution[modifier | modifier le code]

Voix originales[modifier | modifier le code]

Voix françaises[modifier | modifier le code]

  • Gérard Hernandez : Grand Schtroumpf, Schtroumpf grognon, Schtroumpf peintre, Schtroumpf molasson et Pirlouit
  • Francis Lax : Schtroumpf à lunettes, Schtroumpf maladroit, Schtroumpf colérique, Homnibus, le Roi, Schtroumpf Costaud
  • Serge Lhorca : Schtroumpf bricoleur, Schtroumpf poète, Schtroumpf peureux, Schtroumpf rêveur, Schtroumpf paysan, Schtroumpf sale, Schtroumpf qui a du flair
  • Albert Augier : Schtroumpf costaud, Grossbouf, Schtroumpf gourmand et Schtroumpf musicien.
  • Jacques Ferrière : Schtroumpf coquet, Schtroumpf tailleur, Schtroumpf farceur, Schtroumpf paresseux, Schtroumpf curieux, Schtroumpf nature, Gourdi, Hogartha, Scrupule, voix additionnelles
  • Céline Monsarrat : Schtroumpfette
  • Philippe Dumat : Gargamel, Sassette, Némésis, voix additionnelles
  • François Leccia : Johan
  • Roger Carel : diverses voix de remplacement
  • Claude Chantal : diverses voix féminines
Version française réalisée par le studio SOFI

Épisodes[modifier | modifier le code]

Genèse de la série[modifier | modifier le code]

En 1976, Stuart R. Ross, un homme d'affaires américain, découvre les Schtroumpfs lors d'un voyage en Belgique. Il passe un accord avec les éditions Dupuis et Peyo, afin d'acquérir les droits des personnages pour les États-Unis. Par la suite, Ross lance les Schtroumpfs en s'associant avec Wallace Berrie and Co. Les figurines, et autres produits à l'image des Schtroumpfs remportent un énorme succès. Après avoir acheté une figurine pour sa propre fille, Fred Silverman, le président de NBC pensa qu'un dessin animé basé sur les Schtroumpfs serait une bonne idée afin de compléter sa programmation jeunesse du samedi matin[15].

Utilisation de la musique classique[modifier | modifier le code]

Les Schtroumpfs étaient connus pour leur utilisation fréquente de la Musique classique comme musique de fond ou comme thème pour des événements particuliers. Les travaux notables trouvés dans les Schtroumpfs comprennent :

Générique français[modifier | modifier le code]

En France, la série connaîtra plusieurs génériques dont les plus connus sont ceux interprétés par Dorothée.

AB productions obtient la licence d'exploitation musicale de la marque "Schtroumpfs" pour cinq ans en 1983. Les chansons sont des play back orchestre hollandais dont le texte français a été adapté par Jean-Luc Azoulay ou par Michel Jourdan[16].

  • 1982 : Les Schtroumpfs (saison 1)

Lors de sa première diffusion en Belgique sur la RTBF, le générique sera interprété par un chanteur non crédité. En France, le même générique est interprété par Dorothée.

  • 1983 : V'là les Schtroumpfs (saison 2 et 3)

Correspondant au film homonyme (compilation de plusieurs épisodes), la chanson est interprétée par Dorothée.

  • 1984 : Le Bébé Schtroumpf (cinéma uniquement)

Correspondant au film homonyme (compilation de plusieurs épisodes), la chanson est interprétée par Dorothée et le Schtroumpf grognon.

  • 1986 : Le Pays des Schtroumpfs (saison 4 à 7)

La série passe d'Antenne 2 à La Cinq. Le générique est toujours chanté par Dorothée.

  • 1988 : Les P'tits Schtroumpfs (saison 1 et 2 en rediffusion)

En 1988, AB productions n'a plus la licence des Schtroumpfs. Les disques Adès la récupèrent. Correspondant au film homonyme compilant plusieurs épisodes des saisons 5 et 6, la chanson est interprétée par Marie Dauphin. Le générique est utilisé avec des paroles différentes pour la rediffusion des saisons 1 et 2 dans Bonjour les baskets à partir du [17] jusqu'au [18] dans Éric et Noëlla sur Antenne 2.

  • 1995 : Le Monde merveilleux (saison 9)

Après avoir disparu de la télévision française, à la suite du dépôt de bilan de La Cinq en , « Les Schtroumpfs » reviennent sur France 2 à partir du . La chanson utilisée est alors « Le Monde Merveilleux » extraite de La Schtroumpf Party , sur les images du générique de la saison 8. Profitant de l'été, Thierry Culliford (le fils de Peyo) lance en collaboration avec la chaîne La Schtroumpf Party disponible en CD. Il s'agit d'une compilation de tubes dance des années 1990, avec des paroles françaises signées V&T Culliford. Ed. IMPS 1995 France Télévision Distribution. Deux autres compilations suivront en 1996 et 1997.

  • 1998 : Viens au pays des Schtroumpfs (saison 1 à 9) [19]

Enfin, dès 1999 sur Télétoon, puis sur M6. La version toujours utilisée actuellement est interprétée par des enfants.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « France 2 16/08/1995 09:53:42 00:13:10:00 Le Cupidon hollandais La Schtroumpf party », sur ina.fr
  2. « France 2 21/02/1996 09:24:49 00:22:16:00 Les Schtroumpfs à Bagdad Les Schtroumpfs », sur ina.fr
  3. « Les émissions jeunesse », Ici Radio-Canada, vol. 17, no 37,‎ , p. 5 (lire en ligne)
  4. « Horaire Canal Famille », Télé-Soleil, vol. 67, no 245,‎ , p. 41 (lire en ligne)
  5. Peyo l'enchanteur, p. 159
  6. Peyo l'enchanteur, p. 160
  7. Peyo l'enchanteur, p. 162
  8. Peyo l'enchanteur, p. 163
  9. Peyo l'enchanteur, p. 164
  10. a et b Peyo l'enchanteur, p. 165
  11. Peyo l'enchanteur, p. 167
  12. Peyo l'enchanteur, p. 168
  13. a et b Peyo l'enchanteur, p. 169
  14. Peyo l'enchanteur, p. 170
  15. (en) Joseph Barbera, My life in 'toons : from Flatbush to Bedrock in under a century, Atlanta, GA Kansas City, Mo, Turner Pub. Distributed by Andrews and McMeel, , 250 p. (ISBN 978-1-570-36042-8, OCLC 30032166), p. 184–187
  16. « Dorothée et les Schtroumpfs », sur lespagesdorothee.com
  17. « Antenne 2 14/09/1988 08:53:27 02:24:31 Bonjour les baskets : émission du 14 septembre 1988 », sur ina.fr
  18. « Antenne 2 16/04/1990 09:16:11 02:03:24 [spécial drapeau blanc] Eric et Noella », sur ina.fr
  19. « Générique - Les Schtroumpfs (entier) » [vidéo], sur YouTube (consulté le 4 août 2020).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]