La Famille Tenenbaum

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
La Famille Tenenbaum
Titre original The Royal Tenenbaums
Réalisation Wes Anderson
Scénario Wes Anderson, Owen Wilson
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Durée 109 minutes
Sortie 2001

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Famille Tenenbaum (The Royal Tenenbaums dans la version originale anglaise) est un film américain réalisé par Wes Anderson et écrit par Wes Anderson et Owen Wilson, sorti en salles en 2001.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Fans du film déguisés en Margot et Richie Tenenbaum.

Pour rassembler sa famille, Royal Tenenbaum fait croire à son ex-femme et à ses enfants qu'il est atteint d'un mal incurable et qu'il ne lui reste que quelques semaines à vivre.

Les enfants Tenenbaum sont tous des êtres exceptionnellement intelligents. Dès son plus jeune âge, Chas est une pointure dans le monde de la finance, Richie est un champion de tennis et Margot, leur sœur adoptive, est une brillante dramaturge lauréate du prix Pulitzer.

Traversant une période difficile, tous les enfants Tenenbaum repartent s'installer chez leur mère : Chas ne se remet pas de la mort de son épouse, Margot déprime dans sa baignoire, incomprise par son mari Raleigh, plus âgé, qu'elle trompe avec Eli Cash, et n'écrit plus de pièces depuis des années, et Richie, qui a tout abandonné pour partir seul en bateau autour du monde, est depuis toujours désespérément amoureux de Margot.

Petit à petit, les personnages en viennent à comprendre ce qui les trouble les uns les autres, et les secrets sont dévoilés : Raleigh découvre les infidélités de Margot, la famille découvre que Royal n'est pas malade, Margot rompt avec Eli, qui se drogue, et Richie tente de se suicider puis avoue son amour à Margot qui l'aime également.

Royal finit par signer son divorce, permettant ainsi à Etheline de se remarier avec son collègue. Royal parvient à créer une relation avec ses enfants et petits enfants, Eli suit une cure de désintoxication, Richie devient professeur de tennis et Margot sort une nouvelle pièce. Quand plus tard, Royal meurt d'une crise cardiaque, il est réconcilié avec toute sa famille.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Lieux de tournage[modifier | modifier le code]

Les scènes extérieures sont toutes filmées à New York. Tout a pourtant été fait pour que cela ne paraisse pas. Par exemple, en cachant la Statue de la Liberté en plaçant les acteurs devant.

Bande originale[modifier | modifier le code]

À l'origine, le réalisateur Wes Anderson souhaitait ouvrir le film avec le célèbre Hey Jude des Beatles. La mort du guitariste George Harrison l'empêcha de négocier les droits du morceau. Il songea alors à Elliott Smith pour enregistrer une reprise du morceau. Malheureusement, les problèmes de drogue et la dépression, dont souffrait le chanteur en 2001, contraignirent le réalisateur à confier la reprise à Mutato Muzika Orchestra.

Elliott Smith marque toutefois la bande originale du film par son Needle in the Hay, qui figurait sur son second album solo éponyme. On entend ce titre lorsque Richie Tenenbaum s'ouvre les veines dans la salle de bain.

La musique originale est composée par Mark Mothersbaugh.

Le film utilise aussi des morceaux et compositions préexistantes d'artistes variés : Nick Drake, Van Morrison, Lou Reed, The Rolling Stones, The Beatles, Ramones, The Clash, Elliott Smith, Maurice Ravel, Erik Satie et Antonio Vivaldi

Analyse[modifier | modifier le code]

2017-fr.wp-orange-source.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (novembre 2019)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Les relations familiales dans ce film sont très difficiles ; de nombreux indices démontrent que la famille est dysfonctionnelle. D’abord, le père de Margot doit toujours dire que sa fille est adoptée lorsqu’il la présente à des gens. D’ailleurs, Royal Tenenbaum porte très souvent, voir tout le temps, des lunettes soleil, même à l’intérieur. Ce faisant, il s’éloigne de ses enfants puisque les lunettes forment une sorte de mur entre lui et les autres personnages. Cependant, les relations difficiles ne sont pas uniquement entre les parents et les enfants. Lorsque Chas retourne à la maison familiale, il cache une affiche de Richie dans la chambre de ses enfants car il ne veut pas voir la face de son frère. Chas entretient aussi une relation tendue avec son père. Il le nargue quant aux jours qu’il lui reste à vivre lorsque Royal lui annonce sa mort. De plus, Chas ne veut pas présenter ses enfants à son père, et lorsque ce dernier les rencontre finalement, ils sont séparés par une clôture. Aussi, dans la scène où Royal tombe de son lit d’hôpital, Chas lui demande « are you ok?», et son père lui demande « the fuck you care?[4]». Quant à Margot, elle répète sans cesse que Royal n’est pas son père, ni à elle ni à Richie ni à Chas. Elle ne veut pas avoir de lien avec lui.

Wes Anderson base sa direction photographique et sa mise en scène sur la chaleur et sur la tension ainsi que le découpage des plans pour distancier les jeunes des adultes. C’est dans cette caractéristique propre au réalisateur que ce dernier réussit à peindre un décor où les adultes et les enfants sont souvent séparés. Il est aussi très important de mentionner que Wes Anderson n’utilise pas le champ contre-champ lors des dialogues entre les personnages. Se faisant, une certaine barrière se forme, qui parfois sert à distancer les personnages. Dans La Famille Tenenbaum, le cinéaste se base sur des couleurs chaudes où la lumière vient souvent jouer un rôle important dans l’histoire et dans le décor. Dans le décor, plusieurs éléments aident à surcharger le réel et à distancier les enfants des adultes. D’abord, la rue en face de la maison familiale est représentée comme un lieu sombre, un lieu de recul. Ensuite, la maison figure l’enfermement où tous sont divisés dans des petits environnements serrés. Finalement, le cinéaste a choisi de filmer les enfants de proches en plan rapproché tandis qu’il filme les adultes de plus loin. D’ailleurs, lorsque le père Tenenbaum discute pour la première fois avec ses petits-enfants, il est séparé d’eux par une clôture qui est vraisemblablement là pour une raison : pour séparer le monde adulte des enfants

Aussi, Wes Anderson joue très souvent la disposition de ses décors pour que des messages non-verbaux (décors, couleurs, mise en scène, disposition des acteurs, cadrage des plans) expliquent quelques situations. Les personnages sont esclaves des décors qui parfois les séparent et qui parfois les réunis. Dans La Famille Tenenbaum, le cinéaste travaille majoritairement sa mise en scène sur les effets d’enfermement et d’étouffement, ainsi que sur la tension entre les membres de la famille. Cependant, le collectif gagne son emprise vers la deuxième moitié du film alors que la famille commence à se réunir. Une scène très marquante de ce début de libération et de réunion est la scène des retrouvailles où Margot et Richie se retrouvent à l’aéroport. Le ralenti dans cette scène sert à suspendre le temps, donc de fuir cet enfermement, cette emprise du cadre. Aussi, dans plusieurs des films de Wes Anderson, les maisons rappellent souvent des maquettes peuplées d’enfants-adultes et d’adultes-enfants obsessionnels. Dans le film, Richie, qui retrouve son ancienne chambre, se retrouve face à son enfance lorsqu’il installe sa tente et qu’il revit ses souvenirs de jeunesse. La maison signifie alors pour lui, et pour d’ailleurs les autres personnages, un endroit de nostalgie à travers la collectivité. La scène la plus symbolique du collectif dans La Famille Tenenbaum est la dernière : « le long plan-séquence qui conclut le mariage d’Etheline et Henry, au cours duquel un travelling latéral rassemble tous les personnages jusqu’à ce que Chas, le plus retors des membres de la famille, accorde enfin son pardon à Royal sous les yeux d’Etheline[5]».

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le film a été nommé à vingt-huit prix et en a obtenu neuf[6]:

  • BAFTA 2002
    • Nommé au BAFTA du meilleur scénario original pour Wes Anderson et Owen Wilson
  • Berlinale 2002
    • Nommé à l'Ours d'Or du Meilleur film pour Wes Anderson
  • Oscars du cinéma 2002
  • Prix de la critique
    • Prix de la National Society of Film Critics 2002
    • Prix de la Online Film Critics Society 2002
      • Nommé au meilleur ensemble
      • Nommé au meilleur scénario original pour Wes Anderson et Owen Wilson.
  • Prix d'associations de professionnels du cinéma
    • Arts Directors Guild
      • Nommé à l'Excellence in Production Design Award

Autour du film[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « THE ROYAL TENENBAUMS », Box Office Mojo.
  2. Visa d'exploitation no 104947 sur Centre National du Cinéma
  3. The Royal Tenenbaums sur BBFC
  4. ANDERSON, Wes. La Famille Tenenbaum, Canada, 2002, 108 minutes
  5. Vincent Malausa, Wes Anderson : La Famille Tenenbaum, Paris, CNC, , p. 24
  6. (en) La Famille Tenenbaum sur l’Internet Movie Database

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]